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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 13:51

 

La franc-maçonnerie, voie initiatique (Partie 5)

 

Voici, en annexes, deux illustrations de la démarche maçonnique, l’Arbre de Vie, et un commentaire de Jean Mourgues.

 

ANNEXE 1 :

Les 32 sentiers de la Sagesse :

 

 

La franc-maçonnerie, voie initiatique (Partie 5)

 

Voici, en annexes, deux illustrations de la démarche maçonnique, l’Arbre de Vie, et un commentaire de Jean Mourgues.

 

ANNEXE 1 :

Les 32 sentiers de la Sagesse :

 

 

 

 

 

 

 

 

Les cinq voyages :

12 à 10 : Premier voyage. Le Cabinet de réflexion. La Terre = le Parvis.

10 à 9 : Deuxième voyage. L’Eau = l’Hulam.

9 à 6 : Troisième voyage : Le Feu = l’Hekal.

6 à 11 : Quatrième voyage. L’Air = La Chambre du Milieu.

11 à 1 : Cinquième voyage : L’Ether = le Débhir.

Les trois piliers : 2 – 5 - -.

Définitions :

1 Keter Initié 7 Netzach

2 Chokhmah 8 Hod

3 Binah 9 Yesod Apprenti

4 Chesed 10 Malkhut Récipiendaire

5 Gevurah 11 Da’at Maître

6Tiféret Compagnon 12 Profane

Correspondance des officiers dans le temple REAA :

1 Vénérable maître 7 Surveillant 1

2 Secrétaire 8 Surveillant 2

3 Orateur 9 Couvreur

4 Maître de cérémonie 10 Trésorier

5 Expert 11 Aucun

6 Hospitalier 12 Aucun

Tabliers :

Apprenti : 4 – 5 – 7 – 9 – 8

Compagnon : 5 – 7 - 8 et 4 – 5 – 7 – 8

Maître : 2 – 3 – 11 et 2 – 3 – 5 - 4

 

ANNEXE 2 :

Commentaire de Jean Mourgues :

« Une progression ou plutôt des cercles concentriques que l’on parcourt, une sorte de spirale qui va se resserrant… Poursuivant sa voie initiatique, le maître travaille donc toujours pensant qu’il peut agir sur le monde sans toutefois avoir la moindre illusion. Mais il ne veut pas tomber dans le néant et s’exposer à une rupture de l’unité de l’être, source d’illusion.

S’il revoit son cheminement, s’il se tourne vers l’arrière, il peut se recycler :

Le moment où il a découvert qu’il faisait partie d’un tout, de l’univers. Avant, il existait coulant sa conscience dans la conscience universelle, il était une partie de cet univers :

Je suis celui qui suis.

Puis c’est l’émergence du Tout par l’acquisition d’une personnalité de désir de volontés… La loge est de première importance pour ce stage : il nous faut des signes, il nous faut mettre de l’ordre, séparer fins et moyens, objectifs réels et supposés, nécessaires et imaginaires… C’est le stade le plus long sinon le plus difficile : on commence à comprendre que l’on est seul, et que cette émergence nous conduira à la recherche d’une solution personnelle, hors de tout modèle.

Je suis ce que je suis.

La poursuite de cet effort de dépersonnalisation conduit paradoxalement à un stade de la pensée tout à fait inattendu : on quitte le manifesté, noms, formes, distinctions, pour entrer dans l’intemporel.

Nous redevenons le Moi, mais pas celui que l’on avait isolé du Tout. C’est un moi pur, dépouillé, non asservi, non conditionné. Tout aussi dérisoire, mais lumineux, créateur.

JE SUIS. »

 

 

 

La franc-maçonnerie, voie initiatique (Partie 5)
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 21:50

La franc-maçonnerie, voie initiatique (Partie 4)

Dans la loge du 18° degré, le Très Sage refuse d’exécuter la Cène, sous prétexte que cela lui rappelle de mauvais souvenirs d’expérience religieuse. Le rite, rien que le rite, mais tout le rite. La Cène renvoie à l’Arcane du Tarot, le Fou ou le Mat, qui succède à l’Arcane XXI, le Monde. Le Fou est à la fois le triomphe sur le monde extérieur et la libération, avec l’accès à l’immortalité. Le Fou est un personnage hagard, presque déculotté, emportant sur son épaule un infime baluchon, le reste du Monde, et s’en allant un bâton à la main, vers une destination inconnue. « Donner MAA », signifie dans l’Egypte antique, donner la tempe, derrière laquelle se trouve la zone cérébrale auditive. C’est l’union, la fusion avec ce qui est perçu, la réalisation de sa propre MAÂT(Vérité), la Maât universelle ou conscience universelle. Le monde existentiel devient relatif, et le monde intérieur occupe une place de plus en plus grande. Le Fou s’en va, abandonnant le monde extérieur, sans se retourner vers un passé dépassé, insensible à la morsure qui voudrait le retenir. Il ne s’inquiète pas non plus du crocodile qui le guette en avant dans un avenir improbable : il vit dans l’éternel présent. Il retourne vers l’invisible, pour rencontrer paix, sérénité, et harmonie, au-delà du vain tourbillon de l’agitation psychique qui enchaîne. La Cène est donc la Chaîne d’union, à un autre niveau, tout comme la trilogie « Foi, Espérance Charité » dépasse la trilogie « Liberté, Egalité, Fraternité ». C’est la Chaîne d’Union à un plan de conscience plus élevé. C’est un acte d’amour total, conduisant à tous les sacrifices. En cela, l’amour est folie, mais avant tout joie. C’est à cette joie que conduit la Cène, c’est-à-dire au cœur du Monde, là où règne la Conscience une et inconnaissable.

Dans la loge du 30° degré, celui du Chevalier Kadosch, un frère a fait une planche sur le thème du « retour opératif sur investissement (R.O.I.) » de la franc-maçonnerie ! C’est un peu un nouvel adage : « Fais ce que dois, et tu auras la récompense en retour » ! Quelle conception intéressée, étrangère à toutes nos valeurs de devoir et d’amour ! Cette façon de viser un résultat est une absence d’humilité et un orgueil certain indigne. Bien sûr, qu’il faut faire son Devoir, quoi qu’il en coûte, et l’adage inscrit à l’Orient est : « Fais ce que tu dois, advienne que pourra » !

Un exemple de planche au 32° degré : « Le temps a plus de temps que le marbre ou l’airain ». N’est-ce pas là s’enfermer dans le temps ? Bien sûr, on peu opposer le temps court (celui de la vie humaine) au temps long (celui des minéraux par exemple, qui se compte en millions d’années) : mais quelle différence ? Est-ce que le fait de prolonger la vie humaine, comme le prétend le transhumanisme, apportera une once de plus de bonheur ? Le rite REAA conduit chacun de nous à sortir du temps pour aller vers l’éternité. C’est ce qui est déjà pressent au 13° degré, quand l’initié descend au fond de la caverne, c’est-à-dire au plus profond de lui-même et rencontre une porte, celle de l’éternité. C’est la treizième porte, entre la Couronne et L’Ein Sof. Plus tard, le maçon ne doit-il pas expérimenter cela ?

Ou bien faut-il croire que les maçons des hauts grades ont honte de leur rituel et ne le prennent pas au sérieux ? Dans ce cas, il ne faut pas s’attendre à ce que nos valeurs de fraternité et d’universalité rayonnent dans nos Temples et à l’extérieur des Temples. Comment combattre le terrorisme et le fanatisme si nous ne savons ni expérimenter, ni propager nos valeurs les plus hautes ?

CONCLUSION :

En conclusion, l'état à atteindre est la Béatitude, définie de la façon suivante par le philosophe André Comte-Sponville: "J'avais vécu un moment parfait - juste assez pour savoir ce qu'est la perfection. Un moment bienheureux - juste assez pour savoir ce qu'est la béatitude. Un moment de vérité - juste assez pour savoir, mais d'expérience, qu'elle est éternelle. «Nous sentons et expérimentons que nous sommes éternels », écrit Spinoza dans l'Éthique - non que nous le serons, après la mort, mais que nous le sommes, ici et maintenant. Eh bien voilà : je l'avais senti et expérimenté, en effet, et cela fit en moi comme une révélation, mais sans Dieu. C'est le plus beau moment que j'aie vécu, le plus joyeux, le plus serein, et le plus évidemment spirituel. Comme les prières de mon enfance ou de mon adolescence, à côté, me semblent dérisoires ! Trop de mots. Trop d'ego. Trop de narcissisme. Ce que j'ai vécu, cette nuit-là, et ce qu'il m'est arrivé d'autres fois de vivre ou d'approcher, c'est plutôt le contraire comme une vérité sans mots, comme une conscience sans ego, comme un bonheur sans narcissisme. Intellectuellement, je n'y vois aucune preuve de quoi que ce soit ; mais je ne peux pas non plus faire comme si cela n'avait pas eu lieu. " Mais si pour André Comte-Sponville, cet état de Béatitude peut être atteint par hasard, et pour une durée déterminée, la méthode maçonnique, par un travail de connaissance de soi-même, permet d'atteindre cet état et d'y demeurer pour toujours.

Comme les mauvais compagnons, l’Initié est impatient (de réussir, d’y arriver, de transmuter,…), mais chaque chose arrive en temps et heure : Entrer dans l’Eternité, avant l’ultime initiation, la passage à l’Orient Eternel. A la fin du parcours, l’initié arrive en Kéter, à la fois le bout du chemin et le sommet de la montagne : il est prêt à prendre son envol. Alors, il n’y a plus de Temple, plus de rituel, seulement le Souffle de l’Infini. Alors, seule la Grâce peut en faire un Elu. Puis, tel un nouveau Moïse, Jésus ou Mahomet, il pourra redescendre de la montagne, pour rejoindre ses sœurs et frères humains, au sein de Malkhut.

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 11:39

La franc-maçonnerie, voie initiatique (Partie 3)

Il s’agit, non pas d’ajouter quelque chose, mais d’enlever quelque chose, non pas d’apprendre quelque chose, mais de désapprendre quelque chose ; il s’agit d’enlever le voile qui couvre la pierre brute pour faire apparaître la pierre cubique. Cela rappelle le « vitriol » du Cabinet de réflexion : C’est-à-dire plonger en soi. La méthode est bien d’aller au fond de soi, dans une forme de pèlerinage, pour découvrir, dévoiler le moi profond. C’est la recherche du trésor des trésors, dans la nuit et le silence. Ce trésor c’est le Royal Secret. La vérité, c’est le mensonge plus un surplus. Par notre travail, il est demandé de perdre ce surplus.

Le monde est seulement irréel en tant que monde, c’est-à-dire en tant que chose séparée, subsistant par soi-même, mais il est réel en tant que manifestation du Soi, tout comme les événements que l’on voit sur un écran de cinéma sont irréels en tant que vie véritable, mais réels en tant que spectacle d’ombre. Cela s’appelle aussi travailler la pierre brute (l’ego) pour faire émerger la pierre cubique, ou la pierre philosophale (le Soi). La souffrance et le bien-être continuent d’exister, le monde est bien là. Mais ce n’est plus l’essentiel.

Quelle est la méthode maçonnique ? Cela consiste en deux expressions, et une phrase : les deux expressions sont « pierre brute » et « pierre cubique » et la phrase est : « transformer la pierre brute en pierre cubique », ou bien encore : « revenir à la source ». La pierre brute est la surface, la périphérie, la conscience empirique, le reflet, l’apparence, le soi reflété, empirique et apparent, le « « je » inauthentique. C’est le faux « je », le persona, ou masque. La pierre cubique est le fond et le centre, la conscience universelle, le Connaisseur et Témoin, la conscience pure, le Soi réel et transcendantal, le « Je suis » authentique et réel. C’est le vrai et seul « Je suis », l’Etre réel et profond.

Le mental ne diffère pas de l’ego et de la conscience empirique. Il s’identifie avec le corps de façon erronée, et plus grave, il s’identifie avec le Soi témoin. Le mental s’identifie avec la pierre brute.

Le retour à la source signifie connaître le Soi tel qu’il est réellement, abandonner le faux soi (le « je » physique et le mental, la conscience empirique) tout comme un acteur abandonne son rôle et demeure lui-même, n’oublie jamais qui il est en réalité. La conscience d’être est antérieure à la pensée, à l’ignorance et l’erreur, à l’illusion, au bien et au mal. Le Soi précède, il est au-delà du déroulement de la conscience relative, celle du sujet-objet. Penser relève du mental. Changer de perspective et de centre de gravité, passer de la superficie à la profondeur, de la pierre brute à la pierre cubique, c’est la mort du vieil homme. De même qu’il y a une différence entre l’état de veille et l’état de rêve, parvenir à cela, c’est la même différence qu’entre l’état de veille et l’état de rêve.

Cela ne fait pas l’objet d’une connaissance intellectuelle, verbale, ou d’une analyse psychologique. C’est une expérience immédiate. Il n’y a pas non plus une expérience du monde de la dualité, suivie d’une expérience de l’absolu. Il n’y a pas un « avant » et un « après ». Le Soi est toujours présent et sa connaissance n’est pas l’objet d’une discipline. Cette connaissance est innée et personne ne l’a jamais perdu.

Si le travail est vraiment fait, c’est la meilleure aide qu’un maçon peut apporter au monde.

Coexistent donc diverses sortes de francs-maçons :

  • Ceux qui sont étrangers à la démarche maçonnique, et qui restent des mondains (le sexe et l’argent) : affairistes,…
  • Ceux qui sont en route vers le but
  • Ceux qui ont atteints le but.

A quoi reconnaît-on ces derniers ? La paix profonde, le silence. La Lumière, la Vie, l’Amour.

Les premiers ont un « moi vert ». Les derniers ont un « moi mûr ». Ils ont travaillé sur leurs ego. Celui-ci subsiste, et leur permet juste d’enseigner aux autres. Les premiers sont des bavards : ils font « blop, blop, blop » comme un vase qui se remplit d’eau. Les troisièmes sont silencieux, parce qu’ils sont bien pleins, et l’eau qu’ils contiennent ne fait plus qu’un avec l’eau de l’océan.

Loges bleues : Certaines loges sont composées de maçons virtuels, qui sont « restés en chemin », ou bien de Narcisse qui s’admirent. A quoi le reconnaît-on ? Plus on s’écarte de la Terre (Malkuth), et que l’on se rapproche de la Grande Lumière (Kéther), et plus l’ego (les rôles, rôle social, familial, et aussi maçonnique) se déconstruit et apparaît notre véritable nature (être, conscience, béatitude, joie). Plus on est proche de la Terre, et plus l’ego s’intensifie et s’hypertrophie. Or ces frères finissent par avoir un petit je surdimensionné.

Si l’on projette ces tendances au niveau de la grande Histoire, on constate :

  • Si, au XVIII° siècle, la franc-maçonnerie est un courant globalement progressif, c’est-à-dire allant dans le sens du développent d’une république bourgeoise, affirmant les principes de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, il a toujours coexisté un courant maçonnique faible et rétrograde (Philippe Egalité, les frères qui ont émigrés lors de la révolution française, La Fayette, etc.
  • Aujourd’hui, il convient d’être lucide sur ce que représente la franc-maçonnerie : plutôt la moyenne des classes privilégiées. Pour preuve, le climat intellectuel et moral des loges, ainsi que le coût des cotisations. Croire que la franc-maçonnerie représente le peuple français est un leurre, sinon où sont les représentants des ouvriers, des petits paysans et des employés, y compris les populations immigrées des banlieues et les chômeurs ?
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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 08:38

La franc-maçonnerie, voie initiatique (Partie 2)

  • Du point de vue de la Kabbale :

L’Arbre de la Vie est d’abord descendu, de Kéther (la conscience universelle) à Malkouth, en passant par Tiphéret (le cœur) ; puis la remontée en passant de Malkouth à Kéther en passant par Tiphéreth. On parcourt un 8 couché, celui de l’infini. Le cercle du haut est dans le monde spirituel. Le cercle du bas est dans le monde matériel. Tiphéret est à la fois, l’Amour, le buisson ardent et le sexe de la Mère. Les trente trois grades représentent les trente trois étapes de la remontée, ou réintégration.

Le 32° sentier se trouve entre deux séphiroth, entre Yessod et Malkouth. C’est donc un sentier qui est parcouru à la fin lors de la descente et au début lors de la montée. C’est le retour à l’Unité, à la dimension infinie et éternelle de l’univers.

La franc-maçonnerie est, non une voie de croyance, mais une voie de connaissance. Ce qui compte, c’est le processus d’élévation de la conscience, et non l’adhésion à des dogmes. Elle n’a de sens que si elle est mise en œuvre dans la vie quotidienne. Les trois premiers grades, qui donnent la plénitude de l’état maçonnique, donnent à l’initié une vision du monde qui repose sur l’humanisme et la spiritualité. Ensuite, les 30 degrés du REAA conduisent à connaître l’Amour, Universel, pour le mettre en œuvre dans sa vie personnelle et la vie sociale. L’Amour est la dimension éternelle et infinie de l’univers : car ce qui a été perdu, et qu’il convient de retrouver, c’est cet Amour. Le symbole de cet Amour est la Vie, et plus encore la Lumière. Le principal obstacle nous est indiqué dès le début : c’est l’hypertrophie du Moi, de l’Ego. C’est un cheminement que l’on doit parcourir soi-même pour soi-même, sans compter sur autrui, gourous de toutes sorte. Nos propres efforts nous mènent de Malkouth à Kéther. Puis il y a intervention de « Ein Sof », selon l’adage : « Le Maître vient lorsque le disciple est prêt ». Les qualités dont il faut faire preuve : humilité, simplicité, patience et persévérance.

Nous parcourons constamment de haut en bas (naissances) et de bas en haut (réintégrations) l’Arbre de Vie. Dans le premier cas, il s’agit de « jours » (les six puis sept jours de la Genèse), dans l’autre sens il s’agit de ciels (les dix cieux du livre d’Enoch). Ce cheminement se fait en spirale, avec des retours en arrière, et il est rythmé de morts et de renaissances (initiations). A un moment, nous parvenons à la onzième porte, celle qui est entrevue, notamment au treizième grade, celui de Royal Arch, au REAA. C’est la porte qui donne accès à l’infini et l’éternité, l’Ein Sof. Cette porte ne s’ouvre que par la grâce de notre Maître intérieur, le Soi, ou la Conscience Universelle. Comme le dit l’adage, « le Maître apparaît quand le disciple est prêt ». Les indices du « libéré vivant » qui est parvenu effectivement à ce terme, sont : le silence, la béatitude et la paix profonde.

Seconde partie : …Mais cela implique des francs-maçons mûrs qui pratiquent effectivement les valeurs de la franc-maçonnerie.

Une telle affirmation suppose d’abord que l’on est parvenu à la maîtrise, notamment du mental. Il faut se poser, en tant que francs-maçons, les questions suivantes : « Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Que voulons-nous ? »Quand on maîtrise le mental, on maîtrise tout le reste. La recherche du Soi par le mental ressemble à celle du berger cherchant un agneau qu’il ne cesse cependant de porter sur ses épaules. La réalité de l’Etre, du Soi, évidente par elle-même, n’a « besoin » d’aucune preuve extérieure. Elle est antérieure à toutes nos pensées, présupposition nécessaire de toutes nos connaissances et actions ; fondement de notre existence, elle nous précède et nous constitue. Pourtant, on oublie cette évidence. Le remède à cette situation erronée est une sorte d’éveil, une « réintégration », un « retour à la source », et ceci justement ne peut se faire que par une expérience personnelle.

L’intention de la démarche maçonnique n’est donc pas de donner à l’homme l’acquisition d’une chose nouvelle, de lui révéler un fait inconnu, mais simplement de le rendre conscient de cette réalité fondamentale, obscurcie par l’existence empirique, mais impérissable. Son rôle se résume à détruire l’ignorance que l’on compare à un nuage noir qui cache le soleil brillant, et à éveiller l’homme à la vérité (à l’alétheia – le non-oubli) de sa nature authentique. C’est aussi comme le soleil caché par un nuage. Tout comme le soleil dissimulé par un nuage, le Soi, caché par l’ego, n’a jamais disparu. Le mental ne saurait appréhender le Soi, et ce n’est qu’une fois réduit au silence et qu’aucune de ses pensées-nuages ne se présente pour obscurcir la conscience, que l’Etre pur peut se révéler dans toute sa splendeur.

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 16:52

La franc-maçonnerie, voie initiatique (Partie 1)

INTRODUCTION :

Que signifie « initiation ? Le sens le plus élémentaire, c’est « commencer quelque chose de nouveau, apprendre, passage,… ». Dans ce cas, il y a de nombreuses initiations profanes et maçonniques, comme par exemple, apprendre une langue, apprendre à conduire un véhicule, etc. Et dans ce cas, tous les grades maçonniques sont initiatiques. Cette planche sera centrée sur l’initiation maçonnique : c’est une problématique à la fois simple et complexe. Simple, parce que l’objectif du franc-maçon est de se connaître soi-même, et donc répondre à la question : « Qui suis-je ? ». Cela semble simple, parce que tout au cours de la vie, chaque jour, on utilise le « je », et aussi le « tu » et le « il ». Dans ces conditions il est tout à fait invraisemblable que chacun ne se connaisse pas lui-même. Et pourtant ce « je » repose sur de nombreux éléments : le corps, le mental, la conscience quotidienne, etc., et également ce « « je » remplit de nombreuses fonctions : père de famille, mari, rôle social, politique, etc. Et pourtant ! Quelle complexité : qui est le « JE » ? Et si ce n’était ni le corps, ni le mental, ni la conscience, etc., tous ces éléments auxquels « je m’identifie » ? Et si, derrière tous ces rôles, était voilé un Témoin, dont la démarche, à travers les divers degrés de la franc-maçonnerie, a pour but la découverte.

La vie est un pèlerinage. Elle a un sens et un but. De nombreuses voies prétendent mener à ce but. Outre la voie maçonnique, les religions, le yoga, etc. Les initiés sont ceux qui ont atteint ce but. Ce sont les Veilleurs et les Vivants. Les autres demeurent des morts (comme dit le Maître Jésus : « Laissez les morts enterrer les morts »). La Tradition est une montagne, avec de nombreux sentiers, et chaque sentier mène au sommet, la connaissance de « Je-Je ». La lumière vient à chacun sous deux conditions : d’abord il faut la demander, ensuite, il faut la mériter.

Le Sépher Yetsirah (Livre de la Création), qui serait l’œuvre orale d’Abraham, suite à son initiation par Melchisédech, présente les trente-deux voies merveilleuses de la sagesse (voir Annexe 1). Ce livre commence ainsi : « Par les trente-deux voies de la sagesse, l’Architecte a gravé. » Ces voies sont les dix Séphirot ou nombres primordiaux et les vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque. En conséquence, le 32° degré est un échelon de l’échelle des 33 grades du rite écossais ancien et accepté, qui mène à cet objectif.

Première partie : Les 33 grades du rite écossais ancien et accepté sont initiatiques...

Définition du 32° degré :

  • D’un point de vue maçonnique :

Le 32° grade est celui de « Sublime Prince du Royal Secret ». Le terme de prince indique qu’il ne s’agit pas encore du titre le plus élevé, qui est celui de roi. Le royal secret, c’est cette clef mystérieuse que chaque franc-maçon recherche depuis sa première initiation, cette Parole perdue à la mort d’Hiram, ce Verbe créateur. Depuis cette date, nous avons parcouru du chemin. Notamment, au 18° grade, nous avons appris que ce qui est perdu, c’est l’Amour. Et depuis cette date, par un long et minutieux travail, nous nous préparons à recevoir ce Royal Secret. L’adage dit : « Le Maître (ici le Maître intérieur, le Soi) apparaît lorsque le disciple est prêt ». L’initiation intervient au moment venu, à celui ou à celle qui est apte à la recevoir, dans le cadre d’une quête menée volontairement. Donc, après l’initiation ultime, celle du 33° degré, chacun peut s’élancer, s’il est élu, vers l’Infini, déjà vaguement entre aperçu au 13° degré. Etant alors libéré de l’emprise de l’ego, la franc-maçon peut laisser le Soi s’épanouir.

A partir du 4° grade, dans le Temple, tout respire la sérénité : nous sommes désormais dans le monde des morts, qui est aussi le monde des Vivants, le monde de ceux qui ont renoncé au profane et à ses valeurs matérielles, pour grimper l’échelle de tous les grades, qui nous mènent au SECRET ULTIME : le Sagesse, la Joie, l’Eveil intérieur. En tout cas, nous nous préparons intérieurement, pour être prêt à recevoir la Grande Lumière. Il convient de dénouer les différents nœuds qui lient la conscience et qui font que celle-ci s’identifie trop et à tord au corps et à l’ego. Autrement dit, il s’agit d’ouvrir et d’étendre notre conscience afin qu’elle puisse fusionner avec la conscience universelle, car qui se ressemble s’assemble.

Lors de l’initiation au 32° degré, il est prononcé la phrase mystérieuse renfermant le Royal Secret : « Que la Lumière qui est en nous, nous guide ».

La disposition du Camp des sublimes Princes du Royal Secret représente une synthèse des 33 grades, y compris le 33° degré en son centre. C’est, à titre individuel, la formidable armée que chaque franc-maçon a constitué au de décennies de maçonnerie. Cette armée intérieure est faite de tous les acquis obtenus, et de tous les grades maçonniques, dont les titres ronflants voilent et dissimulent autant de vérités intérieures. Il s’agit de mener une ultime croisade, le grand djihad, qui consiste à investir notre Lieu Saint, le Saint des Saints : il s’agit donc de détruire l’ego, cet usurpateur, pour que le Roi, le Soi puisse monter sur le trône laissé ainsi vacant.

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 02:24

« Je suis, donc je pense »

Conscience empirique et conscience universelle. (Partie 7)

Comme pour les philosophies et les religions, il y a une doctrine réservée à l’élite, et une doctrine consacrée au peuple. La franc-maçonnerie fait partie des doctrines réservées à l’élite intellectuelle.

Démocratie participative et démocratie directe : mépris des élites contre les élus populaires. Cela se manifeste chez les élus du Front National : effectivement le Front National est un parti fasciste. Mais voter pour lui et être candidat de ce parti est aussi une façon pour les classes populaires de montrer leur opposition au système et d’accéder enfin aux postes de responsables politiques de collectivités locales.

Les fondamentalistes religieux, notamment l’islam dit radical, est une nouvelle barbarie de la même acabit que le nazisme en Allemagne (Hitler) ou le fascisme en Italie et en Espagne (Mussolini et Franco). Mais quelles perspectives offrent la république française au français d’origine maghrébine ? Ayant travaillé 11 années à Roubaix, j’ai pu constaté la façon dont la société se comporte de façon clanique et constitue un véritable enfermement des jeunes des quartiers populaires.

La déchéance de nationalité est une mesure tournée contre les binationaux et donc contre les jeunes des quartiers populaires. Pas de déchéance de nationalité contre les escrocs en col blanc, comme Cahuzac et consorts ?

Démocratie participative : un moyen pour écarter les classes travailleuses, classes dangereuses du pouvoir politique. Ceci est connu depuis le siècle des Lumières, dans les œuvres de Montesquieu et de Rousseau.

Conclusion :

La primauté de l’ego : c’est une erreur de perspective et de choix de centre de gravité. C’est prendre comme but principal la pierre brute, et non ce qui est contenu dans la pierre brute, la pierre cubique, qui représente le Soi. Cela conduit à poser l’ego comme une sorte d’état dans l’état, comme une entité indépendante du tout. La bonne conception est celle d’un ego, secondaire, intégré harmonieusement dans le Tout. C’est ce qu’a entrepris Spinoza dans son Ethique : il y a d’abord la totalité, la nature, (qu’il appelle par prudence « Dieu »), et chaque individu aspire au bonheur, en étant parfaitement intégré dans ce Tout.

Toute la démarche maçonnique consiste donc à faire réemerger le Soi comme étant premier (unique ?) et à remettre l’ego à sa place (à la périphérie). Cela rappelle l’histoire suivante : dix idiots traversent une rivière et arrivé de l’autre côté, ils décident de se compter. A chaque fois, ils découvrent qu’ils ne sont plus que neuf. Ils se mettent alors à pleurer et à geindre, en pensant avoir perdu un compagnon de route. Un pèlerin passant par là, découvrant leur erreur, décide de les aider, et il les compte, à son tour, en donnant à chacun un coup de pied aux fesses lors du passage devant lui. Il démontre ainsi qu’ils sont bien dix, mais chacun avait oublié de se compter lui-même. Ceci illustre bien la démarche maçonnique, et la recherche de Soi, dans le cadre du « connais-toi toi-même » : Le Soi n’a jamais été perdu, il est toujours là, mais il est oublié, ou caché, et il faut faire des efforts pour le redécouvrir : ces efforts consistent à mettre fin à l’illusion, celle qui fait que nous confondons l’ego avec notre être réel. C’est bien l’Etre, le « Je suis » qui est premier, l’ego n’en est qu’une conséquence, un effet, et il faut donc dire : « Je suis, donc je pense ».

Le Soi est toujours présent : de même, lorsque l’on casse une cruche, l’espace contenu dans cette cruche n’est pas atteint et demeure. De même, lorsque le corps et l’ego disparaissent, le Soi demeure. Le but de la vie humaine est de faire communiquer l’espace de la cruche avec l’espace du cosmos, par-delà l’enveloppe de la cruche : c’est supprimer l’ignorance ou bien l’obstacle que constitue l’ego (la cruche). C’est devenir un libéré-vivant. En conséquence, être, devenir, « Je suis » c’est être, devenir, l’espace contenu dans la cruche, et non la cruche. « Je suis » est un contenant, et non un contenu. L’espace est premier, au centre, la cruche est seconde, ou à la périphérie. Et cette périphérie comporte toutes les pensées. « Je suis, donc je pense ». C’est une union harmonieuse entre l’individu et l’universel, entre l’ego et le Soi, chacun à sa place.

Evangile de Thomas : « Lorsque vous ferez de deux Un et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et ce qui est en haut comme ce qui est en bas, et lorsque vous ferez du mâle avec la femelle une seule chose, alors vous entrerez dans le royaume ». Cela signifie qu’en franchissant l’obstacle de la dualité, tu passes de l’individualité refermée sur elle-même à la personnalité ouverte sur l’univers.

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 02:19

« Je suis, donc je pense »

Conscience empirique et conscience universelle. (Partie 6)

Troisième partie : La démarche maçonnique

Qu’en est-il de l’obédience du Grand Orient de France, des loges ainsi que des francs-maçons pris individuellement ?

On ne peut que constater que peu de francs-maçons individuels entament véritablement et de façon pratique la démarche maçonnique de « se connaître soi-même ». De même, peu de loges aspirent véritablement à poursuivre collectivement cette démarche. Et l’obédience, égale à elle-même, fait preuve du plus grand conformisme.

Pourtant, les textes officiels sont clairs quant au but de la franc-maçonnerie, que ce soient la Constitution du Grand Orient de France, ou bien le serment pris par chaque franc-maçon au moment de son initiation.

La Constitution, dans l’article 1, affirme : « La Franc-maçonnerie (…) a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au développement intellectuel et social de l’humanité. »

Par le serment, le franc-maçon prend l’engagement suivant : « Je promets de travailler avec zèle, constance et régularité à l’œuvre de la Franc-maçonnerie, je promets d’aimer mes frères et de mettre en pratique, en toutes circonstances, la grande loi de la solidarité humaine, qui est la doctrine morale de la Franc-maçonnerie ».

Si, en conséquence, la franc-maçonnerie n’a rien à voir avec un parti politique ou une religion, -- ce qui veut dire qu’elle ne propose aucune doctrine clef en main, ou toute faite -- par contre, elle a une mission : elle est une méthode de travail et un lieu où les membres de différentes convictions peuvent travailler ensemble à améliorer la condition humaine.

L’Obédience : A considérer l’Obédience du Grand Orient de France, depuis le XVIII° siècle, celle-ci s’est placée plutôt du côté des dominants que des dominés, à savoir, plutôt du côté des nobles émigrés que des révolutionnaires, de 1789 à 1794, plutôt du côté des Versaillais que des Communards en 1871, et du côté du gouvernement de Vichy, puis de de Gaulle de 1940 à 1945. Il n’est que de considérer deux francs-maçons, souvent pris comme « exemplaires », tels que La Fayette et Jules Ferry.

La Fayette est sans contredit, un traître à la révolution française, qui aurait été guillotiné, s’il n’avait été capturé par les émigrés et les forces autrichiennes. Par exemple, le 25 juillet 1792, Claire Lacombe lit à l’Assemblée législative une pétition qui comporte les éléments suivants : « Législateurs, vous avez déclaré la patrie en danger, mais ce n’est pas assez : destituez de leurs pouvoirs ceux qui, seuls, ont fait naître le danger et ont juré la perte de la France. Pouvez-vous laissez à la tête de nos armées ce perfide Catilina – La Fayette – excusable seulement aux yeux de ceux dont il a voulu servir les infâmes projets ? Que tardez-vous pour lancer le décret d’accusation contre lui ? Attendez-vous que les ennemis à qui tous les jours il a fait livrer nos villes, arrivent dans le Sénat pour le détruire par la hache et le feu. »

Quant à Jules Ferry, il est honni dans les loges pour son racisme. Jules Ferry estime que les droits de l’homme ne s’appliquent pas aux hommes de couleur noire. Jules Ferry déclare, devant le parlement, le 27 mars 1884 : « Si nous avons le droit d’aller chez ces barbares, c’est parce que nous avons le devoir de les civiliser. […] Il faut non pas les traiter en égaux, mais se placer au point de vue d’une race supérieure qui conquiert ». Jules Ferry le répète un an plus tard : « Il faut le dire nettement : oui, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieure ». ; « Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a pour elles un devoir, qui est de civiliser les races inférieures ». Et aussi, il déclare que, selon lui, la déclaration des droits de l’homme n’a pas « été écrite pour les Noirs de l’Afrique équatoriale ».

Liberté ? L’esclavage salarié. Egalité : l’ouvrier séparé de son outil. A notre stade, la société se divise en deux : ceux qui possèdent les moyens de production et ceux qui ne possèdent aucun moyen de production. Ceux qui possèdent les moyens de production font travailler ceux qui ne possèdent rien à leur profit. C’est en somme une séparation entre l’ouvrier et ses outils. Il s’agit de rendre à la société les moyens de production et que chacun travaille pour le compte de la société. Cela s’appelle planifier et mettre fin à l’anarchie capitaliste, cause notamment du chômage, de la pauvreté et de l’esclavage salarié. Collectiviser les moyens de production, en transférer la propriété à la société, en faire des biens communs, c’est en sorte instaurer enfin la liberté, mettre fin au servage et à l’exploitation des uns par les autres.

Les Loges : Le travail du franc-maçon est à la fois stimulé et facilité par celui de sa loge. C est aussi pourquoi la présence assidue aux tenues de sa loge constitue le premier travail d un franc-maçon. De nombreuses loges se comportent comme des « clubs service » et ne font aucun effort pour promouvoir la démarche maçonnique. Dans la loge maçonnique, l’objectif collectif, et assigné individuellement à chaque maçon, est de parvenir à la maîtrise de soi. La société française est divisée en caste. La franc-maçonnerie représente la caste moyenne. Histoire de la franc-maçonnerie : toujours au côté du pouvoir dominant.

Egalité ? Aujourd’hui, ce qui prédomine, c’est l’esprit de caste, qui se traduit par un esprit de coterie. Pour le recrutement des francs-maçons, notamment par l’intermédiaire d’une cotisation élevée, mais aussi par un choix délibéré, c’est l’élitisme social et l’entre soi qui règne dans les loges. En fin de compte, la franc-maçonnerie représente uniquement les intérêts de la classe moyenne, et ceci explique la situation actuelle, de crise des valeurs, et aussi le détournement de la jeunesse, car la franc-maçonnerie affirme en paroles des positions qu’elle ne met jamais en œuvre dans les loges.

Les francs-maçons individuels : Enfin de nombreux francs-maçons, contrairement à leur engagement, n’ont jamais entrepris la mise en œuvre de la démarche maçonnique qui est : « Connais-toi toi-même. »

La fonction des frères des hauts grades dans le cadre des loges bleues est de mettre en œuvre cette démarche maçonnique.

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 23:20

« Je suis, donc je pense »

Conscience empirique et conscience universelle. (Partie 5)

La réalité de l’Etre, du Soi, évidente par elle-même, n’a « besoin » d’aucune preuve extérieure. Elle est antérieure à toutes nos pensées, présupposition nécessaire de toutes nos connaissances et actions ; fondement de notre existence, elle nous précède et nous constitue. Pourtant, on oublie cette évidence. Le remède à cette situation erronée est une sorte d’éveil, une « réintégration », un « retour à la source », et ceci justement ne peut se faire que par une expérience personnelle.

L’intention de la démarche maçonnique n’est donc pas de donner à l’homme l’acquisition d’une chose nouvelle, de lui révéler un fait inconnu, mais simplement de le rendre conscient de cette réalité fondamentale, obscurcie par l’existence empirique, mais impérissable. Son rôle se résume à détruire l’ignorance que l’on compare à un nuage noir qui cache le soleil brillant, et à éveiller l’homme à la vérité (à l’alétheia – le non-oubli) de sa nature authentique.

C’est aussi comme le soleil caché par un nuage. Tout comme le soleil dissimulé par un nuage, le Soi, caché par l’ego, n’a jamais disparu. Le mental ne saurait appréhender le Soi, et ce n’est qu’une fois réduit au silence et qu’aucune de ses pensées-nuages ne se présente pour obscurcir la conscience, que l’Etre pur peut se révéler dans toute sa splendeur.

Il s’agit, non pas d’ajouter quelque chose, mais d’enlever quelque chose, non pas d’apprendre quelque chose, mais de désapprendre quelque chose ; il s’agit d’enlever le voile qui couvre la pierre brute pour faire apparaître la pierre cubique.

VITRIOL : plonger en soi. La méthode est bien d’aller au fond de soi, dans une forme de pèlerinage, pour découvrir, dévoiler le moi profond. C’est la recherche du trésor des trésors, dans la nuit et le silence.

La méthode de Shankara, dans le « Vivekchudamani » : « Le mental est un conglomérat de pensées. Celles-ci ne s’élancent que parce qu’il y a un penseur. Ce penseur, c’est l’ego. Si l’on prend l’ego en chasse, il s’évanouira automatiquement. C’est dire que mental et ego sont une seule et même chose. L’ego est la racine de toutes les pensées. ». Cela s’appelle aussi travailler la pierre brute (l’ego) pour faire émerger la pierre cubique, ou la pierre philosophale (le Soi).

Le monde est seulement irréel en tant que monde, c’est-à-dire en tant que chose séparée, subsistant par soi-même, mais il est réel en tant que manifestation du Soi, tout comme les événements que l’on voit sur un écran de cinéma sont irréels en tant que vie véritable, mais réels en tant que spectacle d’ombre.

Quelle est la méthode maçonnique ? Cela consiste en deux expressions, et une phrase : les deux expressions sont « pierre brute » et « pierre cubique » et la phrase est : « transformer la pierre brute en pierre cubique », ou bien encore : « revenir à la source ».

La pierre brute est la surface, la périphérie, la conscience empirique, le reflet, l’apparence, le soi reflété, empirique et apparent, le « « je » inauthentique. C’est le faux « je », le persona, ou masque.

La pierre cubique est le fond et le centre, la conscience universelle, le Connaisseur et Témoin, la conscience pure, le Soi réel et transcendantal, le « Je suis » authentique et réel. C’est le vrai et seul « Je suis », l’Etre réel et profond.

Le mental ne diffère pas de l’ego et de la conscience empirique. Il s’identifie avec le corps de façon erronée, et plus grave, il s’identifie avec le Soi témoin. Le mental s’identifie avec la pierre brute.

Le retour à la source signifie connaître le Soi tel qu’il est réellement, abandonner le faux soi (le « je » physique et le mental, la conscience empirique) tout comme un acteur abandonne son rôle et demeure lui-même, n’oublie jamais qui il est en réalité. La conscience d’être est antérieure à la pensée, à l’ignorance et l’erreur, à l’illusion, au bien et au mal. Le Soi précède, il est au-delà du déroulement de la conscience relative, celle du sujet-objet. Penser relève du mental. Changer de perspective et de centre de gravité, passer de la superficie à la profondeur, de la pierre brute à la pierre cubique, c’est la mort du vieil homme. De même qu’il y a une différence entre l’état de veille et l’état de rêve, parvenir à cela, c’est la même différence qu’entre l’état de veille et l’état de rêve.

Cela ne fait pas l’objet d’une connaissance intellectuelle, verbale, ou d’une analyse psychologique. C’est une expérience immédiate. Il n’y a pas non plus une expérience du monde de la dualité, suivie d’une expérience de l’absolu. Il n’y a pas un « avant » et un « après ». Le Soi est toujours présent et sa connaissance n’est pas l’objet d’une discipline. Cette connaissance est innée et personne ne l’a jamais perdu.

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 17:43

« Je suis, donc je pense »

Conscience empirique et conscience universelle. (Partie 4)

Deuxième partie : « Je suis, donc je pense ».

« Je suis ce que je suis », « Je suis ».

Ancien Testament.

Exode 3, 13-14 : « Moïse dit à Dieu : « Voici ! Je vais aller vers les fils d’Israël et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. S’ils me disent : Quel est son nom ? – que leur dirai-je ? ». Dieu dit à Moïse : « JE SUIS QUI JE SERAI ». Dieu dit encore à Moïse : « JE SUIS m’a envoyé vers vous ».

« JE SUIS QUI JE SERAIS », c’est-à-dire « Je suis là, avec vous, de la manière que vous verrez » ; autres traductions possibles : « JE SUIS QUI JE SUIS » (refus de faire connaître son nom personnel). « JE SUIS CELUI QUI EST » (par opposition aux autres dieux, « qui ne sont pas »).

Jésus et sa méthode en trois étapes :

  1. Jésus, fils de Joseph le charpentier
  2. Jésus, le fils de Dieu
  3. « Mon Père et moi sommes Un ».

Le rituel de la franc-maçonnerie :

Au 1° degré : « Connais-toi toi-même ».

Au 13° degré, on trouve :

D – Qui êtes-vous ?

R – Je suis celui qui suis ou je suis ce que je suis. Mon nom est GUIBULUM et ma qualité Chevalier de Royal Arche.

Au 14° degré, il est rappelé au récipiendaire ce qui a été déjà défini au grade précédent :

« Je suis celui qui suis.

Je suis ce que je suis.

Je suis. »

Commentaire de Jean Mourgues :

« Une progression ou plutôt des cercles concentriques que l’on parcourt, une sorte de spirale qui va se resserrant… Poursuivant sa voie initiatique, le maître travaille donc toujours pensant qu’il peut agir sur le monde sans toutefois avoir la moindre illusion. Mais il ne veut pas tomber dans le néant et s’exposer à une rupture de l’unité de l’être, source d’illusion.

S’il revoit son cheminement, s’il se tourne vers l’arrière, il peut se recycler :

Le moment où il a découvert qu’il faisait partie d’un tout, de l’univers. Avant, il existait coulant sa conscience dans la conscience universelle, il était une partie de cet univers :

Je suis celui qui suis.

Puis c’est l’émergence du Tout par l’acquisition d’une personnalité de désir de volontés… La loge est de première importance pour ce stage : il nous faut des signes, il nous faut mettre de l’ordre, séparer fins et moyens, objectifs réels et supposés, nécessaires et imaginaires… C’est le stade le plus long sinon le plus difficile : on commence à comprendre que l’on est seul, et que cette émergence nous conduira à la recherche d’une solution personnelle, hors de tout modèle.

Je suis ce que je suis.

La poursuite de cet effort de dépersonnalisation conduit paradoxalement à un stade de la pensée tout à fait inattendu : on quitte le manifesté, noms, formes, distinctions, pour entrer dans l’intemporel.

Nous redevenons le Moi, mais pas celui que l’on avait isolé du Tout. C’est un moi pur, dépouillé, non asservi, non conditionné. Tout aussi dérisoire, mais lumineux, créateur.

JE SUIS. »

Rappel : Lors de l’initiation, dans certains rituels, il est présenté un miroir au récipiendaire, auquel il est déclaré, lorsqu’il se voit dans ce miroir, qu’il s’agit de son pire ennemi : cela est vrai, puisque, ce qu’il voit, c’est son ego, qui est l’illusion qui l’empêche de voir le Soi !

On peut dire : « Je ne me connais pas moi-même ». Cela veut dire ignorance de son propre être. Mais à travers cette ignorance se laisse appréhender la présence du témoin qui constate cette ignorance. Cela rappelle l’histoire de cette personne qui déclare : « J’ai perdu mes lunettes », alors que celle-ci se trouvent sur sa tête. Si quelqu’un lui en fait la remarque, cette personne va remercier celui qui lui indique qu’il n’a jamais perdu ses lunettes, et il va considérer qu’il a retrouvé ses lunettes, qu’il n’a jamais perdue. Il en est de même du « je ». La découverte, ou la connaissance du moi, est considérée comme une réalisation, une découverte, un dévoilement, alors que le moi, le « je » a toujours été là. Seule l’ignorance, ou l’illusion a pu faire croire que le « je » n’était pas là. Autrement dit, l’ego est pris pour la pleine conscience, alors que l’ego n’est qu’un effet de la conscience.

La connaissance est évidente par elle-même, car nul ne pense « Je ne suis pas ». Même si, en esprit, on voulait nier sa présence, on confirmerait tout simplement que celui qui nie doit exister. Cela veut dire qu’afin de penser, il faut d’abord être. L’axiome logique devrait donc être : « Je suis, donc je pense ».

Ce ne sont pas les qualités de l’ego que l’on recherche, mais le Soi qui se tient resplendissant, sans qualités, lorsque l’ego cesse de fonctionner. L’esprit n’a pas à suggérer une réponse, mais à demeurer calme afin que la vraie réponse puisse apparaître. Trouver la source de l’ego et empêcher la survenance des pensées. La réponse viendra d’elle-même. Aucune des réponses que l’ego puisse donner n’est la bonne.

MAÎTRISE : Quand on maîtrise le mental, on maîtrise tout le reste.

La recherche du Soi par le mental ressemble à celle du berger cherchant un agneau qu’il ne cesse cependant de porter sur ses épaules.

Etre meurtrier : tuer soit le Soi (= suicide), soit l’ego.

Meurtre d’Hiram : « La chair quitte les os ». Deux fois né.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 21:12

« Je suis, donc je pense »

Conscience empirique et conscience universelle. (Partie 3)

L’homme ne pense pas : il est pensé. Descartes donne aux produits du cerveau humain, qui sont les pensées, l’aspect d’êtres indépendants, doués de corps particuliers, et qui entrent en communication avec les hommes.

Que signifie « se connaître soi-même » ? Nous disons, à chaque moment « je-je », « moi je », et pourtant on stipule que l’on ne se connaît pas soi-même. Ne voilà-t’il pas que celui qui devrait m’être le plus proche, le moi, que j’habite à chaque instant, en réalité, je ne le connais pas, et la franc-maçonnerie, notamment, m’engage à faire toute une démarche, une sorte de pèlerinage , pour aller vers la connaissance de ce moi. Cette difficulté provient en fait d’une confusion : ce que nous prenons pour ce moi, l’ego, est en réalité un fantoche, un voile, un faux roi, un masque au sens de « personna », qui recouvre et cache le vrai moi.

Qu’est-ce que la conscience ? La confusion provient de ce que le mot de conscience désigne deux réalités tout à fait différentes :

  • D’une part, la conscience désigne l’ego : c’est-à-dire, le « petit je », celui qui dit « moi » à l’état de veille.
  • D’autre part, la conscience, au sens du Soi : c’est-à-dire le « Je suis ».

On peut dire que la confusion des deux conduit à ne pas saisir la véritable conscience. L’ego est un ensemble de pensées, qui sont un contenu, alors que la conscience est un contenant, qui est au-delà de la pensée. L’ego est ce qui fait notre personnalité, la personne, au sens de masque. C’est le masque que porte l’acteur dans une pièce de théâtre. L’acteur joue un rôle. Il peut jouer par exemple le rôle d’un roi, ou le rôle d’un mendiant. Mais l’acteur n’oublie pas qui il est véritablement : il n’est pas son rôle. Son rôle a un début et une fin : c’est au moment où il interprète son rôle que débute celui-ci, et il se termine quand il enlève son masque : que penserait-on d’un acteur qui continue de jouer son rôle, une fois la pièce de théâtre terminée ? Ainsi, chacun de nous joue une série de rôles, dans sa vie personnelle ou sociale, et il est demandé à chacun de jouer ces rôles le mieux possible. Se connaître soi-même, c’est à la fois faire la part des choses, à savoir être conscient du moment et du rôle que nous jouons, et aussi être conscient du Témoin, ou de l’acteur, qui joue ce rôle. Ainsi, le rôle est l’ego, et le Témoin est le Soi, l’Etre, le « Je suis ». Le rôle, l’ego donc, est la périphérie, et le Soi est au centre. L’ignorance, c’est se tromper de centre de gravité, c’est de s’identifier avec le rôle, en oubliant le Soi. C’est une forme de suicide. La Connaissance, c’est s’identifier avec le Soi et considérer l’ego comme ce qu’il est véritablement : un rôle que l’on joue, qui est secondaire par rapport au Soi, à l’Etre.

C’est un film qui se déroule : il y a à la fois le film, les images qui défilent, qui correspondent à la vie de l’ego, et il y a l’écran blanc, l’Etre, qui est là, avant le film, pendant le film et aussi après le film.

Il y a l’état de veille, c’est-à-dire l’état pendant lequel surgit l’ego. Il y a aussi le sommeil avec rêves : c’est une réalité différente.

Enfin, il y a l’état de sommeil profond, sans rêves : dans cet état, comme dans l’évanouissement, l’ego est absent, et pourtant, il y a conscience d’être ! Le Soi est présent. La preuve, quand nous nous éveillons de cet état, nous avons conscience d’avoir existé et nous disons : « Quel bonheur, j’ai bien dormi ! Quelle félicité ! ». Nous pouvons aussi citer l’état du comas, ou bien de mise sous anesthésie : l’ego est absent, mais l’être continue.

Le quatrième état, celui du délivré-vivant, est celui de la libération et de la réalisation : c’est celui où l’état du Soi est premier, et l’ego ne devient qu’un « épiphénomène ».

Ainsi, la connaissance de soi, ce n’est pas une démarche intellectuelle, un cumul d’amas de connaissances encyclopédiques. Cela ne s’obtient pas par des lectures, et ce ne sont pas des pensées. C’est plutôt une expérience, un éveil, un changement de vision et de regard. C’est un peu comme l’expérience de la femme qui porte un collier autour de son cou, et qui déclare l’avoir perdu : une tierce personne lui signale qu’elle l’a toujours autour du cou. Mais pour cette personne, la prise de conscience de ce fait est comme si elle avait retrouvé son collier.

Quand on distingue le sujet et l’objet, on peut choisir de dire que la vérité est du côté du sujet (idéalisme) ou qu’elle est du côté de l’objet (matérialisme). Dans le premier cas, tout est sensation : ce qui est premier, ce sont les idées, les concepts, les pensés. Dans le second cas, tout est expérience : ce qui est premier, ce sont les atomes, les forces et l’énergie. Il y a l’intérieur, le mental, l’ego, et l’extérieur, le monde, la nature. Le Soi est le substrat des deux, à la fois du petit « je », et du monde. C’est la conscience universelle.

La note unique qui persiste pendant toute la durée du morceau de musique hindoue (la note fondamentale shruti), comme le fil sur lequel les perles sont enfilées, représente le Soi permanent à travers tous les états de l’être. L’être est un. Bien que manifesté dans l’univers et dans toutes les créatures, il n’est jamais affecté dans son Soi éternel et non-manifesté. De même, comme dans un rêve, l’esprit qui crée tous les personnages et les événements que l’homme voit sans rien perdre par leur création, ni rien gagner par leur réabsorption, ne cesse jamais d’être lui-même.

Le monde est seulement irréel en tant que monde, c’est-à-dire en tant que chose séparée, subsistant par soi-même, mais il est réel en tant que manifestation du Soi, tout comme les événements que l’on voit sur un écran de cinéma sont irréels en tant que vie véritable, mais réels en tant que spectacle d’ombres. Connaître et être le Soi qui existe derrière l’ego et le mental est le but à attendre.

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