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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 07:59

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 94)

 

 

DIMANCHE 5 DECEMBRE 1982

Dans le journal intime, je me contente trop de répéter des formules, sans m’impliquer, sans m’analyser et sans tirer les conséquences de ma pratique quotidienne. Je suis à la recherche de Dieu, mais le bilan n’est-il pas un peu maigre ? Quels sont les obstacles ?

Je suis peut-être trop plein de moi-même encore. Je restreindrai encore mon ego, afin de faire le vide, en espérant que Dieu occupera cette place laissée disponible. J’ai du mal à tenir mes engagements. Quel bilan ? Quelques prières, mais aucun contact, aucune avancée car Dieu ne m’a pas saisi. Je suis trop intellectuel, et écrire, chaque fois que je le peux, que « Je ne suis pas le corps » ne me fait pas avancer : j’étudierai moins et réaliserai plus. Je retiens trop : nourriture, savoir, idées reçues… Je dois lâcher prise.

C’est lorsque je souffre le plus physiquement, que je deviendrai ce que « Je suis » : je ne me crisperai pas sur des habitudes et des préjugés, ce que je fais ou ne fais pas, mais tout doit pour ainsi dire couler. Ce que je recherche est au-delà des mots, et je le réaliserai lors des périodes inattendues de douleur et de malheur : c’est lorsque tout va mal que je dois penser au Soi.

Je serai encore plus proche et plus aimant par rapport à ma famille : de ce côté-là, j’ai beaucoup de chance et j’apprécierai cette chance à sa juste valeur. Dieu m’a permis d’avoir des parents formidables, une belle famille, un bonheur certain.

Le seul point positif auquel je suis arrivé, est la récitation constante du mantra de la Gayatri :

« OM,

BHUR BHUVA SVAHA,

BHARGO DEVASYA DHEEMAHI,

DHIYO YO NAH PRACHODAYAT ! ».[1]

Seule l’action sans fruits et l’action désintéressée sont un but et un objectif : devenir le Soi, devenir ce que je suis déjà, ne peut être un but, mais c’est une prise de conscience. Dieu seul peut me donner cette grâce, s’Il le souhaite et s’Il me sait prêt.

1 – Ai-je essayé, pendant ce mois passé, de me montrer plus obligeant et plus

Je fais en sorte de limiter mon ego, de mettre entre parenthèses mes problèmes personnels pour m’intéresser plus aux autres. Je travaillerai encore sur moi, pour être plus équanime, et vivrai chaque période, chaque stade, en faisant ressortir les aspects positifs.

2 – Les exercices de rétrospection et de concentration m’ont-ils permis d’être plus efficace dans mon existence quotidienne ?

Je m’examine moi-même, mais l’application des exercices est encore trop irrégulière. Je les ferai aussi avec plus de profondeur, en me rappelant que seule la pratique compte. Quelles difficultés à surmonter tous mes défauts : mon Dieu, aide-moi !

Dans une vie antérieure, je devais avoir une vie débauchée de pédophile : aujourd’hui, encore, lors des séances d’onanisme, je visualise des scènes de viols et d’attouchements d’enfants. C’est une forme de recherche de l’innocence et de la pureté, qui provient de mes rapports avec mes parents – peut-être – mais surtout d’une vie antérieure : que la vie présente me serve au moins à éliminer ce mauvais karma-là ! C’est l’un de mes défauts essentiels que je dois éliminer. Lorsque cela se produit, je lirai un extrait de la Bible ou du Coran.

Cette application de l’onanisme m’a permis, au cours de la présente vie, de rester fidèle, et d’être l’homme d’une seule femme, d’un seul amour, mon épouse – cela m’a maintenu chaste et pur, puisque, si j’ai souillé mon propre corps, je n’ai pas souillé le corps d’autrui, même si de ce côté-là, j’ai aussi parfois des désirs impurs. Désormais, je considérerai toutes les femmes comme des mères et des sœurs.

J’ai des difficultés à jeûner, c’est-à-dire à lutter contre l’avidité quant à la nourriture. Parfois je fais preuve de gourmandise, avalant une grande quantité d’aliments, et n’importe lesquels : viande, friandises… Le minimum auquel j’atteindrai est de limiter la nourriture, de jeûner un jour par semaine et d’être végétarien.

J’en appelle à Toi, Seigneur Dieu : sans doute, mes efforts sont insuffisants, sans doute il demeure des grands défauts, sans doute l’ego est encore bien là et bien présent, mais Toi, Tu le sais bien, je n’arriverai à aucun résultat tangible si Tu ne me donnes pas Ta grâce. Fais un pas vers moi et donne-moi une parcelle d’illumination, donne-moi Ton darshan[2] et envoie-moi un peu de force vitale, afin que je puisse monter plus haut, fais-moi entrevoir le Soi.

Seigneur Dieu, Tu es témoin, jour après jour, de mes efforts pour parvenir à occuper le Soi. Ces efforts, discrets et non publics, sont néanmoins constants et continus. Seigneur Dieu, Tu vois aussi les obstacles que ma cécité ne me permet pas toujours de distinguer : aide-moi à les surmonter et à les détruire, mais ne laisse pas loin de moi le calice. Permets-moi, avant de disparaître de cette vie, de goûter le Soi ! Seigneur Dieu, fais-moi un signe !

Je sais ce que je Te dois. J’ai par mes mauvais choix, en pensées, en paroles et en actes, par mes fautes et par mes erreurs, mes limitations et mes péchés, sûrement contrecarré Tes plans grandioses ; mais j’ai pris sur moi-même et me voilà devant Toi, soumis à Ta volonté. Seigneur Dieu, éclaire-moi : pourquoi Ton silence ? Y a-t-il un prix trop lourd à payer et veux-Tu me préserver de cela ? Oui, tout T’appartient et tout est Ton jeu divin, mais qu’à cela ne tienne, fais-moi un signe, car je suis prêt. Ne puis-je pas coopérer à Ton œuvre lucidement et consciemment ? Ne tiendras-Tu aucun compte des efforts – oui, je le sais, efforts humains, humbles, modestes, sans doute insuffisants – que j’ai pu faire ? Tu m’as mis sur le chemin rosicrucien, et aujourd’hui, Tu le sais plus que n’importe qui, c’est de Toi, de Toi, de Toi seul que j’ai besoin : j’aspire à ce que Tu me touches, mon cœur T’est ouvert, viens T’asseoir sur le trône qui T’appartient et ne me laisse pas dans la désespérance !

 

 

[1]Traduction :

« Om,

O Puissance Divine qui illumine le Grand Soleil,

Et les trois mondes de la Terre, de l’Air et du Ciel,

Nous vous implorons afin que cette illumination,

Nous conduise de l’obscurité vers la Lumière. »

 

[2] Darshan : Voir ou être en compagnie d’une personne de haute nature spirituelle.

 

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 09:08

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 93)

 

 

 

SAMEDI 23 JANVIER 1982

Bilan annuel 1981

Tout est bien : j’ai de plus en plus conscience que tout ce qui m’arrive est pour mon bien. C’est une volonté – « Sa » volonté – de me faire évoluer, de me faire avancer, de me faire aller plus loin sur le chemin. J’ai bien mûri et l’Instructeur prend soin de moi pour m’amener à plus de maturité encore. J’ai traversé une Nuit Obscure et, grâce à la maladie et aux tracasseries au niveau professionnel, j’ai à nouveau rencontré Dieu.

Je serai plus proche de la vie et cultiverai les sentiments plutôt que les idées. J’ai pris du recul par rapport aux livres et à la lecture et je m’attache de plus en plus à l’affectivité et aux sentiments. Il vient un moment où il faut déchirer tous les livres.

Je ne ferai plus de projets d’avenir : je n’ai aucun but, aucun objectif de perfectionnement, car ce qui doit être est. J’aurai une meilleure écoute attentive, et apprendrai à être attentif à moi-même, et aux autres, ma famille et mes prochains.

Que Dieu m’aide à atteindre une chasteté totale !

J’approfondirai encore la sagesse occidentale et je ferai les deux exercices du matin et du soir. Je récite le nom de Dieu sous toutes les formes et je prie aussi fréquemment que possible, notamment en récitant le « Notre Père » :

« Notre Père qui est aux cieux,

Que Ton Nom soit sanctifié,

Que Ton Règne arrive,

Que Ta Volonté soit faite sur la Terre comme aux cieux.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour,

Pardonne-nous nos offenses,

Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés,

Ne nous laisse pas succomber à la tentation,

Mais délivre-nous du mal,

Car c’est à Toi qu’appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire, aux siècles des siècles. Amen »

 

DIMANCHE 10 OCTOBRE 1982

Je suis le gardien de mes frères, et je ne peux pas réussir seul ou aux dépens des autres. Je ne peux grandir en rapetissant les autres et me procurer le bonheur en infligeant aux autres de la peine.

Lors de l’exercice de concentration, je méditerai plus fortement sur le prologue de l’évangile de Saint-Jean.

Lors de l’exercice de rétrospection, je me poserai des questions plus précises sur les activités de la journée : cet exercice contribue à supprimer mes défauts et à les remplacer par les qualités inverses.

Je suis trop préoccupé par mes problèmes personnels et j’ai en conséquence tendance à ne pas prêter attention et ressentir les besoins et les demandes des personnes qui m’entourent. Néanmoins j’ai aidé des personnes, et notamment l’une d’entre elles à trouver un travail, sans demander de contrepartie et en toute discrétion : je remercie ces personnes de m’avoir ainsi permis d’avancer sur le chemin du service.

 

DIMANCHE 17 OCTOBRE 1982

Je ne dispenserai mes conseils que lorsque l’expérience pratique m’y autorise. Quelque part, j’ai souhaité ce qui m’arrive et j’ai la vie que j’ai voulue, alors pourquoi me plaindre ? Je laisse le soin à Dieu d’être aux commandes, je suis son instrument, souriant et endurant tout ce qu’Il m’inflige.

 

LUNDI 8 NOVEMBRE 1982

Je suis encore trop préoccupé par moi-même et mes problèmes personnels : je donne trop facilement cours à mes penchants naturels, à mes désirs, à mes émotions et à mes passions. Je me tournerai résolument vers les autres, mes prochains. J’ai un fort désir de faire la volonté de Dieu et d’être son instrument au service de l’humanité : qu’Il m’aide à atteindre ce but !

Je me juge de manière intransigeante, et pourtant l’observation est encore insuffisante : je m’en tiendrai à la pratique et non aux vœux pieux et m’abstiendrai de consommation d’alcool et de viande.

 

VENDREDI 19 NOVEMBRE 1982

J’ai une fragilité de l’ensemble du petit bassin, dont la vessie, et un rétrécissement de l’urètre, sans que la prostate, semble-t-il, ne soit en cause : je retiens mes urines et lorsque je les libère, elles sont extrêmement douloureuses et je dois fortement pousser. Il semble que cette rétention corresponde à la volonté inconsciente de garder mes vieilles mémoires et manifeste le refus d’oublier. En somme, je garde tout, je ne lâche rien et je refuse de me mettre en cause : cela renvoie-t-il à la peur que m’a inspirée mon père lorsque j’étais enfant et au refus de toute autorité par la suite ?

Je mûrirai encore : en effet si je parviens à restreindre l’ego à la portion congrue, transformant son terrain en désert où ne subsistent que quelques brindilles jaunes et poussives, une brusque pluie de désirs contribue à faire repousser une végétation luxuriante, une véritable jungle. J’en déduis, d’une part que je dois vouloir la mort totale de l’ego, ne pas craindre, mais accepter sa disparition complète, et d’autre part, plus je m’approche du but, plus les résistances de l’ego sont importantes. Je ferai preuve d’un surcroît d’énergie et de détermination, face à ces retours en arrière, comme l’onanisme. Je construirai mon temple intérieur par des actions sans fruits. Le seul échec serait de renoncer, sachant que la marche sur le sentier s’effectue en spirales vers le haut, avec des passages dans la lumière et d’autres dans l’obscurité.

 

SAMEDI 4 DECEMBRE 1982

Il faut que je prie sans cesse. L’usage d’une brève formule pour pacifier et concentrer l’intellect est universel. Ainsi la formule peut être la suivante : inspiration « Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu… » et expiration «… aie pitié de moi, pauvre pêcheur ». Ceci conduit à l’union de l’intelligence et du cœur.

 

 

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 08:04

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 92)

 

 

 

LUNDI 4 MAI 1981

Voilà plus de dix années que je tente d’effectuer, je le sais bien, avec beaucoup d’imperfection, les deux exercices de concentration et de rétrospection. Après une enfance plutôt difficile, psychologiquement et socialement, et un passage par la religion catholique, j’ai sombré, dès la fin d’une adolescence tardive, dans le matérialisme le plus noir, accompagné de l’athéisme. Puis mes petits problèmes de santé et la maladie, surtout à partir de 1968, m’ont fait croiser le chemin du rosicrucianisme. Je sollicite humblement le passage de disciple. En effet, j’ai approfondi la connaissance de mon Dieu intérieur, le seul Maître. Mais j’ai conscience des efforts qu’il me reste à accomplir et si je ne suis pas jugé digne d’accéder au degré de disciple, j’accepterai sans état d’âme une telle décision, poursuivant mes efforts pour y accéder au cours de cette vie ou d’une vie ultérieure. Qu’il en soit ainsi !

 

LUNDI 1° JUIN 1981

Voilà ce qu’est le travail spirituel : c’est ouvrir mon être de plus en plus à l’Amour jusqu’à ce que tout en moi ne soit plus que « cela ».

 

JEUDI 23 JUILLET 1981

On fête habituellement l’anniversaire de la naissance physique, mais il vaudrait mieux fêter l’anniversaire du jour de l’accès à la Lumière et surtout l’anniversaire du moment où l’on demeure dans cette Lumière – si tant est que cela soit possible – car l’on connaît alors la Paix, la Joie et l’Amour. La véritable naissance se fait le jour de la résurrection dans la Lumière, le baptême du feu.

Le mental réalisé est le saint Esprit et le mental non réalisé est Satan. Pour l’être réalisé, le royaume des cieux est en Soi, ici-même et dès à présent.

Ce que je suis, d’où je viens et où je vais ? L’important est de se demander qui pose la question ? Lorsque je me la pose, il y a d’une part, le « petit je » ou « petit moi », qui a un début – le premier souffle, et le premier cri – et qui aura une fin – le dernier souffle et le dernier sourire – et d’autre part le « Moi profond », le Soi, ce qui est vraiment, l’état d’existence, le « Je suis », qui est éternel et infini, sans début, ni fin. Il y a d’un côté le monde et l’identification au corps, l’objectivation et de l’autre côté l’Etre, le Christ cosmique à la fois éternel et infini.

Le « petit moi » est le mental et l’intellect, il naît, meurt, renaît et a l’illusion d’exister alors que le Soi existe, il ne naît pas et ne meurt pas.

 

SAMEDI 8 AOUT 1981

Je deviens ce que je pense et je suis à la mesure précise de ce que je crois être, pas plus, pas moins.

 

LUNDI 31 AOUT 1981

Dieu de mon cœur, donne-moi la foi qui me permette de réaliser le Soi et d’y demeurer à jamais. Débarrasse-moi de mes défauts qui font que je m’occupe que du petit moi et de mon ego, que l’ego fusionne avec Toi, que la goutte d’eau (re)fasse Un avec l’Océan divin en toute conscience !

J’ai donné la primauté au corps pendant tant d’années, aussi bien au cours de cette vie, que dans les vies passées !

Seigneur Dieu, fais fondre mon cœur dur d’occidental : d’abord croyant catholique, puis incroyant et agnostique, me voilà à nouveau croyant et chercheur. Fais-moi franchir l’étape décisive !

Les sociétés fraternelles et rosicruciennes appartiennent à l’illusion : ce sont seulement des rêves plus puissants qui peuvent contribuer à me réveiller !

Seigneur Dieu, prends soin de ma famille : que je sois plus proche et plus préoccupé par mes enfants, par mon épouse et par mon domicile, que je sois un bon père, enfin !

J’accepte toutes les tâches telles qu’elles se présentent et je ferai tout pour le service de Dieu ; qu’Il porte Lui-Même mes bagages et mes fardeaux !

Est-ce que l’on n’atteint pas Dieu et l’on demeure dans le Soi, quand la pensée de vouloir l’atteindre disparaît, noyée dans le service ?

 

SAMEDI 19 SEPTEMBRE 1981

La libération vient quand je comprends et expérimente qu’il n’y a personne à libérer. Le sentiment « j’existe » est le Soi : si je réalise le Soi, rien ne peut me toucher. On peut détruire le corps de l’initié, on peut détruire le monde dans lequel il vit, mais on ne peut pas troubler ni altérer sa conscience du Soi.

 

JEUDI 1° OCTOBRE 1981

Mon identité fondamentale est en vérité un Amour pur et désintéressé. Comment puis-je travailler sans désir ? C’est en servant avec l’idée que je sers l’Etre suprême chez chacun. Désirer la réalisation de Dieu n’est certainement pas un désir au sens habituel : « Je suis Ton instrument, daigne Te servir de cet instrument, qui est à Toi, pour exécuter Ton plan ». Quel que soit le travail entrepris, il faut l’accomplir de tout son être et dans l’esprit que « Toi seul travaille », de sorte qu’aucune affliction, aucune détresse et aucun chagrin ne puisse s’y glisser.

Tout ce qui m’arrive est bien et la grâce est toujours présente car Dieu m’a conduit là où je suis : c’est cela la soumission complète à la Présence, au pouvoir absolu de Dieu.

Je répète le nom de Dieu aussi souvent que possible, afin que « cela » devienne la seule pensée qui occupe mon esprit vagabond : cela me permet de calmer notamment la colère et d’éliminer les mauvaises pensées.

Dieu me tient par la main et me conduit, toujours et partout : « Que Sa volonté soit faite » et non la mienne !

La réalisation d’actions sans en désirer les fruits conduit à se détacher de tout et à ce que ne compte que Son désir : c’est le chemin qui conduit à la fusion avec le Soi. Je ne suis ni le corps, ni le mental, ni l’intellect : je suis le Soi et le monde est contenu dans le Soi, comme le jaune d’œuf est contenu dans l’œuf.

Je ne souhaite aucun pouvoir occulte : s’il m’est imparti de disposer de tels pouvoirs, qu’ils me soient donnés pour mieux servir l’humanité. Si je n’y accède pas, cela n’a aucune importance.

Dans mes rapports annuels, j’ai souvent évoqué l’idée de progrès, mais en fait, il n’y a pas de progrès sur la voie initiatique : l’important est de servir sa famille, l’humanité et les prochains, et de ne nuire à personne. Quel progrès pourrait-il y avoir, puisque je suis le Soi avant ma naissance, de toute éternité ? Le seul progrès est la suppression de l’ignorance de cela en levant le voile de Maya.

 

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 08:41

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 91)

 

 

LUNDI 29 SEPTEMBRE 1980

L’ego disparaîtra pour être absorbé par le Soi. La vie est un Jeu – le Jeu divin –, la vie éteint le « je ». Malgré les difficultés, il convient de persévérer pour aller de l’avant, plus haut, toujours et à jamais.

 

VENDREDI 28 NOVEMBRE 1980

Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive, mais je me rends compte de ce que signifie et implique concrètement l’expression : « faire dans son froc ! ». Je suis surpris par un besoin urgent d’uriner et de déféquer, et n’ayant aucun lieu d’aisance où me rendre dans l’urgence, après avoir vainement résisté à cette envie pressante, tout est lâché dans mon pantalon, urine et fèces. C’est la peur, inconsciente, peur passée et actuelle qui se manifeste ainsi. Par contre, je n’éprouve plus aucun sentiment de honte, car je m’identifie de moins en moins avec ce corps, qui me porte.

 

MARDI 6 JANVIER 1981

Rapport de l’année 1980.

Dans l’oratoire et dans le laboratoire, l’essentiel est de transmuter ses propres défauts, afin de les métamorphoser en autant de vertus, la reine des vertus étant l’Amour, qui conduit au service d’autrui. J’ai conscience d’avoir bien progressé depuis 1968, date de ma première rencontre avec le rosicrucianisme. J’entrevois l’objectif et le but, le sommet de la montagne, au bout du chemin, là où tout est Amour et fusion dans l’Amour. Je discerne ce qui est essentiel, l’éternel et le durable, et ce qui est transitoire, le temporel et l’accessoire. Sans doute, la marche est encore longue car la route devient de plus en plus abrupte. Mais je dis de plus en plus « oui » à tout ce qui m’arrive : tout est bien et je discerne l’Amour dans l’autre, qu’il soit l’ami ou le rival.

Je progresserai encore dans le sens non pas d’accumuler et d’« avoir », mais au contraire de perdre et d’« être », vers plus de simplicité et d’humilité, vers la foi, l’espérance et la charité.

La prière et la méditation sont devenues mon pain quotidien : que l’Instructeur m’aide à faire plus d’efforts en ce sens ! J’ai compris combien mes prochains et tous les êtres autour de moi aspirent à la spiritualité et au mysticisme, car Dieu est aux commandes.

Je pêche encore, surtout par de petites occasions, surtout en pensées, essentiellement l’onanisme. Mais je me rends compte de mieux en mieux du caractère vain de cela. Cela dure peu et sans conséquences pratiques. Il n’empêche, c’est encore là un boulet que je traîne, une leçon à apprendre, un karma qui se rattache sans doute à une vie antérieure, à liquider.

Par ailleurs, il m’arrive encore de goûter à l’alcool, à la viande et au tabac. Il ne s’agit plus d’un plaisir, mais plutôt d’un dernier effort de volonté du petit moi, pour se prouver à lui-même qu’il existe : c’est un automatisme et une habitude, à l’image d’un ventilateur, dont on a coupé le contact et qui continue machinalement de tourner encore au ralenti avant de s’arrêter définitivement. Je sais que je ne suis pas ce corps, même si je n’en ai pas encore la preuve, en assistant dans l’autre monde à l’acte de naissance d’une nouvelle âme.

J’effectue les deux exercices du matin et du soir, mais en sachant qu’ils ne sont pas l’essentiel, l’important étant de toujours mieux servir. Cependant, je deviendrai un citoyen conscient dans les deux mondes, le monde physique et le monde psychique, afin de mieux soutenir les efforts des frères aînés.

Maintenant, au point où j’en suis arrivé, je sollicite humblement de l’Instructeur les instructions qui me permettront d’être disciple. Bien évidemment, si je n’en suis pas jugé digne ou prêt, je m’engage à persévérer sur la voie rosicrucienne, qui m’a déjà tant apporté.

 

JEUDI 22 JANVIER 1981

J’aiderai vraiment, sans faiblesse et sans arrière-pensées, en pensées, en paroles et surtout en actions. L’action juste, c’est exécuter son travail, beaucoup de travail, le plus de travail possible, toutes sortes de travail.

 

VENDREDI 30 JANVIER 1981

Le corps et l’univers sont les deux temples, qui forment Un. L’âme et Dieu sont les deux principes qui forment Un. L’Un est le Soi. Tout le reste est simulacre, illusion, moyen et outil.

 

MERCREDI 18 FEVRIER 1981

Seigneur Dieu, je m’abandonne totalement moi-même et j’abandonne à Ta protection ma vie entière, avec tous mes désirs. Je Te fais confiance pour m’attribuer seulement ce que Tu sais être nécessaire à ma croissance spirituelle, et je l’accepte, quoi que cela puisse être.

 

MARDI 7 AVRIL 1981

Le nouveau mantra que je récite autant de fois que possible, afin de fusionner avec lui, est celui-ci :

« Je suis Dieu.

Je n’ai ni naissance, ni mort.

Seul le corps meurt.

Je suis le Soi.

Je suis.

Soi.

Je ne suis ni le corps, ni le mental, ni l’intellect, ni la raison.

Le corps, le mental, l’intellect et la raison, une fois purifiés, sont mes amis.

Je les aime.

J’ai aussi un cœur (sentiments et émotions) et un ventre (instincts et passions).

Je suis un canal ouvert aux sentiments et aux instincts beaux, justes, vrais et bons.

Que mon amour, mon cœur et mon ventre soient dédiés à Dieu  et seulement à Dieu. »

 Ce mantra répond à la question : « Qui suis-je ? » et précise ce que je ne suis pas, ce que sont les autres et ce qu’est le monde.

Tout est saupoudré de l’Amour de Dieu et Tout est Un.

Je suis le Soi, le Centre de l’Union, l’image de Dieu. Je suis le Maître qui est en moi. La pierre cubique que je taille à partir de la pierre brute est là depuis le début, mais « je » ne la voyais pas et « je » ne le savais pas : « je » doit être pensé comme une vague dans l’Océan divin et non comme une personne et une entité individuelle. Pourquoi le « je » a-t-il peur, puisque le « Je suis » est là ? « Je » est une vague, « Je suis » est l’Océan.

La Lumière est ce qui unit, et les ténèbres sont ce qui distingue ; la Vie est ce qui unit et la mort est ce qui sépare ; l’Amour est ce qui unit et la haine est ce qui ignore.

Le corps est le temple de la conscience et l’univers est le temple du Grand Architecte. L’objectif de chacun est de réintégrer le centre divin, d’où les âmes individuelles ont émané en triomphant des trois mauvais compagnons que sont la distinction, le séparatisme et l’ignorance.

Le véritable initié sait qu’il est le Soi alors que le profane victime des trois mauvais compagnons, est aussi le Soi, mais ne le sait pas.

 

 

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 09:45

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 90)

 

 

DIMANCHE 6 JANVIER 1980

Rapport annuel 1979.

J’ai beaucoup progressé cette année en ce qui concerne le discernement entre ce qui est éternel, d’une part, et transitoire, d’autre part, tant en moi-même que chez autrui. En cette fin d’année, je distingue bien l’âme, éternelle et immuable, essence qui représente en chacun l’Ame Universelle, et qui est en harmonie avec l’âme de tous les hommes, mais aussi avec tous les êtres de la création. D’autre part, il y a la substance, la matière, le corps physique, y compris le psychisme et la personnalité : tout cela change, bouge, se modifie et est appelé à disparaître à terme.

Je n’ai pas encore suffisamment développé le corps psychique, qui est le pont entre l’âme et le corps physique. Par contre, le petit « je » est parfois retombé dans les affres du péché.

Il m’est encore arrivé de boire de l’alcool et de manger de la viande – rarement – ainsi que de fumer des cigarettes. Je ferai un ultime effort en 1980 afin que mon corps devienne un temple pur et propre apte à réfléchir la parcelle divine qu’il contient.

J’ai aussi mal utilisé mon corps, en m’adonnant à l’onanisme, plus rarement qu’auparavant, mais cela c’est encore produit.

Depuis 1977, je connais des problèmes professionnels importants, avec une remise en cause de ma dignité. Néanmoins cette remise en cause a un aspect positif, car elle m’a enseigné des leçons et m’a fait progresser du point de vue spirituel.

Cependant, ces difficultés ont induit de nombreux moments de colère, de haine et d’envie de vengeance, sentiments négatifs que je transmuterai, grâce à l’amour.

Je ferai encore un effort pour me rapprocher de ma famille, prioritairement de mon épouse et de mes quatre enfants.

J’effectuerai les deux exercices du matin et du soir avec plus de conscience. A partir de l’aspect éternel, je réorganiserai l’aspect temporel, en inculquant à ce dernier encore plus de courage et d’enthousiasme, l’objectif étant de bien servir. Je ferai preuve de beaucoup de persévérance dans la voie rosicrucienne, commencée en 1968.

Le petit « je » n’est pas totalement libre : c’est un masque, qui est ce qu’il est, résultat de mes vies passées et de ma vie présente, et qui demeure malléable. Je ne parviendrai à donner la primauté au Soi qu’en supprimant l’alcool, la viande, le tabac et l’onanisme.

 

LUNDI 18 FEVRIER 1980

Après Dieu, les êtres les plus proches sont les parents.

J’obéis à mon guide intérieur à chaque instant et en toutes choses.

 

DIMANCHE 27 JUILLET 1980

Seul celui qui a un bon équilibre peut aider les plus faibles.

 

JEUDI 31 JUILLET 1980

Qu’ai-je le plus besoin actuellement ? C’est de ne pas me disperser et de me concentrer sur le but unique : en moi, en mon cœur, la Lumière – la Vie – l’Amour est déjà là et je le manifesterai dans la vie quotidienne. Jésus-Christ se tient en silence à la porte de mon cœur, et il ne tient qu’à moi de l’exprimer. Dieu de mon âme, Dieu qui m’habite déjà, révèle Toi et brûle le petit moi ! Fais en sorte que dans le moindre acte, je manifeste Ta réalité. Où es-Tu ? Qu’ai-je fait pour que Tu m’ignores ? Ne sommes-nous pas liés tous deux pour l’éternité ?

Donne-moi ma mission et fais de moi Ton serviteur à jamais, que le service soit Ta volonté. Je T’ai cherché et tant espéré, qu’attends-Tu pour brûler le petit je en le rendant humble, bon et juste et qu’il soit à genoux devant Toi ?

O Dieu, éclaire-moi sur mon devenir : que le service soit ma voie à jamais ! Je T’ai connu étant jeune, puis je T’ai perdu et ignoré, et voilà que je Te rencontre de nouveau sur ma route encore plus fortement qu’avant : Te perdrai-je encore ?

Dieu, roi des deux mondes, fais de moi Ton outil à jamais et que ma personnalité et mon ego soient brûlés. Je T’appelle, comme le petit enfant appelle sa mère, mais ai-je suffisamment de foi et de compréhension pour que Tu m’entendes ? Peut-être que je fais encore trop de « cinéma » et que mon petit moi a peut-être encore trop d’importance ? Que Ta lumière m’éclaire et m’inonde ! Que mon cœur Te soit affecté à jamais ! Oui, vraiment, tout ce qui arrive est juste et bon, puisque tout ce qui s’est produit a conduit au moment présent ! Que le Verbe m’éclaire, car la terre a besoin de purification, les péchés en pensées, en paroles et en actions étant grands, et parmi ceux-là, les miens se discernent plus que d’autres.

Ce que je sème, je le récolte : tout acte est une demande, et tout être agit nécessairement puisqu’il vit.

 

VENDREDI 1° AOUT 1980

Dieu, ce trésor intérieur, est la source de la foi, du courage et de la confiance en soi : je cherche seulement à reconquérir mon héritage perdu, qui n’est autre que ma divinité.

Un effort régulier et fervent assure la victoire. Les obstacles m’aident à affermir ma force et ma volonté. La récompense viendra à la fois quand ma démarche sera conforme à mes principes et que la grâce du Seigneur me sera accordée.

Une vie établie sur des principes divins est la seule qui repose vraiment sur des fondations solides : le seul trésor que je conserverai pour toujours est le degré d’évolution que j’aurai atteint.

 

MARDI 19 AOUT 1980

La voie que je suis est encore trop intellectuelle et je me recentrerai sur la voie du cœur et des émotions. L’important est de mettre les préceptes en pratique : il est inutile de « tout » lire, sans rien mettre en œuvre, mais lire moins, mieux et mettre les exercices en pratique. C’est de moi qu’il s’agit, et aucun livre, même le plus sacré, ne saurait m’aider.

Je remplacerai mon père physique par mon père spirituel, Dieu, qui est sévère, mais juste : s’Il le veut bien, c’est mon gourou. Je suivrai ses préceptes et demanderai ses consignes.

La beauté du monde, la nuit étoilée et la nature opulente et gracieuse des mois d’été, tout cela prouve l’existence de Dieu. J’appliquerai la vie mystique tous les jours : aujourd’hui, la vraie vie ne se démontre pas dans la solitude des monastères, mais dans la vie profane quotidienne. J’agirai à la fois sur l’émotion, l’inconscient et l’aspect intellectuel : c’est ainsi qu’aujourd’hui, j’ai des rêves de lumière, alors qu’auparavant, hier encore, j’avais des rêves érotiques qui privilégiaient l’ego et l’aspect matériel des choses.

Sur le sentier, la famille et les proches peuvent constituer des freins : ce qu’ils font à mon égard, ils le font toujours pour « mon bien », même si cela va à l’encontre de ma règle de vie. Ainsi, ils peuvent m’offrir de « bon cœur », des boissons alcooliques et des repas de viande, mettant à mal le respect de mes principes. Par de telles bonnes intentions, ils contribuent à me faire régresser et, avec courage et détermination, je leur opposerai un refus catégorique.

J’ai actuellement une aggravation de mes ennuis de santé, avec une cystite à répétition : je garde les urines dans la vessie, ce qui semble renvoyer au désir de garder les « eaux usées » qui symbolisent les anciennes mémoires. Puis j’évacue les urines, piquantes et en petite quantité, dans d’atroces douleurs, de manière fréquente et inopinée.

Mes essais sont insuffisants et je ferai des efforts pour aider pratiquement au foyer, quant aux tâches ménagères.

Les deux exercices du matin et du soir sont à améliorer.

 

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 06:44

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 89)

 

 

 

LUNDI 30 AVRIL 1979

La paix naît et éclos de l’intérieur : je ne laisserai pas mon mental errer à sa guise, mais au contraire je le placerai sous un contrôle sans merci. Tout en rendant service autour de moi, je ne me laisserai pas influencer par le regard des autres. Je resterai fidèle au Soi qui est en moi et en ferai l’objet d’une méditation continue.

 

LUNDI 14 MAI 1979

Je tourne autour des choses, au lieu de passer au travers. La concentration vise à la destruction de tout fantasme et de toute mémoire. La méditation est un moyen de désintégrer progressivement le petit moi, et non pas un prétexte pour l’enfler.

 

MERCREDI 25 JUILLET 1979

Vivre pour Dieu, manger pour Dieu, respirer pour Dieu, dormir pour Dieu, servir pour Dieu : les petits actes, comme les grands, tout sera sanctifié par Dieu et ramené à Dieu et à lui seul. Tel est l'image et le nom de Dieu : Dieu est Amour. En avant, plus haut, pour toujours. Que le vécu soit triste ou gai, avancer.

Dieu « entrera » en moi et le petit moi capitulera. Le petit moi descendra du trône, place qu’il a usurpé, et laissera Dieu regagner la place qui lui revient de droit.

Par cette soif de Dieu, le voile tombera, et ce qui doit être, sera de toute façon. L’œuvre de Dieu se réalise, la seule difficulté étant d’y faire adhérer le petit moi. En fin de compte, le seul péché, c’est l’ignorance, en particulier l’ignorance des désirs de Dieu.

Je ne peux pas tout écrire et je scellerai les expériences mystiques, ceci afin que l’Instructeur conserve sa confiance en moi.

Ce qui m’amoindrit et me contracte, c’est la peur, peur souvent irraisonnée, comme : avoir faim, être malade, « tout » perdre… Seul l’amour peut vaincre la peur et dilater le petit moi. Forger mon caractère est plus important que d’accumuler des connaissances.

Le mois de juillet 1979, m’a fait progresser : je resterai humble, car un retour en arrière est toujours possible, mais je pense avoir vaincu un vice très ancien, l’onanisme. Ce vice, – qui m’a peut-être préservé d’autres défauts plus importants encore comme une sexualité exubérante en actes avec d’autres partenaires, trompant ainsi mon épouse – peut donc être abandonné maintenant, sans suite fâcheuse, puisqu’il n’a plus son utilité. Je demeurerai humble et modeste, car cette victoire n’est pas définitivement acquise.

La renonciation à la consommation d’alcool et de viande est l’étape suivante, car je suis d’abord ce que je mange et bois.

 

VENDREDI 24 AOUT 1979

O Dieu juste et bon, montre-moi la voie pour servir encore mieux l’humanité ! Que Ta volonté soit faite et non la mienne ! Ce que Tu fais, Tu le fais pour mon bien et sans arrêt, quand je me trompe, Tu me mets en garde et donc rien de ce qui m’arrive ne saurait être considéré comme injuste !

Tu me connais mieux que je ne me connais et Tu sais ce qui est bon pour moi : si Tu me tentes et si Tu restes loin de moi, c’est que le petit moi est encore trop présent et c’est aussi que Tu le juges utile. Dieu d’Amour, indique-moi la bonne route : peut-être ne suis-je qu’au début du chemin, mais qu’alors, au moins, j’ai la certitude d’être sur le bon chemin.

O Dieu juste et bon, éclaire-moi sur ce que je dois faire pour témoigner de Toi et donne-moi enfin le courage d’assumer Ta mission et non de suivre mes petits vœux et désirs ! Seigneur Dieu juste et bon, oui, je suis chanceux, car Tu t’occupes de mon petit moi, pour le détruire et Tu sais, à chaque étape, la dose de souffrances que je peux supporter : Tu as dosé les peines pour que le petit moi usurpateur descende de Ton Trône, et Te laisse la place pour Te servir.

O Dieu juste et bon, fais que je connaisse enfin l’éveil en supprimant tout orgueil et tout ego, que je devienne Ton instrument et que le Soi s’illumine enfin, sans que rien ne transparaisse dans ma vie quotidienne aux regards des autres !

 

DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 1979

Dieu prends possession de moi !

Si je passe à travers les épreuves d’aujourd’hui, je deviendrai plus fort. Je dominerai la peur puisque Dieu pourvoie à tout, et ferai naître le Christ en moi.

Le caractère a un rôle essentiel : il est important de le développer chez mes enfants. La connaissance et l’apprentissage suivent mais le retard est pris lorsque le caractère n’est pas assez développé.

 

MERCREDI 12 SEPTEMBRE 1979

Dieu, merci pour tout : je sais que Tu ne m’oublies pas, puisque Tu m’envoies des épreuves. Mais indique-moi quelle est ma voie ?

 

VENDREDI 14 SEPTEMBRE 1979

Je suis responsable de ce que je suis et je n’ai donc pas à me plaindre.

 

DIMANCHE 7 OCTOBRE 1979

L’unique souci du sujet « ego » est l’accumulation et la comparaison. L’extinction du sujet « ego », c’est mourir à toute accumulation et à tout besoin de se comparer avec autrui.

J’agirai, sans entité agissante, observerai et verrai les choses à partir d’un centre, d’une entité en train d’observer : c’est cela réaliser le Soi.

 

VENDREDI 2 NOVEMBRE 1979

Je veux l’illumination, et pour réaliser cet état, je cesserai l’identification trompeuse au corps et l’attachement à mon ego et aux désirs inspirés par le corps : pour cela, je travaillerai sur la réduction des désirs personnels et des émotions négatives.

 

DIMANCHE 4 NOVEMBRE 1979

Je demande à Dieu d’agir à travers moi de façon à ne plus être l’auteur. Je ne suis pas le corps, mais le corps est le temple sacré dans lequel réside Dieu, que je suis vraiment. Mes désirs proviennent de la croyance erronée que je suis mon corps plutôt que Dieu qui réside à l’intérieur et qui est ma seule véritable identité.

La télévision est une tête de Gorgone : lorsque je la fixe du regard, elle me fige et me rend passif comme une pierre.

Comme tout symbole de sécurité, l’argent n’est nuisible que lorsque je lui suis attaché et que je crois qu’il constitue la source de ma sécurité et de mon bonheur, auquel cas je fais confiance à l’argent plutôt qu’à Dieu pour réaliser mon bonheur.

 

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 08:30

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 88)

 

 

 

LUNDI 4 SEPTEMBRE 1978

C’est moi-même qui génère mon inquiétude : ni créature, ni dieux ne peuvent me plonger dans l’inquiétude, mais c’est moi-même qui me tracasse au contact des êtres et des choses.

 

DIMANCHE 10 SEPTEMBRE 1978

Dieu de mon cœur, fais selon Ta volonté et non selon la mienne : je sais que je ne fais pas toujours suffisamment d’efforts pour aider et servir autrui et l’amour me manque quelquefois. Mais, plein de mansuétude, Tu sais pardonner.

 

MARDI 12 SEPTEMBRE 1978

Seigneur Dieu, merci pour la journée d’hier.

 

DIMANCHE 5 NOVEMBRE 1978

Dieu, inspire-moi dans mes réactions : que je ne fasse pas preuve de colère, mais de calme ! Je me mets trop facilement en colère et je dois prendre sur moi, beaucoup. Lors du mois passé, j’ai fait beaucoup de part à la peur et à la crainte, ceci souvent à tort : cela m’a conduit à peu servir dans la vie quotidienne et également à ne pas me consacrer avec assiduité aux deux exercices du matin et du soir. Je m’intéresserai plus aux autres, les aiderai, les aimerai et m’oublierai moi-même, mes tracas et soucis. Les épreuves de la vie quotidienne constitueront autant de facteurs d’enrichissement !

J’entrerai dans le rang et supprimerai l’alcool, la viande et les cigarettes car tout cela m’est interdit. Je ne regarderai plus n’importe quoi à la télévision. Je consacre encore trop d’énergie à l’onanisme. Je fais preuve de trop de faiblesse depuis de nombreuses années. Je serai plus proche de ma famille.

O Dieu, fais de moi un illuminé, libéré de tous les aveuglements du cœur !

 

LUNDI 13 NOVEMBRE 1978

Je me laisse aller à tout ce à quoi je dois renoncer : pensées charnelles, alcool, viande et cigarettes. Je retournerai à ce qui est essentiel et éternel. Que Dieu m’aide ! Je sais que je passe un moment difficile. Je me positionnerai sur la paix intérieure, en acceptant ce qui se passe car ce sont là des épreuves destinées à mesurer ma foi.

 

LUNDI 11 DECEMBRE 1978

Je me suis laissé aller ces derniers temps en raison d’une crise difficile à traverser au niveau professionnel et j’ai bu de l’alcool, mangé de la viande et fumé des cigarettes. J’ai cependant réussi à surmonter ce passage difficile sans trop haïr le genre humain. Par peur de perdre une prime ou de perdre des avantages, ou simplement par peur de perdre la face, je m’attache trop à ce qui m’arrive au niveau professionnel et je me nourris de ce malaise, entretenant, ce faisant, la colère, la haine et les rancoeurs. Je prendrai du recul, servirai mieux et plus, serai plus ouvert et travailleur.

J’ai aussi négligé ma famille : je me rapprocherai de mon épouse et de mes enfants, en étant un conjoint et un père plus agréable, qui s’occupe de la maison et s’associe aux jeux et aux promenades. Je regarde trop la télévision qui pourtant présente peu d’intérêt.

L’onanisme est une pratique et une habitude de longue date, qui, je m’en rends compte, est un moindre mal, car elle m’a empêché de faire des péchés plus importants, comme par exemple l’infidélité en actes à l’égard de mon épouse.

Je suis trop faible sur la voie mystique et je développerai l’intuition, en limitant l’aspect intellectuel.

 

MARDI 2 JANVIER 1979

Rapport annuel 1978.

La tentation est indispensable, afin de limiter et de maîtriser l’ego : il faut accepter de la même façon, c’est-à-dire avec équanimité, joies et douleurs, bonheurs et malheurs.

J’aurai une confiance totale en moi-même et sur ce point, moi seul je peux m’instaurer des limitations et des freins. Si le « je » n’est rien qu’une ombre, ne jamais oublier chez les autres et chez moi-même, au fond, la parcelle de la divinité, le Soi, qui se réalise dans les corps.

Chaque fois que possible, je m’imaginerai comment, placé dans ma situation présente, réagirai Jésus-Christ : ainsi, les boissons alcooliques, il éviterai, de même la consommation de viande et de cigarettes.

Dans la vie quotidienne, mes relations avec les autres sont encore perturbées, notamment avec la gente féminine, par mes désirs et mes émotions érotisées : j’ai un regard lubrique et sans arrêt, je suis préoccupé par ce que pense de moi telle ou telle femme rencontrée. Ceci est un besoin de reconnaissance et un élément malsain de dépendance à l’égard d’autrui, habitude contractée depuis le début de mon adolescence.

Pour les aspects positifs et en évolution favorable, je me rapprocherai de ma famille le plus possible, cesserai véritablement de trop regarder la télévision, ferai un sport doux, afin de garder le corps physique en bonne santé et pour le travail, servirai et serai disponible et juste, et ferai preuve de professionnalisme.

Du point de vue professionnel, Seigneur Dieu, fais de moi Ton instrument et que la morale l’emporte !

Pour les excès sexuels, lorsque je m’applique dans l’obscurité à l’onanisme, je dois « voir » les êtres spirituels qui m’environnent en train de m’observer, avec tristesse.

 

MARDI 9 JANVIER 1979

Plus je meurs à moi-même et plus je commence à vivre en Dieu.

Il vaut mieux avoir mis le monde entier contre soi que d’avoir offensé Jésus-Christ ; ainsi, que parmi tous les êtres qui me sont chers, Jésus-Christ soit le seul vraiment aimé.

 

MARDI 27 JANVIER 1979

Un ennemi souhaite ma mort « économique », c’est-à-dire me déconsidérer suffisamment professionnellement pour me mettre à la rue. Je vivrai avec cela, l’intégrerai dans ma quotidienneté et malgré cela, ferai en sorte que ma conscience reste bonne et pure et que mes relations avec autrui demeurent simples.

 

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 18:18

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 87)

 

 

 

MERCREDI 5 JUILLET 1978

Je persévérerai, quoiqu’il advienne : un pratiquant se distingue par deux caractéristiques, d’une part il ne s’apitoie pas sur son passé et d’autre part, il se lance sans hésitation dans tout travail qui se présente à lui. Le renoncement qualifie un travail réalisé sans attente de succès, de profit ou d’honneur, et sans crainte d’échec, de perte ou d’opprobre.

Aujourd’hui, j’ai cruellement souffert et mon cœur a pris un coup, car j’ai été mis en cause devant mes collègues dans ma dignité. Cette sensibilité prouve quelle importance a encore conservé mon ego, et donne la mesure du travail qu’il me reste à faire pour le réduire et faire plus de place au Moi profond et divin : vaincre l’orgueil, la fierté et le quant-à-soi. Mon ennemi qui m’agresse, m’aide et m’apporte son soutien pour réduire la place qu’occupe le petit moi et pour le détruire : je l’en remercie !

 

MARDI 11 JUILLET 1978

Tous mes actes seront accomplis pour l’amour du christ.

 

MERCREDI 12 JUILLET 1978

Lorsque je regarde en arrière, et considère mon trajet depuis une année, je constate de faibles progrès sur les points suivants.

Nourriture : il m’arrive encore parfois de boire de l’alcool et de manger de la viande, avec gourmandise, non de façon systématique, mais par périodes. Je penserai plus fortement aux souffrances de mes frères inférieurs. Je jeûne insuffisamment.

Tabac : il m’est arrivé, plus qu’auparavant de fumer des cigarettes.

Sexualité : moins qu’avant, mais l’onanisme débridé subsiste toujours. Cela rend difforme mes relations avec autrui, car le mal est dans mon oeil, dans la façon dont je regarde l’autre.

De plus, le stress a pris le dessus à certaines occasions, ceci m’ayant conduit à mettre le petit moi en avant : je vaincrai la peur.

De tout cela découle une faible capacité à réaliser les deux exercices du matin et du soir.

 

JEUDI 13 JUILLET 1978

Comme chaque homme, je porte autour de mon cou un collier, avec en guise de perles, mes bonnes et mes mauvaises actions : c’est mon karma. L’enterrement de l’esprit dans le corps est une descente aux enfers car le corps est un tombeau. Lors de la mort, qu’est-ce que l’esprit emmène ? L’argent, l’or, la personnalité, l’identité ? Non, rien de tout cela : il n’emmène que ses bonnes et ses mauvaises actions.

Chaque homme a deux familles. Un jour, un homme décide de partir en voyage : il doit le faire et il est contraint de partir. Il réunit sa famille, ses enfants, ses parents, ses voisins. Il fait ses adieux. Il y a de grandes tristesses et des pleurs. Il quitte ses lieux familiers, ses habitudes. Il se rend dans un lieu éloigné, dont il a peu de connaissance. Là, il est accueilli dans les joies et les rires. Il retrouve une nouvelle famille, avec ses frères, ses sœurs, ses parents, ses amis.

La mort, le sommeil et l’oubli sont trois formes de transitions. Si l’entrée de l’esprit dans un nouveau corps est un enterrement, et cause des souffrances et des pleurs au bébé qui vient de naître, car il sait ce qu’il a quitté, le monde spirituel, le départ de l’esprit qui quitte le corps à la mort physique, devrait être réjouit et joyeux, car il sait où il retourne.

Dans Maya, je ferai « comme si » c’était la réalité, mais sans être dupe : en fait ce n’est qu’un mirage. Je m’unirai au Tout et fusionnerai avec le Tout.

 

JEUDI 20 JUILLET 1978

Je recherche trop la vérité à l’extérieur, dans les livres ou chez les autres : je prendrai conscience, une fois pour toute, que toute la vérité est à chercher en moi-même, à l’intérieur.

 

MERCREDI 26 JUILLET 1978

Dieu, conserverai-je ma barbe, ou bien la raserai-je ? Tu sais l’importance pour moi de ce fait pour mon apparence par rapport aux autres : peux-Tu m’apporter la réponse ?

 

LUNDI 14 AOUT 1978

Sur le sentier mystique, je chemine seul : les groupes fraternels offrent des orientations, indiquent le chemin comme des poteaux indicateurs, mais je chercherai moi-même la bonne voie et la parcourerai. Les pouvoirs psychiques exceptionnels ont peu d’importance : l’important est d’aider l’humanité.

Je suis encore trop victime de mes mauvais penchants, qui contredisent mon engagement à l’égard de moi-même : la consommation d’alcool et de viande. J’effectuerai aussi les deux exercices du matin et du soir avec plus de constance.

Dans mes relations professionnelles interfère trop, entre les autres et moi, la crainte : crainte de tout perdre, crainte d’être dominé ou « rattrapé » par autrui. Ceci est un obstacle à mon développement spirituel. Mon comportement au travail, si possible, sera celui-ci : ne pas trop parler, ne pas critiquer, surtout négativement, positiver et rompre avec le négativisme et le pessimisme, avoir des relations distantes de corps à corps, et des relations aimantes d’âme à âme. Je ferai le travail comme une mission sans y chercher un « bonheur », un « bien », un « salaire », ou une récompense : plus que par devoir, c’est une vocation et un acte d’amour en pensant à tout moment à Dieu, « que Sa volonté soit faite », et non la mienne.

 

DIMANCHE 20 AOUT 1978

Les instincts, lorsqu’ils prennent le dessus, me conduisent à faire ce que je ne veux pas : besoin de dominer autrui, volonté de l’écraser et de le détruire. C’est cela Satan et c’est le contraire du chemin. Dans ces moments-là, je ne m’occupe que de mon petit moi et j’oublie les autres : c’est l’ego qui s’enfle. Je retrouverai les couches de mon inconscient, d’où partent ces instincts, afin de les dominer et de les dompter. Mon inconscient est constitué par mes vies passées, la vie de mes « ancêtres » et le passé de ma vie actuelle.

Je continue d’appliquer une sexualité onaniste, avec des relents d’homosexualité : sans aucun doute, dans une vie antérieure, j’ai mené une vie débridée sexuellement et je n’ai pas encore appris l’amère leçon de cela. J’accepterai maintenant et intégrerai la réalité actuelle, – je suis marié et père de quatre enfants – et ferai en sorte de porter tous mes enfants à maturité.

Face à l’adversité, je me démonte et me délite, j’ai des idées de vengeance et de meurtre : tout cela est une fausse position. Tout comme je serai indifférent aux éloges, je serai, aujourd’hui, indifférent aux critiques négatives et au mépris tout en faisant mon travail sans aspirer à un résultat. Ce qui me manque le plus est la confiance en moi.

 

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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 08:52

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 86)

 

SAMEDI 7 JANVIER 1978

Je suis mes problèmes.

Un travail envisagé uniquement sous l’angle du gagne-pain, je ne peux l’accomplir en donnant le meilleur de moi-même. La peur et le doute me rongent. La peur résulte de ma propension à l’attachement : elle traîne dans son sillage l’ignorance et l’anxiété.

 

DIMANCHE 30 AVRIL 1978

O Dieu, fais-moi Un avec Toi, dans l’Amour éternel ! La disparition de l’ego révèle la gloire du Soi. Le premier pas sur le sentier spirituel est la discipline diététique : en effet la nourriture impure a une mauvaise influence sur mon mental.

Je garderai constamment sur les lèvres le nom de Dieu et ne chercherai pas la récompense de mon travail.

 

LUNDI 8 MAI 1978

Que le Moi supérieur m’aide à réaliser mes exercices du matin et du soir avec plus de constance !

Je suis dans une nouvelle période de « Nuit Obscure ». Mon discernement est suffisamment développé pour que je distingue enfin que je ne suis pas ce corps, mais que j’« ai » un corps. Par contre, je rendrai plus service et serai un vrai canal de Dieu.

 

SAMEDI 13 MAI 1978

Ma réalité suprême est la suivante : « Je suis celui qui suit », « Je suis cela », « Je suis ». « Avoir » ne signifie pas seulement avoir de l’argent ou des bien matériels, mais tout ce qui se conjugue avec cet auxiliaire : avoir des connaissances, du prestige, des honneurs, des idées originales, un idéal, une idéologie, des expériences, des amis, des admirateurs, bref, tout ce dont je peux dire « mon », ou « mes », ou « le mien », tout ce qui donne l’illusion de combler le vide intérieur et la nullité de l’« être ».

La télévision est un moyen d’information et de circulation des idées à l’image d’un temps où règne la quantité : à l’ère de kali- yuga qui est la nôtre, la culture dégénère de plus en plus, et la quantité l’emporte partout sur la qualité.

Au travail, j’ai le comportement de quelqu’un de trop bavard. Je serai plus constructif et me battrai, car tout n’est que rapport de forces.

 

VENDREDI 9 JUIN 1978

J’ai tenté, avec beaucoup de volonté, de ne pas haïr mon prochain et de dépasser le sentiment de colère.

Quelles difficultés à exécuter convenablement les deux exercices du matin et du soir !

 

LUNDI 12 JUIN 1978

Le non attachement signifie que « je » n’agis pas, mais que je suis le canal de Dieu qui agit en moi et par moi. Je m’écouterai et m’observerai moi-même et sans cesse critiquerai l’ego, car le corps n’est pas « Moi ».

Je testerai et expérimenterai tout par moi-même, sans chercher le paraître, sans manifester aucune crainte. Je n’ai pas peur de la solitude réelle, qui est une chance pour retrouver mon être réel. Lâcher les livres et laisser les idées me passer au travers. J’ai progressé, y compris grâce à mes ennemis, qui sont donc en réalité mes bienfaiteurs.

 

MARDI 4 JUILLET 1978

L’objectif est la fusion du petit moi et du Soi, la réintégration du petit moi dans le Soi. Le chemin est la méditation, la prière et le jeûne.

L’univers – plus précisément la terre où Gaïa – a prêté un corps, pour parvenir à ce but, corps qu’il me faudra rendre quand l’horloge cosmique sonnera l’heure de ma mort.

La descente de l’esprit dans le corps, lors du premier souffle, est un en-terre-ment, et la sortie de l’esprit du corps lors du dernier souffle, est une sortie de la terre, la sortie du tombeau, l’esprit étant dé-terré.

Je supprimerai tous les « intermédiaires » : gourou, écoles de fraternité, etc. pour qu’il n’y ait d’abord que deux, le Dieu-Soi et le « petit moi », seuls à seuls, et ensuite Un, le Soi seul.

Le Soi est l’écran blanc sur lequel se déroule le film de Maya : sur cet écran défile la vie terrestre, avec ses joies et ses peines. Je peux choisir – et c’est la seule liberté dont je dispose – de me placer soit du point de vue de l’écran blanc, le Soi, soit du point de vue du film, le petit moi et le corps.

Le Soi est le bateau qui est sur l’eau – dans le monde – mais il ne doit pas prendre l’eau – il n’est pas « du » monde. Je me plongerai dans l’Océan du monde afin de réaliser le Soi.

Quelle importance est-ce que je donne à Maya, à l’illusion, aux phénomènes ? Cela compte encore beaucoup trop, car trop souvent, le quotidien prend le dessus : tout ce que je fais, je le ferai au nom de Dieu et pour Dieu

Chaque jour s’en va et chaque jour qui ne me fait pas progresser vers le Soi est perdu : je ne reporterai pas à demain ce qu’il est possible de faire aujourd’hui.

Mon ennemi me fait progresser et c’est une grande erreur de lui en vouloir. Ai-je le droit de me comporter en juge du bien et du mal ? Je considérerai plutôt ce qui m’est dû, mon karma : mon ennemi m’aide à liquider mon mauvais karma et en cela, il me rapproche de la mort véritable du « petit moi ».

Visiblement, en 1978, je n’ai pas franchi d’étape décisive me permettant de rompre avec le passé : j’ai fait de nombreuses chutes concernant l’alcool, le tabac et la viande. De plus, l’onanisme continue de perturber les relations entre les autres et moi. L’attachement est le péché capital : c’est le fait de penser, dire et agir en fonction du « mien » et du « tien » C’est le péché originel et j’aspirerai de toutes mes forces à disparaître en tant que « petit je » : la seule chose qui compte pour y parvenir, c’est le service pour autrui.

 

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 17:06

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 85)

 

MARDI 3 JANVIER 1978

Je me prépare pour transiter « consciemment » pour la seconde fois. En effet, je suis « mort » à moi-même une première fois lors de mes vingt ans : j’avais alors « décidé » que les années que je vivrais en plus, au-delà de mes vingt ans, seraient « données » et « gratuites » et donc légères. Je vais procéder pour moi-même à l’image de mon frère aîné Paul, qui a eu un malaise provoqué par un anévrisme, le 21 septembre 1976, à 16 heures 30. Il marchait dans les rues de Metz, aux environs de la cathédrale, il est tombé, les sapeurs-pompiers ont essayé de le réanimer, en vain, et il est mort une heure après.

Il est 16 heures 30 et je vais mourir pour la seconde fois. Fin de ma vie. Qu’est- ce que j’emporte, qu’est-ce que je laisse derrière moi ?

Tout se passe à l’intérieur et ce sont là les plus belles aventures. C’est aussi la fin d’une étape : je peux faire le bilan et considérer où j’en suis arrivé. Première mort : en 1935, à vingt ans, deuxième mort : 1978 à soixante -deux ans.

Voilà dix ans, en 1968, que j’ai rencontré pour la première fois le rosicrucianisme : quels sont les efforts consentis et quels sont les progrès accomplis ? Le fait d’être sur le sentier est déjà en soi un bonheur !

Mais j’ai toujours des tentations fortes en matière d’alcoolisme, et des pensées malsaines en matière de sexualité et d’onanisme.

 

MERCREDI 4 JANVIER 1978

L’ancien et le nouveau ne peuvent coexister : pour que naisse ce qui est neuf, il faut « mourir » à l’ancien et au connu. Il est bon de se débarrasser des séquelles du passé, de tout ce qui est figé et moribond : ce sont là des fardeaux inutiles qui retardent ma marche en avant. Je ne serai pas effrayé par cette mort, car mourir à chaque instant, c’est aussi se renouveler à chaque instant, s’ouvrant à ce qui naît et laissant derrière soi les vieux schémas d’existence.

Je ne compterai que sur moi-même, car lorsque je crois à l’autorité de quelqu’un et que je m’appuie sur lui, j’affaiblis ma propre intelligence et j’empêche l’éveil du flot de ma propre sagesse intuitive. Avec une claire conscience, je fais face à n’importe quelle situation dans la vie, librement. Le piège, dans ce qui m’arrive de mal, serait la tentation d’accuser les situations extérieures ou les gens, ou n’importe quoi d’autre. Une fois pour toute, j’accepterai ma responsabilité pour ce que je suis : j’ai été construit par mon propre karma, qui sont l’ensemble des actes bons ou mauvais effectués par moi-même, passés et présents qui m’ont forgé.

 

VENDREDI 6 JANVIER 1978

Suite du rapport annuel 1977.

A l’étape actuelle, je lâcherai prise et me débarrasserai de nombreux fardeaux. Pour ce faire, je n’aurai pas peur, mais j’aurai confiance. L’Instructeur me vient en aide pour cela, car je m’aperçois qu’il crée les conditions matérielles – dans mon travail, dans ma famille, dans ma vie – avec diverses tentations pour m’apprendre à lever les obstacles. A l’avenir, je me tournerai encore beaucoup plus vers le Seigneur et mettrai ma confiance en lui seul.

J’ai perdu ma mère et mon père et, en 1976, j’ai perdu un autre être cher, mon frère Paul : voilà donc qu’au moins à deux reprises, je meurs à une partie de mon passé, et à chaque fois, les années qui me restent à vivre me sont pour ainsi dire données  «  en plus » : elles sont « gratuites », donc plus légères. Mort par deux fois à moi-même – psychologiquement – à chaque instant que je dois mourir à ce monde. Je suis dans le monde sans être du monde.

Voilà dix ans que j’ai eu le bonheur de rencontrer sur ma route le rosicrucianisme, et depuis cette date j’ai progressé, mais le chemin à parcourir est encore long. Mon engagement est faiblement et en tout cas insuffisamment respecté.

Concernant la nourriture, il m’arrive encore trop fréquemment de boire des boissons alcoolisées : c’est un trouble qui doit cesser. Je mange de la viande et même, parfois, je me régale de celle-ci : c’est un manquement à l’égard du respect que je dois manifester à l’égard de mes frères inférieurs.

Malgré mes bonnes intentions d’y renoncer totalement, je passe trop de temps affalé devant la télévision : cela est tout à fait négatif, car c’est au détriment de ma vie familiale et professionnelle. Cela conduit à ingurgiter passivement des sommes d’images et d’informations trop souvent néfastes et sans aucune utilité.

Inversement j’accorde à mon corps insuffisamment de temps d’activités sportives, ce qui me conduit à le rendre inapte à être un véhicule en bonne santé.

Je laisse libre cours à mes passions négatives et aux « idées » sexuelles qui s’intercalent dans mes relations avec les autres, l’onanisme en particulier, pratiqué maintenant depuis longtemps : le résultat est un chaos psychique et psychologique qui constitue le plus grand obstacle pour ma progression.

Professionnellement, des freins, tels l’endormissement et la dispersion, m’incitent à mal faire et à faire trop peu, malgré ma bonne volonté.

Je ne prie pas suffisamment, et j’ai trop négligé les deux exercices du matin et du soir, qui m’ont pourtant déjà montré leur résultat pour arriver à me connaître mieux moi-même, à me voir tel que les autres me voient et à me maîtriser.

En conséquence, je sollicite l’Instructeur pour qu’il m’accorde en 1978 deux faveurs :

- 1.  Qu’il me donne de « bonnes » tentations, me permettant de progresser toujours sur la voie et ceci vers plus d’amour des autres.

- 2.  Qu’il m’aide à effectuer les deux exercices du matin et du soir avec plus de constance afin d’atteindre la sérénité !

 

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