Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 13:34

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 82)

 

Dans la lemniscate, ou nombre 8, il y a deux cercles convergeant vers un point central.

Ces cercles peuvent être regardés comme le symbole de l’esprit qui évolue, l’esprit étant le Soleil intérieur à chaque corps.

Un des cercles signifie la vie de l’esprit en ce monde physique, de la naissance à la mort.

Pendant ce laps de temps, chacun des actes de l’esprit est une semence dont il devrait recueillir une certaine somme d’expériences.

Le travail objectif de l’existence terminé, le jour de l’action dépensé, l’esprit commence le travail subjectif de l’assimilation, qui s’accomplit au cours de la nuit pendant le séjour dans le monde invisible que l’esprit traverse dans la période qui s’écoule de la mort à la nouvelle naissance, période symbolisée par l’autre cercle d’une lemniscate.

Lorsqu’il arrive au point central d’une lemniscate qui divise les deux mondes, le monde physique et le monde spirituel, la porte de la naissance à la mort, selon que l’esprit entre ou quitte la région où il lui arrive d’être en ce moment, il possède une somme de facultés acquises dans les existences antérieures, qu’il peut alors – à son choix – faire fructifier ou laisser improductive, pendant la vie présente.

De l’emploi de ce qu’il possède dépend la croissance de l’âme.

Ainsi, chaque corps est le Temple, l’instrument, le terreau d’un esprit intérieur qui en constitue le Soleil.

Lorsque l’esprit commence son pèlerinage dans le monde matériel, il vit dans une coque dure et insensible qui cache la lumière intérieure.

Un voile cache l’entrée du Temple intérieur et l’initiation, vécue de l’intérieur et non comme une cérémonie extérieure, permet d’entrer en contact avec les impulsions solaires.

L’esprit est pareil à un diamant dans sa gangue, un diamant dont il s’agit de s’efforcer constamment d’user la rude enveloppe pour permettre à l’esprit de rayonner à travers le véhicule qui l’anime.

Lorsque dans l’atelier du lapidaire, le diamant est appliqué contre la meule, il fait entendre un grincement comparable à un cri de douleur, à mesure que s’use sa dure enveloppe, mais, peu à peu, après de multiples applications sur la meule, il pourra devenir une gemme d’une beauté et d’une limpidité incomparables.

De la même façon, nous sommes maintenus contre la meule de l’expérience : il en résulte des douleurs et des souffrances, qui éveillent l’esprit intérieur ensommeillé.

Ceci est symbolisé, lors de l’initiation, par le récipiendaire qui goûte à la coupe de l’amertume, résultant de ses passions, et qui doit la vider jusqu’à la lie.

Cette pierre que nous travaillons petit à petit, vie après vie, sans bruit de marteau – parce que « le bruit ne fait pas de bien et que le bien ne fait pas de bruit » – cette pierre, nous la transformons en étoile – l’étoile à cinq branches qui est dévoilée au Compagnon.

Ne sommes nous pas d’ailleurs, chacun d’entre nous, des poussières d’étoile, étoile symbolisée par le Soleil dans le monde physique ? ».

 

3) Epitaphe de Pierre Quader.

« Pierre Quader.

2 novembre 1915 – 9 mai 1985.

Passant, réjouis-toi,

Ici ne repose que l’un de mes corps.

Cela que Je suis, pour le monde :

Fils d’homme

Cela que Je suis, en moi-même :

Fils de Dieu

Cela que Je suis, dans l’Un :

A rejoins le Soi.

Désormais… qu’il en soit ainsi ! ».

 

Table des matières.                              Pages

 

Prologue.                                                 7

 

Cahier noir   : Fils d’homme.                     9

 

Cahier citrine: Sagesse,Force,Beauté       41

Repost 0
8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 09:01

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 81)

 

Et c’est dans le limon même de cette terre que les âmes passées ont laissé leurs pleurs et leurs joies.

Et c’est avec cette glaise que nous devons pétrir sans cesse les corps de nos vies à venir.

Véritablement, comme l’indique Hermès : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

Ou encore : « Sur la terre, comme au ciel ».

Solstice d’hiver, équinoxe du printemps, solstice d’été et équinoxe d’automne font référence au voyage qu’effectue le Soleil.

Dans l’Evangile de saint Jean, en parlant du christ, Jean-Baptiste dit : « Il faut qu’il croisse, et que je diminue », ce qui symbolise le Soleil au solstice d’été, alors que le christ, par sa naissance à Noël, s’identifie au Soleil nouveau-né qui fait croître les jours jusqu’à l’été.

Ainsi, à partir du solstice d’été, le Soleil décroît, les jours raccourcissent jusqu’au solstice d’hiver, nuit la plus longue de l’année.

Puis, à partir du solstice d’hiver, le nouveau Soleil naît, les jours rallongent jusqu’au solstice d’été, journée la plus longue de l’année.

Le solstice d’hiver inaugure la période de la croissance aboutissant à la maturité du solstice d’été.

Le solstice d’été marque l’apogée de la course solaire ; le Soleil est au zénith, au plus haut point du ciel.

C’est pourquoi ce jour est choisi pour célébrer la fête du Soleil, symbolisée par l’antique tradition des feux de la saint Jean.

La légende d’Hiram Abiff, le « fils de la Veuve », l’architecte du Temple de Salomon, représente la descente du Soleil après le solstice d’été.

Sur le plan du microcosme, le Temple de Salomon est aussi le corps de l’homme, où évolue son esprit individuel.

Hiram Abiff, grand maître du Temple, est le Soleil qui voyage devant les douze signes zodiacaux, jouant le drame de la légende maçonnique.

A l’équinoxe de printemps, le Soleil quitte le signe d’eau des Poissons, qui est féminin et docile, pour entrer dans le signe de feu, belliqueux, martial, énergique du Bélier.

Il remplit la terre d’un feu créateur que s’approprient immédiatement les milliards d’êtres de la nature pour en construire le Temple de l’année qui vient, avec ses forêts, ses prairies et ses landes.

Les forces de fécondation font germer les myriades de graines qui sommeillent dans le sol, recouvrant bientôt la terre d’une végétation luxuriante, tandis que les animaux se reproduisent suffisamment pour maintenir la faune à son niveau normal.

Hiram Abiff se servait d’un marteau pour appeler ses ouvriers ; or le symbole du signe du Bélier, où commence cette merveilleuse activité créatrice, est représenté par les cornes du Bélier, qui rappellent la tête d’un marteau.

Pendant l’été, l’influence du Soleil donne lieu aux chants de gratitude de tout ce qui respire, et Hiram, qui en est le symbole, peut donner le Verbe, le Logos, c’est-à-dire la Vie, à tous.

Au moment où le Soleil entre dans les signes de l’hémisphère sud, à l’équinoxe d’automne, la nature devient muette, et Hiram, le Soleil, ne peut plus transmettre le Verbe, le Mot Sacré.

Il rencontre ses trois meurtriers, les signes zodiacaux de la Balance, du Scorpion et du Sagittaire, traversés pendant les mois d’octobre, de novembre et de décembre.

Le premier le frappe avec une règle de 24 pouces, qui symbolise les 24 heures que met la Terre pour tourner sur son axe. Le second le frappe avec une équerre de fer, symbolisant les quatre saisons de l’année ; enfin le troisième lui donne le coup de grâce avec un maillet qui, ayant une forme ronde, annonce que le Soleil a terminé son cycle vital et meurt pour faire place au Soleil d’une autre année.

Le combat entre la lumière et les ténèbres dans le monde physique est en relation étroite avec la lutte de la lumière spirituelle et de la vie, contre les pouvoirs des ténèbres et de l’ignorance.

Dans de nombreuses religions, mais c’est aussi le cas en franc-maçonnerie, le Temple a son entrée face à l’orient, afin que l’entrée soit illuminée par le Soleil levant, proclamant ainsi chaque jour la victoire de la lumière sur les ténèbres.

Et puisque « tout est bien », en sachant avec quoi frapper, et à quel endroit frapper, les trois compagnons ne sont pas si mauvais que cela, et ils démontrent qu’ils ont acquis leurs lettres de noblesse.

Ils peuvent, par leur action, intégrer le grade de maître et par là même, ils permettent à Hiram Abiff de mourir pour devenir maître secret.

Le voyage du Soleil peut aussi être simplifié et ramené à deux phases de six mois, à l’image de l’expiration et de l’inspiration, de la nuit et du jour.

Alors, le solstice d’hiver ouvre la phase ascendante du cycle annuel et le solstice d’été ouvre la phase descendante.

D’où le symbolisme gréco-latin des portes solsticiales, représenté par les deux faces de Janus, et dans notre tradition judéo-chrétienne, par les deux saints Jean, la saint Jean d’été et la saint Jean d’hiver.

La porte estivale introduit à la phase d’obscurcissement du cycle, la porte hivernale à la phase lumineuse du cycle.

Il s’agit de la porte des hommes et de la porte des cieux, de la porte de l’enfer et de la porte du ciel.

Cette porte symbolise le lieu de passage entre la lumière et les ténèbres ; elle invite à un voyage vers l’au-delà, du domaine profane au domaine sacré.

Cette porte, par où passe l’axe du monde, c’est le sommet du crâne, à savoir la porte étroite qui donne accès au royaume des cieux.

Ainsi la vie se présente à nous sous la forme d’un cycle, d’un cercle plus exactement, lorsque nous la considérons sur le plan physique seulement ; mais la vie se présente à nous en lemniscate lorsque nous l’envisageons dans ses phases physique et spirituelle.

La lemniscate est le signe de l’infini, que nous retrouvons dessinés dans le Temple maçonnique sous forme de lacs d’amour.

Repost 0
7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 09:11

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 80)

 

Le Soleil à son zénith nous procure les jours les plus longs, ceux où l’influence solaire est à son apogée.

C’est le moment de faire des provisions de forces physiques, mais aussi de ne pas oublier pour autant de nourrir les forces intérieures, qui tendent ensuite à renouveler les provisions emmagasinées.

L’été est le temps de l’épanouissement.

Toutes les fleurs se sont ouvertes, toutes les plantes ont fait des graines, tous les arbres ont mûri leurs fruits ou achèvent de le faire.

Tous ont vécu la plénitude de leurs possibilités avant d’entrer dans le repos de l’automne, où la pluie et les vents froids vont dépouiller de leur vêture, et feront refluer la sève et la vie jusqu’aux racines même d’où était partie leur croissance.

Spirituellement, la fin de l’été marque la fin d’une année, car l’influx de force vitale, qui a été donné à l’automne précédent, a fait germer et produire tout végétal.

Cette force est totalement épuisée.

La fin du signe de la Vierge coïncide avec l’équinoxe d’automne, ce moment de l’année où, après s’être élevé dans le ciel de Pâques, le Soleil dirige à nouveau son attention sur la terre.

Enfin, c’est l’automne-rouge.

A l’automne, le Soleil croise à nouveau l’équateur, après avoir donné à l’humanité le « pain de vie » grâce auquel elle pourra subsister jusqu’au prochain retour du Soleil dans l’hémisphère nord.

A l’équinoxe d’automne, se concrétise un progressif, mais formidable influx de force vitale qui culminera à Noël.

Cette force va se diffuser dans la planète et insuffler la vie à tout ce qui a dépéri à sa surface et dans son sol.

Le signe de la Balance…

Deux plateaux en équilibre fragile, prêts à monter ou descendre au moindre souffle, à la moindre brise…

On y entre le 23 septembre…

Equilibre et tristesse, entre lumière et obscurité, entre jour et nuit, entre obscurité et intériorité, entre cette période d’été pleine d’activités, de jeux, de chaleur et de Soleil et l’automne où insidieusement nous allons vers des énergies opposées.

Automne où les arbres, si verts et si riches, si plein de sève, de vie et de bruissements d’insectes, vont passer au brun desséché en traversant toutes les nuances des rouges, orange et or.

N’avez-vous jamais contemplé un arbre, une forêt entière, dont les feuillages d’un plus bel or illuminaient la fraîcheur déjà humide des derniers beaux jours ?

Cet or qui, je vous le rappelle, pour les alchimistes, est le symbole de l’esprit !

N’avez-vous jamais fait la relation entre cette lumineuse et merveilleuse couleur et celle du Soleil ?

Le Soleil décline à l’extérieur, et les feuillages, en un dernier adieu, l’irradient de l’intérieur d’eux-mêmes !

La nature nous montre la voie à suivre…

L’automne marque la fin de la belle saison dans l’hémisphère nord.

Les fortes chaleurs sont passées, la fraîcheur va s’accentuer et le froid venir, ainsi que les frimas de l’hiver…

Ce cycle, en quatre temps : l’hiver, le printemps, l’été et l’automne, qui mélange dans l’union et la désunion, les quatre éléments, la terre, l’eau, l’air et le feu, compose les quatre règnes, le règne minéral, le règne végétal, le règne animal et le règne divin, ce cycle peut s’observer à tous les niveaux.

Une journée peut être découpée en quatre parties : l’avant-minuit, l’après-minuit, le matin et l’après-midi.

De même une vie d’homme n’est qu’un cycle de 70 fois la terre autour du Soleil en passant par les stades de la naissance, de la maturité, de la vieillesse et de la mort.

Enfin le solstice d’hiver, l’équinoxe de printemps, le solstice d’été et l’équinoxe d’automne forment les tournants de la vie de la terre.

 

Repost 0
6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 21:48

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 79)

 

2) Texte lu par les frères de Pierre Quader lors de la remise de l’urne funéraire à sa famille :

«  LES QUATRE SAISONS.

Hiver-noir, printemps-blanc, été-jaune, automne-rouge.

Les quatre saisons de l’année, avec les battements du cœur et les heures du jour et de la nuit, sont des phénomènes à la base de notre appréhension du Temps.

L’hiver-noir.

Solstice d’hiver : le Soleil s’arrête.

Alors le Soleil est à sa plus haute déclinaison et le plus loin de l’équateur céleste.

Alors la durée des nuits est la plus longue.

Dehors, nos corps frissonnent aux gelées hivernales et notre regard s’attriste au paysage meurtri et désolé.

Les forêts ont pris leur robe brune, froide, pitoyable.

Les animaux, quels qu’ils soient, luttent âprement pour leur survie.

L’hiver ne dévoile pas volontiers sa magie.

Une magie saine où s’accumulent des forces insoupçonnables qui permettent la venue, l’existence du printemps.

Le retour à la vie.

Cultivons en nous ces forces, imprégnons-nous de leur puissance, inspirons-nous de cette harmonie afin de préparer, nous aussi, de grands projets d’amour et de lumière.

Comme le Capricorne, le 21 décembre, retirons-nous quelque temps en nous-même, afin d’accumuler nos forces naturelles, de les concentrer en nous.

Le signe des Poissons est le dernier de ceux d’hiver.

A ce moment, les provisions amassées grâce aux dons généreux du Soleil de l’année précédente sont presque épuisées, et la nourriture de l’homme se fait rare.

Puis c’est le printemps.

Le printemps-blanc.

A l’équinoxe du printemps, le Soleil croise l’équateur, et c’est la période de la mise en croix, car à ce moment, le dieu Soleil commence à donner sa vie sous forme de nourriture à ses adorateurs.

Il mûrit le blé et le raisin dont sont faits «  le pain et le vin ».

C’est la fête de Pâques, c’est-à-dire le passage.

La Pâque marque l’époque où le Soleil passe par son point vernal, en croisant l’équateur au moment de quitter l’hémisphère sud, où il hiverne, pour commencer son voyage vers le nord dans son char de feu, salué avec joie par les hommes qu’il vient sauver de la faim et du froid qui les feraient inévitablement périr s’il restait dans les régions australes.

A l’époque de l’équinoxe, le 20 mars, le jour et la nuit ont la même durée sur toute la terre.

Au point vernal, 0 degré Bélier, le Soleil croise l’écliptique et entre dans l’hémisphère nord : c’est le début du printemps.

Pendant tous les mois d’automne et d’hiver, et notamment au solstice d’hiver, moment privilégié, la nature nous a invités à la méditation et à l’introspection.

Ce calme apparent nous a incités à la réflexion et à la prise de conscience de problèmes abstraits.

Sur le plan matériel, le printemps est synonyme de renouveau, d’explosion de vie, de débordement de joie, de beauté et d’amour.

C’est la vie qui renaît, les bourgeons sont gonflés de sève et vont donner des fleurs, des feuilles, des fruits.

Le monde animal participe aussi à ce renouveau.

Les oiseaux et les insectes repeuplent l’air.

Sur terre et sous terre, la vie reprend son activité.

Dans l’eau, les poissons quittent l’abri des rochers et des racines, pour se lancer dans le courant de l’eau vive.

Tous, animaux et végétaux, sortent d’une longue léthargie.

Puis c’est l’été-jaune.

C’est au cours du solstice d’été que la durée des jours est la plus longue.

A partir de la saint Jean d’été, le paysan moissonne ce qu’il a semé des mois auparavant.

Et comme le dit le dicton : on récolte toujours ce que l’on sème.

Juin, fleurs, parfum, Soleil…

La nature nous dispense ses richesses, ses dons multiples.

Juin prépare les fruits, réalisation finale, résultant d’un lent travail de maturation de la fleur, d’un épanouissement de l’être.

C’est la plénitude espérée et l’aboutissement.

 

Repost 0
5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 16:16

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 78)

 

EPILOGUE

 

Sont publiés successivement :

- Le testament de Pierre Quader ;

- Le texte lu par les frères de Pierre Quader lors de la remise de l’urne funéraire à sa famille ;

- L’épitaphe de Pierre Quader.

 

1) Le testament de Pierre Quader :

A ma famille, à mon médecin, au prêtre, à mon avocat :

S’il arrive un moment où je ne puis plus prendre de décision en ce qui concerne mon propre avenir, ma volonté est que ce document soit considéré comme le testament de ce que je désire.

Si l’on ne peut raisonnablement pas s’attendre à une guérison physique, mentale ou spirituelle, je, soussigné Pierre Quader, demande que l’on me laisse mourir et que je ne sois pas maintenu en vie par des moyens artificiels ou des mesures héroïques. Cela n’inclut pas les médicaments administrés par compassion, dans la phase terminale, afin d’éviter de trop grandes souffrances.

J’attache beaucoup de valeur et de dignité à la vie : je ne demande donc pas que l’on mette fin à ma vie, mais que mon agonie ne soit pas prolongée de manière déraisonnable, et que la dignité de la vie soit respectée.

Etant convaincu de la justesse des enseignements de la sagesse occidentale concernant la mort, je demande que, à ma mort, aucune autopsie, ni embaumement ne soient exécutés et que, à la place, mon corps soit placé dans un endroit frais ou dans une chambre spéciale durant 3,5 jours (84 heures), avant toute crémation.

Si, du fait de considérations légales, une autopsie doit être faite, je demande que cette autopsie ne soit pas faite durant les 3,5 jours (84 heures) après mon décès. Je demande aussi que l’autopsie soit suivie de la crémation. La présente requête est faite après mûre réflexion, alors que je suis en parfaite santé de corps et d’esprit. Bien que ce document puisse ne pas être considéré comme tout à fait légal, j’espère que, vous, qui avez quelques égards pour moi, vous sentirez moralement lié de mettre en pratique ces dernières volontés. Je suis conscient que cela accroît votre responsabilité, et c’est dans l’intention de partager cette responsabilité que ce document est rédigé.

Fait en toute conscience, ceci est ma dernière volonté.

21 novembre 1983.

Signé : Pierre Quader.

 

Repost 0
5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 12:24

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 77)

 

JEUDI 5 MAI 1983

D’abord l’âme, puis le reste, – l’esprit, l’intellect et le mental – qui émerge et émane de l’âme. L’âme est une parcelle de Dieu.

 

DIMANCHE 8 MAI 1983

Que je souffre physiquement ! Y prêterai-je attention ? Comment au niveau subjectif, mesurer la souffrance ? Mes douleurs sont très gênantes au niveau social, car mes besoins, urine et défécation, se produisent à tout moment et en tous lieux : il m’arrive fréquemment de changer de culotte à l’improviste, parce que je l’ai souillée, dans un buisson, si possible à l’abri des regards. Lorsque la douleur s’annonce, il est impossible de lui résister. Quelle erreur ais-je commise par rapport aux lois naturelles, pour tant souffrir ? La nuit – ô honte ! – je fais pipi au lit comme un bébé, et je porte à nouveau une couche. Sans doute cette énurésie est due à la peur et l’ego est-il encore trop attaché au besoin de reconnaissance par les autres ego. En effet lorsque l’ego se rebelle, il s’estime ne pas être reconnu pour ce qu’il est. Quelle leçon dois-je apprendre ?

Le ciel, c’est le lieu dans notre âme, où l’Amour est purifié, comme dans un creuset : le feu du ciel, auquel se réfère Jésus-Christ, est un feu purificateur, qui brûle les imperfections. Sur le sentier, l’étude ne sert qu’à élargir le mental de manière ponctuelle. Si elle s’avère utile pour mon évolution, vivre reste essentiel : seule la vérité vécue est source de transformation.

L’humilité n’est jamais vraiment acquise : l’humilité est indissociable de la simplicité d’être. J’apprendrai à reconnaître ma faiblesse, à l’accepter et à la dépasser et à ne pas me justifier par rapport aux autres.

J’ai mal physiquement, psychologiquement et mentalement, mais je ne suis ni mon corps physique, ni mon corps psychique, ni mon mental. De plus je pourrai avoir encore plus mal. Cette douleur est le résultat du karma passé et je l’accepte stoïquement et calmement. Cette étape de ma vie m’apprend encore mieux le détachement : quitter, quitter des amis, une maison, ce sont là autant de « petites morts » qui préparent à la mort définitive, celle du corps.

 

JEUDI 12 MAI 1983

Seigneur Dieu, fais en sorte que je puisse Te rencontrer et voir Ton darshan.

 

DIMANCHE 22 MAI 1983

La maladie me submerge. Est-ce un retour à l’enfance ? Une régression du corps ? Je fais pipi au lit : faut-il l’accepter ? Faut-il se révolter ? Faut-il en rire ? D’une certaine manière c’est une façon de donner aux autres et d’offrir, puisque c’est le contraire de la retenue, du garder pour soi et donc de l’égoïsme.

Que m’apprend la situation actuelle ? Je marche dans les rues de la ville et soudain, j’ai un sentiment de besoin d’uriner suivi du besoin de déféquer : si je ne le satisfais pas immédiatement, à un moment donné, je ne peux plus me retenir. Le besoin est tellement prégnant, qu’il est même inutile d’essayer de le contenir, car il y a un relâchement soudain, qui fait que je défèque dans mon pantalon. La leçon est que le corps est si peu le mien que je ne maîtrise plus rien. Le corps est entièrement livré au système nerveux autonome.

Autre cas de figure : je suis assis sur un fauteuil, ou étendu sur un lit, ensommeillé. Tout à coup je m’éveille, mouillé de partout, avec de l’urine dégoulinante : c’est la situation qui tient le corps.

 Je fais don de tout à Dieu et m’identifie au Soi, à ce qui est permanent et éternel.

 

LUNDI 30 MAI 1983

Je m’accommode patiemment du bien comme du mal qui m’arrive. Qu’est-ce le vrai Bien ? C’est l’état unique auquel aucun autre n’est comparable, c’est la fusion dans l’Un.

Tout est Un. « Tout » éteint. Le monde éteint « je ». Le monde est un Jeu. Tout est Un : « Tout » inclus le monde que je vois, ainsi que moi-même, le témoin du monde.

 

SAMEDI 25 JUIN 1983

La voie vers le souverain Bien est la connaissance de l’Un et la participation à l’Unité. Comment pourrais-je aimer les autres mieux qu’en sachant qu’ils sont aussi moi-même ? Toutes les actions appartiennent à Dieu.

 

MERCREDI 20 JUILLET 1983

La haine ne se justifie plus. Tout est bien puisque Dieu tient le gouvernail.

 

DIMANCHE 31 JUILLET 1983

J’ai appris avec douleur le décès de mon second frère, Jacques, ce jour à 14 heures 30 et cela m’a transpercé de douleur. Malgré le Soi, la séparation terrestre d’un être cher est, à chaque fois, une nouvelle mise en croix.

 

SAMEDI 17 SEPTEMBRE 1983

L’ego représente tous les aspects de la personnalité qui empêchent d’atteindre Dieu : pour faire Un avec Dieu, il faut perdre tout l’orgueil que je tire de mon pseudo savoir, de mon esprit d’indépendance et de ma volonté de séparativité. J’apprends le sens véritable de « lâcher prise ».

 

SAMEDI 24 SEPTEMBRE 1983

La raison est un merveilleux outil, une fois purifiée, c’est-à-dire unifiée et centrée sur l’Un. L’âme est descendue dans la matière, le corps ; en s’unissant avec le corps, l’âme a donné naissance au « corps psychique » – la raison, la mémoire, l’imagination, l’intellect et le mental. Ce sont des instruments formidables pour connaître le monde matériel et pour réaliser l’objectif de l’âme. Et pourtant ces éléments, dont je ne suis que le gérant, sont appelés à disparaître car ils font partie de Maya; seuls existent le Soi et la mort. Il n’y a pas le Soi et le petit moi, mais les deux sont le Soi : l’un est essentiel et l’autre secondaire.

Dieu est mon gourou et Celui qui me mène à la Lumière.

 

SAMEDI 15 OCTOBRE 1983

La tension monte jusqu’au point de rupture. Tel un enfant qui apprend à nager dans l’Océan, Dieu me porte comme une mère et me préserve des dangers. Le plaisir d’apprendre et de nager augmente jusqu’au point ultime, jusqu’au point de rupture : je découvre alors que la main de Dieu n’est aussi qu’illusion et Maya. J’ai toujours été seul, il n’y a qu’Un et j’ai toujours fait Un avec l’Océan. La séparativité d’avec l’Océan n’était qu’illusion et orgueil. Après cette rupture, le système du monde poursuit normalement sa route, mais je suis conscient de l’Un : Béatitude ! Béatitude ! Béatitude !

Cette semaine, j’ai « vu » Dieu dans le ciel : des nuages ont formé sa tête au-dessus de moi, gigantesque et majestueuse. Je l’ai appelé dans mon cœur, pas en vain. Puis tout s’est effiloché.

 

DIMANCHE 23 OCTOBRE 1983

Le monde va mal : l’immoralisme et le matérialisme dominent en raison de l’absence de spiritualité. Le renversement de tendance et des valeurs a débuté en 1926, puis, peu à peu, à partir des années 2022, l’Un triomphera et se fera connaître sous son véritable nom : « Amour ».

 

JEUDI 5 JANVIER 1984

Bilan de l’année 1983.

Toute la question revient à changer mon regard : il ne s’agit pas d’annihiler le petit moi, qui est bien utile et même indispensable pour évoluer, dans le monde matériel, mais de ne plus m’identifier à lui.

Je déserte le plus souvent possible le monde intellectuel. La question que je me pose le plus souvent est : « qui suis-je ? » et la réponse que j’apporte le plus fréquemment possible, sous forme de mantra, est : « Je suis Dieu. Je n’ai ni naissance, ni mort. Seul le corps meurt. Je suis le Soi. Je suis. Soi. Je ne suis ni le corps, ni le mental, ni l’intellect, ni la raison. Le corps, le mental, l’intellect et la raison, une fois purifiés, sont mes amis. Je les aime. J’ai aussi un cœur – sentiments et émotions – et un ventre – instincts et passions –. Je suis un canal ouvert aux sentiments et aux instincts beaux, justes, vrais et bons. Que mon amour, mon cœur et mon ventre soient dédiés à Dieu, et seulement à Dieu ».

L’année 1983 a été une année de sortie de crise, la crise la plus importante étant une nouvelle « Nuit Obscure », avec des doutes et des retours en arrière du point de vue spirituel. Je m’en suis sorti en mettant tout dans la main de Dieu : que Sa volonté soit faite !

Ceci démontre, s’il en est besoin, mon attachement à la réalité terrestre, à l’illusion, car les mauvais moments frappent mon petit moi, encore très sensible. Tout ce qui m’arrive est fait par les frères supérieurs pour mon évolution spirituelle.

Autour de moi, les amis souffrent ou meurent et me voilà devenu un frère aîné. Les enfants ont grandi et d’autres amis vieillissent. Mon seul objectif est de me rattacher à mon Maître intérieur, « père et mère divins ».

 

SAMEDI 10 MARS 1984

Voici les vœux que je formule en ce jour pour ma prochaine réincarnation :

Je serais heureux de suivre à nouveau le sentier rosicrucien, afin de parfaire mon évolution spirituelle.

Je souhaiterais vivre où le Cosmique le jugera le plus opportun pour mon évolution, sur terre ou ailleurs. J’aimerais exercer la profession la plus utile à mon bien-être et à celui d’autrui.

Je voudrais me souvenir de mon gourou, le Soi, et fusionner avec Lui.

 

DIMANCHE 18 MARS 1984

Je suis atteint d’un cancer généralisé, plus précisément une leucémie. Que Dieu ait pitié de mon corps !

Seigneur Dieu que j’atteigne Ta Demeure, afin de ne plus renaître ! Que je fasse Un avec Tes pieds de lotus ! Amen.

 

Repost 0
5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 09:19

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 76)

 

SAMEDI 11 DECEMBRE 1982

Je considérerai mon ego comme mort et malgré cela je serai un guerrier de Dieu.

 

VENDREDI 17 DECEMBRE 1982

J’affirme continuellement que « je ne suis pas le corps », mais cela reste une affirmation intellectuelle, qui tarde à passer dans la vie concrète.

Mes fantasmes me conduisent parfois à imaginer des scènes pédophiles et sadiques : si je ne suis jamais passé à la pratique, ces cauchemars me « mangent » une partie de ma vie et de mon énergie, et m’empêchent sûrement de progresser sur le chemin spirituel. Ces rêves renvoient à une vie antérieure : c’est un mauvais karma que j’apurerai. Chaque fois que ce type de fantasme surgit, je l’analyserai, prierai, méditerai et ne lutterai pas frontalement contre lui, pour ne pas le renforcer. M’intéresser plus aux autres et servir de manière désintéressée, sont les outils pour dévier ces pensées malsaines et pour éviter que ces « idées fixes » ne deviennent des actes.

 

SAMEDI 1° JANVIER 1983

Ce que je suis et ce que je recherche.

Depuis longtemps, je suis à la recherche d’un trésor, mais j’ai commis beaucoup d’erreurs dans cette recherche. J’ai d’abord recherché ce trésor en dehors de moi-même ; ce faisant, j’ai trop compté sur les autres et je n’ai pas eu assez confiance en moi-même. J’ai recherché dans les livres, mais les livres ne sont que des poteaux indicateurs qui montrent le chemin, sans plus. J’ai recherché aussi dans divers groupes fraternels, mais ce ne sont aussi que des poteaux indicateurs, et il m’appartient de faire les efforts pour progresser. Par ailleurs dans certaines circonstances, ces groupes fraternels peuvent devenir des sources d’illusion et la pire des choses, avec de l’affairisme, un pseudo occultisme, c’est-à-dire, le contraire des idéaux annoncés. Dans ces groupes, il convient de rechercher les graines de spiritualité à développer ensuite par moi-même.

La famille a une grande importance, épouse, enfants et tous les parents, mais la famille, c’est aussi, dans une rivière, des morceaux de bois qui flottent et se rencontrent, cohabitent puis se séparent. Ne pas  oublier que je nais seul, que je meurs seul et entre les deux, je vis seul. Il s’agit d’un constat sans sentimentalisme.

J’ai eu dans le passé, trop de refuges : le rêve, le travail, les illusions diverses. Je deviendrai ce que je suis déjà : le Soi. Il n’y a rien à apprendre, rien à étudier : tout est déjà là. Je refuserai l’érudition et donnerai plus d’importance à l’intuition. Dans l’avancée spirituelle, je refuse toute illusion et je n’accepte rien que je n’ai expérimenté moi-même. Tous les attachements vont à l’encontre de l’idéal et nuisent à celui-ci : à chaque fois, c’est le mental qui reprend le dessus et j’oublie l’arrière-plan essentiel, l’écran blanc, le Soi, sans lequel il n’y aurait pas de film, la réalité quotidienne. J’agis sans chercher les fruits de mon action, Dieu seul recueille les fruits bons ou mauvais. La mort, objet de méditation, sera acceptée comme le stade suprême, l’ultime initiation et comme une naissance nouvelle : seul le mental craint cette échéance. Le seul point important, c’est l’Amour : tout sera annihilé, sauf l’Amour qui sera diffusé partout. Le trésor caché, c’est le Soi, à la fois Amour, Lumière et Vie.

 

DIMANCHE 2 JANVIER 1983

Seigneur Dieu, fais moi rencontrer l’Ange, qu’il m’inspire et me guide !

Cependant, j’éviterai l’idolâtrie : l’Ange est un intercesseur, il n’est pas Dieu, car Dieu est le Soi, au-delà du « je ».

 

LUNDI 28 FEVRIER 1983

L’intention de l’ennemi, qui veut détruire en moi l’être humain, est en fait mon meilleur allié. Je m’appuierai sur ses intentions mauvaises et maladroites, car elles peuvent m’aider à éliminer le petit je.

 

DIMANCHE 6 MARS 1983

Lettre à Dieu.

Mon Dieu, aie pitié de moi ! Donne-moi la force et le courage ! Je ne suis rien et rends-moi encore plus humble. Je suis parfois haineux et je souhaite le mal à autrui : donne-moi la sagesse, celle de pardonner et de me mettre en question moi-même ! Fais que le moment que je vis maintenant soit un moment de réflexion et me rapproche beaucoup de ma famille.

Les mauvaises pensées sont à l’origine de nombreuses maladies : actuellement, le petit bassin – vessie, urètre et reins – se rebelle. J’urine souvent et la nuit j’ai de l’énurésie. Semble-t-il, c’est l’ego qui se révolte, parce qu’il s’estime insuffisamment reconnu. Je n’arrive pas à accepter ce qui m’arrive et je m’accroche à mon passé : Dieu, indique-moi quelle est l’erreur et où est le péché ? Aide-moi, Seigneur Dieu, à supporter la douleur qui me submerge et donne-moi la force de passer au travers !

Seigneur Dieu, à quoi bon tout ce que j’apprends – au niveau intellectuel – concernant la spiritualité, si tous ces principes me font défaut lors des jours sombres ?

Je ne me comparerai pas aux autres, car il en résulte de la jalousie et de la haine.

 

LUNDI 7 MARS 1983

Je suis encore trop obnubilé par moi-même et par mon propre sort et il en résulte que j’ai du mal à entrevoir ce que pensent et vivent les personnes qui m’entourent ; il y a malgré tout de petites tentatives de m’intéresser à autrui, du moins en étant de bon conseil et en ne faisant pas le mal. Je suis encore trop dispersé et indiscipliné, trop irrégulier dans l’application des deux exercices du matin et du soir. Mon Dieu, donne-moi le courage et la force !

 

LUNDI 14 MARS 1983

Je me tournerai vers Dieu, seul soutien et je ferai bien chaque fois la part de ce qui relève du Soi et de ce qui relève de l’ego. Le Soi est ce qui est, reste et restera, l’Amour, l’aide désintéressée apportée aux autres. L’ego, ce sont les idées de vengeance, les petits accidents de parcours, les dire et faire des uns et des autres, y compris de moi-même.

 

MERCREDI 23 MARS 1983

J’ai peur, peur de mourir, et peur de perdre ce que j’ai : le confort, mon épouse, mes enfants, etc. Je souhaite de manière irréaliste, tout garder, et tout garder en l’état. C’est un manque de confiance et un manque de foi en Dieu.

 

DIMANCHE 3 AVRIL 1983

Tel sera ma foi et ma certitude : l’ego se déplace et le Soi demeure.

J’ai trop de dépendances et d’habitudes anciennes, trop de liens, et cela tient de l’ego. Je suis trop attaché à mes livres, à mes avoirs et pas assez désintéressé et détaché. Si je veux faire Un avec Dieu, l’ego doit lâcher prise.

Le Soi ne va nulle part, il reste éternellement là où « je suis » ; c’est l’ego qui se déplace, va, vient, naît et meurt. « Je suis » est toujours égal à lui-même, sans nom et avec tous les noms, sans forme et avec toutes les formes.

Je suis lourd à la détente pour le service dans mon entourage immédiat : je suis trop plein de mes problèmes personnels, notamment et surtout ceux relatifs à ma santé. Je rumine et le petit moi a alors le dessus et veut exister. Il en résulte un manque d’intérêt pour le service et la vie spirituelle, les deux exercices du matin et du soir étant exécutés sans entrain. Je ferai preuve de patience et de persévérance, et au moins prierai autant que possible, ne serait-ce que pour la paix dans le monde.

 

Repost 0
4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 12:29

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 75)

 

DIMANCHE 5 DECEMBRE 1982

Dans le journal intime, je me contente trop de répéter des formules, sans m’impliquer, sans m’analyser et sans tirer les conséquences de ma pratique quotidienne. Je suis à la recherche de Dieu, mais le bilan n’est-il pas un peu maigre ? Quels sont les obstacles ?

Je suis peut-être trop plein de moi-même encore. Je restreindrai encore mon ego, afin de faire le vide, en espérant que Dieu occupera cette place laissée disponible. J’ai du mal à tenir mes engagements. Quel bilan ? Quelques prières, mais aucun contact, aucune avancée car Dieu ne m’a pas saisi. Je suis trop intellectuel, et écrire, chaque fois que je le peux, que « Je ne suis pas le corps » ne me fait pas avancer : j’étudierai moins et réaliserai plus. Je retiens trop : nourriture, savoir, idées reçues… Je dois lâcher prise.

C’est lorsque je souffre le plus physiquement, que je deviendrai ce que « Je suis » : je ne me crisperai pas sur des habitudes et des préjugés, ce que je fais ou ne fais pas, mais tout doit pour ainsi dire couler. Ce que je recherche est au-delà des mots, et je le réaliserai lors des périodes inattendues de douleur et de malheur : c’est lorsque tout va mal que je dois penser au Soi.

Je serai encore plus proche et plus aimant par rapport à ma famille : de ce côté-là, j’ai beaucoup de chance et j’apprécierai cette chance à sa juste valeur. Dieu m’a permis d’avoir des parents formidables, une belle famille, un bonheur certain.

Le seul point positif auquel je suis arrivé, est la récitation constante du mantra de la Gayatri :

« OM,

BHUR BHUVA SVAHA,

BHARGO DEVASYA DHEEMAHI,

DHIYO YO NAH PRACHODAYAT ! ».[1]

Seule l’action sans fruits et l’action désintéressée sont un but et un objectif : devenir le Soi, devenir ce que je suis déjà, ne peut être un but, mais c’est une prise de conscience. Dieu seul peut me donner cette grâce, s’Il le souhaite et s’Il me sait prêt.

1 – Ai-je essayé, pendant ce mois passé, de me montrer plus obligeant et plus

Je fais en sorte de limiter mon ego, de mettre entre parenthèses mes problèmes personnels pour m’intéresser plus aux autres. Je travaillerai encore sur moi, pour être plus équanime, et vivrai chaque période, chaque stade, en faisant ressortir les aspects positifs.

2 – Les exercices de rétrospection et de concentration m’ont-ils permis d’être plus efficace dans mon existence quotidienne ?

Je m’examine moi-même, mais l’application des exercices est encore trop irrégulière. Je les ferai aussi avec plus de profondeur, en me rappelant que seule la pratique compte. Quelles difficultés à surmonter tous mes défauts : mon Dieu, aide-moi !

Dans une vie antérieure, je devais avoir une vie débauchée de pédophile : aujourd’hui, encore, lors des séances d’onanisme, je visualise des scènes de viols et d’attouchements d’enfants. C’est une forme de recherche de l’innocence et de la pureté, qui provient de mes rapports avec mes parents – peut-être – mais surtout d’une vie antérieure : que la vie présente me serve au moins à éliminer ce mauvais karma-là ! C’est l’un de mes défauts essentiels que je dois éliminer. Lorsque cela se produit, je lirai un extrait de la Bible ou du Coran.

Cette application de l’onanisme m’a permis, au cours de la présente vie, de rester fidèle, et d’être l’homme d’une seule femme, d’un seul amour, mon épouse – cela m’a maintenu chaste et pur, puisque, si j’ai souillé mon propre corps, je n’ai pas souillé le corps d’autrui, même si de ce côté-là, j’ai aussi parfois des désirs impurs. Désormais, je considérerai toutes les femmes comme des mères et des sœurs.

J’ai des difficultés à jeûner, c’est-à-dire à lutter contre l’avidité quant à la nourriture. Parfois je fais preuve de gourmandise, avalant une grande quantité d’aliments, et n’importe lesquels : viande, friandises… Le minimum auquel j’atteindrai est de limiter la nourriture, de jeûner un jour par semaine et d’être végétarien.

J’en appelle à Toi, Seigneur Dieu : sans doute, mes efforts sont insuffisants, sans doute il demeure des grands défauts, sans doute l’ego est encore bien là et bien présent, mais Toi, Tu le sais bien, je n’arriverai à aucun résultat tangible si Tu ne me donnes pas Ta grâce. Fais un pas vers moi et donne-moi une parcelle d’illumination, donne-moi Ton darshan[2] et envoie-moi un peu de force vitale, afin que je puisse monter plus haut, fais-moi entrevoir le Soi.

Seigneur Dieu, Tu es témoin, jour après jour, de mes efforts pour parvenir à occuper le Soi. Ces efforts, discrets et non publics, sont néanmoins constants et continus. Seigneur Dieu, Tu vois aussi les obstacles que ma cécité ne me permet pas toujours de distinguer : aide-moi à les surmonter et à les détruire, mais ne laisse pas loin de moi le calice. Permets-moi, avant de disparaître de cette vie, de goûter le Soi ! Seigneur Dieu, fais-moi un signe !

Je sais ce que je Te dois. J’ai par mes mauvais choix, en pensées, en paroles et en actes, par mes fautes et par mes erreurs, mes limitations et mes péchés, sûrement contrecarré Tes plans grandioses ; mais j’ai pris sur moi-même et me voilà devant Toi, soumis à Ta volonté. Seigneur Dieu, éclaire-moi : pourquoi Ton silence ? Y a-t-il un prix trop lourd à payer et veux-Tu me préserver de cela ? Oui, tout T’appartient et tout est Ton jeu divin, mais qu’à cela ne tienne, fais-moi un signe, car je suis prêt. Ne puis-je pas coopérer à Ton œuvre lucidement et consciemment ? Ne tiendras-Tu aucun compte des efforts – oui, je le sais, efforts humains, humbles, modestes, sans doute insuffisants – que j’ai pu faire ? Tu m’as mis sur le chemin rosicrucien, et aujourd’hui, Tu le sais plus que n’importe qui, c’est de Toi, de Toi, de Toi seul que j’ai besoin : j’aspire à ce que Tu me touches, mon cœur T’est ouvert, viens T’asseoir sur le trône qui T’appartient et ne me laisse pas dans la désespérance !

 

 

[1]Traduction :

« Om,

O Puissance Divine qui illumine le Grand Soleil,

Et les trois mondes de la Terre, de l’Air et du Ciel,

Nous vous implorons afin que cette illumination,

Nous conduise de l’obscurité vers la Lumière. »

 

[2] Darshan : Voir ou être en compagnie d’une personne de haute nature spirituelle.

 

Repost 0
4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 12:27

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 74)

 

JEUDI 1° OCTOBRE 1981

Mon identité fondamentale est en vérité un Amour pur et désintéressé. Comment puis-je travailler sans désir ? C’est en servant avec l’idée que je sers l’Etre suprême chez chacun. Désirer la réalisation de Dieu n’est certainement pas un désir au sens habituel : « Je suis Ton instrument, daigne Te servir de cet instrument, qui est à Toi, pour exécuter Ton plan ». Quel que soit le travail entrepris, il faut l’accomplir de tout son être et dans l’esprit que « Toi seul travaille », de sorte qu’aucune affliction, aucune détresse et aucun chagrin ne puisse s’y glisser.

Tout ce qui m’arrive est bien et la grâce est toujours présente car Dieu m’a conduit là où je suis : c’est cela la soumission complète à la Présence, au pouvoir absolu de Dieu.

Je répète le nom de Dieu aussi souvent que possible, afin que « cela » devienne la seule pensée qui occupe mon esprit vagabond : cela me permet de calmer notamment la colère et d’éliminer les mauvaises pensées.

Dieu me tient par la main et me conduit, toujours et partout : « Que Sa volonté soit faite » et non la mienne !

La réalisation d’actions sans en désirer les fruits conduit à se détacher de tout et à ce que ne compte que Son désir : c’est le chemin qui conduit à la fusion avec le Soi. Je ne suis ni le corps, ni le mental, ni l’intellect : je suis le Soi et le monde est contenu dans le Soi, comme le jaune d’œuf est contenu dans l’œuf.

Je ne souhaite aucun pouvoir occulte : s’il m’est imparti de disposer de tels pouvoirs, qu’ils me soient donnés pour mieux servir l’humanité. Si je n’y accède pas, cela n’a aucune importance.

Dans mes rapports annuels, j’ai souvent évoqué l’idée de progrès, mais en fait, il n’y a pas de progrès sur la voie initiatique : l’important est de servir sa famille, l’humanité et les prochains, et de ne nuire à personne. Quel progrès pourrait-il y avoir, puisque je suis le Soi avant ma naissance, de toute éternité ? Le seul progrès est la suppression de l’ignorance de cela en levant le voile de Maya.

 

SAMEDI 23 JANVIER 1982

Bilan annuel 1981

Tout est bien : j’ai de plus en plus conscience que tout ce qui m’arrive est pour mon bien. C’est une volonté – « Sa » volonté – de me faire évoluer, de me faire avancer, de me faire aller plus loin sur le chemin. J’ai bien mûri et l’Instructeur prend soin de moi pour m’amener à plus de maturité encore. J’ai traversé une Nuit Obscure et, grâce à la maladie et aux tracasseries au niveau professionnel, j’ai à nouveau rencontré Dieu.

Je serai plus proche de la vie et cultiverai les sentiments plutôt que les idées. J’ai pris du recul par rapport aux livres et à la lecture et je m’attache de plus en plus à l’affectivité et aux sentiments. Il vient un moment où il faut déchirer tous les livres.

Je ne ferai plus de projets d’avenir : je n’ai aucun but, aucun objectif de perfectionnement, car ce qui doit être est. J’aurai une meilleure écoute attentive, et apprendrai à être attentif à moi-même, et aux autres, ma famille et mes prochains.

Que Dieu m’aide à atteindre une chasteté totale !

J’approfondirai encore la sagesse occidentale et je ferai les deux exercices du matin et du soir. Je récite le nom de Dieu sous toutes les formes et je prie aussi fréquemment que possible, notamment en récitant le « Notre Père » :

« Notre Père qui est aux cieux,

Que Ton Nom soit sanctifié,

Que Ton Règne arrive,

Que Ta Volonté soit faite sur la Terre comme aux cieux.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour,

Pardonne-nous nos offenses,

Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés,

Ne nous laisse pas succomber à la tentation,

Mais délivre-nous du mal,

Car c’est à Toi qu’appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire, aux siècles des siècles. Amen »

 

DIMANCHE 10 OCTOBRE 1982

Je suis le gardien de mes frères, et je ne peux pas réussir seul ou aux dépens des autres. Je ne peux grandir en rapetissant les autres et me procurer le bonheur en infligeant aux autres de la peine.

Lors de l’exercice de concentration, je méditerai plus fortement sur le prologue de l’évangile de Saint-Jean.

Lors de l’exercice de rétrospection, je me poserai des questions plus précises sur les activités de la journée : cet exercice contribue à supprimer mes défauts et à les remplacer par les qualités inverses.

Je suis trop préoccupé par mes problèmes personnels et j’ai en conséquence tendance à ne pas prêter attention et ressentir les besoins et les demandes des personnes qui m’entourent. Néanmoins j’ai aidé des personnes, et notamment l’une d’entre elles à trouver un travail, sans demander de contrepartie et en toute discrétion : je remercie ces personnes de m’avoir ainsi permis d’avancer sur le chemin du service.

 

DIMANCHE 17 OCTOBRE 1982

Je ne dispenserai mes conseils que lorsque l’expérience pratique m’y autorise. Quelque part, j’ai souhaité ce qui m’arrive et j’ai la vie que j’ai voulue, alors pourquoi me plaindre ? Je laisse le soin à Dieu d’être aux commandes, je suis son instrument, souriant et endurant tout ce qu’Il m’inflige.

 

LUNDI 8 NOVEMBRE 1982

Je suis encore trop préoccupé par moi-même et mes problèmes personnels : je donne trop facilement cours à mes penchants naturels, à mes désirs, à mes émotions et à mes passions. Je me tournerai résolument vers les autres, mes prochains. J’ai un fort désir de faire la volonté de Dieu et d’être son instrument au service de l’humanité : qu’Il m’aide à atteindre ce but !

Je me juge de manière intransigeante, et pourtant l’observation est encore insuffisante : je m’en tiendrai à la pratique et non aux vœux pieux et m’abstiendrai de consommation d’alcool et de viande.

 

VENDREDI 19 NOVEMBRE 1982

J’ai une fragilité de l’ensemble du petit bassin, dont la vessie, et un rétrécissement de l’urètre, sans que la prostate, semble-t-il, ne soit en cause : je retiens mes urines et lorsque je les libère, elles sont extrêmement douloureuses et je dois fortement pousser. Il semble que cette rétention corresponde à la volonté inconsciente de garder mes vieilles mémoires et manifeste le refus d’oublier. En somme, je garde tout, je ne lâche rien et je refuse de me mettre en cause : cela renvoie-t-il à la peur que m’a inspirée mon père lorsque j’étais enfant et au refus de toute autorité par la suite ?

Je mûrirai encore : en effet si je parviens à restreindre l’ego à la portion congrue, transformant son terrain en désert où ne subsistent que quelques brindilles jaunes et poussives, une brusque pluie de désirs contribue à faire repousser une végétation luxuriante, une véritable jungle. J’en déduis, d’une part que je dois vouloir la mort totale de l’ego, ne pas craindre, mais accepter sa disparition complète, et d’autre part, plus je m’approche du but, plus les résistances de l’ego sont importantes. Je ferai preuve d’un surcroît d’énergie et de détermination, face à ces retours en arrière, comme l’onanisme. Je construirai mon temple intérieur par des actions sans fruits. Le seul échec serait de renoncer, sachant que la marche sur le sentier s’effectue en spirales vers le haut, avec des passages dans la lumière et d’autres dans l’obscurité.

 

SAMEDI 4 DECEMBRE 1982

Il faut que je prie sans cesse. L’usage d’une brève formule pour pacifier et concentrer l’intellect est universel. Ainsi la formule peut être la suivante : inspiration « Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu… » et expiration «… aie pitié de moi, pauvre pêcheur ». Ceci conduit à l’union de l’intelligence et du cœur.

 

Repost 0
4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 08:57

 

RECIT DU CHEMINEMENT DE PIERRE QUADER QUI A AIME, TRAVAILLE ET PRIE POUR NE PLUS RENAITRE (Partie 73)

 

JEUDI 22 JANVIER 1981

J’aiderai vraiment, sans faiblesse et sans arrière-pensées, en pensées, en paroles et surtout en actions. L’action juste, c’est exécuter son travail, beaucoup de travail, le plus de travail possible, toutes sortes de travail.

 

VENDREDI 30 JANVIER 1981

Le corps et l’univers sont les deux temples, qui forment Un. L’âme et Dieu sont les deux principes qui forment Un. L’Un est le Soi. Tout le reste est simulacre, illusion, moyen et outil.

 

MERCREDI 18 FEVRIER 1981

Seigneur Dieu, je m’abandonne totalement moi-même et j’abandonne à Ta protection ma vie entière, avec tous mes désirs. Je Te fais confiance pour m’attribuer seulement ce que Tu sais être nécessaire à ma croissance spirituelle, et je l’accepte, quoi que cela puisse être.

 

MARDI 7 AVRIL 1981

Le nouveau mantra que je récite autant de fois que possible, afin de fusionner avec lui, est celui-ci :

« Je suis Dieu.

Je n’ai ni naissance, ni mort.

Seul le corps meurt.

Je suis le Soi.

Je suis.

Soi.

Je ne suis ni le corps, ni le mental, ni l’intellect, ni la raison.

Le corps, le mental, l’intellect et la raison, une fois purifiés, sont mes amis.

Je les aime.

J’ai aussi un cœur (sentiments et émotions) et un ventre (instincts et passions).

Je suis un canal ouvert aux sentiments et aux instincts beaux, justes, vrais et bons.

Que mon amour, mon cœur et mon ventre soient dédiés à Dieu  et seulement à Dieu. »

 Ce mantra répond à la question : « Qui suis-je ? » et précise ce que je ne suis pas, ce que sont les autres et ce qu’est le monde.

Tout est saupoudré de l’Amour de Dieu et Tout est Un.

Je suis le Soi, le Centre de l’Union, l’image de Dieu. Je suis le Maître qui est en moi. La pierre cubique que je taille à partir de la pierre brute est là depuis le début, mais « je » ne la voyais pas et « je » ne le savais pas : « je » doit être pensé comme une vague dans l’Océan divin et non comme une personne et une entité individuelle. Pourquoi le « je » a-t-il peur, puisque le « Je suis » est là ? « Je » est une vague, « Je suis » est l’Océan.

La Lumière est ce qui unit, et les ténèbres sont ce qui distingue ; la Vie est ce qui unit et la mort est ce qui sépare ; l’Amour est ce qui unit et la haine est ce qui ignore.

Le corps est le temple de la conscience et l’univers est le temple du Grand Architecte. L’objectif de chacun est de réintégrer le centre divin, d’où les âmes individuelles ont émané en triomphant des trois mauvais compagnons que sont la distinction, le séparatisme et l’ignorance.

Le véritable initié sait qu’il est le Soi alors que le profane victime des trois mauvais compagnons, est aussi le Soi, mais ne le sait pas.

 

LUNDI 4 MAI 1981

Voilà plus de dix années que je tente d’effectuer, je le sais bien, avec beaucoup d’imperfection, les deux exercices de concentration et de rétrospection. Après une enfance plutôt difficile, psychologiquement et socialement, et un passage par la religion catholique, j’ai sombré, dès la fin d’une adolescence tardive, dans le matérialisme le plus noir, accompagné de l’athéisme. Puis mes petits problèmes de santé et la maladie, surtout à partir de 1968, m’ont fait croiser le chemin du rosicrucianisme. Je sollicite humblement le passage de disciple. En effet, j’ai approfondi la connaissance de mon Dieu intérieur, le seul Maître. Mais j’ai conscience des efforts qu’il me reste à accomplir et si je ne suis pas jugé digne d’accéder au degré de disciple, j’accepterai sans état d’âme une telle décision, poursuivant mes efforts pour y accéder au cours de cette vie ou d’une vie ultérieure. Qu’il en soit ainsi !

 

LUNDI 1° JUIN 1981

Voilà ce qu’est le travail spirituel : c’est ouvrir mon être de plus en plus à l’Amour jusqu’à ce que tout en moi ne soit plus que « cela ».

 

JEUDI 23 JUILLET 1981

On fête habituellement l’anniversaire de la naissance physique, mais il vaudrait mieux fêter l’anniversaire du jour de l’accès à la Lumière et surtout l’anniversaire du moment où l’on demeure dans cette Lumière – si tant est que cela soit possible – car l’on connaît alors la Paix, la Joie et l’Amour. La véritable naissance se fait le jour de la résurrection dans la Lumière, le baptême du feu.

Le mental réalisé est le saint Esprit et le mental non réalisé est Satan. Pour l’être réalisé, le royaume des cieux est en Soi, ici-même et dès à présent.

Ce que je suis, d’où je viens et où je vais ? L’important est de se demander qui pose la question ? Lorsque je me la pose, il y a d’une part, le « petit je » ou « petit moi », qui a un début – le premier souffle, et le premier cri – et qui aura une fin – le dernier souffle et le dernier sourire – et d’autre part le « Moi profond », le Soi, ce qui est vraiment, l’état d’existence, le « Je suis », qui est éternel et infini, sans début, ni fin. Il y a d’un côté le monde et l’identification au corps, l’objectivation et de l’autre côté l’Etre, le Christ cosmique à la fois éternel et infini.

Le « petit moi » est le mental et l’intellect, il naît, meurt, renaît et a l’illusion d’exister alors que le Soi existe, il ne naît pas et ne meurt pas.

 

SAMEDI 8 AOUT 1981

Je deviens ce que je pense et je suis à la mesure précise de ce que je crois être, pas plus, pas moins.

 

LUNDI 31 AOUT 1981

Dieu de mon cœur, donne-moi la foi qui me permette de réaliser le Soi et d’y demeurer à jamais. Débarrasse-moi de mes défauts qui font que je m’occupe que du petit moi et de mon ego, que l’ego fusionne avec Toi, que la goutte d’eau (re)fasse Un avec l’Océan divin en toute conscience !

J’ai donné la primauté au corps pendant tant d’années, aussi bien au cours de cette vie, que dans les vies passées !

Seigneur Dieu, fais fondre mon cœur dur d’occidental : d’abord croyant catholique, puis incroyant et agnostique, me voilà à nouveau croyant et chercheur. Fais-moi franchir l’étape décisive !

Les sociétés fraternelles et rosicruciennes appartiennent à l’illusion : ce sont seulement des rêves plus puissants qui peuvent contribuer à me réveiller !

Seigneur Dieu, prends soin de ma famille : que je sois plus proche et plus préoccupé par mes enfants, par mon épouse et par mon domicile, que je sois un bon père, enfin !

J’accepte toutes les tâches telles qu’elles se présentent et je ferai tout pour le service de Dieu ; qu’Il porte Lui-Même mes bagages et mes fardeaux !

Est-ce que l’on n’atteint pas Dieu et l’on demeure dans le Soi, quand la pensée de vouloir l’atteindre disparaît, noyée dans le service ?

 

SAMEDI 19 SEPTEMBRE 1981

La libération vient quand je comprends et expérimente qu’il n’y a personne à libérer. Le sentiment « j’existe » est le Soi : si je réalise le Soi, rien ne peut me toucher. On peut détruire le corps de l’initié, on peut détruire le monde dans lequel il vit, mais on ne peut pas troubler ni altérer sa conscience du Soi.

 

Repost 0