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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 12:30

Le monde et la vérité du monde. (Première partie)

INTRODUCTION :

La question qu’il a été demandé de traiter est la suivante : « Que vous inspire la sentence : « La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité » ». Cette sentence figure dans la bouche de l’Illustre Commandeur, lors du rituel d’élévation au 32° degré.

Une SENTENCE joue souvent un rôle pédagogique et mnémotechnique : elle est alors le résumé, le fossile d’un exposé, d’un récit ou d’un mythe qu’il est demandé de raviver. Après un long SILENCE, l’Illustre Commandeur ajoute : « Mes FF.°. ?., le 32° degré est le niveau où tout se concilie, où la véritable connaissance apporte l’apaisement, le recueillement, l’AMOUR. » Cette sentence peut donc être considérée comme le résumé de ce qui a été appris au cours des 32 degrés du rite écossais ancien et accepté.

Chaque mot a son importance, et il est demandé qu’est-ce qu’INSPIRE cette sentence : « La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité ». L’inspiration est le mouvement intérieur qui porte à faire, à suggérer quelque action, cette faculté se trouvant entre l’intuition et l’illumination. Aussi, tout en restant fondé et guidé par la RAISON et l’EXPÉRIENCE personnelle vécue, le terme d’inspiration permet d’aller bien au-delà du monde perçu.

PREMIERE PARTIE : La corde et le serpent

Voici une corde. Cependant, dans le crépuscule ou dans la pénombre, vous pouvez pendre cette corde pour un serpent. Et vous êtes effrayé sans raison. Il s’agit d’une illusion. Le substrat du serpent, sa substance, c’est la corde. Tant que dure cette perception illusoire, la corde n’est pas perçue en tant que telle. Ainsi, l’illusion a une part de vérité, et la réaction de peur de la personne qui croit voir un serpent est vraie aussi.

Il en est de même du MONDE et de la VERITE DU MONDE. Le monde est perçu comme espace, temps et causalité. Il est notamment, maladie, vieillesse et mort. Mais, selon la sentence, cela est illusion. Le substrat du monde est éternel, et il s’agit de l’Eternité. C’est là la vérité du monde. Lorsque le monde cesse d’être perçu comme espace-temps, perception illusoire, on perçoit enfin sa vérité : c’est l’Eternité. L’Eternité est la nature et le substrat du monde. Si je perçois (ou connais) cette réalité, alors cesse la peur (peur de vivre et peur de mourir).

Le substrat, ou vérité, du serpent, c’est la corde. Tout comme le substrat, la vérité du monde espace-temps, c’est l’Eternité.

Un constat : le serpent et la corde sont un seul et même monde, et non deux mondes séparés et différents. Ce qui change d’un aspect à l’autre, c’est mon regard, ma vision du monde. Le monde est comme cette image qui, selon la façon dont on la regarde, peut aussi bien représenter le serpent ou la corde, l’espace-temps que l’Eternité. Il s’agit donc de vision et de regard.

Le serpent représente le Temps, car cette image a un début et une fin. Le serpent a une certaine « réalité », la réalité que chacun prête à l’illusion. Par contre, la corde est là : elle est là avant, et elle sera encore là après : c’est la Réalité, sans commencement, ni fin, c’est l’Eternité. En conséquence, il s’agit de déscillier les yeux, pour apprendre à voir la vérité du serpent, qui est la corde.

Un sage hindou, Ramana Maharshi, disait : « Vous n’avez pas d’autre alternative que de reconnaître le monde comme imaginaire, si vous recherchez la vérité et rien que la vérité. Pour la simple raison que tant que vous n’aurez pas abandonné l’idée que le monde est réel, vous serez toujours à sa recherche. Si vous prenez l’apparence pour la réalité, vous ne connaîtrez jamais la véritable réalité, alors que pourtant cette réalité seule existe. Ce point est illustré par l’analogie du serpent et de la corde. Vous pouvez avoir l’illusion qu’un bout de corde est un serpent. Tant que vous pensez que la corde est un serpent, vous ne pouvez pas voir la corde en tant que telle. Le serpent illusoire, non-existant, devient pour vous une réalité, tandis que c’est la corde qui paraît entièrement non-existante. »

La vérité est donc cachée : il faut la dévoiler et la découvrir. Pour voir la corde, il est nécessaire d’effectuer une recherche, une investigation. Il faut d’abord maîtriser son émotion (ici la peur du serpent) et aller au-delà. Un miroir, n’est pas suffisant. Même dans un miroir (qui ne reflète que le « réel » passivement), c’est encore le serpent qui peut apparaître et non son substrat, la corde. Il faut donc travailler.

A noter que le contraire de la sentence serait de dire : le monde est tel que je le perçois. Il n’y a pas de « vérité du monde ». Le monde n’est pas fondé sur la vérité, qui est Eternité. Le monde peut à la fois, « être » serpent, et « être » corde. Ou bien le monde est une fois « serpent », puis une fois « corde ». Il est fondé sur autre chose que l’éternité. Tout est relatif.

Qu’est-ce que la VERITE ? Qu’est-ce que le MONDE ? Qu’est-ce que l’ETERNITE ?

Il y a une double définition possible de ces termes, selon que l’on se place dans le monde du serpent, le monde de la perception immédiate, ou le monde de la corde, le monde de l’éternité.

DEFINITION DE LA VERITE : Acceptons la définition classique de la vérité :

« La vérité est l’adéquation de ce qui est dit (l’intelligence) avec la chose ». Où est alors la vérité ? C’est le serpent ou la corde ? S’il existe plusieurs plans de notre existence consciente, alors ce qui est une vérité pratique sur l’un de ces plans revêt une apparence tout à fait différente et cesse par conséquent d’être vrai dès que nous nous élevons, à un niveau plus élevé d’où nous pouvons avoir une vue plus générale. La meilleure définition de la Vérité est celle que donne Jésus. Lorsque Ponce Pilate interroge Jésus : « Qu’est-ce la vérité ? », Jésus répond par le SILENCE. Donc la vérité ne s’exprime pas avec des mots, mais s’expérimente et se vit. Elle se situe dans un au-delà de la conscience relative, qui s’exprime par des pensées et des mots. Citons Ramana Maharshi : « Ce que l’on n’est pas capable de connaître, même après des années de conversations, peut être appréhendé instantanément dans le silence, ou en face du silence. (…) Le silence est le plus haut et le plus efficace des langages. »

Découvrir la Vérité du monde, c’est donc mettre fin à l’ignorance, et cesser de voir comme vrai (le serpent), ce qui ne l’est pas.

DEFINITION DU MONDE : Le monde est l’ensemble des choses et des objets, opposés au sujet. En conséquence, le monde du serpent (celui de l’illusion), fait aussi partie du monde. On peut distinguer le monde manifesté et le monde non-manifesté. Par exemple, lorsque le dieu Shiva danse, sa danse est le monde manifesté. Lorsqu’il arrête de danser, Shiva est le monde non-manifesté, substrat du monde manifesté. C’est le monde et la vérité du monde.

DEFINITION DE L’ETERNITE (ET DU TEMPS) :

Le temps est ce qui a un début et une fin, contrairement à l’Eternité.

L’INITIATION : Pour nous, francs-maçons, l’initiation est le point de départ, la port qui mène du monde à la vérité du monde. C’est le voyage qui nous fait changer de regard. C’est la mort du vieil homme, et une nouvelle naissance, puisque l’initiation contribue à changer le regard sur le monde : c’est une vision nouvelle, grâce au dévoilement de la vérité du monde. Initier, c’est à la fois faire mourir et faire renaître. C’est une sortie du monde (de l’illusion), et franchir une porte donnant accès ailleurs. Initier est donc entrer et introduire. L’initié change de niveau. Tout en vivant encore dans le monde profane – auquel il ne cesse d’appartenir – l’initié pénètre dans l’éternité. Mais l’initiation n’est qu’un commencement, et le travail de connaissance se poursuit tout au long des 33 degrés du rite écossais ancien et accepté.

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 11:10
La Corde et le Serpent (Cinquième partie)

La Corde et le Serpent (Cinquième partie)

Propos sur le Temps :

Il n’est parlé que du Temps pendant l’état de veille.

Cependant, il y a aussi espace-temps dans l’état de rêve. Mais il n’y a pas de Temps pendant l’état de sommeil profond. Pourtant « je suis » à travers ces trois états.

En fin de compte, le temps est un phénomène, qui se passe à la surface du cercle. Quelle est sa réalité ?

« Je suis » est au centre du cercle. Et lorsque la roue tourne, le centre est immobile : donc, comme le dit le rituel, la vérité du « Je suis » est l’éternité. Le temps n’est qu’un phénomène illusoire, le même dans l’état de l’éveil que dans l’état du rêve.

L’homme non mûr vit dans le cerveau, inconscient de lui-même dans le cœur. L’homme mûr vit dans le cœur. L’homme non mûr est donc séparé de la vérité du monde, qui le soutient, lui, comme ce qu’il voit. L’homme mûr a pris conscience de la vérité du monde, de la réalité, de l’unicité du réel, le Soi présent en tout, éternel et immuable au sein de ce qui est impermanent et changeant. Homme mûr et homme non mûr voient le monde tous les deux, mais leurs points de vue sont différents.

Pour bien distinguer l’homme mûr et l’homme non mûr, on peut prendre l’exemple d’un allumage de feu :

  • Une simple étincelle suffit à enflammer de la poudre à canon ;
  • Le charbon de bois a besoin d’un bref apport de chaleur pour s’enflammer ;
  • Enfin, le charbon mouillé doit d’abord être séché et chauffé pendant un temps relativement long avant de commencer à brûler.
  1. La nature du Temps :

Quelle est le niveau de réalité du temps ? Sur quel plan du réel est placé le temps ? Le Temps a un substrat, qui lui est donc supérieur, qui est l’être réel, et c’est l’Eternité. « La Vérité du monde est éternelle ». C’est l’exemple du film de cinéma : l’écran derrière le film. Avant le passage du film, il y a l’écran blanc. Pendant le passage du film (qui comprend l’espace et le Temps), il y a l’écran blanc. Après le passage du film, il y a l’écran blanc.

  1. Notre état d’être, c’est d’être dans le présent :

Le présent est à la fois la seule réalité, et aussi, le présent n’est pas. Le passé n’est plus, et relève de l’imaginaire. Le futur n’est pas encore et relève de la sensation et de la perception. Le présent est une durée nulle : il n’existe pas. Dans la double tête de Janus, le passé est une tête tournée vers la droite, le futur est une tête tournée vers la gauche. Il n’y a pas de troisième tête tournée vers le spectateur, pour représenter le présent, car celui-ci n’existe pas. Le moment présent ne peut être saisi, car il comprend une partie de passé, et une partie du futur. « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ».

  1. Le temps sacré : il contient à la fois le passé, le présent et le futur. L’éternel présent. Le temps est éternel : Tout est UN :

Le point de vue temporel est relatif, et il dépend du sujet, du spectateur. Prenons l’exemple d’un défilé militaire, suivi par trois témoins. Le premier témoin est au bord du trottoir, très proche du régiment qui défile : le spectateur ne voit qu’une rangée à la fois du régiment qui défile. Le second spectateur est en hauteur, sur une estrade qui surplombe le défilé : le spectateur peut voir plusieurs rangées du défilé, et son présent intègre donc celui du premier spectateur. Le troisième spectateur est placé sur un balcon : Il voit donc le régiment en entier et intègre donc les présents des deux premiers spectateurs. Le régiment peut être une image du monde. La seul Réalité, c’est l’éternité.

Ceci rejoint le Temps et l’Espace symboliques du Temple. Le Temps sacré est l’éternel présent : le passé, le présent et le futur sont un.

Au niveau collectif aussi, l’univers se présente à la fois comme une pierre brute et une pierre cubique. Le constat est l’irréalité de l’ego. L’ego est un voile, qu’il faut lever pour voir le Soi, la Réalité. Il faut considérer le moi-je, l’ego, comme un objet parmi les objets, une « illusion ». C’est changer la vision. La pierre cubique est à la fois en nous et hors de nous. L’ego s’interpose, voile, dissimule. Le moi est notre véhicule : à destination, il s’arrête et voilà qu’apparaît le Soi. A nous de savoir le conduire.

CONCLUSION : L’éléphant

Vivre selon le Soi, c’est la vie éternelle ; vivre selon l’ego, c’est le suicide – suicide du Soi – et la mort.

Prenons l’exemple d’un éléphant que quatre personnes aveugles cherchent à connaître. Le premier touche la trompe, et il répond : « L’éléphant ressemble à un tuyau ». Le second entoure de ses bras une patte, et répond : « L’éléphant est comme un tronc d’arbre ». Le troisième touche une oreille, et répond : « L’éléphant est comme un grand éventail ». Le quatrième touche le ventre et répond : « L’éléphant est comme une grande citerne ». Ainsi, chacun, selon ses qualités, détient une parcelle de la vérité, et, de mon côté, je compte sur vos contributions pour en savoir plus. Quelle que soit l’intelligence et la volonté de chacun, il ne détient pas la vérité, mais, tous, en associant nos points de vue, nous pouvons nous en approcher de très près.

Cependant, je suis persuadé qu’il y a une vérité absolue. Cependant, chacun n’a qu’une connaissance d’abord partielle de celle-ci. Je refuse tout relativisme. L’obstacle principal à la possession de la vérité absolue est la pensée : « Il est impossible d’atteindre la vérité absolue, de la connaître et de l’expérimenter. ».

Par ailleurs, la même vérité peut être exprimée de différentes façons, suivant la capacité de compréhension de l’interlocuteur.

Revenons au préambule : il appartient à chacun de juger en conscience quelle voie du rite écossais ancien et accepté suit la loge. Et les frères, dans le second cas, oublient un peu légèrement qu’un jour eux aussi, seront âgés et malades, et que chaque action suscitant une réaction, ils seront traités à l’image de la façon dont ils auront traités leurs frères aînés. On ne se souviendra pas de nous par nos paroles, mais par nos bonnes actions... La vie ne se mesure pas par le nombre de respirations que nous prenons, mais par les moments qui font que l'on retient notre respiration...

Applique-t-on bien universellement l’idéal maçonnique, y compris à certains frères de la loge, âgés et malades ? A la question que Caïn pose à Jehova : « Suis-je le gardien de mon frère ? », quelle réponse apportons-nous, à la fois individuellement et en tant que loge ? Abel, frère de Caïn, à la fois, représente l’Autre, et le Soi de Caïn. Caïn avait le choix : soit tuer Caïn et se soumettre à son ego, soit glorifier le Soi et se soumettre à Abel. A chacun de nous de répondre, en conscience à cette interpellation. A la loge aussi, d’y répondre collectivement : dans notre loge, est-ce que trône le Soi, ou bien … je n’ose l’imaginer, y a-t-il un bal des ego ? Seules deux réponses sont possibles : « Oui » et « Non ». Il faut répondre sans dramaturgie, et sans sentimentalisme. Ce sont les deux voies du rite écossais ancien et accepté.

En tant que franc-maçon, il convient de partir de notre attitude, de la façon d’être pratique, et en déduire les principes qui ont conduit à cette attitude. D’où viennent la Vanité et l’Egoïsme. ? D’où viennent l’Humilité et l’Amour ? Sur quels principes reposent ces valeurs ? Sur quel substrat, l’ego ou l’Eternité ?

Apprendre à mourir est le travail de toute une vie. Illustrons cela par une allégorie. Pierre, honnête commerçant, s'occupait activement de son activité commerciale. Il savait qu'au moment de la mort, sa dernière pensée serait à la fois un point d'arrivée, celui de sa vie passée, et un nouveau point de départ, celui de sa vie à venir. C'est pourquoi, prévoyant, il donna à chacun de ses enfants un nom de Dieu: "Allah", "Brahmâ", "Yahvé". Par ce stratagème, il pensait se retrouver après sa mort aux pieds de Dieu dans le paradis. A l'heure de sa mort, il appela à son chevet ses enfants, criant successivement les noms divins. Mais lorsque tous ses enfants étaient rassemblés autour de lui, sa dernière pensée fut: "Si vous êtes tous présents autour de moi, qui s'occupe du magasin?". Sa dernière pensée fut donc: "argent et bénéfice", ce pour quoi il a toujours vécu. S'éteignant sur cette idée, le jour finissant, il se réveilla le lendemain sur ce point de départ pour entamer à nouveau le même cursus: "argent et bénéfice". De même, l'ivrogne qui pense constamment à la boisson, s'endort avec l'idée d'un verre à boire et se réveille avec le même désir. Comment faire pour qu'il en soit autrement? La franc-maçonnerie a mis en place une méthode répétitive pour échapper au retour du même et progresser: c'est le triangle. Avoir la bonne pensée est le travail de toute une vie.

PLAN

PREAMBULE : la maladie, la vieillesse et la mort

INTRODUCTION : La corde et le serpent

PREMIERE PARTIE : LOGOS

1) TROIS DEFINITIONS

2) UN DESSIN

3) CINQ ALLEGORIES

DEUXIEME PARTIE : LES DEUX VOIES

Maçon mûr/Maçon non mûr

Le mythe de la caverne de Platon (Livre VII de la République de Platon)

Franc-maçonnerie et religions :

CONCLUSION : L’éléphant

Mai 2015

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 08:41

La Corde et le Serpent (Quatrième partie)

DEUXIEME PARTIE : LES DEUX VOIES

Maçon mûr/Maçon non mûr :

Pierre brute contenant la pierre cubique

Le maçon mûr, qui atteint la cible, vérité du monde maçonnique. Il s’agit d’éclairer. La lumière est un don gratuit.

Le maçon non mûr : c’est un travail superficiel, en surface. Création d’un Super-ego. C’est le monde de l’erreur et de l’illusion, le monde du faux semblant. Il s’agit de briller : les regards des autres sont captés et tournés vers soi.

La pierre cubique a toujours été là. C’est Cela. Mais ce n’est ni ceci, ni cela. Cela veut dire que la pierre cubique, ou pierre philosophique, est hors du temps et de l’espace : elle est éternelle et infinie. Ce qu’il faut faire, c’est s’interroger : qu’est-ce qui voile celle-ci ? C’est la pierre brute, ou l’ego. Il faut donc, après l’initiation, retrouver notre Etre réel, et annihiler l’ego.

Le circuit de la goutte d’eau, qui ne fait que changer de forme est le suivant : dans l’océan, elle s’évapore, et retombe en pluie sur la montagne. Elle s’écoule ensuite depuis le torrent jusqu’à la rivière et atteint de nouveau l’océan.

Que nous réserve l’avenir ? Quelle est la mission de la franc-maçonnerie au XXI° siècle ?

La plupart des présentations de la franc-maçonnerie retiennent les points suivants :

  • Présentation à la fois des mythes et de la réalité. De la réalité est présentée l’action, à différentes époques, de la franc-maçonnerie, pour faire progresser l’idéal laïque et démocratique.
  • Pour ce qui est de la franc-maçonnerie aujourd’hui, la démarche est surtout individuelle : amélioration de soi-même.

Il en résulte que la franc-maçonnerie apparaît surtout comme un club service, avec de nombreuses affaires : argent (finances), sexe, pouvoir,…

Or, la franc-maçonnerie devrait être à la pointe du combat, y compris socialement !

« Liberté-Egalité-Fraternité » :

  • Application réelle des droits de l’homme/ Droits de la Personne : Ecologie/Ecocide ; Démocratie
  • Egalité des genres ; Modification du rituel et des symboles
  • Socialisme ou barbarie : Fin du capitalisme. socialisation des moyens de production. Exercice du pouvoir par la classe ouvrière.
    • Révolution
    • Guerre impérialiste

Temps ou Eternité/

Selon que l’on adopte l’un ou l’autre facteur pour fonder la Loge et le Temple, on obtient deux maçonneries bien différentes.

Le mythe de la caverne de Platon (Livre VII de la République de Platon) :

Dans la caverne, l’homme est « consommé » par le Temps. Il est dans l’espace-temps du mondes des apparences, du mode des trois états (éveil, rêve, sommeil profond), qui représente une tombe : il est « enterré », et déjà « mort ». Quand il est « initié », c’est-à-dire qu’il passe la « porte » de la caverne, il entre dans le Temple : il passe dans le monde de l’Eternité, qui est la vérité du monde. C’est un monde hors du Temps et de l’Espace, qui est la dimension infinie et éternelle de l’univers. Puis, quand il retourne dans la caverne, pour rejoindre ses frères et sœurs en humanité, c’est-à-dire dans le monde profane, il vient avec un oint de vue qui a changé : il apporte de l’Eternité dans la temporalité. Ceci peut être représenté par un 8, deux cercles symbolisant le passage par un point, porte ouverte dans les deux sens, le profane et le sacré.

Il y a rapprochement de la raison et de l'imaginaire chez Platon quand il utilise l'allégorie de la caverne pour enseigner à ses frères Glaucon et Adimante l'organisation politique de la cité. Il va plus loin encore en mettant en exergue que les prisonniers restés dans la caverne sont persuadés que c'est eux qui ont le bon rapport avec la vérité. Celui qui redescend vers eux et qui a vu la vraie lumière n'est pas cru et ils seraient prêts à le tuer. Attitude qui n'est pas sans faire penser à l'obscurantisme d'aujourd'hui qui conduit aux pires choses ; haine, sang...Une autre interprétation symbolique pourrait être que notre espace visuel est notre prison, que le soleil que nous contemplons est le feu de la caverne platonicienne et que nous sommes agglutinés en bas et que nous devons encore faire l'ascension comme l'a fait ce prisonnier, c'est à dire l'ascension de l'âme vers l'intelligible.

Dans leur attitude les hommes de la caverne fuient la vraie lumière pour regarder vers le bas, vers les choses qu'ils sont en mesure de distinguer dans une attitude de paresse. Pourtant comme le souligne Platon ils sont en mesure de voir mais il leur manque "l'art de mettre en oeuvre le retournement" pour diriger leur regard vers la vraie Lumière. Et c'est là que Platon situe le rôle de l'éducation des jeunes âmes pour leur apprendre à retourner leur regard vers le haut, à se détacher de leur lien, à l'image des liens qui enserrent les prisonniers de la caverne et les empêchent de se retourner. Ils doivent faire l'expérience de la lumière, mais il met ses élèves en garde, une lumière trop vive peut éblouir et conduire aussi à l'aveuglement. La conséquence est politique il convient dans la fondation de la cité de conduire tous les citoyens à sortir de leur état de cécité et les aider à gravir le chemin de l'ascension. Ce chemin ne peut être gravi que par le savant mélange dans les âmes des citoyens du désir, de l'ardeur et de la réflexion (en fait il allait plus loin en distinguant chaque classe), et c'est de cette alchimie entre les différentes composante précitées des âmes que surgira selon Platon la justice et la concorde.

C’est la caverne de Platon. D’abord dans la caverne, puis le passage par la porte, pour accéder au soleil, puis retourner à la caverne. Certains maçonNEs restent dans la caverne des phénomènes, et « oublient » l’initiation (la naissance par la porte étroite), puis le travail dans le Temple (extérieur, à la caverne, mais à l’intérieur de soi, en haut). Pour enfin retourner dans la caverne, le monde profane, au milieu des frères et soeurs. Phénomènes-Noumène-Phénomènes. De Jean à Jean (Janus). C’est une lemniscate, le 8 couché, avec passage de l’un à l’autre, de la vie à la mort, de la vie à la mort, etc. Le Soi est l’union des deux.

Franc-maçonnerie et religions :

Deux visions du monde sont possibles :

  • Une vision du monde avec l’espace et le temps dans lequel vivent les humains ; c’est un monde où l’on meurt.
  • Une vision du monde de l’Eternité et de l’Infini. C’est un monde où l’on échappe à la mort, du moins, les personnes initiées à ce monde. L’ennemi, c’est le Temps. Dans ce monde, il est possible de « bloquer » le temps, de l’arrêter. C’est une modification du rythme de la nature, avec l’irruption de l’infini dans le Temps.

Le monde est imprégné du temps et de l’espace : rien, dans le monde, n’est épargné par le temps.

C’est pourquoi les religions cherchent le moyen de combattre le temps et d’introduire l’éternité, ainsi, que dans l’espace, l’infini. C’est la dimension éternelle et infinie de l’univers, ou Dieu. Il en est ainsi des trois religions monothéistes, judaïsme, christianisme et islam.

« Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

1 Par le Temps ! 2 L'homme est certes, en perdition, 3 sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, s'enjoignent mutuellement la vérité et s'enjoignent mutuellement l'endurance. » (Sourate 103 – Al-Asr – le temps)

Luc (10:25-28) :

« 25 Un docteur de la loi se leva, et dit à Jésus, pour l’éprouver : Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? 26 Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Qu’y lis-tu ? 27 Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même. 28 Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela, et tu vivras… »

(Exode : 3:13-15) :

«13 Moïse répondit à Dieu : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : “Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.” Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » 14 Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS”. » 15 Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est LE SEIGNEUR (YHWH), le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob”. C’est là mon nom pour toujours, c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en d’âge. »

«1 En ce temps-là, Michaël, le prince supérieur, qui a mission de protéger les enfants de ton peuple, sera à son poste; et ce sera un temps de détresse tel qu'on n'en aura pas vu depuis qu'existent des nations jusque-là. En ce temps-là, la délivrance viendra pour ton peuple, pour tous ceux qui se trouvent inscrits dans le livre. 2 Beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière du sol se réveilleront, les uns pour une vie éternelle, les autres pour être un objet d'ignominie et d'horreur éternelle. 3 Les sages resplendiront comme l'éclat du firmament, et ceux qui auront dirigé la multitude dans le droit chemin comme les étoiles, à tout jamais. » (Daniel : 12:1-3)

Il en est de même de la franc-maçonnerie. Celle-ci est une démocratisation de l’acte d’atteindre l’éternel pour l’intégrer dans le temporel. En effet, dans les religions, cette opération est réservée aux prophètes et aux prêtres. Pour les maçons, cette opportunité est ouverte à tout un chacun, sous réserve qu’il s’en donne les « moyens ».

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 08:34
La Corde et le Serpent (Troisième partie)

La Corde et le Serpent (Troisième partie)

  1. UN DESSIN :

Voici le monde, dont nous faisons partie, monde plongé dans la temporalité (Un cercle et une croix) ;

Et voici la vérité du monde, qui est éternelle, parce que cette vérité provient de l’Eternité (Le fond blanc).

L’ego, le « petit je », c’est le point au centre du cercle. Le cercle représente le monde, c’est-à-dire tout ce qui existe. On peut dire que chacun de vous fait, en ce moment, partie de mon cercle d’objets tangibles. Tout comme moi-même je fais partie de votre cercle. A noter que ce cercle comprend le monde matériel, mais aussi toutes les autres réalités, dont le monde des idées. La ligne horizontale représente la temporalité, avec le passé, le point du présent et l’avenir. L’ego s’est manifesté lors du premier souffle, la naissance, et disparaîtra avec le dernier souffle, la mort. L’axe vertical est l’axe du monde, avec l’enfer, le purgatoire et le paradis. C’est aussi un arbre de vie, avec les racines, le tronc et les branches. En maçonnerie, il correspond à Vitriol. Le monde a trois niveaux : le monde d’en haut, le monde ici-bas et le monde d’en bas, le céleste, le terrestre et l’infernal.

Le cercle, qui symbolise zéro, est un circuit fermé d’où rien ne peut s’échapper. Zéro, cifr en arabe, veut dire vide. Ce cercle symbolise un métal accompli qui ne peut plus évoluer, puisqu’il est parfait : l’or. Ponctué d’un point central il est le symbole de l’or philosophique des alchimistes, du microcosme de l’univers, le point central en étant le principe créateur.

La croix est le symbole du creuset, le hiéroglyphe de la lumière, et, dans les sciences mathématiques, l’inconnue du problème à résoudre. Les quatre branches représentent : verticale haut, le feu, verticale bas, la terre, horizontal gauche, l’air, horizontal droite, l’eau.

  1. ALLEGORIES :
  1. L’objet d’argile qui s’identifie avec la forme de l’objet. L’objet d’argile qui s’identifie avec son fond d’argile.

TERRE

Imaginer un objet forgé dans une masse d’argile. Par l’illusion, l’éducation, ou l’erreur, cet objet s’identifie à sa forme : « Je suis un vase, le plus beau des vases », ajoute même cet objet quelque peu arrogant. « Je n’ai rien à voir avec tous ces autres objets ». L’individu qui est dans la Réalité, lui, se perçoit en tant que masse d’argile, qui a reçu provisoirement, transitoirement, et temporairement, une forme, mais qui est appelé à terme à retourner à l’argile primordiale. Cet individu, sage et éclairé, s’identifie donc avec l’argile, ayant temporairement une forme de vase, mais nullement séparé du tout.

« Je suis celui qui suis. Je suis ce que je suis. Je suis. ». REAA, Rituel 14° grade Grand Elu de la Voûte sacrée.

La forme est transitoire. Un jour, l’argile du vase rejoint l’argile globale.

  1. L’identification avec la vague de l’océan. L’identification avec l’eau de l’océan. La poupée de sel.

EAU

Imaginez que le vent, ainsi que l’action de la Lune, lèvent à la surface de l’Océan une vague, qui a la prétention d’être quelque chose en elle-même, un être autonome, différent et même au-dessus de l’Océan ! Le temps qui passe va vite ramener cette vague à sa juste réalité, et lui démontrer que, si elle s’est séparée de l’Océan pour un temps déterminé, bientôt, elle va disparaître en tant que vague et fusionner de nouveau avec l’Océan primordial. La vague vient de l’Océan, et elle est destinée à y retourner. C’est aussi l’image de la poupée de sel, qui souhaite connaître l’Océan : pour ce faire, elle pénètre dans l’Océan, et elle y disparaît, dissoute dans l’immense masse d’eau. Cela signifie que, pour connaître notre Réalité, l’obstacle principal c’est nous-même, plus précisément le « petit je », l’ego. Il faut donc se libérer de cet obstacle. Cette libération s’effectue de toute façon par la mort physique. Mais la méthode maçonnique nous permet une libération anticipée ; elle fait de nous des « libérés vivants », c’est-à-dire des individus ayant pris connaissance, à travers l’initiation et la mort symbolique, de notre Moi profond, tout en maintenant suffisamment d’ego pour continuer de faire notre travail au milieu de nos frères et sœurs humains.

La vague naît, se développe, meurt et rejoint l’Océan primordial.

  1. La bouteille : la bouteille, alors qu’elle est fermée par un bouchon. La bouteille, sans bouchon.

AIR

Si vous fermez hermétiquement une bouteille avec un bouchon, celle-ci a une certaine individualité par rapport à l’atmosphère environnante. Cette individualité lui est donnée par le bouchon, bouchon qui représente l’ego, le « petit je », celui que nous utilisons dans le quotidien. Cet ego est né, s’est développé et va mourir. C’est dire que l’air de la bouteille, à terme, va retourner à l’atmosphère (ou Mère). L’objectif de la méthode maçonnique est de montrer que cet ego crée une rupture artificielle, et cette méthode vise à retrouver l’unité primordiale et fondamentale : nous provenons de l’air et retournerons à l’air, air que nous n’avons jamais quitté.

« Assouplir », « enlever » le bouchon de la bouteille, faire communiquer le Total, l’Universel, et le particulier, tel est le but. Un jour, l’air de la bouteille rejoint l’air primordial.

  1. Le nuage qui cache le soleil et le face à face avec le soleil.

FEU

Il suffit d’un petit nuage pour nous cacher le soleil. L’individu est le « petit je », qui cherche à percevoir le soleil. Le nuage est le monde. Le soleil est le Moi profond. La méthode maçonnique nous permet de nous élever, tel un aigle, au-delà des nuages pour contempler le soleil face à face. Le soleil brille en permanence au-dessus des nuages.

Pour en revenir à notre premier tableau :

Le monde, et le « petit je », ou ego, qui fait partie de ce monde, dans la temporalité, est facilement perçu par chacun de nous, car nous l’expérimentons chaque jour.

Il convient d’appréhender aussi le second plan qui est illustré par diverses images : l’écran blanc, le fond, l’argile, l’Océan, le Soleil, la Mère, la Lumière, le Témoin. Ce plan s’expérimente aussi.

Le nuage, un jour, disparaît : le Soleil demeure !

  1. L’identification avec le film, avec l’écran blanc et avec la lumière.

QUINTE-ESSENCE

Lorsque nous allons au cinéma, nous regardons un film, qui est composé de lumière passant à travers une pellicule. Si le film est de qualité, nous sommes plongés, à tout point de vue, dans l’action de ce film, et nous oublions qu’il ne s’agit que d’un film, et que celui-ci, dans le fond, repose sur un écran blanc. Ainsi, dans l’action du film, il y a notamment du feu et de l’eau, des naissances et des morts, la paix et la guerre, du sang et de l’amour. En somme toute la réalité humaine. Mais le feu, sur l’écran, ne brûle pas, et l’eau, de même, ne mouille pas. Avant et après le film, l’écran blanc est plongé dans un rayon de lumière blanche. Mais pendant le film, que d’émotions et de passions ! Nous sommes la lumière, l’écran blanc, et nous sommes aussi acteur du film. Mais l’écran blanc est là avant le film, et il sera encore le Même après le film. Et surtout la Lumière est éternelle et ne disparaît jamais : elle est à la fois la Vie et l’Amour.

Le monde est le film. La vérité du monde est la Lumière. « Je suis » est la Lumière. La lumière est un don, pas le résultat d’un travail ou d’une recherche.

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 10:04

La Corde et le Serpent (Deuxième partie)

Du deux au UN, puis du UN au deux. Du monde à l’éternité, puis de l’éternité au monde. Montée et descente de l’échelle.

L’INITIATION : UNE VISION NOUVELLE, UN REGARD NOUVEAU :

L’initiation est le passage du plan humain au plan universel. L’initiation est le passage du monde visible au monde invisible. L’initiation est la porte qui mène du monde à la vérité du monde. L’initiation est un mensonge qui dit la vérité (rôle de l’imaginaire). C’est une fiction théâtrale. Exemple des deux épines : l’une est enfoncée dans la peau (le monde) ; la seconde nous sert à extraire cette première épine (l’initiation). Ensuite, on jette les deux épines, devenues inutiles.

L’initiation est aussi l’expérience d’un passé commun. C’est une expérience commune et l’intégration dans un groupe.

« Le seul, le vrai, l’unique voyage, c’est de changer de regard ». (Marcel Proust).

L’initiation maçonnique est la mort du vieil homme : c’est-à-dire c’est une nouvelle naissance, puisque l’initiation contribue à changer le regard sur le monde : c’est une vision nouvelle, grâce au dévoilement de la vérité du monde.

Initier, c’est faire mourir. C’est une sortie du monde, franchir une porte donnant accès ailleurs. Initier, c’est aussi entrer, introduire. L’initié est celui qui franchit le voile du profane au sacré, et il va d’un monde à l’autre. Il change de niveau et se métamorphose. Et c’est la naissance d’un être nouveau. Tout en vivant encore dans le monde profane – auquel il ne cesse d’appartenir – l’initié pénètre dans l’éternité. L’immortalité n’appartient pas à la condition post-mortem, mais elle se forme dans le temps, et elle est le fruit de la mort initiatique. L’initiation préfigure la mort physique, qui est la seule initiation essentielle.

L’initiation est une déconstruction du « petit je », dans l’humilité, la persévérance et la prudence. C’est une désendidentification d’avec l’ego (corps, mental,…) et une identification avec le Soi.

La plus grande difficulté pour répondre à la question : « Qui suis-je ? » est que la réponse ne peut être discursive. Elle ne peut pas être de l’ordre de la parole, ni même du sentiment et du ressenti. Elle n’est pas de l’ordre de l’ego. Il faut aller chercher la vérité, non à l’extérieur, mais à l’intérieur de soi-même, au sommet de la montagne et au fond du puits. Il faut aller au centre : Vitriol (Visita Interiora Terae Rectificando Invenies Occultum Lapidem : Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant, tu trouveras la pierre). La dernière étape est : non pas trouver une réponse, mais simplement être. « Toi, tu es Cela ».

Nous existons sur deux plans différents, celui de la temporalité et celui de l’éternité, et ces deux plans ne font qu’Un.

« Connais-toi toi-même » : Pour parvenir à connaître notre être, il existe une méthode expérimentale, rationnelle, scientifique (l’analyse), et une méthode plus intuitive, harmonique, analogique, artistique (la synthèse). C’est la voie du cœur.

PREMIERE PARTIE : Le SOI

LOGOS

  1. Définitions : Double conception de la vérité, du monde et de l’éternité

La vérité

Du point de vue de l’ego, la vérité est l’adéquation de la chose et de l’intelligence. La vérité est rationnelle et s’exprime par le langage. Elle s’expérimente et se démontre. Du point de vue du Soi, la vérité est mon Etre réel, l’expérimentation du Soi, l’identification avec l’Etre et le témoin. Elle ne s’exprime pas par le langage, elle est hors du champ de la conscience habituelle (éveil, rêve, sommeil profond), mais correspond à un quatrième état. On ne peut mettre l’autre que sur la voie, et l’expérimenter soi-même. Lorsque Ponce Pilate interroge Jésus : « Qu’est-ce la vérité ? », Celui-ci répond par le silence. Cela signifie que dans ce sens, la vérité ne s’exprime pas par des mots, mais s’expérimente et se vit.

Le monde :

Du point de vue de l’ego, le monde est l’ensemble des choses, des objets, opposés au sujet. Au sens ex-istentiel (hors de l’être), le corps fait partie des objets, mais l’âme de l’homme occupe une place privilégiée : L’homme a une « raison » (logos), qui « pense » le monde. Du point de vue du Soi, l’homme appartient au cosmos, à côté des minéraux, des plantes et des animaux, dont il est une espèce parmi d’autres. –

L’éternité

Du point de vue de l’ego, l’éternité est un temps sans commencement ni fin, une ligne infinie des deux côtés, dont le « petit je » n’occupe qu’un infime segment. Du point de vue du Soi, l’éternité est hors du temps et de l’espace. Toute chose doit avoir un commencement et une fin. Seules deux choses sont infinies : le temps et l'espace. Seul l’univers est éternel. Dans les Définitions, le platonisme donne cette définition de l’Éternel : « Ce qui existe de tout temps, aussi bien autrefois que maintenant, sans être détruit ». [

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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 20:51

La Corde et le Serpent (Première partie)

Méthode :

Univers –Sens –Idées -Mots- Paroles. Lorsque l’on aborde l’univers, dans lequel je suis compris, interviennent successivement les cinq sens, qui traduisent les impressions en idées, elles-mêmes deviennent des mots, puis des paroles. Et ce sont là au moins quatre sources d’erreurs, d’illusions et de mensonges.

Comenius dit que :

« L'objet, l'idée de l'objet et le mot sont des notions corrélatives, liées par des rapports mutuels, car les idées (les concepts) sont les images, les reflets d'objets dans notre conscience, alors que les mots reflètent les idées.

D'où il ressort, de toute nécessité, qu'on doit, tout d'abord, montrer aux hommes des choses (des objets) afin que, les regardant, ils se créent des représentations (des idées) de ces choses et apprennent, par la suite, à nommer ce qu'ils saisissent.

Et toujours, il faut que ces trois entités, a) l'objet ; b) l'idée ; et c) la parole, aillent ensemble. Et encore, que d'abord l'objet soit présenté, que sa présentation soit suivie d'une explication qui nous permette de nous en faire une idée juste, et qu'enfin l’objet reçoive un nom. »

Comment retrouver l’Univers au bout de cette chaîne ? Comment exprimer la Vérité de l’univers. Un moyen pour se rapprocher d’une expression la plus proche possible de la vérité de l’univers est sans doute d’utiliser des images.

Comenius : Comprendre les choses isolément (comme on le voit couramment) a quelque chose de fragmentaire ; mais comprendre l'harmonie des choses, leurs rapports et interdépendances – voilà ce qui répand dans l'esprit une lumière vive dont tout est éclairé. »

Le jeu est le miroir de la réalité. Shiva – le Tout – à la fois crée, maintient et détruit, mais demeure éternellement. Shiva danse : la danse naît, se développe et meure.

PREAMBULE :

A) Au niveau collectif de la Loge : Egoïsme

La maladie, la vieillesse et la mort

En creux à cette sentence, par expérience, ce que nous vivons, les uns et les autres, étant donné notre âge, c’est la maladie, la vieillesse et bientôt, sans aucun doute, la mort. Cela aussi, selon un pont de vue, est la vérité du monde, en tout cas de notre monde. Et cette vérité-là est temporelle, car elle appartient au temps. Entre l’Eternité et le Temps, la thèse est la suivante : Si nous manifestons l’une et l’autre, par le Soi et par l’ego, il en résulte deux façons d’appréhender le rite écossais ancien et accepté, selon que, au niveau de la Loge, ou au niveau individuel, nous donnons la priorité, soit à l’éternel, soit au temporel.

Ainsi, chaque loge peut être, soit un égrégore, où trône le Soi, soit une association qui est un bal des ego.

Je ne vous raconterais pas d’histoires : comme vous, j’ai un corps, un mental une ego. Comme vous, ce corps est né, et je sais qu’il va mourir. C’est la ligne horizontale du Temps, qui va de la naissance à la mort du corps. L’initiation permet d’ouvrir à la Réalité : la ligne verticale, principe éternel, hors du temps et de l’espace, le Soi.

Quand les disciples du sage indien, Ramana Maharshi, ont appris qu’il allait mourir, ils l’ont supplié de rester encore un peu avec lui. Sa réponse a été : « Mais où voulez-vous que j’aille ? » Le malentendu entre le maître et ses disciples provenait du fait que ces derniers confondaient le corps du maître, appelé à disparaître, et le Soi universel. La question est : à qui le « Je Suis » va-t-il s’identifier, au corps ou au Soi ?

1) On peut imaginer deux cas :

D’un côté, une loge qui se préoccupe de ses membres les plus âgés, ainsi que des membres malades (Alzheimer, impotence, etc.). Cette loges, chaque année, a minima, adresse un courrier à ces membres absents, courrier accompagné d’une revue maçonnique. Et parfois, la loge pousse l’amour fraternel jusqu’à organiser le transport de ces frères, éloignés par l’âge ou la maladie, pour les faire venir au moins une fois l’an, à une tenue, afin de présenter ces membres méritants aux plus jeunes frères et aux dernières recrues, ceci permettant de perpétuer leur mémoire et de maintenir un lien chaleureux, ceci par delà l’âge et la maladie.

D’un autre côté, il y a la loge qui a coupé les ponts avec ses frères les plus anciens, les considérant comme inutiles, et même une charge pesante pour la loge. Les membres de cette loge là se jugent eux-mêmes, et par leur comportement indécent, ils dévoilent, par delà l’hypocrisie, leurs conceptions réelles de l’idéal maçonnique et des relations fraternelles qui devraient souder des frères initiés.

La sentence : « La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité » renvoie directement au comportement des frères de la première loge, et s’oppose frontalement au comportement des frères de la seconde loge. C’est ce que je vais démontrer dans mon travail de ce jour. C’est ce que l’on peut appeler les deux voies du rite écossais ancien et accepter. Dans le premier cas, les frères font l’effort d’appliquer l’idéal maçonnique, même s’il cause quelques tracas : il ont su créer un égrégore fraternel, qui a un cœur, l’amour fraternel, et une colonne vertébrale, la Règle. Cette loge conserve la mémoire des frères absents et sait perpétuer le lien fraternel. Dans le second cas, la « franc-maçonnerie » est un miroir aux alouettes, sans cœur et sans colonne vertébrale, une simple association de services profane, sûrement pas une loge maçonnique au sens plein du terme.

2) Dans la question qui est posée, chaque mot a son importance, et il est demandé qu’est-ce qu’INSPIRE cette sentence : « La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité ». L’inspiration est le « mouvement intérieur, l’impulsion qui porte à faire, à suggérer ou à conseiller quelque action », et cette faculté se trouve entre l’intuition et l’illumination. Il convient de faire en sorte de toujours être guidé par la raison et l’expérience personnelle, mais le terme d’inspiration laisse une très grande liberté pour traiter le sujet.

La première voie du rite écossais ancien et accepté est « La vérité du monde est temporel (la maladie, la vieillesse et la mort), et vient du Temps ».

La seconde voie du rite écossais ancien et accepté est : « La vérité du monde est éternelle et vient de l’Eternité ».

B) Au niveau individuel du franc-maçon : Vanité

Travail sur soi et appétit de « différences » des Hauts grades. Les Frères voient. Et jugent.

INTRODUCTION : La corde et le serpent

Dans une histoire traditionnelle, un homme voit une corde, au crépuscule, dans la pénombre, et, la prenant pour un serpent, est effrayé sans raison. Il s’agit d’une illusion. Le substrat du serpent, c’est la corde. Tant que dure cette perception illusoire, la corde n’est pas perçue en tant que telle. Ainsi, l’illusion a une part de vérité, et la réaction de peur de la personne est vraie aussi.

Il en est de même du monde et de la vérité du monde. Le monde est perçu comme espace, temps et causalité. Il est notamment, maladie, vieillesse et mort. Mais, selon la sentence, cela est illusion. Le substrat du monde est éternel, et il s’agit de l’Eternité. C’est la vérité du monde. Lorsque le monde cesse d’être perçu comme espace-temps, perception illusoire, on perçoit enfin sa vérité : c’est l’Eternité. L’Eternité est la nature et le substrat du monde. Si je perçois cette réalité, alors cesse la peur (peur de vivre et peur de mourir).

Le substrat, ou vérité, du serpent, c’est la corde. Tout comme le substrat, la vérité du monde espace-temps, c’est l’Eternité. Un constat : le serpent et la corde sont un seul et même monde, et non deux mondes séparés. Ce qui change d’un aspect à l’autre, c’est mon regard, ma vision du monde.

Pourtant, les religions séparent les deux mondes : terre/ciel, Elohim, homme d’en haut/ Adam, homme d’en bas, etc.

De même, de nombreux philosophes séparent les deux mondes, comme s’il s’agissait de deux mondes différents : phénomènes/noumènes, monde d’ici-bas/ monde d’au-delà, mondes des illusions/ monde des archétypes, etc.

Le monde est comme cette image qui, selon la façon dont on la regarde, peut aussi bien représenter une sorcière qu’une jolie fille. Il s’agit donc de vision et de regard.

Je vous propose l’expérience suivante : Le serpent représente le Temps, car il a un début et une fin. Il a une certaine « réalité ». Mais la corde est là avant, et elle sera encore là après : c’est la Réalité, sans commencement, ni fin, c’est l’Eternité. En conséquence, en faisant l’une et l’autre expérience, vous avez fait l’expérience du Temps et de l’Eternité, c’est-à-dire des deux voies du rite écossais ancien et accepté.

Ramana Maharshi : « Vous n’avez pas d’autre alternative que de reconnaître le monde comme imaginaire, si vous recherchez la vérité et rein que la vérité. Pour la simple raison que tant que vous n’aurez pas abandonné l’idée que le monde st réel, vous serez toujours à sa recherche. Si vous prenez l’apparence pour la réalité, vous ne connaîtrez jamais la véritable réalité, alors que pourtant cette réalité seule existe. Ce point est illustré par l’analogie du serpent et de la corde. Vous pouvez avoir l’illusion qu’un bout de corde est un serpent. Tant que vous pensez que la corde est un serpent, vous ne pouvez pas voir la corde en tant que telle. Le serpent illusoire, non-existant, devient pour vous une réalité, tandis que c’est la corde qui paraît entièrement non-existante. »

La vérité est cachée : il faut la découvrir.

Pour voir la corde, il est nécessaire d’effectuer une recherche, une investigation. Une image, un miroir, ne suffisent pas. Même dans le miroir (reflet du réel), c’est le serpent qui peut apparaître et non son substrat.

Le contraire de la sentence :

  • Il n’y a pas de vérité du monde. Le monde n’est pas fondé sur la vérité. « Le monde st sans Dieu, disent-ils, il n’est pas vrai, pas fondé sur la vérité, il est causé par une union mutuelle avec, pour cause unique, le désir, il est un monde de hasard. » (La Bhagavad-Gîtâ, XVI-8).
  • Il est fondé sur autre chose que l’éternité.
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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 16:06

Quel est l’avenir du monde : Socialisme ou barbarie ? Eusebio Ferrari ou Steeve Briois ? Jean Burger « Mario » ou Fabien Engelmann ? La classe ouvrière face aux élections bourgeoises. (Sixième partie)

Nous voici de retour à la situation des classes sociales en 1945 : se contenter de se mettre sous la direction de la bourgeoisie, en acceptant le jeu électoral, c’est le maintien du capitalisme en l’état pour les soixante dix prochaines années.

Sans doute, la lutte des classes a toujours été au centre de la société française. Malgré divers mouvements de révolte, (Mai 1968, violences urbaines de 2005,…), la lutte de classes était masquée par un capitalisme florissant, capable de partager les miettes avec les plus pauvres (Trente années glorieuses), ou une classe politique unie sur l’essentiel, le maintien des institutions de la V° République, dont notamment la trahison ouverte du Parti « Communiste » Français (Quarante années piteuses). L’approfondissement de la crise économique et sociale depuis 2008 ouvre une nouvelle période historique, avec la mise au cœur de la société française d’une lutte des classes ouverte, qui cherche un débouché : la révolution prolétarienne. La manifestation la plus visible de cela sont :

  • La réapparition de deux fractions opposées de la classe bourgeoise, le fascisme, et le républicanisme bourgeois (représentés respectivement, en 1940, par Philippe Pétain et Charles de Gaulle, et aujourd’hui, par l’UMPS et le Front National) ; ce n’est pas un hasard si le Parti Socialiste de Lorraine envisage de fusionner une liste commune avec l’UMP pour les élections régionales de 2015, face au danger frontiste !

Il n’est pas difficile de comprendre les divers accords électoraux entre l’UMP et le Parti Socialiste : il s’agit de collusion entre bourgeois, au nom du front « républicain » bourgeois pour se répartir les places. Que penser d’un élu UMP, élu avec les voix du Parti Socialiste ? N’est-ce pas une ligne politique fantaisiste qui en résulte ? Le seul objectif est bien de préserver le vieux système. En tout cas, si les masses populaires doivent apporter leurs suffrages aux élus de l’UMPS face aux élus du Front national, cela doit être en échange d’avantages en nature tangibles (pouvoir d’achat, baisse d’impôts, etc.) !

Tous les élus socialistes gagnants lors des élections départementales de 2015 le sont grâce au front républicain bourgeois. Les duels classiques droite/gauche, ont souvent été perdus par les « socialistes ». Le front des républicains bourgeois a toujours été le front des nantis.

La difficulté de mettre en œuvre les anciennes formules pour régler la contradiction principale entre bourgeoisie et prolétariat, dont les élections à tout crin et à tous les niveaux, est de plus en plus manifeste. Les masses populaires et les classes moyennes désertent de manière durable les urnes. L’abstention est un désaveu de toute l’ancienne classe des élus bourgeois. Il reste au prolétariat à franchir un pas de plus : seul leur intervention directe dans les affaires publiques, et le renversement de l’Etat ancien, est susceptible d’apporter une solution durable aux diverses contradictions (Chômage, extension de la pauvreté, écocide,…). Outre les abstentionnistes, de nombreux électeurs du Parti Socialiste, qui s’imaginent que ce parti contient encore dans sa ligne politique une once de véritable socialisme, mais aussi de nombreux électeurs du Front national, attirés par l’aspect socialisme de la ligne sociale du national-socialisme, aspirent à des solutions socialistes ! Le mécontentement et le besoin de démocratie populaire et réelle recherchent la seule expression possible : la révolution socialiste et le renversement de l’Etat ancien.

  • La mise sur le devant de la scène de formules de remplacement, comme la VI° République, par tous les trotskystes et révisionnistes, et tous les aventuriers prêts à se mettre à la solde des privilégiés, cinquième colonne de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière.

Les élus politiques ont-ils pris la mesure du besoin de changement ? Ils sont resté en retrait par rapport aux souhaits populaires et restent sur des formules du passé, comme « le retour de la croissance, l’inversion de la courbe du chômage, etc. ». C’est là un pari sur l’évolution cyclique de l’économie ; si ces réformettes sont acceptées, c’est la certitude du maintien des privilégiés bourgeois aux postes de commande, et l’augmentation de la pauvreté et de la précarité pour le grand nombre.

La déconnection entre les élus et la réalité sociale est complète. Alors que le ventilateur (l’ancienne société) ne dispose plus d’énergie, il continue de tourner : à peine terminé le cirque électoral des élections départementales, pour occuper les esprits, les médias mettent en route les mises en scènes des élections régionales, en décembre 2015, et des élections présidentielles, en 2017. Comme si de telles formules avaient jusqu’à présent apporté des réponses aux diverses contradictions, dont la plus exacerbée est l’augmentation à la fois des bourgeois les plus riches et du grand nombre des dépossédés ! Comme si le changement de président de la République allait changer quoi que ce soit dans la vie quotidienne du peuple !

Ce n’est pas le gouvernement, ou les élus, qui créent de la déception. Ce qui impliquerait qu’il suffit de remplacer le gouvernement, ou les élus : c’est là une illusion entretenue par les révisionnistes et les trotskystes. Ce qui crée la déception, c’est le vieux système : c’est donc bien celui-ci qu’il convient de détruire. Le gouvernement et les élus ne sont que les piliers du vieux système.

L’apparition, en pleine lumière du fascisme, est une résurgence de la lutte de classe ouverte. Ne nous y trompons pas ! Lors du conflit entre Charles de Gaulle et Philippe Pétain, entre 1940 et 1945, il est possible de distinguer les diverses fractions bourgeoises :

  • Ceux qui sont demeurés fidèles soit à la tendance de Philippe Pétain (comme Jean marie Le Pen), ou soit à la tendance gaulliste ;
  • Ceux qui sont passés d’un camp à l’autre, comme par exemple François Mitterrand, qui, après l’échec prévisible du fascisme à partir de 1943, passe dans le camp de la bourgeoisie républicaine.

Le camp communiste et ouvrier n’a pas su garder son autonomie, et a été berné, par opportunisme (Maurice Thorez) par de Gaulle.

L’avenir dira si certains représentants bourgeois demeureront fidèles aux principes de la république bourgeoise, y compris lorsque les forces populaires, dirigées par le parti du prolétariat, prendront le dessus.

S’allier tactiquement avec l’une ou l’autre fraction, lors du processus révolutionnaire, est possible, sous réserve que les forces populaires conservent leur autonomie, et deviennent pas une force d’appoint d’une ou l’autre fraction bourgeoise.

Si une fraction bourgeoise républicaine est véritablement prête à entamer une lutte sans merci contre le fascisme, elle doit le démontrer en s’adjoignant les forces populaires, et pour ce faire, elle doit accroître les forces démocratiques et économiques du peuple (démocratie populaire, création d’emploi, lutte contre les dérives du capitalisme de toutes sorte : fuites des capitaux, etc.).

La bourgeoisie républicaine, pour vaincre le fascisme, a besoin du peuple ; si elle ne veut pas être vaincue, elle doit « lâcher du lest », et donner diverses satisfactions politiques et économiques aux masses populaires (pouvoir d’achat, etc.). Mais il faut aussi tenir compte de la communauté d’intérêts de la classe bourgeoise dans son ensemble, et si celle-ci se sent en péril, rien ne l’empêchera de se réfugier derrière une option fasciste. Cette option fasciste sera le prélude au socialisme ! Mais sans doute après une lutte violente, implacable, sans pitié !

Jean Marie Le Pen incarne ouvertement la stratégie fasciste, ligne politique que Marine Marion Le Pen incarne au niveau tactique. Ce que le Front National peut reprocher à Jean Marie Le Pen, c’est d’exposer aux regards de toute la population, la stratégie fasciste. Mais pourquoi prendre les citoyens pour des imbéciles ? Au mieux la majorité du peuple peut prendre le Front National comme une épine pour extraire l’autre épine, l’UMPS, et mettre les deux épines « au feu ». Rappelons les diverses citations de Jean marie Le Pen :

Les citations du Petit Livre Brun :

"Le sidaïque [...] est contagieux par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C'est une espèce de lépreux." (1987) "Monsieur Durafour-crématoire, merci de cet aveu." (2 septembre 1988) "La première usine qu’il faut faire en France, c’est une usine à couilles !" (2012) "Mon personnel de maison est noir, mon cuisinier est noir [...] que faut-il que je fasse ? Que je me marie avec un noir, homosexuel et sidaïque ?" (21 avril 2002) "Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale." (13 septembre 1987) "Hiroshima est un détail de l'histoire aérienne de la guerre" (18 septembre 1987) "Je vais te faire courir moi tu vas voir, rouquin...PD!" (1997) "La Déclaration des droits de l'Homme marque le début de la décadence de la France" (26 août 1989) "Oui, je crois en l'inégalité des races. Aux Jeux olympiques, il y a une évidente inégalité entre la race noire et la race blanche, c'est un fait. Je constate que les races sont inégales." (9 septembre 1996) "Le bobo est plutôt de gauche et il est plutôt poilu de la gueule. C'est la mode musulmane ça, d'être poilu de la gueule. Comme ça, ça vous fait prendre pour un FLN." (17 avril 2012) "Un homme qui ne boit pas de vin n'est pas tout à fait respectable, selon moi." (29 juillet 2011) "Savez-vous que le prénom du petit-fils de Sarkozy est Solal, ce qui ne relève pas d'une franche assimilation de sa famille à la société française, et que Mohammed est le prénom le plus donné aux nouveau-nés à Marseille ?" (2010) "Il faut qu'il y ait une autorité, et nous pensons que l'autorité la plus qualifiée dans un ménage est celle de l'homme" (1979) "Le général De Gaulle était-il plus courageux que ne l'était le Maréchal en zone occupée ? Ce n'est pas sûr." (1996) "L'homosexualité n'est pas un délit, mais elle constitue une anomalie biologique et sociale." (13 février 1984) L'immigration ? "Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois." (20 mai 2014) "Je comprends tout à fait qu'on mette en cause la démocratie, qu'on la combatte." (8 avril 2015) "Je n’ai jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître." (8 avril 2015)

La bourgeoisie allemande la plus agressive avait peur de perdre ses privilèges : c’est pourquoi elle a choisi l’option nationale-socialiste. D’où le choix du nationalisme et de l’antisémitisme, contre le « judéo bolchevisme ». Demain, si la bourgeoisie française la plus agressive voit remis en cause ses privilèges, elle n’hésitera pas à porter le Front National au pouvoir, avec ou sans les petits-bourgeois Le Pen et à prôner le nationalisme, « social » ou pas, avec le racisme et l’antisémitisme. C’est pourquoi il est important de surveiller la liaison entre l’extrême droite et la haute finance. A voir aussi les pans entiers de la bourgeoisie républicaine, de droite ou de gauche, qui adoptent les idées fascistes et toutes les mesures liberticides !

Depuis 1945, rien n’a fondamentalement changé : après 70 ans, dont les « Trente Glorieuses » et les « Quarante Piteuses », la situation s’est même aggravée ! D’une situation économique anarchique (pas de collectivisation des moyens de production) et d’une répartition de plus en plus inégale des richesses produites, résultent de plus en plus de très riches, minoritaires et de très pauvres, majoritaires. En conséquence, que peut-on tirer comme enseignements du passé, en sachant quand même qu’aucune époque n’est semblable aux époques précédentes ? Les privilégiés ont toujours manié la carotte (répartir les richesses pendant les périodes fastes : alors « égalité des chances », « égalité des sexes », etc.), et le bâton (recours au régime autoritaire lorsque les profits ne peuvent plus être répartis : alors baisse du pouvoir d’achat de la masse des gens, misogynie, racisme etc.). Etant dans une période sombre, la société française entre dans ce nouveau cycle. Cependant, les anciennes solutions pourront-elles être adoptées ? La violence est utilisée sans vergogne : génocide au Rwanda, 200 000 morts en Irak, autant en Syrie, désorganisation en Libye, guerre au Mali pour préserver les intérêts des monopoles, meurtres barbares de Daesch, sans trop émouvoir la communauté internationale, ou l’ONU, etc. Un nouvel holocauste est-il possible en France (contre les personne d’origine arabe, les roms, les juifs,…) ? En tout cas, beaucoup ne pourront pas dire qu’ils ne savent pas, ceci grâce à Internet, les téléphones portables, la surveillance électronique, etc. Rappelons qu’il a fallu attendre les années 1970 pour démontrer la participation du régime de Vichy au génocide juif, élément cependant subodoré. Imaginons les victimes filmant elles-mêmes leur calvaire ! Donc il y a des points communs et de grandes différences néanmoins entre les années 1930, et l’époque actuelle !

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 10:35

Quel est l’avenir du monde : Socialisme ou barbarie ? Eusebio Ferrari ou Steeve Briois ? Jean Burger « Mario » ou Fabien Engelmann ? La classe ouvrière face aux élections bourgeoises. (Cinquième partie)

Après 70 années de règne de la bourgeoisie, dont trente années « glorieuses » et quarante année « piteuses », l’émergence du Front National permet, pour ainsi dire, de renouer avec la période de 1940-1945 : alors, la bourgeoisie était représentée aussi par deux partis politiques, l’un « républicain », dit « le glaive », le gaullisme, l’autre « fasciste », dit « le bouclier », le pétainisme. Alors que les représentant de cette génération ont mis (ou vont mettre) le pied dans le cercueil, il est étonnant que ces deux forces soient ressuscitées avec l’UMPS et le Front National.

Quel doit être l’attitude du parti communiste ? Sans aucun doute, le niveau de danger n’est pas le même entre les deux composantes, UMPS et FN. Le fascisme représente une fraction bourgeoise plus agressive. L’UMPS maintient encore l’illusion de la « démocratie » : mais il ne faut pas oublier que les éléments économiques ont bien avancés, et nous sommes à un stade de l’impérialisme français, où règne les monopoles. C’est dire que la tendance de la bourgeoisie est de plus en plus de s’asseoir sur les exigences démocratiques des masses : la meilleure illustration est le référendum européen de 2005. Lorsque le résultat d’une élection ne convient pas, il suffit de ne pas en tenir compte. Un autre exemple : le peu de considération dans lesquelles sont tenus les députés : par exemple, les « frondeurs » ont beau aboyer, ils sont tellement tenus en laisse qu’ils n’oseront jamais mordre.

Par ailleurs, à moyen terme, le seul moyen de régler le chaos économique, capitaliste, le chômage, l’immigration, etc. c’est le socialisme.

Cependant, pour la classe ouvrière, le seul moyen de s’émanciper, c’est d’acquérir l’autonomie et de se doter d’un parti communiste. Aujourd’hui, c’est une erreur de soi-disant s’allier avec l’UMPS contre le Front National. L’alliance n’est possible que sur un niveau tactique, avec une fraction de la bourgeoisie pour affaiblir l’autre fraction.

Si la lutte de classe reprend son avancée ouverte, cependant le contexte a quelque peu évolué. L’impérialisme français a considérablement progressé, nous rapprochant encore plus vers une « sortie » du capitalisme, vers le socialisme, en réunissant toutes les conditions objectives. Pour bien saisir le nouveau cadre, prenions deux exemples.

Premier exemple : Internet. Imaginons Philippe Pétain et Internet, ou bien Hitler et Internet. Que ce serait-il passé, si le monde entier avait pris connaissance, en temps réel, des diverses exactions fascistes ? Il n’y a qu’à observer les réactions du peuple américain face au meurtre d’une personne de couleur noire, par un policier raciste, lorsque la scène est filmée ! Il est certain, que, dans l’avenir, plus d’un policier fasciste va retenir son bras, dans la craint d’être filmé !

Deuxième exemple : les leçons de l’Histoire. Il est certain que ceux qui choisissent aujourd’hui une option fasciste ne peuvent ignorer les leçons de l’Histoire. S’ils répètent une seconde fois, les mêmes prévarications, les « bonnes gens » n’auront pas l’excuse de dire « Nous ne savions pas ! ».

Si le peuple français aspire à changer le vieux système, il est certain qu’aujourd’hui, dans la grande majorité, il ne choisit pas la solution fasciste : le taux d’abstention eaux diverses élections en est la preuve. La situation actuelle est la suivante : détruire l’ancien système, mais sans avoir encore conscience du nouveau système à mettre en place. Sans doute, le fascisme peut profiter d’une opportunité (guerre extérieure, comme en 1940, coup d’Etat, ou guerre civile), pour prendre le pouvoir. Même par l’entremise des élections, comme Hitler, en 1933. Mais alors il n’aura aucune légitimité, et surtout, il ne pourra proposer aucune solution crédible, à long terme. C’est pourquoi le fascisme peut dominer cinq années, cinquante années, ou plus, le capitalisme est condamné à terme : qu’est-ce un siècle, au regard de l’Histoire ? Ce qui devrait faire réfléchir tous les dictateurs en herbe, ce sont les exemples chiliens et argentins : souvent, encore vivants, ils se font rattraper par la justice, simplement bourgeoise de leur pays. Que ce serait-il passé, avec Pinochet, et Internet ? Les fascistes de Daesch, Etat Islamique, auront disparu depuis longtemps de la surface de la terre, que leurs pérégrinations, sur Internet, continueront de circuler, pour la plus grande éducation des générations futures ! Imaginons des salles de torture, filmées, et mises sur Internet ! Même les pires déchets humains, comme Kadhafi et Saddam Hussein ne pourront survivre longtemps à de telles images ! C’est peu de dire que la classe bourgeoise, grâce au progrès technologique, creuse sa propre tombe. Car si la tendance fasciste, mise en pleine lumière, est insupportable, il en est de même de la variante libérale. Comment supporter l’étalage de la vie quotidienne bourgeoise, non seulement sur Internet, mais encore sur les écrans de télévision, sans avoir une envie irrépressible de mettre à bas le vieux système ? Ainsi, les princesses de Monaco ont le beau rôle lorsqu’elles s’étalent dans des tabloïds complices et font rêver ? Mais que penser d’une publicité quotidienne, qui étale les bourrelés les plus nauséabonds, d’une vie quotidienne ? L’image immédiate ne permet pas toujours à l’idéologie dominante de construire autour d’elle une « histoire » capable d’embobiner le spectateur. L’image, parfois, parle d’elle-même !

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 10:38

Quel est l’avenir du monde : Socialisme ou barbarie ? Eusebio Ferrari ou Steeve Briois ? Jean Burger « Mario » ou Fabien Engelmann ? La classe ouvrière face aux élections bourgeoises. (Quatrième partie)

Le fascisme, danger principal !

De l’autre côté, le Front National, parti fasciste, raciste et antisémite. Son idéologie est le nationalisme, c’est-à-dire la collaboration des classes sous la direction des bourgeois et du patronat. Ce parti, à peine présent sur la scène électorale, a déjà tous les défauts d’un parti de notables : cumul des mandats et des indemnités, népotisme, etc.

S’il est besoin de démontrer son caractère conservateur (maintien du système existant), il suffit de rappeler que le Front National ne remet pas en cause les règles de la « démocratie » bourgeoise. Par exemple, un des notables du Front National, Florian Philippot, parachuté en Moselle, technocrate de Paris et eurocrate à Bruxelles, cumulard de chez cumulard, n’est pas Mosellan de souche. "Philippot serait l'amant de M. Rebsamen, éventuellement, cela poserait problème" s'est exclamé Jean-Marie Le Pen, en 2014. "L'homosexualité n'est pas un délit, mais constitue une anomalie biologique et sociale" répondait Jean Marie Le Pen dans "L'heure de vérité", en 1984.

Si l’homosexualité, comme l’hétérosexualité, sont des réalités tout aussi dignes et honorables, ce qu’il convient de constater, est que les différents cadres du Front National qui font leur « coming out », partagent les acquis de l’évolution des mœurs, dont ceux de mai 1968, mais le parti souhaite mettre ces acquis en cause. Si du point de vue stratégique, le Front National représente la fraction la plus agressive de la classe bourgeoise, donc, le pilier ultime du système, du point de vue tactique, sa ligne politique, en raison d’un système électoral qui a pour objet de désigner les membres de l’élite chargés de nous gouverner, est « attrape-tout ». Il en résulte de nombreuses incohérences : on peut parler d’une pluralité de Fronts fascistes, du point de vue tactique, mais un seul Front fasciste, du point de vue stratégique : le maintien au pouvoir de la fraction la plus agressive de la bourgeoisie, par les moyens de la guerre civile (voir la Commune de Paris de 1871), ou de la guerre extérieure (le pétainisme) si besoin. A quand « la nuit des longs couteaux » pour éliminer les intrus les plus déviants par rapport aux valeurs conservatrices bourgeoises ?

Prenons l’exemple de l’élection du maire Front National, Fabien Engelmann, à Hayange. Sur un total d’inscrits de 11979 électeurs, Fabien Engelmann est élu avec 2290 voix au second tour, soit 19,1 % des électeurs inscrits (dont près de la moitié a refusé de participer au scrutin). En conséquence, 2 habitants sur 10 ont envoyé à la mairie de Hayange une majorité de 23 élus sur un total de 33 élus. Il en résulte que chaque élu frontiste représente environ 100 voix, et chacun des 10 élus de l’opposition représente 431 voix. Comme par ailleurs, trois élus frontistes se sont brouillés avec le maire, le Front National ne représente plus que 1991 habitants. Cela signifie donc qu’un comité d’habitants regroupant plus de 2000 habitants (ou une pétition) a autant et plus de légitimité démocratique que le pseudo conseil municipal censé représenter la commune dans son ensemble. Et si l’on observe chaque élection, quel qu’en soit le niveau, national ou local, la conclusion est la même : il n’y a aucune légitimité pour représenter la majorité. La majorité des habitants de Hayange est d’environ 6000 habitants : il en résulte que le maire, s’il veut respecter un esprit démocratique, devrait prendre les délibérations, dont les plus importantes, à l’unanimité des suffrages du conseil municipal : ce devrait être le cas notamment des délibérations relatives au budget et aux impôts locaux. Au lieu de cela, une fois élu, même avec une extrême minorité des voix, l’élu se considère comme représentant tous les électeurs, et refuse d’être démis, même s’il n’applique pas le programme pour lequel il a été élu. Ainsi, par exemple, le président de la République, comme tout maire, une fois élu par une minorité des électeurs inscrits sur les listes électorales, demande à être jugé à la fin de son mandat !

La bourgeoisie, sans vergogne, remet en cause les principes démocratiques, comme par exemple « un homme, une voix ». A considérer le résultat des élections municipales d’Hayange, en 2014, chaque élu frontiste représente 100 voix, alors que le candidat de l’opposition, à lui seul représente 643 voix. Et il en est ainsi de toutes les élections ! Si le système était réformé, pour revenir à des conceptions réellement démocratiques, ce serait la fin du système capitaliste. Mais c’est là une conception utopique qui suppose que les privilégiés acceptent de céder le pouvoir, ou même une parcelle de pouvoir, de façon pacifique. Cela n’a jamais été le cas dans l’histoire, contrairement à ce que veut nous faire croire Jean Luc Mélenchon avec son passage à une VI° République rénovée !

Que dire de l’élection municipale d’Hénin-Beaumont, en 2014 ?

Sans doute, ce qui va de soi, c’est de considérer que cette élection est « démocratique » ; Que le système mis en place est le meilleur des systèmes. Que ce système est appliqué à la satisfaction générale depuis de nombreuses années.

Mais si on se place du point de vue des principes de la démocratie, par exemple, « un homme, une voix » ? Que penser de la démocratie « représentative » ? N’est-ce pas un déni de la démocratie ? Mais il s’agit là d’un système inique et antidémocratique.

A Hénin-Beaumont, le nombre d’électeurs inscrits est de 19048. Au premier tour des élections municipales de 2014, si l’on applique le principe « un homme, une voix », sur un total de 35 élus du conseil municipal, chaque élu devrait représenter 544 citoyens.

Or, il y a 6744 abstentions, et 354 votes blancs ou nuls. Cela signifie que les citoyens qui estiment qu’aucune offre politique ne correspond à leurs besoins représentent un électeur sur deux. Ces citoyens, qui composent le premier parti d’Hénin-Beaumont, ne sont pas représentés au niveau d la commune. Ils sont « invisibles » et inexistants.

La liste Front National représente 6006 voix, soit 31,53 % des électeurs, et récupèrent 28 élus. Chaque élu représente donc 215 voix. La liste Union de la Gauche représente 3829 voix, et recueille 6 élus : chaque élu représente donc 638 voix. Gérard Dalongeville, élu, représente 1167 voix. La représentation des habitants d’Hénin-Beaumont est encore plus inique concernant la communauté de communes.

La justification serait d’affirmer que le système existe, et donc qu’il est juste. Mais si l’on a tant soit peu l’esprit véritablement démocratique, la majorité des citoyens représente 9524 personnes, ou électeurs. Et au niveau des textes de la V° République, si tant est que le maire Steeve Briois a la fibre démocratique, rien n’empêche d’adopter les délibérations, au moins les plus importantes (budget, impôts,…), par un nombre de représentants, ou élus, totalisant la majorité, soit 9524 voix. Cela signifie qu’un compromis soit passé entre les élus du conseil municipal, afin de représenter a minima, ce nombre d’électeurs !

Au lieu de cela, Steeve Briois, comme les élus du vieux système, l’UMPS, se braque sur son élection par une minorité, et, de façon tout à fait illégitime, estime avoir « droit » à un mandat de « seigneur » et de « petit prince » d’Hénin-Beaumont, pendant une durée de six années ! Mais quelle légitimité a-t-il alors que 13042 électeurs, soit 68,47 % du total de la liste électorale, n’ont pas voté pour lui ? Décidément, cette pseudo démocratie est bonne fille !

D’un point de vue tactique, le Front National a encore de beaux jours devant lui, car il est de fait devenu le premier parti de Moselle. C’est dire que le fascisme, le racisme et l’antisémitisme vont encore se développer. Par contre, on peut être raisonnablement optimiste, d’un point de vue stratégique, et si vous me demandez, quel est l’avenir du monde, le socialisme ou la barbarie, avec d’un côté Eusebio Ferrari, vrai patriote résistant communiste, abattu par la gendarmerie française à Anzin le 18 février 1942, combattant antifasciste, ou bien de l’autre côté, Steeve Briois et Fabien Engelmann, respectivement maires Front National de Hénin-beaumont et de Hayange, on peut répondre sans hésiter : le combattant antifasciste ! Le socialisme ou la barbarie, avec d’un côté, Jean Burger, alias « Mario », résistant communiste transféré au fort de Queuleu à Metz, puis à Dachau et à Auschwitz, mort au camp de Dora le 3 avril 1945, et de l’autre côté, Fabien Engelmann : le choix se porte sans conteste sur le patriote, internationaliste prolétarien et lutteur contre le fascisme ! Face au danger fasciste, c’est par milliers que vont surgir les Eusebio Ferrari et Jean Burger !

Selon la période, la bourgeoisie a donc deux fers au feu : une représentation « républicaine » et une représentation fasciste. Il s’agit de deux épines dans la chair du peuple. Le peuple doit se saisir de l’une de ces épines pour extraire l’autre, afin ensuite de jeter les deux épines dans la poubelle de l’Histoire.

Presque tous les élus « socialistes » gagnants aux élections départementales le sont grâce au « front républicain », ou « front fort » comme le disait cyniquement François Mitterrand. Les duels classiques droite/gauche, ont été presque toujours perdus par les « socialistes ». Tant qu’à faire, la montée du Front National a au moins une utilité : elle permet de mettre l’accent sur un système à bout de souffle. En quelque sorte, l’extrême droite a la fonction d’une épine qui sert à retirer une seconde épine enfoncée dans la chair du peuple : le vieux système UMPS. Ensuite il faut jeter les deux épines dans la poubelle de l’histoire.

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 15:34

Quel est l’avenir du monde : Socialisme ou barbarie ? Eusebio Ferrari ou Steeve Briois ? Jean Burger « Mario » ou Fabien Engelmann ? La classe ouvrière face aux élections bourgeoises. (Troisième partie)

L’abstention ! Et après ?

Pour les abstentionnistes, il faut poursuivre la lutte jusqu’à la destruction d’un système inique. La bourgeoisie a défini les règles électorales, et tant que ces règles ne seront pas revues, rien ne changera !

Il est surprenant de constater que les dirigeants des partis EELV, ou Parti de gauche entrent dans cette perspective d’une démocratie formelle bourgeoise, sans vouloir véritablement associer le peuple aux gestions des divers organes de la vie publique.

On a pu constater le mépris des élites bourgeoises par rapport aux nouveaux élus émergeant du Front National : ces élites considèrent avoir seules la technicité suffisante et la compétence nécessaire pour gérer les organisations publiques, et ils considèrent comme intrus toute personne étrangère à ces élites.

C’est ne rien comprendre à la période actuelle où les masses populaires sont mieux éduquées, et ont accès à divers moyens d’information (Internet, etc.) qui conduisent inexorablement à l’obligation de les associer de plus en plus à cette gestion.

Les deux épines.

Quelles sont les forces bourgeoises en présence ?

D’un côté, le Parti socialiste, de plus en plus allié à l’UMP : ils constituent le « front républicain » bourgeois, qui truste tous les postes et essaie de tenir à l’écart tout autre intrus. C’est ce que François Mitterrand appelait le « Front fort ». Le fort taux d’abstention démontre que de moins en moins de citoyens, et en particuliers d’ouvriers, sont dupés par la volonté du Parti socialiste d’instiller ne serait-ce qu’une once de véritable socialisme. Les autres partis, EELV, Parti « communiste » français, Parti de gauche, trotskyste, etc. ne sont que les véhicules balais du social libéralisme. Chaque parti ne défend que ses notables, et aucun ne souhaite instaurer une démocratie populaire. Afin de se sortir du guêpier suivant : être élu par une partie de l’électorat le plus populaire, tout en appliquant une politique des plus libérales au service des monopoles impérialistes (guerres impérialistes, loi Macron, etc.), le Parti socialiste, de façon schizophrénique, veut scinder la politique qu’il applique sur le terrain, d’une part, de la constitution d’une majorité faible, regroupant les élus du Parti socialiste et ce qu’il y a de plus pourri au niveau des frondeurs et des écologistes, d’autre part. Faut-il rappeler qu’au XVII° siècle, les « frondeurs » désignaient les représentants de la classe privilégiée, opposés à la monarchie absolue !

Nombreux sont les scandales relatifs tant au sexe qu’à l’argent qui touchent les caciques du parti (DSK, Cahuzac, etc.), dignes de l’affaire Stavisky, au siècle dernier. Il n’empêche que si le gros loup n’est plus dans la lumière, il reste tous les « petits loups ».

Alors que le Parti Socialiste a tous les pouvoirs, le Front National est le premier parti de France : cela démontre que, comme dans les années 1930, la social-démocratie, représentation de l’idéologie bourgeoise au sein de la classe ouvrière, est bien le frère jumeau du fascisme ! Comme disait Coluche, si le fait de voter changeait quelque chose, il y a longtemps que l’on aurait supprimé le droit de vote. A part se distribuer les places, y compris le Front National, les élus demeurent sourds aux demandes des électeurs.

Une partie des électeurs du PS votent pour ce parti en pensant qu’il est resté socialiste. Or, ceci n’est plus vrai depuis longtemps, au moins depuis 1981 !

Considérer les « socialistes » du Parti Socialiste comme des alliés possibles pour aller vers le socialisme, est un point de vue partagé par les trotskystes et les révisionnistes, faux « communistes » du Parti « Communiste » Français. Considérer les « socialistes » du Parti Socialiste comme des alliés possibles, au niveau tactique, contre l’ennemi principal qu’est le fascisme, est une possibilité. Voici, par exemple, ce que dit le Parti Communiste Français (Marxiste Léniniste Maoïste) sur les membres de la gauche :

« Normalement, les militants, car il s'agit là de militants, tout comme les électeurs de gauche sont plus « disciplinés » que ceux de droite. Ce qui est logique car la culture portée par la gauche est plus liée à la classe ouvrière, un certain nombre des organisations de gauche étant même directement issu de partis sociaux-démocrates ou révisionnistes ; elle porte donc une part importante de culture démocratique et partidaire. Alors que la droite conservatrice porte de manière plus directe la culture individualiste propre au capitalisme, notamment du fait du gaullisme. »

C’est là une erreur qui conduit à maintenir la classe ouvrière à la traîne d’un parti bourgeois, jusqu’à la moelle de ses os. Sans aucun doute, l’objectif principal est d’abord de donner à la classe ouvrière son autonomie par rapport à la class bourgeoise, et donc de lui donner un Parti et une direction communiste. Ensuite, seulement, il est possible, au niveau tactique, de passer des compromis avec certaines couches de la bourgeoisie, sur la voie qui mène à la révolution prolétarienne !

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