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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:48

 

A. Gambier : Franc-maçon. Loge J.-J. Rousseau, Montmorency. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Charles Ferdinand Gambon (1820-1887) : Ex-juge.  Avocat. Elu député à l’Assemblée nationale comme socialiste révolutionnaire le 8 février 1871, il en démissionne le 26 mars à la suite de son élection au Conseil de la Commune. Il fait partie de la commission de la Justice, mais refuse le poste de procureur de la Commune. Le 9 mai 1871, il devient membre du Comité de Salut public. Combat jusqu’à la fin sur les barricades. Condamné à mort par contumace, il rentra en France après l’amnistie. Réélu député de la Nièvre en 1882.

 

Augustine Gamel : Communarde.

 

Capitaine Marie Nicolas Edmond Garcin (1834-1915) : Capitaine d’état-major auprès du général de Cissey. A exécuté Millière.

 

Guiseppe Garibaldi (1807-1882) : Franc-maçon. Garibaldi est Grand Maître de presque toutes les obédiences italiennes. Initié à la maçonnerie en 1844 dans la loge « Asilo de la Virtud » (L’Asile de la Vertu), de Montevideo, Uruguay, une loge irrégulière, il rejoint la loge du Grand Orient de France « Les amis de la patrie » à Paris. En juin 1860, il est élevé au grade de maître maçon à Palerme. En 1867, il accepte la charge de Grand Maître honoraire à vie du Grand Orient d’Italie. En 1881, il fut élu Grand Maître Mondial du Rite Memphis-Misraïm.

 

Louis Antoine Pagès, dit Garnier-Pagès (1803-1878) : Franc-maçon. Membre du gouvernement de la Défense nationale. Initié aux « Amis de la Vérité », en 1843. Présent en loge en 1870, à Boulogne, au « Réveil Maçonnique ». En 1875, à « La Clémente Amitié », il guide les pas de Jules Ferry.

 

Henriette Garoste : Déléguée de la Société de l’Ecole Nouvelle.

 

 

Marie Garry : Communarde.

 

Benjamin Gastineau (1823-1903) : Typographe et metteur en page. Journaliste. Le 3 ami, la Commune le chargea de l’inspection des bibliothèques communales et de la direction de la Bibliothèque Mazarine.

 

Théophile Gautier (1811-1872) : Poète, romancier et critique d’art. A écrit les Tableaux de Siège : Paris 1870-1871 (1871).

 

Armand Génotel : Membre de la commission de la Fédération de la Garde nationale. Délégué à la Commune pour le 3ème arrondissement en 1871.

 

Claude Victor Louis Stanislas Genton (1827-1890) : Député du Gard (1869-1870).

 

Gustave Ernest Genton (1825-1872) : Blanquiste. Ouvrier sculpteur sur bois. Nommé juge d’instruction le 14 mai. Fusillé à Satory le 30 avril 1972.

 

Adolphe Mathias Gérard (1812- ?) Cordonnier et homme de lettres. Commandant de Légion. Etant réfugié à Londres, il fut condamné par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il put rentrer en France en 1879.

 

Charles Hyppolite Louis Gérardin (1843-1921) : Commis-voyageur pour les fabriques de tapisseries. Signataire de l’Affiche rouge du 7 janvier 1871. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune. Il siège à la commission de Sûreté générale et à celle des Relations extérieures. Le 1° mai, il devient membre du Comité de salut public. Il fut, avec Benoît Malon et Varlin, un des supporters de Rossel, dont il ménagea l’évasion, après sa destitution par la Commune, en mai 1871.

 

Eugène François Gérardin (1827- ?) : Ouvrier peintre en bâtiment. Il devient en 1867, un des dirigeants parisiens de l’Association internationale des travailleurs. Il est élu au Conseil de la Commune et siège à la commission du Travail et de l’Echange. Il vote contre la création du Comité de salut public. Partisan de la Minorité. Déporté en Nouvelle-Calédonie.

 

Jean Baptiste Hubert Géresme dit Hubert  (1828-1890) : Ouvrier chaisier. Il est délégué par le  200° bataillon de la Garde nationale au Comité central de la Garde nationale le 15 mars 1871. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune et siège à la commission de la Justice, puis à celle de la Guerre. Il vote pour la création du Comité de salut public. Condamné en 1872 aux travaux forcés à perpétuité, amnistié en 1880.

 

André Gill, pseudonyme de Louis Alexandre Gosset de Guinnes (ou Guiness) (1840-1885) : Caricaturiste, artiste peintre et chansonnier. Il ne s’engagea que du bout des lèvres dans la Commune de Paris en 1871, acceptant tout de même de participer à la fédération des artistes de Courbet et la responsabilité du Musée du Luxembourg.

 

Eugène Girard : Auteur d’une lithographie La Femme émancipée, répandant la lumière sur le monde, où la « pétroleuse » est cette furie effrayante, le bidon et le flambeau-torche dans les mains, surgie tel un monstre des flammes.

 

Emile de Girardin, né Emile Delamothe (parfois écrit Emile de la Mothe) (1802-1881) : Journaliste. Rallié de bonne heure à Napoléon III. Au mois de mai 1871, Girardin voit son nouveau journal interdit par les communards parisiens et il se décide à rejoindre Versailles.

 

Alexandre Olivier Glais de Bizoin, dit Glais-Bizoin (1800-1877) : Membre du gouvernement de la Défense nationale.

 

Emile Charles Gois dit Degrin (1829-1888) : Employé. Lors du coup d’Etat du 2 décembre, il avait été déporté à Lambessa, de 1852 à 1856. S’affilie en 1866 aux groupes blanquistes. Sous la Commune, il fut nommé colonel d’état-major auprès d’Eudes, puis membre de la Première Cour martial et président de la Seconde. Il servit dans les troupes fédérées, sous le général Eudes, dont il fut l’aide de camp. Le 26 mai, il commanda l’exécution des otages massacrés rue Haxo. Condamné à mort par contumace, il se réfugia en Angleterre et ne rentra en France qu’après l’armistice.

 

Edmond Huot de Goncourt (1822-1896) : Ecrivain. Peur du propriétaire vis-à-vis de la Commune. Il écrit : « C’est vingt ans de repos que l’ancienne société a devant elle, si le pouvoir ose tout ce qu’il peut oser en ce moment. »

 

Gonty : Franc-maçon. De la Loge de la Prévoyance. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Victorine Gorget  (née en 1843): Communarde. Blanchisseuse. Elle prend la parole au club Saint-Michel des Batignolles, pour demander « une organisation forte qui permît d’employer à la résistance toutes les forces vives de la population, sans quoi il fallait ouvrir les portes à l’armée de Versailles ». Elle dit aussi « que les dames devaient prendre les armes pour garder les remparts, pendant que les hommes feraient des sorties contre les troupes de Versailles ». Considérée comme une « meneuse ».

 

Gouhier : 3° arrondissement de Paris. Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Albert Frédéric Goullé (1844-1918) : Journaliste. Durant le siège, il fut capitaine au 138° bataillon de la Garde nationale. Il collabora au Cri du Peuple. Il fut commandant d’état-major auprès d’Eudes, puis juge rapporteur à la Cour martiale.

 

Edmond Alfred Goupy ou Goupil (1838-1919) : Médecin. Franc-maçon. Membre de la loge maçonnique L’Alliance fraternelle de rite écossais, dont il fut président. Ecrivain et médecin. Durant le siège de Paris par les Allemands, il est élu commandant du 115° bataillon de la Garde nationale. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune et siège à la commission de l’Enseignement (30 mars). Il démissionne le 7 avril, trouvant la Commune trop révolutionnaire. Les Versaillais le condamnent à cinq ans de prison. Déporté, il s’estime communard. En 1881, le docteur Edmond Goupil fonde la première société de solidarité des communards de retour de déportation, la Société protectrice des citoyens contre les abus.

 

Sophie Graix : Communarde. Membre du Comité central des citoyennes.

 

Grande Landes : Franc-maçon. Orateur de Bagneux. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Albert Grandier ( ? -1873) : Journaliste à la Nouvelle République, puis à l’Affranchi, et il fut pour cela condamné à la déportation. Il est déporté » en Nouvelle-Calédonie, où il devient fou.

Précurseur de l’anti communautarisme, il demande à la Commune de « prendre des mesures énergiques contre les étrangers qui méconnaissent à ce point leur devoir de reconnaissance pour la généreuse hospitalité que la France leur accorde. Nous sommes depuis trop longtemps envahis par une nuée de parasites de tous les pays qui profitent de tous les droits, de tous les avantages des Français eux-mêmes et qui ne sont liés par aucun de leurs devoirs. » (L’affranchi n° 16).

 

Michel Etienne Anthelme Théodore Grandperret (1818-1890) : Avocat. Procureur général à la cour de Paris. Dernier gouvernement de Napoléon III comme ministre de la Justice et des Cultes du 10 août au 4 septembre 1870.

 

Ernest Henri Granger (1844-1912) : Durant le siège, il commanda le 159° bataillon de la Garde nationale. Blanquiste. S’oriente ensuite vers le boulangisme. Un des plus proches disciples de Blanqui, cofondateur du Comité Révolutionnaire central. Rédacteur en chef du Cri du peuple après la mort d’Eudes. Rédacteur au journal Ni Dieu, Ni Maître.

Antisémite, partisan du socialisme national : « Nous aussi, après Blanqui et Tridon, nous sommes philosophiquement, des antisémites. Nous pensons que le sémitisme a été funeste au génie aryen et nous déplorons que le sombre, persécuteur, impitoyable monothéisme juif ait triomphé des libres et naturalistes religions gréco-romaines. A cet égard, nous sommes même beaucoup plus antisémites que Drumont et Morès, car nous, nous n’oublions pas que le christianisme est une religion sémitique, fille du judaïsme, et nous avons une égale horreur du juif Jésus et du juif Moïse ». Député boulangiste de la Seine en 1889, traité d’ « idiot » par Engels, exaspéré par le chauvinisme du socialiste français.

 

Léopold Auguste Granjon : Brossier. Membre de la direction parisienne de l’Internationale.

 

Grasset : Franc-maçon. Orateur de la Paix, union de Nantes. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Grélier : Membre du comité central de la garde nationale.

 

Jean Louis Greppo (1810-1888) : Franc-maçon. Canut à Lyon. Il fit partie des députés parisiens qui tentèrent en vain une conciliation entre les insurgés de la Commune et Versailles.

 

Jules Grévy (1807-1891) : Franc-maçon. Il appartenait à la loge d’Arras « la Constante Amitié ». Avocat. En février 1871, il est élu président de l’Assemblée nationale, jusqu’à sa démission en avril 1873. Il confie le pouvoir à Thiers lors de l’insurrection de la Commune, qu’il condamne. Président de la République de 1879 à 1887.

 

Gritz : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

J. Grolard : Membre du comité central de la Garde nationale.

 

Jean François Paschal Grousset (1844-1909) : Journaliste et écrivain. Le 26 mars, il est élu membre du Conseil de la Commune, puis est désigné comme délégué aux Relations extérieures. Membre de la commission exécutive. « Majoritaire ». Il vote pour la création du Comité de salut public. Condamné et déporté en Nouvelle-Calédonie, il s’évada avec Rochefort en 1874. Revenu en France après l’amnistie, il fait du journalisme. Plus tard élu député de Paris.

 

Jules Napoléon Guérin (1860-1910) : Journaliste, directeur de l’hebdomadaire L’Antijuif. Il grandit à Paris et a très vite des aspirations politiques proches des anciens communards. C’est lui qui fera rencontrer Louise Michel et le marquis de Morès. Sa première arrestation a lieu pendant les obsèques de Jules Ferry en 1893 : de nombreux anarchistes reprochaient à l’ancien maire de Paris, sa sévérité lors des insurrections du 31 octobre 1870 et 22 janvier 1871.

En réaction contre l’obédience maçonnique du Grand Orient de France, il fonde la ligue antimaçonnique et antisémite du Grand Occident de France (issue de la Ligue antisémitique de France fondée en juin 1896) qui fut particulièrement active et virulente lors de l’affaire Dreyfus. Il est alors financé par le duc d’Orléans. Il poursuivra son activité antisémite et sa propagande antidreyfusard jusqu’à sa mort. Louis Ferdinand Céline lui rend hommage dans Maudits soupirs pour une autre fois.

 

Adolphe Georges Guéroult (1810-1872) : Publiciste.

 

Jules Bazile dit Jules Guesde (1845-1922) : Après le 4 septembre 1870, il soutient la nouvelle république et à partir de mars 1871, l’insurrection de la Commune.

 

Guillaume 1° 1797-1888) : Franc-maçon. Roi de Prusse. Empereur d’Allemagne de 1871 à 1888. Fut initié par son père, Frédéric-Guillaume III, seul un roi pouvant initier un autre roi ou futur roi.

 

Marguerite Guinder-Lachaise (ou Gainder) : Communarde. Confectionneuse. Cantinière et ambulancière auprès des combattants du 66° bataillon. Condamnée à mort le 19 juin 1872, sa peine est commuée en travaux forcés le 14 septembre 1872. Séparée de fait d’un certain M. Prévost, dont elle ne pouvait divorcer, elle vivait en concubinage depuis plus de dix ans avec M. Lachaise, dont elle fit le choix de prendre le nom. Condamnée à mort pour avoir participé à l’exécution du comte de Beaufort, ce qui n’est guère prouvé. Elle fut déportée à la Guyane.

Voici le témoignage, publié dan le >Journal Officiel de la Commune du 9 avril 1871, adressé par plus de 60 gardes nationaux :

« Les citoyens soussignés, appartenant au 66° bataillon de la garde nationale de Paris, déclarent que Marguerite Gainder, épouse Lachaise, cantinière audit bataillon, demeurant rue Sedaine, 65, a, dans le combat du 3 courant, en avant de Meudon, tenu une conduite au-dessus de tout éloge et de la plus grande virilité en restant toute la journée sur le champ de bataille, malgré la moisson que faisait autour d’elle la mitraille, occupée à soigner et panser les nombreux blessés, en l’absence de tout service chirurgical. En foi de quoi, citoyens membres de la Commune, nous venons appeler votre attention sur ces actes, afin qu’il soit rendu justice au courage et au désintéressement de cette citoyenne, républicaine des plus accomplies. Salut et fraternité. »

 

François Pierre Guillaume Guizot (1787-1874) : Franc-maçon. Initié en 1836. Historien. Membre de l’Académie française de 1836 à 1874. Député en 1830.

 

Guyard : Général.

 

Marie Wolff, femme Guyard  (née en 1849): Communarde. Chiffonnière. Ambulancière. Elle a participé le 27 mai à l’exécution des prisonniers de la Roquette (Mgr Surrat, l’abbé Bécourt, le Père Houillon et un policier nommé Chaulieu, s’écriant : « Si vous ne les fusillez pas, je me charge de leur affaire… ». Elle fut condamnée à mort le 24 avril 1872, peine commuée e travaux forcés à perpétuité.

 

H

 

Ernest Hamel (1826-1898) : Franc-maçon. Ancien vénérable de l’Avenir. Ecrivain, avocat et historien, auteur d’une biographie de Maximilien de Robespierre. Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il sert comme soldat dans un bataillon de francs-tireurs et dans la garde nationale parisienne.

 

Georges Eugène Haussmann (1809-1891) : Préfet de la Seine de 1853 à 1870.

 

Léonor Joseph Havin (1799-1868) : Juge de paix à Saint-Lô.

 

Jacques Louis Hénon (1802-1872) : Médecin et botaniste. Commune de Lyon. Il est un des membres modérés du Comité de salut public qui s’installe à l’Hôtel de Ville. Premier maire de Lyon, élu du 15 septembre 1870 à mars 1872. Maire républicain, après le 18 mars, il refuse de sortir de la légalité pour soutenir la Commune de Lyon. Les gardes nationaux, après avoir destitué le maire et le préfet, ne parviennent pas à soulever la ville, reprise en main dès le 25 mars.

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:45

 

Emile Victor Duval (1840-1871) : Ouvrier fondeur en fer. Adhérent de l’Association internationale des travailleurs en 1867. Blanquiste. Condamné à deux mois de prison au 3° procès de l’Internationale. Membre du Comité central de la Garde nationale. Elu le 26 mars au Conseil de la Commune, il siège à la commission militaire et à la commission exécutive. Le 3 avril 1871, il est nommé’ général de la Commune. Fusillé sans jugement le 4 avril 1871 par le général Vinoy.

 

Clément Duvernois (1836-1879) : Journaliste. Dernier gouvernement de Napoléon III comme ministre de l’agriculture et du commerce.

 

E ;

 

Jean Baptiste Elin : Franc-maçon. De la Loge des Amis triomphants. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Cheikh El Mokrani de son nom Mohand Aït Mokrane (1815-1871) : Chef de la Commune kabyle, en guerre contre la colonisation. Donna le signe de l’insurrection le 15 mars 1871, à la tête d’une armée de 8000 à 10000 hommes.

 

Friedrich Engels (1820-1895) : A partir de 1864, il milite au sein de l’Association internationale des travailleurs (Première Internationale), jusqu’à sa dissolution en 1876.

 

Henri Espivent de la Villesboisnet (1813-1908) : Général. Envoyé à Marseille pour réprimer les mouvements insurrectionnels de la Commune de Marseille. Le 4 avril 1871, il donne l’assaut à la Commune de Marseille. Ayant fait bombarder Marseille depuis Notre-Dame de la Garde, cela lui vaut le surnom de « Notre-Dame de la Bombarde ». A combattu également la Commune de Lyon.

 

Henri François Alphonse Esquiros (1812-1876) : Auteur romantique. Libre-penseur et anticlérical militant. A écrit en 1847-1848 une Histoire des montagnards. Elu à l’Assemblée nationale le 7 juin 1869, il siège à l’extrême-gauche. Démissionnaire, puis réélu le 8 février 1871,

 

Adèle Esquiros : Epouse d’Alphonse Esquiros. Auteure de plusieurs romans.

 

Etienne : Communard de la Commune de Marseille, fusillé en même temps que Gaston Crémieux. Radical, un des 12 membres de la commission départementale de Marseille. Sa condamnation à mort fut commuée en déportation à perpétuité.

 

Eugène Etienne (1844-1921) : Député d’Oran, il fut à plusieurs reprises ministre de la Guerre, en 1905, 1906 et 1913. Un des principaux leaders du « Parti colonial ».

 

Emile François Désiré Eudes (1843-1888) : Etudiant en pharmacie. Employé. Franc-maçon. Libre-penseur anticlérical. Initié à la loge l’Ecossaise 133. Leader blanquiste. Héritier spirituel de Blanqui. Membre du Comité central de la Garde nationale. Le 26 mars, il est élu membre du Conseil de la Commune. C’est sur sa proposition que l’Assemblée prend le nom de Commune. Le 9 mai 1871, il devient membre du Comité de Salut public. Nommé général par le Comité central de la Commune, il fut, lors de l’entrée des Versaillais dans Paris, promoteur des incendies. Condamné à mort par contumace, il rentra en France après l »amnistie. C’est lui qui entraîne les blanquistes dans l’aventure boulangiste, avec l’entremise de Rochefort.

 

La Générale Eudes, née Victorine Louvet : Communarde. Epouse d’Emile Eudes. Le correspondant du Times voit en elle une autre Jeanne Hachette.

 

Julia Béatrix Oeuvrie épouse Excoffon (1849-décédée après 1905) : Animait le club des femmes de la Boule-Noire à Montmartre. Responsable d’une ambulance, elle n’hésite pas à traverser les lignes versaillaises pour porter secours aux combattants du fort d’Ivry.

 

F

 

François  Fabre (1819-1892) : Maire du 17° arrondissement de Paris en 1870. Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Eugène Faillet : Possibiliste.

 

Marius Faillet (1840-1912) : Membre de l’Internationale. Réfugié en Belgique, il fut condamné en 1872 à vingt ans de travaux forcés. Il put rentrer en France en 1879, fut élu conseiller municipal de Paris en 1886 et conserva ce poste jusqu’à la fin de sa vie.

 

Frédéric Alfred Pierre de Falloux du Coudray (1811-1886) : Journaliste légitimiste et clérical. Historien et homme politique. Initiateur de la fermeture des ateliers nationaux en 1848, il incite le prolétariat parisien à manifester, pour écraser ensuite ses forces révolutionnaires. Ministre de l’Instruction publique en décembre 1848, il démissionne à la fin de 1849. La loi du 15 mars 1850 sur l’enseignement est entrée dans l’histoire sous le nom de « loi Falloux ».Cette loi prévoyait que le clergé et les membres d’ordres religieux, hommes et femmes, pourraient enseigner sans produire d’autre qualification qu’une lettre d’obédience. Cette exemption fut même étendue aux prêtres qui enseignent dans les écoles secondaires, alors qu’un grade universitaire était exigé des enseignants laïcs. De leur côté, les écoles primaires étaient placées sous la surveillance des curés.

 

Fauchery : Franc-maçon.

 

Félix Faure (1841-1899) : Franc-maçon. Président de la République française de 1895 à 1899. Il appartenait à la loge du Havre « La Parfaite Aménité ».

 

Jules Gabriel Claude Favre (1809-1880) : Franc –maçon. Initié en 1877. Avocat. Vice-président et ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Défense nationale.

 

Mariani Fernandez : « Pétroleuse ». Elle pansait les blessés, mais aussi reprenait le fusil des morts. Amie de Louise Michel.

 

Ferrat : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Hyppolite Ferré (1848-1913) : Communard, internationaliste, membre de la Fédération Jurassienne et militant anarchiste. Frère de Théophile Ferré. Capitaine au 76° bataillon fédéré. Membre d’une section française de l’AIT. Trésorier de la « Société fraternelle des anciens combattants de la Commune », fondée en 1889.

 

Théophile Ferré (1846-1871) : Clerc d’avoué et comptable. Militant blanquiste. Préside le Comité de Vigilance de la salle Perot. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune. Il siège à la commission de la Sûreté générale. Le 1° mai, il est nommé substitut du procureur de la Commune et le 13 mai délégué à la Sûreté générale. Il vote pour la création du Comité de salut public. Fusillé en même temps que Louis Rossel et Pierre Bourgeois au camp de Satory à Versailles le 28 novembre 1871.Voici la lettre adressée par Ferré à sa sœur avant de mourir :

« Ma bien chère sœur,

Dans quelques instants je vais mourir. Au dernier moment ton souvenir me sera présent ; je te prie de demander mon corps et de le réunir à celui de notre malheureuse mère.

Si tu peux, fais insérer dans les journaux l’heure de mon inhumation, afin que des amis puissent m’accompagner. Bien entendu aucune cérémonie religieuse ; je meurs matérialiste comme j’ai vécu.

Pore une couronne d’immortelles sur la tombe de notre mère.

Tâche de guérir mon frère et de consoler notre père ; dis-leur bien à tous combien je les aimais.

Je t’embrasse mille fois et te remercie mille fois des bons soins que tu n’as cessé de me prodiguer ; surmonte la douleur et comme tu me l’as souvent promis, sois à la hauteur des événements. Quant à moi je suis heureux, j’en vais finir avec mes souffrances et il n’y a pas lieu de me plaindre. Tous mes papiers, mes vêtements et autres objets doivent être rendus, sauf l’argent du greffe que j’abandonne aux détenus moins malheureux.

                                             Th FERRE. ».

 

Marie Ferré (1853-1882) : Sœur du précédent. Communarde.

 

E. Ferry: Membre du Conseil de la Commune (IX° arrondissement) et presque aussitôt démissionnaire.

 

Jules François Camille Ferry (1832-1893): Avocat. Journaliste. Franc-maçon. Le 8 juillet 1875, les francs-maçons donnent une grande solennité à sa réception par le Grand Orient de France (Loge « La Clémente Amitié »). Il y est reçu en même temps que Littré et que Grégoire Wyrouboff. Par la suite, Ferry appartiendra à la Loge « Alsace-Lorraine » à Paris. Lors de la cérémonie solennelle et grandiose de l’initiation, on remarque la présence de la fine fleur de l’opportunisme : Edmond Adam, Antonin Proust, Challemel-Lacour, Maurice Rouvier, Jules Claretie, Antonin Duibost. Des républicains tentés par le radicalisme, Brisson, Floquet, Lockroy, sont également là. Membre du gouvernement de la Défense nationale. Adversaire résolu des communards.

Dans le Discours devant la Chambre des députés, le 28 juillet 1885, Jules Ferry déclare : « Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures ».

 

Gustave Flaubert (1821-1880) : Ecrivain. « Je trouve qu’on aurait dû condamner aux galères toute la Commune et forcer ces sanglants imbéciles à déblayer les ruines de Paris, la chaîne au cou, en simples forçats. Mais cela aurait blessé l’humanité. On est tendre pour les chiens enragés, et point pour ceux qu’ils ont mordus… » (A Georges Sand, début octobre 1871).

 

Fleury : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Anselme François Fleury (1801-1881) : Riche négociant.

 

Charles Thomas Floquet (1828-1896) : Franc-maçon. Avocat. Elu député à Paris le 8 février 1871, il entreprend des démarches de conciliation entre l’Assemblée et la Commune. Fait partie de l’aile gauche de l’opportunisme.

 

Benjamin Pierre Flotte : Blanquiste. Ami de Blanqui, ancien compagnon de cachot de celui-ci. Il a participé à la commission qui tenta de négocier l’échange entre Mgr Darboy et Blanqui. Avec Eudes, Granger, Brideau, il tente de s’emparer le 18 août 1870 des armes de la caserne de la Villette. Ils sont condamnés à mort le 29 août 1870, sauvés par la révolution du 4 septembre.

 

Emile Flourens (1841-1920) : Frère cadet de Gustave Flourens. Auditeur au Conseil d’Etat en 1868. Nommé directeur des cultes au ministère der l’Intérieur en 1879. Ministre des Affaires étrangères de 1886 à 1888. Député des Hautes Alpes, puis de la Seine de 1889 à 1893. Député du 5° arrondissement de Paris de 1902 à 1906.

Opposant à la franc-maçonnerie, il sera membre de la Ligue française antimaçonnique. Auteur en 1912 de « Un fiasco maçonnique à l’aurore du vingtième siècle de l’ère chrétienne ».

 

Gustave Flourens (1838-1871) : Franc-maçon.  Initié le 12 juin 1866 à la loge l’Union d’Orient. Universitaire. Collaborateur d’Henri Rochefort au journal La Marseillaise. Chef de bataillon de la Garde nationale, il est l’un des organisateurs de l’émeute du 31 octobre 1870. Elu de la Commune par le 19° bataillon, nommé général et chargé de la défense de Paris révolutionnaire. Il est tué le 3 avril 1871 à Rueil, alors qu’il est désarmé, au cours d’une échauffourée entre Communards et Versaillais. Antisémite dans son cours Histoire de l’homme. Professeur au Collège de France en 1863, il établit une méthode linguistique et anatomique pour classifier les races humaines.

 

Jules Fontaines, de son nom Octave Crémazie (1827-1879) : Ecrivain et poète canadien. Quittant le Québec en 1862, il se réfugie en France et vécut à Paris. Son Journal du Siège de Paris donne un aperçu assez précis de ses malheurs et des difficultés des Parisiens lors du siège de la capitale en 1870 et 1871.

 

Emile Pierre Justin Fortin (1846-1906) : Sculpteur sur bois et ébéniste. Secrétaire de Théophile Ferré à la mairie du 11° arrondissement.

 

Fougeret : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Léon Martin Fourichon (1809-1884) : Amiral. Ministre de la Marine et des colonies de 1870 à 1871 comme membre du gouvernement de Défense nationale.

 

Clara Fournier : Communarde.

 

François Anatole Thibault, dit Anatole France (1844-1924) : Ecrivain et critique littéraire. A eu peur de la Commune, qualifiée par lui de « comité des assassins » et de « gouvernement du crime et de la démence ». A publié en 1882 un roman anti communard, Les désirs de Jean Servien.

 

Hector France (1840-1908) : Publiciste et romancier. A la fin de la campagne de 1870, il était capitaine commandant au 4° chasseur à cheval. Rentré à Paris à l’armistice, il fut du nombre des officiers qui protestèrent contre la paix et se jetèrent dans le mouvement insurrectionnel. Il réussit à gagner Londres, devient professeur, comme Camille Barrère, à l’Académie de Woolwich.

 

Jean Baptiste Isidore François (1837-1872) : Commerçant. Garde national au 219° bataillon. Rigault le nomma le 23 mars directeur de la prison de la Grande Roquette. Fusillé à Satory le 24 juillet 1872.

 

Léo Fränkel (1844-1896) : Militant syndicaliste. Socialiste d’origine juive et hongroise. Orfèvre. En 1870, il reconstitue avec Eugène Varlin le Comité fédéral de l’Internationale pour Paris. Elu le 26 mars 1871 au Conseil de la Commune, il devient membre de la commission du Travail et de l’Echange, puis de la commission des Finances. Le 20 avril, il est nommé délégué au Travail, à l’Industrie et à l’Echange. Le 1° mai, il vote pour la création du Comité de Salut public, mais se range vite dans la Minorité du Conseil de la Commune. Subit l’influence de Marx, avec lequel il correspond. Il appartient d’ailleurs à la fraction marxiste de la 1° Internationale. Condamné à mort par contumace, il se réfugie en Angleterre, puis en Hongrie, et finit ses jours à Paris.

 

Charles de Freycinet (1828-1923) : Ingénieur. Collaborateur de Gambetta comme délégué à la guerre dans le gouvernement de la Défense nationale en 1870-1871. Il soutient, autant que faire ce peut, le jeune officier Louis Nathaniel Rossel qui refuse l’armistice face à la Prusse. A publié en 1913 : Souvenirs (1878-1893).

 

Edouard Fribourg : Graveur. Proudhonien de droite. Un des organisateurs et des chefs de la section parisienne de l’Internationale.

 

Frontier : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Fulgéras : Commune de Marseille.

 

G

 

Paul Gachet ou docteur Gachet (1828-1909) : Franc-maçon. Médecin, artiste et collectionneur d’œuvres d’art. Il est médecin militaire pendant la Commune, de la 2° ambulance du Grand Orient de France. En février 1871, il est affecté aux ambulances du 9° bataillon de la Garde nationale, à la porte de Flandre.

 

Napoléon Louis Gaillard (1815-1900) : Cordonnier. Le 30 avril 1871, Louis Rossel, délégué à la guerre, le nomme directeur général des barricades. Plus de 500 barricades pousseront dans Paris.

 

Gaston Alexandre Auguste marquis de Gallifet (1830-1909) : Marquis. Général Versaillais. Il se distingue par sa férocité envers les insurgés et gagne le surnom de « Marquis aux talons rouges » ou « Massacreur de la Commune ».

Circulaire de Gallifet du 3 avril 1871 :

« La guerre a été déclarée par les bandes de Paris.

Hier et aujourd’hui, elles m’ont tué mes soldats !

C’est une guerre sans trêve ni pitié que je déclare à ces assassins.

J’au dû faire un exemple ce matin, qu’il soit salutaire ! Je désire ne pas être réduit de nouveau à une pareille extrémité.*N’oubliez pas que le pays, que la loi, que le droit, par conséquent sont à Versailles et à l’Assemblée nationale, et non pas avec la grotesque assemblée qui s’intitule Commune.

Gallifet.

3 avril 1871. ».

 

Léon Gambetta (1838-1882) : Avocat. Franc-maçon. Initié le 20 mai 1869 par Gaston Crémieux à la loge « La Réforme », Orient de Marseille, à laquelle appartiennent également Gustave Naquet et Maurice Rouvier. Il resta toute sa vie apprenti. Membre du gouvernement de la Défense nationale (à l’Intérieur). Il a contribué à mettre à bas les diverse Communes apparaissant sur le territoire français.

Il est dit dans le Discours prononcé par le frère Paul Perrin à l’occasion de la cérémonie commémorative de la naissance du frère Léon Gambetta. Assemblée générale du Grand Orient de France, 1938, Bibliothèque du Grand Orient, Nr 292 : « Nous pouvons nous enorgueillir de le compter parmi les membres de notre Ordre, car il fut de ceux qui élèvent le niveau de la conscience humaine, et sont, à ce titre, les serviteurs les plus sûrs de la civilisation.

Honneur à notre frère Léon Gambetta, qui fut un grand citoyen, un grand républicain, et un grand franc-maçon. »

(Des applaudissements prolongés ont salué la fin de ce discours).

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:43

Céline Delvainquier : Communarde. Membre du Comité central des citoyennes.

 

Aimée Delvainquier : Communarde. Membre du Comité central des citoyennes.

 

Antoine Mathieu Demay (1822-1884) : Ouvrier Sculpteur. Adhérent de l’Association internationale des travailleurs. Signataire de l’Affiche rouge de janvier 1871. Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune. Il siège à la commission de l’Enseignement. Il vote pour la création du Comité de Salut public. Il adhère à la Majorité. Condamné à mort par contumace.

 

Deneuvillers : Communard.

 

Pierre Denis (1828-1907) : Membre de la première Internationale, où il représente la tendance proudhonienne, il participe au Comité central républicain des Vingt arrondissements, dont il rédige Le Manifeste du 26 mars 1871. Il écrit la Déclaration au peuple français, qui représente le programme de la Commune de Paris adoptée le 18 avril 1871. Fondateur du journal La Voix du peuple et collaborateur de Jules Vallès au Cri du peuple. Il se rapproche du Général Boulanger, et devient son dernier secrétaire. Dans les années 1890, il collabore au journal La Cocarde.

 

Anne Denis : Jeune libraire de la rue Monge. Elle accepte un poste d’institutrice et pour ce fait, elle comparaît devant le Conseil de guerre. On l’accuse aussi d’avoir quêté en faveur de l’Union pour la propagande républicaine.

 

Louis Jules Ernest Denormandie (1821-1902) : Financier, avoué de la famille d’Orléans et gouverneur de la Banque de France.

 

Maria Adélaïde Deraismes (1828-1894) : Féministe et femme de lettres. Elle est la première femme à avoir été initiée, en France, à la franc-maçonnerie à la fin du XIX° siècle. En 1865, elle accepte de participer aux conférences du Grand Orient de France. De 1866 à 1870, elle traite devant un auditoire de plus en plus nombreux de l’émancipation des femmes et de la libre pensée. Elle est la cofondatrice en 1869, avec Paule Minck, Louise Michel et Léon Richer de la « Société pour la revendication des droits civils des femmes », puis en 1870, toujours avec Léon Richer de l’Association pour le droit des femmes qu’elle préside. Pendant ces deux années, elle soutient activement le groupe de Louise Michel, André Léo, Elisée Reclus visant à l’instauration d’une éducation pour les filles. Initiée le 14 janvier 1882, à la Loge « Les Libres Penseurs », au Pecq, elle crée le 4 avril 1893 le « Droit humain », ou Grande Loge Symbolique Ecossaise.

 

Simon (dit Louis-Simon) Dereure (1838-1900) : Ouvrier cordonnier. En 1869, il participe au congrès de Bâle de l’Association internationale des travailleurs. Il participe au soulèvement du 22 janvier 1871 contre le gouvernement de la Défense nationale. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune. Il siège à la commission des Subsistances et à celle de la Justice (21 avril). Le 16 mai 1871, il est nommé commissaire civil auprès du général Jaroslaw Dombrowski. Il vote pour la création du Comité de salut public. Condamné à mort par contumace, il se réfugie en Suisse, puis à New-York, où il reprit son métier de cordonnier. Il rentre en France après l’amnistie.

 

Paul Déroulède (1846-1914) : Poète, auteur dramatique, romancier, militant nationaliste. Il participe à toute la campagne de 1870 dans les chasseurs à pied. Il fit ensuite partie de l’armée de Versailles contre la Commune. Nommé lieutenant et décoré de la Légion d’honneur après les derniers combats.

 

Baptiste Descamps (1836- ? mort peut-être en 1873) : Mouleur en cuivre. Il est élu le 26 mars au Conseil de la Commune. IL ne siège dans aucune commission et n’a semble-t-il aucune activité. En septembre 1871, le 3° conseil de guerre l’acquitte à l’unanimité.

 

Deschamps : Franc-maçon. Loge de la Persévérance. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Emile Deschanel (1819-1904) : Franc-maçon. Homme politique, père de président de la république Paul Deschanel. Membre de la loge « La Renaissance ».

 

Eugénie Chilly, femme Desjardins, dite la Picarde : « Pétroleuse ». Cuisinière. Elle fut accusée d’avoir apporté du pétrole sous ses jupes et dans ses poches, à son amant, l’ouvrier terrassier François Bufferne, garde national de la 6°n compagnie du 184° Bataillon fédéré, pour incendier la Préfecture de Police. On la condamna à vingt ans de travaux forcés.

 

Ernest Desmarest : Maire du 9° arrondissement en 1870. Villa Desmarest, à Croissy-sur-Seine : petit château construit en 1857, au no 10 de la berge de la prairie, pour Ernest Desmarest, avocat, maire du IXe arrondissement de Paris et « protecteur » d’artistes. Son parc abritait une salle de spectacle bâtie pour ses amis et clients : Céleste Mogador, la cantatrice Pauline Viardot, les compositeurs Gounod, Bizet… La propriété appartient par la suite à Jules Goüin, régent de la Banque de France.

 

Desmarets : Capitaine de gendarmerie, c’est lui qui a tué Gustave Flourens, désarmé, le 3 avril 1871 à Rueil. Futur juge de paix à la Garnache en Vendée, et protégé de Baudry d’Asson.

 

Frédéric Desmons (1832-1910) : Pasteur. Franc-maçon. Initié le 18 janvier 1863 au sein de la loge L’Echo du Grand Orient de France. En 1867, il quitte sa loge-mère pour fonder, à Saint-Géniès de Malgoirès, l’atelier Le Progrès. Dès 1873, il entre au Conseil de l’Ordre du GODF. Lors du Convent de 1877, il est nommé rapporteur du vœu n° IX émanant de la loge La Fraternité progressive de Villefranche-sur-Saône, visant la révision de l’article 1° de la Constitution du GODF, demandant la suppression de la formule Grand Architecte de l’Univers. Député du Gard de 1881 à 1894. Sénateur du Gard, Radical, de 1894 à 1909.

 

Eugène-Noël Desservy : Avoué, juge de paix. Maire de Marseille de 1878 à 1879.

 

Honoré Casimir Etienne Lucien Dianoux : Architecte. Membre de la Commission communale du XVII° arrondissement. Condamné par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée, il se réfugie à Genève.

 

Marguerite Diblanc : A combattu avec Louise Michel sur la barricade de la Chaussée Clignancourt.

 

Emile Digeon (1822-1894) : Journaliste. Anarchiste. Chef révolutionnaire de la Commune de Narbonne. Son père, Stanislas, avocat, était franc-maçon et anticlérical. Sa proclamation se terminait ainsi :

« Que d’autres consentent à vivre éternellement opprimés ! Qu’ils continuent à être le vil troupeau dont on vend la laine et la chair !

Quant à nous, nous ne désarmerons que lorsqu’on aura fait droit à nos justes revendications, et si on a recours encore à la force, pour les repousser, nous le disons, à la face du ciel, nous saurons les défendre jusqu’à la mort ! ».

 

Adolph Wilhelm Dinesen, connu sous le nom de plume de Boganis  (1845-1895) : Officier et écrivain danois. Dégoûté des luttes fratricides de la Commune, bien que sa sympathie ne soit pas en faveur des Versaillais. A écrit en 1891 : Paris sous la Commune.

 

Elisabeth Dmitrieff (1851-1910 ou 1918) : Mariée au colonel Tomanovski. Elle participe à la fondation de la section russe de l’Internationale Ouvrière, fondée à Londres en 1864. Membre du comité central de l’Union des Femmes. Membre du Comité central des citoyennes. Déléguée de Karl Marx auprès de la Commune.

 

Sophie Doctrinal, femme Poirier : Voir Poirier

 

Jaroslaw Dombrowski (1836-1871) : Franc-maçon. Officier polonais. Chef militaire de la Commune. Blessé mortellement sur les barricades le 23 mai 1871.

 

Théophile, dit Ladislas, dit Taf, Dombrowski (1841-1890) : Frère de Jaroslaw. Il combattit dans les rangs fédérés avec le grade de colonel. Condamné par contumace à la déportation, il rentre en France après l’amnistie.

 

Pierre Frédéric Dorian (1814-1873) : Maître de forges. Député de province, membre du gouvernement de la Défense nationale (aux Travaux publics).

 

Abel Douay (1809-1870) : Général.

 

Félix Charles Douay (1816-1879) : Général, frère d’Abel Douay.

 

Paul Doumer (1857-1935) : Franc-maçon. Professeur de mathématiques. Président de la République française, élu président de la République en 1931. Il est initié à la Loge « L’Union Fraternelle », le 1° décembre 1879. Il devient vénérable de la Loge « Patrie et Humanité » à Soissons, en 1899. Il ouvre à Paris la Loge « Voltaire » qu’il va diriger à plusieurs reprises. Vénérable de la loge « Voltaire », il fut membre du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France. Inscrit aussi à la Loge d’Auxerre, « Le Réveil de l’Yonne ». En 1903, il s’affilie à la Loge « L’Alsace-Lorraine ».

 

Gaston Doumergue (1863-1937) : Franc-maçon. Député, puis sénateur radical socialiste, il est président du Conseil (1913-1914), puis du Sénat (1923) et président de la République (1924-1931). Membre de la Loge « L’Echo » du Grand Orient, à Nîmes.

 

Edouard Drumont (1844-1917) : Journaliste, écrivain, polémiste. Antidreyfusard, nationaliste et antisémite. Fondateur du journal La Libre Parole. Créateur de la Ligue nationale antisémite de France en 1890. Auteur de La France Juive, livre paru en 1886, qui connaîtra un immense succès. Drumont fait du capitalisme une création juive, ce qui lui vaudra une grande sympathie dans les milieux de gauche. Il critique le cosmopolitisme de ce qu’il appelle la race juive, ce qui s’oppose pour lui au nationalisme fort qu’il défend. Il lance le 20 avril 1892 La Libre Parole, avec comme sous-titre : « La France aux Français ».

 

René Dubail : Maire du 10° arrondissement de Paris en 1870. (6 novembre 1870 au 26 mars 1871, puis du 26 mai 1871 jusqu’en 1873).

 

Raoul Charles Adjutor Du Bisson (1812- ?) : Officier colonial. Commandant de bataillon dans la Garde nationale. Durant la Commune, il commanda le 26° bataillon et combattit notamment à Neuilly. Lissagaray considère qu’il fut peut-être un espion versaillais. Condamné à mort par contumace, il se réfugia à Jersey.

 

Maxime Du Camp (1822-1894) : Ecrivain et photographe. On l’élit membre de l’Académie française en 1880, surtout, dit-on, à cause de son histoire de la Commune, publiée sous le titre de Les Convulsions de Paris (1878-1880), qui est une attaque les plus basses contre les communards. A participé à la répression en 1848. Anti communard.

 

Jules Ducatel : Piqueur des Ponts et Chaussées. Traître de la Porte Saint-Cloud (bastion 64). En récompense de son action, Thiers le fit décorer de la Légion d’honneur. En outre Ducatel bénéficia d’une souscription publique qui rapporta plus de cent mille francs, et il obtint une perception. A la suite d’un vol commis dans sa caisse, il fut révoqué en 1877. Ducatel mourut fou.

 

Georges Duchêne (1824-1876) : Ouvrier typographe. Ami et collaborateur de Proudhon. Vallès l’a traité de traître.

 

Léon Ducoudray : Jésuite fusillé le 24 mai 1871, avec l’archevêque de Paris Georges Darboy, par ordre de la Commune de Paris.

 

Elie Ducoudray : Communard. Maire du XIV° arrondissement en automne 1870. S’occupe activement des écoles. Sa mairie en ouvre trois et il s’efforce d’organiser l’enseignement laïc. Sous la Commune, membre de la Société des amis de l’enseignement. Il contribue à élaborer le projet de fondation des crèches.

 

Auguste Alexandre Ducrot (1817-1882) : Général versaillais. Général de division, il a commandé le 1° corps d’armée à Sedan, s’est évadé, a regagné Paris où il a commandé la sortie des armées de Paris du 30 novembre 1870 (Combats de Champigny, Bry-sur-Marne, Villiers-sur-Marne). Le 28 novembre 1870, il adressa à son armée une proclamation contenant ces mots : « Je ne rentrerai dans Paris que mort ou victorieux, vous pourrez me voir tomber, vous ne me verrez pas reculer ». Il rentra dans Paris vivant et vaincu. Sa dernière bataille est celle de Buzenval, le 19 janvier 1871. Le 8 février 1871, il est élu député de la Nièvre à l’Assemblée nationale.

 

Jules Armand Stanislas Dufaure (1798-1881) : Avocat. Un des artisans de la Constitution de 1848. Député modéré en 1871. Ami de Thiers. Membre du gouvernement Thiers à la Justice.

 

Alexandre Dumas, dit Dumas fils (1824-1895) : Romancier et auteur dramatique. Il a écrit à propos des femmes révolutionnaires de la Commune (les « Pétroleuses ») : « Nous ne dirons rien de ces femelles, par respect pour les femmes à qui elles ressemblent quand elles sont mortes » (Lettres sur les choses du jour).

 

Jean Baptiste Dumay (1841-1926) : Ouvrier du Creusot, face à la dynastie Schneider. Internationaliste. Nommé maire provisoire en septembre 1870. Il proclame la Commune du Creusot le 26 mars 1871 au balcon de l’Hôtel de Ville. Le 27 mars, le gouvernement versaillais fait occuper militairement la ville. A écrit : Mémoires d’un militant ouvrier du Creusot (1841-1905)

 

Jules Dumesnil (1805-1895) : Avocat, juriste, maire, conseiller général, sénateur.

 

Jules Dumesnil-Marigny (1810-1885) : Economiste et publiciste. Membre de l’Internationale en 1865.

 

Désirée Dumont : Communarde.

 

Eugène Edmond Dupas (1820- ?) : Pharmacien. Membre de l’Internationale. Il fit fonction de médecin pendant la Commune. Il fut condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée en 1872 et amnistié en 1879.

 

Eugène Dupont (1831-1881) : Facteur d’instruments de musique. Membre du Conseil Général de l’Internationale.

 

Clovis Joseph Dupont (1830-1902) : Ouvrier vannier. Adhère à l’Internationale. Membre du Comité exécutif de la Garde nationale. Il est élu au Conseil de la Commune. Il siège à la commission du Travail et de l’Echange. Il vote pour la création du Comité de salut public. « Majoritaire ». Condamné à vint ans de travaux forcés, il se réfugie en Angleterre.

 

Jean Martial Anthime Dupont (1841-vers 1890) : Employé de banque à Paris. Lors du soulèvement du 18 mars 1871, il est nommé commissaire de police de l’Hôtel de Ville de Paris, puis le 23 mars chef de la police municipale. Aux élections complémentaires du 16 avril il est élu au Conseil de la Commune et siège à la commission de Sûreté générale. Il vote pour la création du Comité de salut public. Il avait réussi à passer en Angleterre en 1871 ; mais étant revenu en France l’année suivante, il fut arrêté, condamné aux travaux forcés et ne fut libéré qu’après l’amnistie.

 

Armand Duportal (1814-1887) : Fondateur du journal L’Emancipation (1848), déporté du 2 décembre 1851, préfet de la Haute-Garonne (Toulouse) le 4 septembre 1870, il dirige l’éphémère insurrection communaliste de mars 1871, est arrêté, mais acquitté par la cour d’assises de Pau.

 

Durand : Franc-maçon. Garant d’amitié de la Loge le B.°. de Marseille.

 

Docteur Durand : Commune de Lyon.

 

Jacques Louis Durand (1817-1871) : Ouvrier cordonnier. Militant syndicaliste. Il signe le manifeste de l’Association internationale des travailleurs contre la guerre franco-prussienne de 1870. Il démissionne du Comité central de la Garde nationale le 15 mars. Le 16 avril 1871, lors d’élections partielles, il est élu au Conseil de la Commune et siège à la commission de la Justice. Il vote pour le Comité de salut public. Partisan de la majorité. Fusillé à Paris le 25 mai 1871.

 

N. Durassier : Colonel sous la Commune, commanda le fort de Vanves en mai. Mortellement blessé, il rendit le dernier soupir à l’hôpital de Versailles.

 

Barthélémy Durbize (1824-1875) : Teneur de livres. Actif à la Commune de Saint-Etienne. Il fut membre du comité révolutionnaire qui s’installa, le 25 mars, à l’Hôtel de Ville.

 

Angèle Durut : Communarde.

 

Dutil : Membre du Comité central de la Garde nationale.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:41

Alexis Clerc : Jésuite fusillé le 24 mai 1871, avec l’archevêque de Paris Georges Darboy, par ordre de la Commune de Paris

 

Jules Clère (1850- ?) : A publié en 1872 : Les hommes de la Commune. Biographie complète de tous ses membres.

 

Justin Clinchant (1820-1881) : Général Versaillais. Il reçoit le commandement du 5° corps d’armée chargé de liquider la Commune de Paris. En reconnaissance des services rendus, le gouvernement d’Adolphe Thiers le nomma gouverneur militaire de Paris, poste qu’il devait conserver jusqu’à sa mort en 1881. Républicain, à l’inverse de Cissey, il empêcha son corps d’armée de procéder à des exécutions de masse.

 

Gustave Paul Cluseret (1823-1900) : Général. Sorti de Saint-Cyr, il prit part en 1848 à la répression des émeutes de juin ; ultérieurement, il combattit en Crimée, puis à la guerre des Deux-Siciles sous la conduite de Garibaldi, enfin à la guerre de Sécession, avec les nordistes, où il fut nommé général aux Etats-Unis. Membre reconnu de l’Internationale. Délégué à la guerre, ce qui fait de lui le chef de toutes les armées communalistes. Elu au Conseil de la Commune le 16 avril. La Commune lui confia le 3 avril la direction de la guerre. Mais quelques semaines plus tard, il fut accusé de trahison et incarcéré à Mazas. Remplacé par Louis Rossel le 1° mai. Acquitté le 21 mai, trois jours après il réussit à s’enfuir et gagna les Etats-Unis, tandis que le 3° Conseil de guerre le condamnait à mort par contumace. Rentré en France après l’amnistie, il fut élu député de Toulon en 1888. Il évolua dès lors vers le nationalisme et, lors de l’Affaire Dreyfus, prit parti contre les révisionnistes. A publié en 1887-1888 : Mémoires du général Cluseret.

Député boulangiste du Var. Antisémite militant. En 1887, il entraîne une partie des blanquistes dans une alliance avec la Ligue des Patriotes de Déroulède. Collaborateur du journal antisémite de Drumont, La Libre parole. Antidreyfusard. En 1885, avec d’autres députés d’extrême gauche, il dépose un projet de loi de limitation du droit des naturalisés. En 1896, il dépose un projet de loi de limitation du droit au travail pour les étrangers. En 1899, il fait partie des 198 députés qui demandent au gouvernement « quelles mesures il comptait prendre pour arrêter la prédominance des juifs dans les diverses branches de l’administration française ». Opposant, comme Louise Michel, au suffrage universel. « La résultante logique, fatale, de la situation faite par le suffrage universel au prolétariat est son effacement » (Cluseret, Mémoires).

 

François Coignet (1814-1888) : Industriel de Lyon. Fouriériste.

 

Jean Claude Colfavru (1820-1891) : Avocat. En 1848, il participe à la campagne des banquets et devient rédacteur en chef du journal d’extrême-gauche Le Père Duchesne. Elu député le 28 avril 1850. Le 1° juillet 1850, il est reçu apprenti dans la loge parisienne « Saint-Vincent-de-Paul ». Maître le 21 février 1863, il devient en 1868 vénérable de la Loge « Le Travail ». Durant le conflit franco-allemand, il est élu commandant du 85° bataillon de la garde nationale de Paris. Il refuse d’adhérer à la Commune. De retour en France en 1880, il est membre d’honneur de la loge « Les Amis de la Patrie », vénérable fondateur de la « Constante Amitié », sis à Paris. En 1890, au sein du Grand Orient, il conduit l’épuration anti boulangiste.

 

Joseph Collet : Journaliste. Membre du Conseil Général de l’Internationale.

 

Noémie Colleville : Communarde. Membre du Comité central des citoyennes.

 

Thérèse Collin : Chaussonnière. Communarde. Membre de l’Union des Femmes (2° ou 15° arrondissement ?).

 

Lucien Louis Joseph Combatz (1837-1887) : Journaliste. Membre du Comité central de la Garde nationale. Nommé le 18 mars directeur du télégraphe, puis colonel de la VI° légion.

 

Amédée Benjamin Combault (1838, mort après 1884) : Joaillier. Membre du Conseil Général de l’AIT. Nommé par la Commune directeur général des Contributions directes.

 

Emile Justin Louis Combes (1835-1921) : Franc-maçon. Médecin. Président du Conseil, il mena la lutte contre les congrégations religieuses et fit fermer les écoles chrétiennes. Il avait été initié en 1868 par la loge de Barbezieux « Les Amis Réunis ».

 

Conduner : Franc-maçon. Loge des Acacias. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Victor Prosper Considérant (1808-1893) : Franc-maçon. Philosophe, économiste, polytechnicien. Penseur fouriériste, qui s’est rangé aux côtés de la Commune. Durant la Commune, il publia La Paix en 24 heures dictée par Paris à Versailles. Adresse aux Parisiens. Il y prenait partie pour l’autonomie de Paris et pour la démocratie directe réalisée par la Commune.

 

Claude Anthime Corbon (1808-1891) : Nommé maire du XV° arrondissement le 4 septembre 1870 par le gouvernement de la Défense nationale, confirmé aux élections du 5 novembre 1870. Dans les premiers jours de la Commune, il s’efforce, au sein du Comité de Conciliation, de prévenir la guerre civile.

 

Jean Baptiste Corot (1796-1875): Peintre. En 1871, il donna 20000 francs aux pauvres de Paris, qui subissaient le siège des Prussiens.

 

Paul Cosnier (1808-1871) : Contre-amiral, commandeur de la Légion d’honneur, brièvement préfet des Bouches-du-Rhône le 27 février 1871. A ce dernier poste, il tente en vain de rallier la garde nationale contre la Commune de Marseille. Lorsque la préfecture est envahie le 23 mars 1871, Cosnier résigne ses fonctions. Gaston Crémieux tente d’obtenir sa libération mais la foule la lui refuse. Sa défection lui est ultérieurement reprochée par les autorités versaillaises et il se suicide le 3 juillet suivant. .

 

Reine Cottin : Communarde.

 

Gustave Courbet (1819-1877) : Peintre réaliste. Elu de la Commune accusé d’avoir fait renverser la Colonne de Vendôme. Président de la commission des musées et délégué aux Beaux-arts, ainsi que président de la Fédération des Artistes. Elu au Conseil de la Commune le 16 avril, remplaçant le docteur Robinet, démissionnaire. Il siège à la commission de l’Enseignement et vote contre la création du Comité de salut public. Il signe le manifeste de la Minorité. Proudhonien. Traduit en justice, les Versaillais l’accusent, entre autres, d’avoir détruit la colonne Vendôme, symbole du militarisme. Il est condamné à six de prison et à une énorme amende. Il émigre en Suisse, et y reste jusqu’à sa mort.

 

Angelina Courcelles : Communarde.

 

Frédéric Constant Etienne Cournet (1837-1885) : Employé. Chef d’un bataillon de la Garde nationale. Le 8 février 1871, il est élu député de Paris à l’Assemblée nationale. Elu au Conseil de la Commune le 26 mars 1871, il démissionne de sa fonction de député. Il est membre de la commission de Sûreté générale et de la commission exécutive 3 avril, puis de la commission de la Guerre le 15 mai. Le 24 avril, il devient délégué à la Sûreté générale. Il vote pour la création du Comité de Salut public. Blanquiste.

 

Joséphine Courtois, veuve Delettra (née en 1820) : Couturière. A déjà combattu à Lyon en 1848, où on l’avait surnommée « la reine des barricades ». Elle a fréquenté les clubs de la Boule Noire et de l’église Saint-Bernard. Armée d’un fusil, une écharpe rouge sur sa jupe, elle réquisitionne les tonneaux vides du sieur Galliet pour construire la barricade à l’angle de la rue Doudeauville et de la rue Stephenson. Elle distribue des cartouches et en fait même porter aux combattants par sa petite fille. Condamnée à 20 ans de réclusion.

 

Ernest Louis Octave Courtot de Cissey (1810-1882) : Général qui prend part à la répression de la Commune. Plusieurs fois ministre de la Guerre après 1871. Sénateur inamovible en 1876.

 

Courty : Commerçant du III° arrondissement de Paris. Le 6 février 1871, à son initiative, une assemblé générale de la Garde nationale réunie au Cirque d’Hiver donne mandat à son bureau de convoquer rapidement les délégués d’arrondissement de la Garde nationale.

 

Isaac-Jacob Crémieux, plus connu sous le nom d’Adolphe Crémieux (1796-1880) : Franc-maçon. Avocat. Membre du gouvernement de la Défense nationale, du 4 septembre 1870 au 17 février 1871, comme Ministre de la Justice. Initié en 1818, à la loge du Bienfait anonyme (à Nîmes), qui dépendait du Grand Orient de France. En 1860, il quitte le Grand Orient de France pour le Suprême Conseil de France, dont il devient le Souverain Grand Commandeur en 1869. Il demeure Grand Commandeur jusqu’en 1890.

 

Louis Gaston Isaac Crémieux (1836-1871) : Franc-maçon. Avocat, journaliste et écrivain. Fusillé par les Versaillais pour sa participation à la Commune de Marseille le 30 novembre dans les jardins du Pharo, en ordonnant lui-même son exécution. Il prie les soldats, par respect pour ses parents, de ne pas viser au visage. Ses derniers mots sont : « Visez la poitrine. Ne frappez pas la tête. Feu ! Vive la Répu (blique)… ». Ardent franc-maçon. Initié en 1862 au Grand Orient de France dans la loge La Réunion des Amis choisis. C’est l’époque où des francs-maçons blanquistes et républicains (alors jugés d’extrême gauche) tentent d’entraîner leurs Frères dans la voie de la lutte révolutionnaire, au service des valeurs de la République, démocratique et sociale. Ceux des Amis choisis fondent le 11 février 1868 un comité central d’initiative des loges comprenant dix commissaires : Barne, Brochier, Carriol, Chappuis, Crémieux, Pleuc, Dhionnet, Massip, Rouvier et Adolphe Royannez, Ainsi qu’une caisse centrale de secours.

C’est Crémieux qui a utilisé, le 13 février 1871, la formule : « Majorité rurale, honte de la France ! » pour qualifier l’Assemblée particulièrement réactionnaire, composée de notables légitimistes et orléanistes.

Le 13 décembre les loges des amis choisis et de la parfaite union font part de leur douleur devant l’exécution de leur ancien vénérable.

 

François-Camille Cron (1836-1902) : Publication des Mémoires de François-Camille Cron (1836-1902), déporté de la Commune en Nouvelle-Calédonie.

 

D

 

Eugène François Da Costa (1818-1888) : Professeur de mathématiques. Fait Partie de la commission pour l’organisation de l’Enseignement, avec André, Manier Rama et Sanglier. Ses quatre fils servirent la Commune.

 

Gaston Pierre Dacosta ou Da Costa (1850-1909) : Blanquiste. Pédagogue. Substitut du Procureur Raoul Rigault qui assurait la direction de la police, il participe aux événements de la capitale jusqu’à la chute des insurgés. Condamné à mort en 1872, certaines sources indiquent qu’il aurait tenté de faire fléchir ses juges en dénonçant certains de ses camarades. En janvier 1873, Da Costa voit sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité au bagne de Nouvelle-Calédonie où il est envoyé aussitôt, sur l’île Nou. En 1889, proche des boulangistes de gauche. Publie en 1904 ses souvenirs en trois tomes, « La Commune vécue. 18 mars-28 mai 1871 ».

Il relance après son amnistie le journal blanquiste Ni Dieu Ni Maître. En 1895, candidat aux municipales à Grenelle, sous une étiquette « socialiste anticléricale et anti-internationaliste », puis en 1896, comme candidat « socialiste nationaliste ». Antidreyfusard libre-penseur, membre du Parti Républicain Socialiste Français. Adversaire du suffrage universel : « A quel républicain d’éducation fera-t-on croire que les voix de cent, de mille, de cent mille imbéciles valent celle d’un citoyen éclairé ».

 

Madame Dauguet : « Pétroleuse ». Membre du Comité de Vigilance de Montmartre.

 

Aimé-Jules Dalou dit Jules Dalou (1838-1902) : Sculpteur. Officier au 83° bataillon des fédérés. Nommé par Gustave Courbet administrateur provisoire adjoint au musée du Louvre, au côté d’Henry Barbet de Jouy. Condamné par contumace à la déportation, il se réfugie à Londres, reprit son art et connut un succès rapide.

 

Francisco Salvador Daniel (1831-1871) : Musicologue et compositeur. Critique musical à La Lanterne de Rochefort. Pendant la Commune, il devient directeur du Conservatoire et sera fusillé par les Versaillais pendant la Semaine sanglante.

 

Georges Darboy (1813-1871) : Archevêque de Paris de 1863 à 1871. Exécuté par la Commune de paris le 24 mai 1871.

 

Colonel Dardelles : Commandant. Après le 18 mars 1871, gouverneur communard des Tuileries.

 

Christine Dargent : Communarde.

 

Alfred Louis Darimon (1817-1902) : Disciple de Proudhon, il devient son secrétaire et se lance dans le journalisme. Député en 1857, il se rapproche de l’empereur Napoléon III.

 

Alphonse Daudet (1840-1897) : Le 25 avril, alors que la Commune est proclamée, Daudet quitte Paris pour Champrosay. Il publie dans les journaux de Versailles des Lettres à un absent, reprises ensuite en volume (1871). Antisémite. En 1886, il prête de l’argent à Edouard Drumont, futur fondateur de la Ligue antisémitique de France, pour permettre à, ce dernier de publier à son compte un violent pamphlet : La France juive. Antidreyfusard.

 

Honoré Daumier (1808-1879) : Graveur, caricaturiste, peintre et sculpteur.

 

Jérôme Frédéric Paul, baron David (1823-1882) : Officier et journaliste.  Dernier gouvernement de Napoléon III. Ministre de l’agriculture et du commerce.

 

Hortense David : Brossière. Vêtue d’un uniforme de la Marine, elle tirait au canon à la barricade de la rue Royale. Son adresse et son courage lui valurent d’être portée en triomphe par ses camarades à l’Hôtel de Ville.

 

Judith David : Communarde.

 

Marie Davier : Communarde.

 

De Baumont : Franc-maçon. Loge de la Tolérance. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Louis Guillaume Debock (1822-1891 ou 1892) : Ouvrier typographe, poète, syndicaliste. Membre de l’Association internationale des travailleurs. Directeur de l’Imprimerie nationale sous la Commune.

 

De Bouteiller : Membre du Conseil de la Commune (XVI° arrondissement).

 

Louis Benoni Decamps (1831-1873) : Ouvrier couvreur. Servit dans l’artillerie de la Garde nationale. En mai, membre de l’état-major d’Eudes. Exécuté à Satory le 22 janvier 1873.

 

Blanche de Gorby (ou de Corbie) : Communarde.

 

Gaspard Deguerry : Curé de la Madeleine fusillé le 24 mai 1871, avec l’archevêque de Paris Georges Darboy, par ordre de la Commune de Paris.

 

Eugène Delacroix (1798-1863) : Peintre.

 

Delarey : Ministre aux Travaux publics dans le gouvernement Thiers.

 

Palmyre Thierry, veuve Delcambre : Cantinière aux Volontaires de Montrouge ; dont son amant fait partie.

 

Louis Charles Delescluze (1809-1871) : Journaliste. Militant républicain depuis 1830. Maire du 19° arrondissement de Paris en 1870. Elu le 8 février 1871 par un vote massif à l’Assemblée nationale. Le 26 mars, élu membre du Conseil de la Commune, il donne sa démission de député. Il est membre de la commission des Relations extérieures, de la commission exécutive le 4 avril et à celle de la Guerre le 11 mai. Le 9 mai 1871, il devient membre du Comité de Salut public. Il se fit tuer sur les barricades le 25 mai 1871.

 

Odilon Delimal (1835-1888) : Journaliste. Rédacteur en chef du journal Le Vengeur, dont le directeur politique est Félix Pyat.

 

Paul Délion, pseudonyme de Paul Bourde (1851-1914) : Membre du Comité central de la Commune. Journaliste au Temps. A publié en 1871 : Les membres de la Commune et du comité central. Ami de collège d'Arthur Rimbaud. Il a réintroduit la culture de l'olivier en Tunisie. Un buste le représentant est installé à l'entrée de la commune, à une croisée de chemins. Correspondant au journal "Le Temps"" (l'ancêtre du "Monde"),"), Paul Bourde a beaucoup écrit. Outre ses récits de voyages (ex : De Paris au Tonkin, publié en 1885), il a beaucoup écrit sur la Révolution et la période napoléonienne. Il est également auteur de pièces de théâtre.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:39

Paul Magloire Antoine Brunelle, dit Paul Antoine Brunel (1830-1904) : Officier. Il prend part au soulèvement blanquiste du 31 octobre 1870, contre le gouvernement de la défense nationale. Nommé le 24 mars 1871 général de la Commune, en même temps qu’Emile Eudes et Emile Victor Duval. Elu au Conseil de la Commune le 26 mars. Nommé général, il combattit avec bravoure jusqu’à l’écroulement final et fut blessé au Château d’eau. Il réussit cependant à passer la frontière et trouva un poste à l’Ecole navale de Darmouth. Rentré en France après l’amnistie. .

 

Budaille : Franc-maçon. De la Loge des Amis de la Paix. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Urbain Roucoux dit Paul Burani (1845-1901) : Auteur dramatique, comédien, chansonnier et librettiste. Il organise des représentations théâtrales pendant le siège de Paris en 1870.

 

Marie Bure : Frangeuse à la Guillotière, tuée à 50 ans lors de la barricade de la Grand rue de la Guillotière, le 1° mai 1871.

 

Philippe Burty (1830-1890) : Critique d’art. Ami de Goncourt.

 

Julien Henry Busson Billault (1823-1888): Avocat. Dernier gouvernement de Napoléon III comme ministre-président du Conseil d’Etat.

 

C

 

Cadaze : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Gustave François Louis Calvinhac (1849-1902) : Le 28 mars 1871, il signa la déclaration suivante : « Les délégués de l’Algérie déclarent, au nom de tous leurs commettants, adhérer de la façon la plus absolue à la Commune de Paris ». Orateur très écouté durant la Commune du club Séraphin.

 

Zéphyrin Rémy Camélinat (1840-1932) : Ouvrier bronzeur et ciseleur. Employé par Charles Garnier à l’Opéra. Lors de la Commune de 1871, il se voit confier l’organisation de la poste, puis il est nommé directeur de la Monnaie de Paris. Ami de Pierre-Joseph Proudhon. Fondateur de l’AIT, un des quinze membres de sa commission administrative. Un des dirigeants de la section parisienne de la 1° Internationale. En septembre 1871, il réussit à passer en Angleterre et fut condamné l’année suivante à la déportation dans une enceinte fortifiée. Après l’amnistie, il rentre en France et fut élu député en 1885. En 1920, il adhéra au Parti Communiste. Devient candidat aux élections présidentielles en 1924.

 

François Jean Félix Cantagrel (1810-1887) : Franc-maçon. Radical. Disciple de Fourier. Il n’appartient pas à la Commune, dont il fut tout au plus sympathisant. Elu conseiller municipal dès juillet 1871 et député de Paris en 1876.

 

Claude Romain Capellaro (1826-1899) : Sculpteur. Servi dans la Garde nationale et fut délégué au Comité central. Il appartint à la commission qui fit brûler la guillotine.

 

Adolphe Joseph Vital Carcassonne (1826-1894) : Elu conseiller municipal de Marseille le 28 août 1870, il adhéra à la Ligue du midi, entra à son Comité central et fut commissaire général des Bouches-du-Rhône. Lors du soulèvement du 1° novembre, il fut élu président de la commission révolutionnaire de Marseille et lança l’idée de taxer les riches.

 

François Caria : Déporté à l’île Nou.

 

Etienne Carjat (1828-1906) : Célèbre photographe, journaliste, caricaturiste. . Ami de Vallès. Il collabora au journal La Commune. Proche de Courbet, en 1871 il apporte son soutien à la Commune et publie des poèmes politiques dans le journal La Commune.

 

Lazare Hyppolite Carnot (1801-1888) : Franc-maçon, initié dans la loge Les Amis Incorruptibles en 1840. Fils cadet de Lazare Carnot. Ministre de l’Instruction publique du Gouvernement provisoire en 1848. Maire du 8° arrondissement de Paris après le 4 décembre 1870. Elu député en février 1871. Sénateur à partir de 1875.

 

Marie François Sadi Carnot (1837-1894) : Franc-maçon. Président de la République du 3 décembre 1887 au 25 juin 1894, date de son assassinat. Initié dans la loge « les Amis Incorruptibles ».

 

Cartier : « Pétroleuse ».

 

Cartoux : Commune de Marseille. La préfecture est investie et les autorités destituées. Le préfet Paul Cosnier est fait prisonnier, le maire démissionné, Espivent en fuite est remplacé par un de ses seconds. Présidée par Crémieux, la commission départementale prend la place du préfet; elle comprend 12 membres : des Radicaux (Job et Étienne), des membres de l'Internationale (Alérini), de la Garde nationale (Bouchet, Cartoux), et trois délégués du Conseil municipal. L'insurrection victorieuse, Crémieux déclare du haut du balcon de l'Hôtel départemental la solidarité de Marseille avec Paris, appelle la population à maintenir l'ordre et prône la réconciliation. La Commune marseillaise durera quinze jours.

 

Castioni : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Joannès Caton (1849-1914) : Militant qui a participé à la Commune de Saint-Etienne en 1871. En septembre 1870, il fut secrétaire de l’actif comité de la rue de la Vigne, comité qui organisa en mars 1871 la prise de l’Hôtel de Ville. Il fut pendant un jour de fonction secrétaire du comité d’administration de la ville. A écrit dans 26 cahiers d’écolier, un Journal d’un déporté de la Commune à l’île des Pins.

 

Gaston Caulet de Tayac (1840-1877) : Homme de lettres. A la fin du Second Empire, il entre dans l’équipe du Cri du peuple. Il participa à la guerre contre la Prusse dans un régiment de zouaves, et après la proclamation de la Commune, devint commissaire spécial du cabinet de Raoul Rigault.

 

Georges Louis Marie Alexandre Cavalier, dit Pipe en Bois (1842-1878) : Ami de Vallès. Entre à l’école des Mines. Il collabore à des journaux d’opposition pendant l’Empire : le Citoyen, la Marseillaise, la Montagne, la Rue. Rentré à Paris le 19 mars, il se range aux côtés de la Commune, qui, le 7 avril, le nomme Directeur de la voie publique ou Ingénieur des voies et promenades publiques.

 

Louis Eugène Cavaignac (1802-1857) : Général. Gouverneur d’Algérie (1848), puis président du Conseil des ministres chargé du pouvoir exécutif durant l’année 1848. Le 23 juin 1848 commence une révolution par les partisans de la République démocratique et sociale à Paris (Journées de Juin). Après plusieurs jours d’une lutte acharnée (24, 25 et 26 juin), qui fit 1600 tués côté gouvernement et entre 3000 et 5000 morts du côté de l’insurrection, Cavaignac parvient à prendre le contrôle. Ces journées ont été une préparation de la Commune. A ces 3000 à 5000 morts s’ajoutent environ 1500 fusillés sans jugement ; il y a 25000 arrestations et 11000 condamnations à la prison ou à la déportation en Algérie.

 

Robert Caze (1853-1886) : Ecrivain, poète et romancier naturaliste. Décédé le 28 mars 1886 des suites d’un duel contre Charles Vignier (1863-1934). Journaliste, il collabora à diverses feuilles d’opposition à l’Empire. En 1870-1871, il prend part à la Commune aux côtés de Paschal Grousset qui l’attacha au ministère des Affaires étrangères.

 

Claude Edme Chabert (1818-1890) : Ouvrier graveur sur métaux. Un des premiers français à adhérer à l’Internationale.

 

Louis Denis Chalain (1845-1885) : Franc-maçon. Ouvrier tourneur. Il adhère à l’AIT en 1870. Elu au Conseil de la Commune, il est membre de la commission de Sûreté générale, et de celle du Travail et de l’Echange. Condamné à mort par contumace, rentré en France après 1880.

 

Paul Armand Challemel-Lacour (1827-1896) : Enseignant de philosophie. Nommé préfet du Rhône par le gouvernement de la Défense nationale en septembre 1870, il réprime le soulèvement révolutionnaire à Lyon. Le 6 novembre 1870, il dissout le Comité central fédératif et arrête 32 de ses membres. Il sera ministre de Jules Ferry et président du Sénat.

 

Léodile Champseix : Voir André Léo.

 

Henri Jean Louis Champy (1846-1902) : Ouvrier coutelier. Il est membre du 203° bataillon de la garde nationale pendant le siège de Paris par les Allemands (septembre 1870-mars 1871). Il est élu au Conseil de Commune et fait partie de la commission des Subsistances. Parti de la Majorité. Proscrit de retour en 1880, il crée en 1882 la Solidarité des proscrits de 1871. Son nom change plusieurs fois : Solidarité des militants de 1871 en 1884, puis Société fraternelle des anciens combattants de la Commune en 1889.

 

Antoine Alfred Eugène Chanzy (1823-1883) : Général. A Versailles, il se range avec les républicains modérés et siège au centre gauche. Il devient maire adjoint de Paris en septembre 1870, après la chute du Second Empire. En tant que tel, il ordonne le 23 janvier 1871 de tirer sur la foule à l’Hôtel de Ville, celle-ci s’opposant à la décision du gouvernement de Défense nationale d’offrir aux Prussiens la capitulation de Paris. Cela lui vaut son arrestation par les Communards le 14 avril 1871 ; il est menacé d'exécution, puis libéré. À Versailles, il se range avec les républicains modérés et siège au centre-gauche. Puis il est nommé sénateur.

 

Pierre Charbonneau : Ebéniste. Membre de la direction parisienne de la section de l’Internationale.

 

Jean Baptiste Chardon (1839-1898) : Ouvrier chaudronnier. Pendant le siège de Paris par les Allemands (septembre 1870-mars 1871), il est capitaine en second du 133° bataillon de la Garde nationale, avec lequel il lance l’assaut contre l’Hôtel de Ville de Paris lors de la journée du 31 octobre contre la politique jugée capitularde du gouvernement de la Défense nationale. En novembre 1870, il adhère à l’Association internationale des travailleurs (tendance blanquiste). Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune et il est membre de la commission de la Guerre, puis de celle de la Sûreté générale (5 avril). Condamné à mort par contumace, réfugié en Suisse, où il ouvre un restaurant.

 

Georges Charpentier (1846-1905) : Editeur, notamment des naturalistes (Zola, Flaubert et Maupassant).

 

Joseph Charlemont  (1839-1918): Maître d’armes et entraîneur de boxe française, il s’engage activement aux côtés de la Commune.

 

Charles Louis Chassin (1831-1901) : Journaliste. Militant de l’Internationale, chef de la section de Villefranche (1867). Après l’armistice, il se rendit à Bordeaux, où la police l’arrête dès le 18 mars, de telle sorte qu’il demeura en prison pendant toute la Commune.

 

Eugène Pierre Amable Chatelain (1829-1902) : Ouvrier ciseleur. A écrit en 1871 la chanson Vive la Commune.

 

Alexandre Chatrian (1826-1890) : Initié franc-maçon, en 1875, à la loge « Alsace-Lorraine » de Paris. En collaboration avec Erckmann, auteurs de romans se rapportant à l’Alsace. Le plus célèbre est L’Ami Fritz.

 

Ange Gustave Chaudey (1817-1871) : Magistrat et journaliste. Il a été rédacteur en chef du journal républicain Le Siècle. Légataire de Proudhon et membre de l’Internationale. Il devient maire-adjoint du 9° arrondissement de Paris en septembre 1870, après la chute de l’Empire (maire : Jules Ferry). En tant que tel, il ordonne le 22 janvier 1871 à la troupe de tirer sur la foule à l’Hôtel de Ville. Cela lui vaut son arrestation le 14 avril 1871 par les Communards, puis son exécution le 23 mai 1871, sur ordre du procureur de la Commune Raoul Rigault.

 

Emile Chautemps (1850-1918) : Président du Conseil municipal de Paris, député de la Seine (1889-1897), puis député et sénateur de Haute-Savoie (1897-1918, deux fois ministre, en 1895 et 1914. Il est initié en 1890 à « Isis-Montyon » et a fréquenté diverses loges : « L’Amitié », « Cosmos 288 ».

 

Chevalot : Communard. Membre du comité de Vigilance.

 

Julien Théophile Henri Chevreau (1823-1903) : S’attacha à la fortune de Louis Napoléon Bonaparte. Dernier gouvernement de Napoléon III comme ministre de l’Intérieur.

 

Marie Augustine Chiffon, née Gaboriaud (1835- ?) : Lingère. Félix Pyat la décrit comme une Louise Michel inconnue, plus peuple et non lettrée. Des rapports de Versailles mentionnent qu’on la surnomme « la capitaine » et que « ceinte d’une écharpe rouge et d’un revolver », elle encourage les fédérés à se battre durant la Semaine sanglante. « Compagne » d’un tailleur de pierre, Jules Chiffon, capitaine au 121° Bataillon. Elle entraîne son compagnon aux barricades du pont d’Austerlitz et du boulevard Mazas, organise une ambulance et introduit les Fédérés dans une maison pour défendre la barricade de l’avenue Daumesnil. Condamnée à 20 ans de travaux forcés.

 

Adèle Chignon : Combattante de 1848. S’est battue sur la barricade du Panthéon.

 

Charles Chincholle (1845-1902) : Ecrivain et biographe. Journaliste au Figaro. A écrit en 1885 : Les survivants de la Commune.

 

Henri Chouteau (1834-1896) : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Amilcare Cipriani (1843-1918) : Patriote italien. Chef d’état-major de la Commune.

 

Léon Alpinien Cladel (1834-1892) : Romancier naturaliste et nouvelliste. S’il a vécu de près la période de la Commune (mars 1871-mai 1871), il n’y joue pas un rôle prépondérant, mais il manque cependant d’être fusillé comme suspect par les hommes de Thiers. Cette période de la Commune est présente dans un grand nombre de ses œuvres : Trois fois maudites (1876), Les Va-nu-pieds (1883), Urbains et Ruraux (1890), mais surtout I.N.R.I. (1887).

 

Aristide Jean dit Régis Claris (1843-1906) : Collaborateur de Blanqui dans le journal La Patrie en danger. Signataire de l’Affiche rouge. Tridon le fit nommer chef de bureau de la presse parisienne au ministère de l’Intérieur.

 

Hyppolite Adolphe Clémence dit Roussel (1838-1889) : Ouvrier relieur. Petit-fils d’un babouviste. Il adhère à l’Association Internationale des travailleurs et collabore à La tribune ouvrière, organe de la section française de l’AIT. Membre du Comité central de la Garde nationale. Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune et il est membre de la commission de la Justice. Membre de la Minorité, il vote contre la création du Comité de Salut public. Condamné à mort par contumace.

 

Georges Clemenceau (1841-1929) : S’éleva contre l’amnistie, ensuite conciliateur. Maire du 18° arrondissement de Paris en 1870.

 

Jean-Baptiste Clément (1836-1903) : Franc-maçon. Initié à la Loge « Les Rénovateurs », du Grand Orient de France, le 28 octobre 1898 à Clichy, qui lui confère les grades de compagnon et de maître. Il s’affilia, le 10 janvier 1900, à la loge « L’Evolution sociale » à Paris, où il passa Compagnon et Maître le même jour, le 6 juillet 1901. Chansonnier. Le Temps des Cerises (1866) est considéré comme l’hymne de la Commune, que les communards sifflaient sur les barricades. Membre du Conseil de la Commune. Membre de la Commission des Services publics, il dirige les ateliers de munitions. Adversaire déclaré de l’Eglise. Adhère à la Majorité. A écrit en 1886-1887 : La revanche des communeux. Il passa en Suisse et rentra en France après l’amnistie.

 

Emile Léopold Clément (1826-1881) : Ouvrier cordonnier. Il fut souvent emprisonné sous le Second Empire en raison de ses activités dans des sociétés secrètes. On le soupçonne d’être devenu un indicateur de la police pour obtenir sa libération. Il est élu au Conseil de la Commune et fait partie de la commission des Subsistances, puis de la commission de la Sûreté générale (13 mai). Il vote pour la création du Comité de salut public. Il est arrêté le 19 mai après la révélation de ses activités suspectes sous l’Empire.

 

Victor Clément (1824- ? date postérieure à 1871) : Ouvrier teinturier. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune et siège dans la commission des Finances. Le 23 avril, il est chargé de visiter les prisons. Il vote contre la création du Comité de salut public.

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:37

 

Louise Frédérique Noël, femme Bonnefoy (née en 1827) : Couturière en ombrelles. Condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation civique.

 

Théodore Jacques Bonvalet : Maire du 3° arrondissement de Paris en 1870. Le créateur du plat du jour est Pierre Fraysse, un cuisinier natif de Sète, qui, de retour des États-Unis, ouvrit, en 1854, un restaurant dénommé Chez Peter's. Son établissement est entré dans les annales de la gastronomie pour avoir accommodé et servi les animaux du zoo de Vincennes lors du siège de Paris à Théodore Jacques Bonvalet, nouvellement élu maire du 3e arrondissement de Paris, lors du réveillon de 1870, et pour avoir inventé le homard à l'américaine.

 

Rosa (ou Rosaline) Bordas de son vrai nom Rosalie Martin, dite La Bordas (1840-1901) : Chanteuse populaire. Rosa Bordas est née à Monteux le 26 février 1840. C'est une des premières interprètes féminines de la chanson française populaire, avec Amiati. Elle vivait avec sa mère qui tenait une auberge cabaret. Elle rencontra son époux lors d'une fête, il était guitariste chanteur et lui apprit la musique. Son succès fut rapide et devint vite national. Elle s'illustra à Paris pendant les événements de la Commune. Rendue célèbre dans Paris en chantant la Canaille au lendemain de l’assassinat de Victor Noir. Décédée le 30 mai 1901, elle fut enterrée à Monteux. Frédéric Mistral lui consacre un chapitre entier dans son ouvrage Memòri e Raconte (Mémoires et récits). De son vrai nom Rosalie Martin, dite Rosa Bordas ou tout simplement La Bordas, ou «la Rachel du peuple», elle avait, lors de la déclaration de la guerre en 1870, chanté « La Marseillaise » un drapeau à la main.

 

Victor Bosc : Commune de Marseille. Le 7  août  1870, cette première insurrection populaire avec à sa tête Gaston Crémieux, Émile Bouchet, Maurice Rouvier et Gustave Naquet prend d'assaut la préfecture. Le soir même, ces radicaux se réunissent rue Vacon avec les socialistes, forment un comité d'action, et le lendemain, ils prennent d'assaut la mairie, installant un comité révolutionnaire, formé par Crémieux, Paul Giraud, Clovis Hugues, Félix Granet, Cabasse, un employé de mairie : Joseph Tardif, les journaliste Auguste Sorbier et Armand Elbert, les internationalistes Charles Alerini, Étienne-Louis Combes, Victor Bosc (des Catalans), Philibert Gilbert, Frédéric Bordes, Auguste Conteville et Célestin Matheron. Se joignent à eux un entrepreneur : Félix Debray, un cordonnier : Joseph Maviel, un maçon : Esprit Tourniaire et un employé : Eugène Barthélémy.

Ce premier mouvement sera sévèrement réprimé par l'administration locale, fidèle aux lois impériales. Arrêtés les « factieux » sont emprisonnés dans un cachot du fort Saint-Jean. Le 27 août, un conseil de guerre statue sur le sort des meneurs et les condamne à passer quelques mois de prison à Saint-Pierre. Pierre Bernard, Tardif, Barthélémy et Giraud écopent d'un mois ; Tourniaire de trois ; Crémieux, Combe, Bosc et Sorbier de six ; Bordes de huit ; Conteville, Gilbert, Debray et Maviel, d'un an.

Le 4 septembre 1870, jour de la proclamation de la République, les tire de leurs geôles ; Gambetta confirme l'ordre de les libérer tandis qu'une foule imposante va à la rencontre des prisonniers dans la nuit. Le même jour, le nouveau chef du gouvernement nomme Alphonse Esquiros administrateur supérieur des Bouches-du-Rhône ; Adolphe Carcassonne est nommé président de cette première commune ; le drapeau tricolore est hissé sur la mairie. Le 7 septembre, Crémieux accueille Esquiros à la gare Saint-Charles et l'accompagne à la préfecture.

 

Paul Emile Bouchet (1840-1918) : Avocat. Il participa aux premiers soubresauts de la Commune de Marseille dès le 8 novembre 1870. Il est nommé substitut du procureur de la république le 4 septembre et abandonne ses fonctions lors de l’insurrection de mars. Lié à Gaston Crémieux, il est compromis avec le pouvoir insurrectionnel. Emprisonné pendant trois mois, il est acquitté mais interdit de barreau. Député.

 

Etienne Boudin (1828-1872) : Capitaine adjoint du Palais des Tuileries, fusillé à Satory par les Versaillais le 16 février 1872.

 

Casimir Dominique Bouis (1841-1916) : Rédacteur du Cri du peuple (journal de 1871). Un des rédacteurs du Cri du Peuple (tiré à 50000, 80000, voire 100000 exemplaires pour 18 numéros du 22 février au 12 mars 1871 et 65 numéros du 21 mars au 23 mai 1871). Disciple de Blanqui. Il a été parmi les signataires de l’Affiche rouge le 7 janvier 1871.

 

Bouit : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Eugénie Boulanger : Communarde.

 

Georges Ernest Jean Marie Boulanger (1837-1891) : Officier général. Il participe à la répression de la Commune de Paris à la tête du 114° régiment d’infanterie de ligne. Chef du mouvement boulangiste.

Le boulangisme est un rassemblement national et socialiste sous le nom du général Boulanger. Ministre de la Guerre en 1886, il devient, dans l’imagerie populaire, le « général Revanche ». En 1887, à l’appel d’Henri Rochefort, il se voit porté par une élection partielle de la Seine, ce qui le met dans une position politique. Renvoyé de l’armée, il entre à la Chambre des députés en 1888. Il est soutenu par la Ligue des Patriotes de Déroulède et par l’extrême gauche. Selon le socialiste Lafargue, gendre de Marx, dans une lettre à Engels du 27 mai 1888, « les socialistes entrevoient toute l’importance du mouvement boulangiste, qui est un véritable mouvement populaire, pouvant revêtir une forme socialiste si on le laisse se développer librement. ». Inquiété par le gouvernement, le général s’enfuit en Belgique. Il est poursuivi en 1889 pour complot et corruption.

 

Paul Bourde (1851-1914) : Journaliste. Lors de la guerre avec la Prusse, il s’est engagé dans la Garde nationale.

 

Antoine Marie Bourdon : Graveur. Membre de la direction parisienne des sections de l’Internationale.

 

Léon Bourgeois (1851-1925) : Homme politique, ministre et président du Conseil, un des promoteurs de la Société des Nations. Frère de la Loge de « la Bienfaisance Châlonnaise » dès 1894. Membre de la loge « la Sincérité » à Reims.

 

Pierre Bourgeois (1848-1871) : Sergent au 45° de ligne. Fusillé en même temps que Louis Rossel et Théophile Ferré au camp de Satory à Versailles le 28 novembre 1871. On lui reprochait d’être passé de l’armée régulière à l’armée fédérée.

 

Bourgouin : Capitaine. Communard. Tué en attaquant la barricade du pont de Neuilly.

 

Désiré Bourneville (1840-1909) : Médecin. En 1867, il collabore au Panthéon de l’industrie et des arts, fondé par Charles Delescluze. Pendant la guerre franco prussienne, il est nommé aide major au 160° bataillon de la garde nationale de la Seine, et demeure à son poste pendant la Commune. Le 21 janvier 1891, il est initié à la Loge « La Clémente Amitié » ; il ne dépasse pas le grade d’apprenti et devient honoraire le 21 novembre 1906. Militant crématiste.

 

Boursier : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Louise Boutin : Communarde.

 

Alexis Bouvier (1836-1892) : Romancier populaire et auteur dramatique. Ciseleur en bronze jusqu’en 1863.

Alexis BouvierLa Canaille

1863

Paroles : Alexis Bouvier. Musique : Joseph Darcier Editeur : Vieillot

Cette chanson a été rendue célèbre par la Commune de Paris en 1871.

Dans la vieille cité française
Existe une race de fer,
Dont l’âme comme une fournaise
A de son feu bronzé la chair.
Tous ses fils naissent sur la paille,
Pour palais, ils n’ont qu’un taudis.
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

Ce n’est pas le pilier du bagne ;
C’est l’honnête homme dont la main
Par la plume ou le marteau gagne,
En suant, son morceau de pain.
C’est le père, enfin, qui travaille
Les jours et quelquefois les nuits.
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

C’est l’artiste, c’est le bohème
Qui, sans souper, rime rêveur
Un sonnet à celle qu’il aime,
Trompant l’estomac par le cœur.
C’est à crédit qu’il fait ripaille,
Qu’il loge et qu’il a des habits.
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

C’est l’homme à la face terreuse,
Au corps maigre, à l’œil de hibou,
Au bras de fer à main nerveuse
Qui sortant d'on ne sait pas où,
Toujours avec esprit vous raille,
Se riant de votre mépris.
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

C’est l’enfant que la destinée
Force à rejeter ses haillons,
Quand sonne sa vingtième année,
Pour entrer dans nos bataillons.
Chair à canon de la bataille,
Toujours il succombe sans cris…
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

Ils fredonnaient la Marseillaise,
Nos pères, les vieux vagabonds,
Attaquant en quatre-vingt-treize
Les bastilles dont les canons
Défendaient la vieille muraille !
Que de trembleurs ont dit depuis :
« C’est la canaille ! »
Eh bien ! j’en suis !

Les uns travaillent par la plume,
Le front dégarni de cheveux.
Les autres martèlent l’enclume,
Et se soûlent pour être heureux ;
Car la misère, en sa tenaille,
Fait saigner leurs flancs amaigris...
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

Enfin, c’est une armée immense,
Vêtue en haillons, en sabots.
Mais qu’aujourd’hui la vieille France
Les appelle sous ses drapeaux,
On les verra dans la mitraille,
Ils feront dire aux ennemis :
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

 

Braleret : Candidat des républicains radicaux aux élections municipales de Paris du 30 juillet 1871.

 

Jules Louis Joseph Brame (1808-1878) : Avocat. Dernier gouvernement de Napoléon III comme ministre de l’Instruction publique.

 

Auguste Bruno Braquehais (1823-1875) : Photographe. Sourd-muet. C’est la commune de Paris, premier événement majeur en France à recevoir une couverture photographique, qui va le révéler. Quelques 140 clichés de la Commune, pour laquelle il avait fort certainement des sympathies.

 

Pierre Brelay (1817-1889) : Négociant en tissus. Adjoint au maire du 2° arrondissement de Paris en 1872. Député de l’Assemblée nationale le 8 février 1871, jusqu’en 1889.

 

Geneviève Breton : Jeune fille de la bourgeoisie restée à Paris sous la Commune, œuvrant à l’Ambulance internationale de la Croix-Rouge, hostile à l’insurrection, écrit dans son Journal intime : « 25 mai :…Le spectacle de ce matin, ces malades du parti vaincu croupissant, abandonnés, était  atroce et le chemin pour y arriver un dur martyre. Devant nos fenêtres, on arrêtait des individus et derrière la barricade, sans jugement, fusillés ! J’ai u des choses sans nom avec un état de révolte triste et muet qui est plus douloureux que l’exaltation… » (Journal 1867-1871).

 

Gabriel Marie Brideau (1844-1875) : Blanquiste. Signa l’Affiche rouge. Un des collaborateurs de Rigault à la Préfecture de la Police.

 

Louis Alfred Briosne (1825-1873) : Il signa l’Affiche rouge et fut délégué au Comité central républicain des vingt arrondissements. Sous la Commune, il commanda le 128° bataillon fédéré. Le 16 avril, il est élu au Conseil de la Commune. Il démissionne aussitôt parce que le nombre de votants était trop faible par rapport au nombre d’inscrits. Tuberculeux, il ne survécut pas longtemps à la Commune.

 

Henri Brissac (1826-1906) : Journaliste et écrivain. Le 15 avril, il fut nommé secrétaire de la commission exécutive et le 1° mai secrétaire du Comité de salut public. Condamné en 1871 aux travaux forcés à perpétuité, il est déporté en Nouvelle-Calédonie.

 

Eugène Henri Brisson (1835-1912) : Franc-maçon. Il est entré en maçonnerie en 1856, car, disait-il, « c’était le seul endroit en France où l’on pût encore parler bas, mais parler encore avec une certaine liberté ». Dans les années 1860, vénérable de la loge L’Ecossaise 133, fréquentée par Floquet et Mesureur, et de futurs communards. Cet atelier, qui milite pour la démocratisation du Rite Ecossais et pour l’abandon de la référence au Grand Architecte de l’Univers, jouera un rôle moteur dans la scission écossaise en 1880. Avocat, journaliste, homme politique. Nommé après le 4 septembre 1870 adjoint au maire de Paris, il donna sa démission le lendemain du 31 octobre, en même temps qu’Etienne Arago et Charles Floquet. Candidat d’extrême –gauche, il fut élu à l’assemblée nationale le 8 février 1871. Il n’a pas approuvé la Commune.

Son intervention en juin 1899 à la tribune de l’assemblée nationale est demeurée célèbre : il croise les doigts, paumes vers l’avant, tend les bras au-dessus de sa tête, renverse son corps en arrière et lance « A moi les enfants de la veuve ». Ce cri aurait permis de rallier les députés francs-maçons présents et sauver le ministère Waldeck-Rousseau.

 

Victorine Brocher : voir Victorine Rouchy-Brocher

 

Paul Brousse (1843-1912) : Il est reçu maçon en 1870, vraisemblablement à la loge du Suprême Conseil de France « Les Libres Pionniers du Progrès », qui s’est ouverte l’année précédente à Montpellier, où le Grand Orient n’est pas représenté. Il se consacre à l’activité révolutionnaire. Favorable à la Commune, proche de Jules Guesde, il doit s’enfuir en 1872 en Espagne, où il édite une feuille anarchiste, La Solidarité révolutionnaire, émanation, en 1873, d’un Comité de propagande révolutionnaire socialiste de la France méridionale. Il participe au Congrès de l’Association internationale des travailleurs à Genève en 1873, où il fait l’apologie de l’anarchisme, Il est alors un des dirigeants de la fédération jurassienne. Revenu en France en 1880, il se prononce pour un socialisme réformiste. Il est élu vénérable par les neuf fondateurs de la loge du Grand Orient de France « Les Travailleurs socialistes de France », ouverte le 22 février 1904. Cette loge destinée à regrouper des militants ouvriers compte quatre autres conseillers municipaux « broussistes » parisiens (L. Paris, J. Poiry, S. Paulard, P. Morel). Dès la première séance, s’y sont affiliés Frédéric Brunet (futur député), Henry Bagnol (député de la Seine), Jean Colly (conseiller municipal), Auguste Louis Heippenheimer (du Conseil supérieur du travail et futur conseiller municipal), l’économiste Victor Dalle ; ce jour-là, un autre conseiller municipal, Arthur Rozier, prononce une conférence, « Socialisme et franc-maçonnerie ». Parmi les futurs affiliés, on relève les noms de Jean Baptiste Dumay (député et maire du Creusot), du Dr. Meslier (député socialiste), et d’Abdel Craissac, trésorier de la Fédération nationale des syndicats d’ouvriers peintres, qui mène campagne, avec la loge, pour l’interdiction de l’emploi de composés du plomb et notamment du blanc de céruse dans les travaux publics ou particuliers. La loge travaille en relations étroites avec deux autres ateliers parisiens : « La France Socialiste » et « L’Union Socialiste », mais elle décline dans les années 1910. Brousse déclare au Grand Orient, lors de la fondation, avoir « égaré » son diplôme de maître, grade qu’il dit avoir obtenu le 30 avril 1870.

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:36

 

Louise Frédérique Noël, femme Bonnefoy (née en 1827) : Couturière en ombrelles. Condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation civique.

 

Théodore Jacques Bonvalet : Maire du 3° arrondissement de Paris en 1870. Le créateur du plat du jour est Pierre Fraysse, un cuisinier natif de Sète, qui, de retour des États-Unis, ouvrit, en 1854, un restaurant dénommé Chez Peter's. Son établissement est entré dans les annales de la gastronomie pour avoir accommodé et servi les animaux du zoo de Vincennes lors du siège de Paris à Théodore Jacques Bonvalet, nouvellement élu maire du 3e arrondissement de Paris, lors du réveillon de 1870, et pour avoir inventé le homard à l'américaine.

 

Rosa (ou Rosaline) Bordas de son vrai nom Rosalie Martin, dite La Bordas (1840-1901) : Chanteuse populaire. Rosa Bordas est née à Monteux le 26 février 1840. C'est une des premières interprètes féminines de la chanson française populaire, avec Amiati. Elle vivait avec sa mère qui tenait une auberge cabaret. Elle rencontra son époux lors d'une fête, il était guitariste chanteur et lui apprit la musique. Son succès fut rapide et devint vite national. Elle s'illustra à Paris pendant les événements de la Commune. Rendue célèbre dans Paris en chantant la Canaille au lendemain de l’assassinat de Victor Noir. Décédée le 30 mai 1901, elle fut enterrée à Monteux. Frédéric Mistral lui consacre un chapitre entier dans son ouvrage Memòri e Raconte (Mémoires et récits). De son vrai nom Rosalie Martin, dite Rosa Bordas ou tout simplement La Bordas, ou «la Rachel du peuple», elle avait, lors de la déclaration de la guerre en 1870, chanté « La Marseillaise » un drapeau à la main.

 

Victor Bosc : Commune de Marseille. Le 7  août  1870, cette première insurrection populaire avec à sa tête Gaston Crémieux, Émile Bouchet, Maurice Rouvier et Gustave Naquet prend d'assaut la préfecture. Le soir même, ces radicaux se réunissent rue Vacon avec les socialistes, forment un comité d'action, et le lendemain, ils prennent d'assaut la mairie, installant un comité révolutionnaire, formé par Crémieux, Paul Giraud, Clovis Hugues, Félix Granet, Cabasse, un employé de mairie : Joseph Tardif, les journaliste Auguste Sorbier et Armand Elbert, les internationalistes Charles Alerini, Étienne-Louis Combes, Victor Bosc (des Catalans), Philibert Gilbert, Frédéric Bordes, Auguste Conteville et Célestin Matheron. Se joignent à eux un entrepreneur : Félix Debray, un cordonnier : Joseph Maviel, un maçon : Esprit Tourniaire et un employé : Eugène Barthélémy.

Ce premier mouvement sera sévèrement réprimé par l'administration locale, fidèle aux lois impériales. Arrêtés les « factieux » sont emprisonnés dans un cachot du fort Saint-Jean. Le 27 août, un conseil de guerre statue sur le sort des meneurs et les condamne à passer quelques mois de prison à Saint-Pierre. Pierre Bernard, Tardif, Barthélémy et Giraud écopent d'un mois ; Tourniaire de trois ; Crémieux, Combe, Bosc et Sorbier de six ; Bordes de huit ; Conteville, Gilbert, Debray et Maviel, d'un an.

Le 4 septembre 1870, jour de la proclamation de la République, les tire de leurs geôles ; Gambetta confirme l'ordre de les libérer tandis qu'une foule imposante va à la rencontre des prisonniers dans la nuit. Le même jour, le nouveau chef du gouvernement nomme Alphonse Esquiros administrateur supérieur des Bouches-du-Rhône ; Adolphe Carcassonne est nommé président de cette première commune ; le drapeau tricolore est hissé sur la mairie. Le 7 septembre, Crémieux accueille Esquiros à la gare Saint-Charles et l'accompagne à la préfecture.

 

Paul Emile Bouchet (1840-1918) : Avocat. Il participa aux premiers soubresauts de la Commune de Marseille dès le 8 novembre 1870. Il est nommé substitut du procureur de la république le 4 septembre et abandonne ses fonctions lors de l’insurrection de mars. Lié à Gaston Crémieux, il est compromis avec le pouvoir insurrectionnel. Emprisonné pendant trois mois, il est acquitté mais interdit de barreau. Député.

 

Etienne Boudin (1828-1872) : Capitaine adjoint du Palais des Tuileries, fusillé à Satory par les Versaillais le 16 février 1872.

 

Casimir Dominique Bouis (1841-1916) : Rédacteur du Cri du peuple (journal de 1871). Un des rédacteurs du Cri du Peuple (tiré à 50000, 80000, voire 100000 exemplaires pour 18 numéros du 22 février au 12 mars 1871 et 65 numéros du 21 mars au 23 mai 1871). Disciple de Blanqui. Il a été parmi les signataires de l’Affiche rouge le 7 janvier 1871.

 

Bouit : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Eugénie Boulanger : Communarde.

 

Georges Ernest Jean Marie Boulanger (1837-1891) : Officier général. Il participe à la répression de la Commune de Paris à la tête du 114° régiment d’infanterie de ligne. Chef du mouvement boulangiste.

Le boulangisme est un rassemblement national et socialiste sous le nom du général Boulanger. Ministre de la Guerre en 1886, il devient, dans l’imagerie populaire, le « général Revanche ». En 1887, à l’appel d’Henri Rochefort, il se voit porté par une élection partielle de la Seine, ce qui le met dans une position politique. Renvoyé de l’armée, il entre à la Chambre des députés en 1888. Il est soutenu par la Ligue des Patriotes de Déroulède et par l’extrême gauche. Selon le socialiste Lafargue, gendre de Marx, dans une lettre à Engels du 27 mai 1888, « les socialistes entrevoient toute l’importance du mouvement boulangiste, qui est un véritable mouvement populaire, pouvant revêtir une forme socialiste si on le laisse se développer librement. ». Inquiété par le gouvernement, le général s’enfuit en Belgique. Il est poursuivi en 1889 pour complot et corruption.

 

Paul Bourde (1851-1914) : Journaliste. Lors de la guerre avec la Prusse, il s’est engagé dans la Garde nationale.

 

Antoine Marie Bourdon : Graveur. Membre de la direction parisienne des sections de l’Internationale.

 

Léon Bourgeois (1851-1925) : Homme politique, ministre et président du Conseil, un des promoteurs de la Société des Nations. Frère de la Loge de « la Bienfaisance Châlonnaise » dès 1894. Membre de la loge « la Sincérité » à Reims.

 

Pierre Bourgeois (1848-1871) : Sergent au 45° de ligne. Fusillé en même temps que Louis Rossel et Théophile Ferré au camp de Satory à Versailles le 28 novembre 1871. On lui reprochait d’être passé de l’armée régulière à l’armée fédérée.

 

Bourgouin : Capitaine. Communard. Tué en attaquant la barricade du pont de Neuilly.

 

Désiré Bourneville (1840-1909) : Médecin. En 1867, il collabore au Panthéon de l’industrie et des arts, fondé par Charles Delescluze. Pendant la guerre franco prussienne, il est nommé aide major au 160° bataillon de la garde nationale de la Seine, et demeure à son poste pendant la Commune. Le 21 janvier 1891, il est initié à la Loge « La Clémente Amitié » ; il ne dépasse pas le grade d’apprenti et devient honoraire le 21 novembre 1906. Militant crématiste.

 

Boursier : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Louise Boutin : Communarde.

 

Alexis Bouvier (1836-1892) : Romancier populaire et auteur dramatique. Ciseleur en bronze jusqu’en 1863.

Alexis BouvierLa Canaille

1863

Paroles : Alexis Bouvier. Musique : Joseph Darcier Editeur : Vieillot

Cette chanson a été rendue célèbre par la Commune de Paris en 1871.

Dans la vieille cité française
Existe une race de fer,
Dont l’âme comme une fournaise
A de son feu bronzé la chair.
Tous ses fils naissent sur la paille,
Pour palais, ils n’ont qu’un taudis.
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

Ce n’est pas le pilier du bagne ;
C’est l’honnête homme dont la main
Par la plume ou le marteau gagne,
En suant, son morceau de pain.
C’est le père, enfin, qui travaille
Les jours et quelquefois les nuits.
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

C’est l’artiste, c’est le bohème
Qui, sans souper, rime rêveur
Un sonnet à celle qu’il aime,
Trompant l’estomac par le cœur.
C’est à crédit qu’il fait ripaille,
Qu’il loge et qu’il a des habits.
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

C’est l’homme à la face terreuse,
Au corps maigre, à l’œil de hibou,
Au bras de fer à main nerveuse
Qui sortant d'on ne sait pas où,
Toujours avec esprit vous raille,
Se riant de votre mépris.
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

C’est l’enfant que la destinée
Force à rejeter ses haillons,
Quand sonne sa vingtième année,
Pour entrer dans nos bataillons.
Chair à canon de la bataille,
Toujours il succombe sans cris…
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

Ils fredonnaient la Marseillaise,
Nos pères, les vieux vagabonds,
Attaquant en quatre-vingt-treize
Les bastilles dont les canons
Défendaient la vieille muraille !
Que de trembleurs ont dit depuis :
« C’est la canaille ! »
Eh bien ! j’en suis !

Les uns travaillent par la plume,
Le front dégarni de cheveux.
Les autres martèlent l’enclume,
Et se soûlent pour être heureux ;
Car la misère, en sa tenaille,
Fait saigner leurs flancs amaigris...
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

Enfin, c’est une armée immense,
Vêtue en haillons, en sabots.
Mais qu’aujourd’hui la vieille France
Les appelle sous ses drapeaux,
On les verra dans la mitraille,
Ils feront dire aux ennemis :
C’est la canaille !
Eh bien ! j’en suis !

 

Braleret : Candidat des républicains radicaux aux élections municipales de Paris du 30 juillet 1871.

 

Jules Louis Joseph Brame (1808-1878) : Avocat. Dernier gouvernement de Napoléon III comme ministre de l’Instruction publique.

 

Auguste Bruno Braquehais (1823-1875) : Photographe. Sourd-muet. C’est la commune de Paris, premier événement majeur en France à recevoir une couverture photographique, qui va le révéler. Quelques 140 clichés de la Commune, pour laquelle il avait fort certainement des sympathies.

 

Pierre Brelay (1817-1889) : Négociant en tissus. Adjoint au maire du 2° arrondissement de Paris en 1872. Député de l’Assemblée nationale le 8 février 1871, jusqu’en 1889.

 

Geneviève Breton : Jeune fille de la bourgeoisie restée à Paris sous la Commune, œuvrant à l’Ambulance internationale de la Croix-Rouge, hostile à l’insurrection, écrit dans son Journal intime : « 25 mai :…Le spectacle de ce matin, ces malades du parti vaincu croupissant, abandonnés, était  atroce et le chemin pour y arriver un dur martyre. Devant nos fenêtres, on arrêtait des individus et derrière la barricade, sans jugement, fusillés ! J’ai u des choses sans nom avec un état de révolte triste et muet qui est plus douloureux que l’exaltation… » (Journal 1867-1871).

 

Gabriel Marie Brideau (1844-1875) : Blanquiste. Signa l’Affiche rouge. Un des collaborateurs de Rigault à la Préfecture de la Police.

 

Louis Alfred Briosne (1825-1873) : Il signa l’Affiche rouge et fut délégué au Comité central républicain des vingt arrondissements. Sous la Commune, il commanda le 128° bataillon fédéré. Le 16 avril, il est élu au Conseil de la Commune. Il démissionne aussitôt parce que le nombre de votants était trop faible par rapport au nombre d’inscrits. Tuberculeux, il ne survécut pas longtemps à la Commune.

 

Henri Brissac (1826-1906) : Journaliste et écrivain. Le 15 avril, il fut nommé secrétaire de la commission exécutive et le 1° mai secrétaire du Comité de salut public. Condamné en 1871 aux travaux forcés à perpétuité, il est déporté en Nouvelle-Calédonie.

 

Eugène Henri Brisson (1835-1912) : Franc-maçon. Il est entré en maçonnerie en 1856, car, disait-il, « c’était le seul endroit en France où l’on pût encore parler bas, mais parler encore avec une certaine liberté ». Dans les années 1860, vénérable de la loge L’Ecossaise 133, fréquentée par Floquet et Mesureur, et de futurs communards. Cet atelier, qui milite pour la démocratisation du Rite Ecossais et pour l’abandon de la référence au Grand Architecte de l’Univers, jouera un rôle moteur dans la scission écossaise en 1880. Avocat, journaliste, homme politique. Nommé après le 4 septembre 1870 adjoint au maire de Paris, il donna sa démission le lendemain du 31 octobre, en même temps qu’Etienne Arago et Charles Floquet. Candidat d’extrême –gauche, il fut élu à l’assemblée nationale le 8 février 1871. Il n’a pas approuvé la Commune.

Son intervention en juin 1899 à la tribune de l’assemblée nationale est demeurée célèbre : il croise les doigts, paumes vers l’avant, tend les bras au-dessus de sa tête, renverse son corps en arrière et lance « A moi les enfants de la veuve ». Ce cri aurait permis de rallier les députés francs-maçons présents et sauver le ministère Waldeck-Rousseau.

 

Victorine Brocher : voir Victorine Rouchy-Brocher

 

Paul Brousse (1843-1912) : Il est reçu maçon en 1870, vraisemblablement à la loge du Suprême Conseil de France « Les Libres Pionniers du Progrès », qui s’est ouverte l’année précédente à Montpellier, où le Grand Orient n’est pas représenté. Il se consacre à l’activité révolutionnaire. Favorable à la Commune, proche de Jules Guesde, il doit s’enfuir en 1872 en Espagne, où il édite une feuille anarchiste, La Solidarité révolutionnaire, émanation, en 1873, d’un Comité de propagande révolutionnaire socialiste de la France méridionale. Il participe au Congrès de l’Association internationale des travailleurs à Genève en 1873, où il fait l’apologie de l’anarchisme, Il est alors un des dirigeants de la fédération jurassienne. Revenu en France en 1880, il se prononce pour un socialisme réformiste. Il est élu vénérable par les neuf fondateurs de la loge du Grand Orient de France « Les Travailleurs socialistes de France », ouverte le 22 février 1904. Cette loge destinée à regrouper des militants ouvriers compte quatre autres conseillers municipaux « broussistes » parisiens (L. Paris, J. Poiry, S. Paulard, P. Morel). Dès la première séance, s’y sont affiliés Frédéric Brunet (futur député), Henry Bagnol (député de la Seine), Jean Colly (conseiller municipal), Auguste Louis Heippenheimer (du Conseil supérieur du travail et futur conseiller municipal), l’économiste Victor Dalle ; ce jour-là, un autre conseiller municipal, Arthur Rozier, prononce une conférence, « Socialisme et franc-maçonnerie ». Parmi les futurs affiliés, on relève les noms de Jean Baptiste Dumay (député et maire du Creusot), du Dr. Meslier (député socialiste), et d’Abdel Craissac, trésorier de la Fédération nationale des syndicats d’ouvriers peintres, qui mène campagne, avec la loge, pour l’interdiction de l’emploi de composés du plomb et notamment du blanc de céruse dans les travaux publics ou particuliers. La loge travaille en relations étroites avec deux autres ateliers parisiens : « La France Socialiste » et « L’Union Socialiste », mais elle décline dans les années 1910. Brousse déclare au Grand Orient, lors de la fondation, avoir « égaré » son diplôme de maître, grade qu’il dit avoir obtenu le 30 avril 1870.

 

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:34

 

Barré : Membre du Conseil de la Commune (I° arrondissement).

 

Camille Barrère (1851-1940) : Il se rallie à la Commune, comme son père et ses frères et collabora à divers journaux (L’Affranchi, la Sociale et Qui-vive ? de Vermersch). Condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée, il se réfugie en Angleterre. Ayant bénéficié de l’amnistie en 1879, il rentre en France et devient secrétaire d’ambassade.

 

Louis Barron : A écrit en 1889 : Sous le drapeau rouge.

 

Frédéric Auguste Bartholdi (1834-1904) : Franc-maçon. Sculpteur. Célèbre pour sa statue de « la liberté éclairant le monde » qui s’élève à New-York et son « Lion de Belfort ». Membre de la loge parisienne « Alsace-Lorraine », créée en septembre 1872. Il est initié le 14 octobre 1875, et accède dans sa loge-mère au grade de maître le 9 décembre 1880. Garde national pendant la guerre franco-prussienne. Eprouvé par la défaite, en tant qu’Alsacien, il effectue un premier voyage aux Etats-Unis en 1871.

 

André Augustin Bastelica (1845-1884) : Ouvrier typographe. Membre de la Première Internationale en 1867, responsable de la section de Marseille, et directeur des contributions indirectes sous la Commune.

 

Bataillon : Un bataillon est composé de 8 Compagnies de 150 hommes, soit 1200 hommes au total. La Commune disposait sur le papier de 234 Bataillons. Les historiens estiment l’effectif total réel entre 3000 et 4000 hommes.

 

Alphonse Baudin (1811-1851): Franc-maçon. Initié le 15 juin 1842 à la Loge maçonnique “Le Temple des Amis de l’Honneur français », loge suspendue en 1846. Médecin. Elu député aux législatives en 1849, Meurt sur les barricades en 1851. A une femme qui disait aux députés souhaitant la résistance des Parisiens face au coup d’Etat de Napoléon : « Croyez-vous que nos hommes vont se faire tuer pour que vous conserviez vos vingt-cinq francs ? », Baudin aurait répondu : « restez et vous verrez comment on meurt pour vingt-cinq francs. ».

 

Adolphe François Henri Bauër, dit Henry Bauër (1851-1915): Ecrivain, polémiste, critique et journaliste. Né de la liaison d’Alexandre Dumas père avec Anna Bauër, une juive allemande du pays de Bade. Le 18 mars 1871, il est nommé capitaine de la Garde nationale à l’état-major du général Eudes. Le 10 mai il est nommé commandant de la sixième Légion fédérée de la Commune, et le 22 mai, chef de l’état-major général du capitaine Réfère. A écrit en 1895 : Mémoires d’un jeune homme.

 

François Achille Bazaine (1811-1888) : Maréchal. A contribué à la défaite française lors de la guerre franco-prussienne de 1870.

 

Charles de Beaufort : Cousin d’Edouard Moreau. Capitaine d’un bataillon de fédérés, accusé de trahison par des fédérés du 66° Bataillon, il est fusillé le 24 mai 1871.

 

Charles Beauvoir : Membre de l’AIT, a annoncé la république le 4 septembre 1870, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Lyon.

 

Marie Virginie Bediez, Vice : dite « la colonelle Vignot ». Blanchisseuse. Elle suivait son amant, le capitaine Vignot, du 170° Bataillon, sur la barricade de l’église Saint-Ambroise.

 

Henri Bellenger : Un des rédacteurs du Cri du Peuple (tiré à 50000, 80000, voire 100000 exemplaires pour 18 numéros du 22 février au 12 mars 1871 et 65 numéros du 21 mars au 23 mai 1871). Collaborateur du Vengeur. Auteur d’un article où il expose à la Commune de Paris un programme d’éducation des futurs travailleurs.

 

Eugène Bennière : Membre de l’Association Internationale des Travailleurs, proudhonien.

 

Marie Bequet Devienne, née de Vienne (1854-1913) : Grande bourgeoise bourguignonne. Traumatisée dès sa jeunesse par les nombreux morts de la Commune. Franc-maçonne. Le 14 mars 1893 a lieu la première tenue de la première loge du Droit Humain chez elle : elle est initiée au grade d’apprenti avec onze femmes : Clémence Royer, Anna Feresse-Deraismes, la sœur de Maria Deraismes, Louise David, Marie Pierre, Marie Georges-Martin, épouse du docteur Georges Martin, Julie Pasquier, Eliska Vincent, Florestine Mariceau, Myrtille Reugnet, Charlotte Duval, Maria Martin) et un homme (Maurice Lévy). Les membres de ce groupe sont reçus compagnons le 24 du même mois, puis maîtres le 1° avril.

 

Jules Henri Marius Bergeret (1830-1905) : Franc-maçon. Correcteur d’imprimerie. Membre du Comité central de la Garde Nationale. Elu le 26 mars au Conseil de la Commune. Il est nommé délégué à la commission de la Guerre et à la commission exécutive. Le 2 avril, la Commune le nomme commandant en chef de la place de Paris. Membre de l’AIT. Condamné à mort par contumace, il finit ses jours à New-York.

 

Joséphine Bernard, Mimet (née en 1833) : Ravaudeuse de bas. Porte du café, nuit et jour, aux combattants des barricades. Elle a été vue un fusil à la main, rue Saint-Antoine.

 

Bertel : Voir Charles Albert Arnoux.

 

Louis Adolphe Bertillon (1821-1883) : Médecin, statisticien et anthropologue. Ami de Jules Michelet, proche du mouvement socialiste.

 

Jeanne Bertranine, femme Taillefer (née en 1831) : Marchande de friture. Pendant deux mois, elle suit son mari au 118° Bataillon, en tenue de cantinière, le pistolet à la ceinture. Elle est de toutes les sorties, et le 23 mai, elle vient, avec des gardes nationaux en armes, appeler les locataires de sa maison à la barricade de la place Aubert. Envoyée en Nouvelle-Calédonie. Elle était trop digne pour faire un recours en grâce.

 

Madame Besace : Couturière. Membre du Comité central de l’Union des Femmes (9° arrondissement).

 

Eugène François Bésette (1817- ?) : Membre de l’AIT. Nommé par la Commune directeur des cantines du V° arrondissement.

 

Charles Victor Bellay  ou Beslay (1795-1878) : Franc-maçon.  Il adhère en 1866 à l’Association internationale des travailleurs. Ingénieur. Ami de Proudhon. Membre de l’assemblée constituante, il est partisan de la répression contre les insurgés de juin 1848. Membre de l’AIT. Le 26 mars il est élu au Conseil de la Commune. Le 29 mars il est membre de la commission des Finances et devient le délégué de la Commune auprès de la Banque de France. Fin mai 1871, grâce à un laissez-passer du gouvernement d’Adolphe Thiers, il peut se réfugier en Suisse après l’échec de la Commune. En décembre 1872, le conseil de guerre rend un non-lieu à son encontre, « en considération des services rendus par lui au crédit public ». En 1873, il s’est justifié de la façon suivante dans le Figaro : « Je suis allé à la Banque de France avec l’intention de la mettre à l’abri de toute violence du parti exagéré de la Commune, et j’ai la conviction d’avoir conservé à mon pays l’établissement qui constituait notre dernière ressource financière. ». A publié en 1873 : 1830. 1848. 1870. Mes souvenirs.

 

Charles Bernardin (1860-1939) : Notaire, puis rentier. Franc-maçon. Initié le 6 mars 1892 à la loge « La Fraternité Vosgienne », à Epinal. Il en est, dès la première année, le secrétaire, puis le trésorier. Affilié le 7 janvier 1895 à la Loge « Saint-Jean de Jérusalem », à Nancy.

 

Pierre Eugène Marcellin Berthelot (1827-1907= : Chimiste, essayiste, historien des sciences. Franc-maçon. Membre de la Loge « La Fraternité Universelle » de Paris.

 

Alexandre Besson : Serrurier. Membre du Conseil Général de l’AIT.

 

Madeleine Billault, veuve Brulé (née en 1820) : Marchande de chaussures. Distribue des pelles et des pioches aux Fédérés, les engage à réquisitionner les voitures d’un entrepreneur de déménagement, et porte des ordres au milieu des balles.

 

Alfred Edouard Billioray (1841-1876): Artiste-peintre. Membre de l’Internationale. Membre de la Garde Nationale. Elu au Conseil de la Commune. Il siège à la commission des Services publics le 29 mars, puis à celle des Finances le 21 avril. Il vote pour le Comité de Salut public, où il remplace Charles Delescluze le 11 mai. Mort en déportation en Nouvelle-Calédonie.

 

Otto Eduard Léopold von Bismarck (1815-1898): Il fera semblant de rester neutre entre Paris et Versailles, mais sera objectivement le complice de Thiers en lui fournissant les moyens d’écraser la Commune : il lui envoya en masse officiers et soldats prisonniers, il lui laissa la liberté d’organiser une armée puissante malgré les clauses des préliminaires de paix, il assura le blocus des barrières nord de Paris et fournit des armes.

 

Jean Joseph Louis Blanc (1811-1882) : Franc-maçon. Membre de la loge Les Philadelphes de Londres.  Journaliste et historien. Membre du gouvernement provisoire de 1848 et député sous la troisième république. Initiateur de l’aphorisme communiste : « De chacun selon ses facultés à chacun selon ses besoins ». En 1848, il propose la création des ateliers sociaux, afin de rendre effectif le droit au travail. En 1870-1871, traître à la cause révolutionnaire, il soutient le projet d’amnistie.

 

Gaspard Antoine Blanc (1845- ?) : Fonctionnaire des Ponts-et-Chaussées. Adhérent de l’Internationale, il réorganisa la section de Lyon. Membre du Comité central du salut de la France, il participa aux côtés de Bakounine à l’insurrection du 28 septembre 1870 et fut membre du Comité provisoire de la Commune de Lyon des 23 et 25 mars 1871. Ensuite bakouniniste vendu au bonapartisme.

 

Hyppolite Blancard (1843-1924) : Pharmacien. Photographe. Connu pour les photographies, tirées selon le procédé du platinotype, qu’il prit durant le siège de Paris (1870) et la Commune de Paris (1871). Les Parisiens du temps de la Commune (1871).

 

Alphonsine Blanchard, dite « la Paysanne » (née en 1844) : Journalière. Le fusil en bandoulière, a travaillé à la construction de la barricade de la rue de Lyon. Elle force les passants à déposer leur pavé.

 

Augustine Malvina Blanchecotte (1830-1897) : Poète. Bourgeoise, dont les sympathies ne vont pas à la Commune. Auteur notamment des Tablettes d’une femme pendant la Commune.

 

Stanislas Xavier Pourille (ou Panille), dit Blanchet (1833- ?) : Commerçant en bourre de soie et journaliste. Il fait partie du Comité central de la Garde Nationale. Elu au Conseil de la Commune, il est membre de la commission de la Justice. Il vote pour la création du Comité de salut public.

Dans le Journal Officiel de la Commune du samedi 6 mai 1871, Compte rendu de la séance du Conseil du 5 mai, on lit :

« Le citoyen Rigault : (…) Aujourd’hui, nous avons appelé devant vous le citoyen Blanchet. Depuis longtemps, nous étions prévenus que ce n’était pas le sien, que sous un autre nom, il avait exercé des fonctions et subi une condamnation qui ne lui permettaient pas de rester parmi nous.

Quoiqu’il ait toujours voté avec la majorité et le comité de sûreté générale, à cause de cela surtout, je n’ai pas gardé de ménagements. (Approbation). C’est le citoyen Ferré qui a fait l’enquête. Le citoyen Blanchet s’est présenté devant nous ; je ne crois pouvoir faire mieux que de vous lire le procès-verbal que nous avons dressé de cette entrevue.

« L’an mil huit cent soixante et onze, le cinq mai,

Devant nous délégué à la sûreté générale et membre dudit comité, est comparu le membre de la Commune connu sous le nom de Blanchet,

Lequel, interpellé par le citoyen Ferré, a déclaré qu’il ne s’appelait pas Blanchet, mais bien Panille (Stanislas).

Sur seconde interpellation, Panille déclare qu’il a bien été secrétaire de commissaire de police de Lyon, qu’il est entré, à Brest, dans un couvent de capucins en qualité de novice vers 1860, qu’il y est resté huit ou neuf mois.

Je partis, ajoute-t-il, en Savoie, où je rentrai dans un second couvent de capucins, à La Roche. Ceci se passait en 1862.

Revenu à Lyon, je donnai des leçons en ville. On me proposa d’être traducteur-interprète au palais de justice, j’acceptai. On me dit après qu’une place de secrétaire dans un commissariat était vacante, j’acceptai également ; je suis entré dans ce commissariat vers 1866, et j’y suis resté environ deux ans.

Au bout de ce temps, quand je demandai de l’avancement, quand je demandai à être commissaire spécial aux chemins de fer, ma demande étant restée sans réponse, j’offris ma démission, qui fut acceptée. C’est après ces événements que je vins à Paris.

J’ai été condamné à six jours de prison pour banqueroute à Lyon. J’ai changé de nom parce qu’il y avait une loi disant qu’on ne pouvait signer son nom dans un journal lorsqu’on a été mis en faillite.

Nous, délégués à la sûreté générale, et membres dudit Comité, envoyons à Mazas le sieur Panille.

Laurent, TH. Ferré, A. Vermorel,

Raouil Rigault, A. Dupont, Trinquet. ».

 

Louis-Auguste Blanqui (1805-1881) : Franc-maçon. Fondateur du journal Ni Dieu, ni maître, il est membre de plusieurs loges : les Amis de la Vérité, le Temple des Amis de l’Honneur Français et le Lien des Peuples.

Karl Marx déclare dans La guerre civile en France (la commune de Paris), 1871 : « Le véritable meurtrier de l’archevêque Darboy, c’est Thiers. La Commune, à maintes reprises, avait offert d’échanger l’archevêque et tout un tas de prêtres pardessus le marché, contre le seul Blanqui, alors aux mains de Thiers. Thiers refusa obstinément. Il savait qu’avec Blanqui, il donnerait une tête à la Commune. »

Une majorité de communards se reconnaissaient en Blanqui.

Elu membre de la Commune, il ne put siéger, incarcéré au fort du Taureau. Son surnom est « l’enfermé ».

Ses disciples, présents durant la Commune, sont à l’origine d’un socialisme national français, libre-penseur, xénophobe et antisémite. Blanqui est opposé au suffrage universel : « Le suffrage universel, c’est l’intronisation des Rothschild, l’avènement des juifs. ».

 

Antoine Blatin (1841-1911) : Clermontois, initié à Paris à la Loge « l’Avenir » le 14 décembre 1864. Enseigne à la faculté de médecine de Clermont. Elu maire en 1884, puis député du Puy-de-Dôme (1885-1899). Ecarté de la vie politique par le boulangisme. Il réveille en 1881, la loge locale « Les Enfants de Gergovie », dont il devient président en 1882. En 1884, l’article 1° de la Constitution du Grand Orient est à l’étude. Il y fait incorporer le troisième paragraphe suivant : « Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle (la franc-maçonnerie) se refuse à toute affirmation dogmatique. Rose-Croix en 1885, membre du Grand-Collège en 1888, il en devient en 1901 le Grand Commandeur. Il préside le Convent en 1898 qui prend à l’unanimité position en faveur de Dreyfus, et celui, tout aussi combatif, de 1902.

 

Blin : « Pétroleuse ». A participé aux comités de vigilance.

 

Madame Blondeau : Polisseuse en or. Membre du Comité central de l’Union des Femmes (18° arrondissement).

 

Lucie Maris, femme Bocquin (née en 1843) : Journalière. Considérée comme une ouvrière travailleuse, d’un caractère doux et obligeant pour ses voisins. Elle fit la connaissance d’un certain Marcelin Dubois, garde au 135° Bataillon. Elle se trouve les 22 et 23 mai, à la Légion d’Honneur, où elle ramasse, sur la barricade, le cadavre de son amant. Combattante. Condamnée à dix ans de réclusion.

 

Constance Boidard : Boutonnière. Cantinière au 160° Bataillon, où son mari est sergent-major.

 

David Boison : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Lucie Euphranie Boisselin, femme Leblanc : Armée d’une petite carabine, elle accompagne le 84° Bataillon, pour suivre son mari. Elle a travaillé à la barricade de la rue de Bussy. Déportée à l’île des Pins avec ses deux enfants.

 

Jérôme Joseph Charles Paul Bonaparte Napoléon (1822-1891) : Cousin de Napoléon III. Franc-maçon de la Loge « Les Amis de la Patrie », à Paris. Il s’oppose au prince Murat, pour la Grande Maîtrise du GODF en 1861. Finalement, Napoléon III impose le maréchal Magnan.

 

Louis Napoléon Bonaparte (Napoléon III) (1808-1873) : Son père, Louis Bonaparte (1778-1846), roi de Hollande de 1806 à 1810, fut Grand Officier du Grand Orient de France.

 

Pierre Napoléon Bonaparte (1815-1881) : Septième des dix enfants de Lucien Bonaparte et d’Alexandrine de Bleschamp. Assassin de Victor Noir.

 

Louise Bonenfant : Communarde.

 

Louis Bernard Bonjean (1804-1871): Jurisconsulte. Bonapartiste. Président de la chambre à la Cour de Cassation (1865). Lors de l’insurrection du 18 mars 1871, il remplissait à titre provisoire les fonctions de premier président ; en cette qualité il fut arrêté, retenu comme otage, et après 64 jours passés au secret, fusillé le 24 mai, avec l’archevêque de Paris Georges Darboy, par ordre de la Commune de Paris.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:30

 

A

 

Pierre Eugène Aab (1835- ?) : Briquetier. Elu capitaine de la garde nationale le 10 avril 1871. Fait prisonnier par les Versaillais le 22 mai.

 

Edmond François Valentin About (1828-1885) : Ecrivain, journaliste, critique d’art, membre de l’Académie française. Franc-maçon, membre de la loge « Saint-Jean de Jérusalem », à l’Orient de Nancy, initié le 7 mars 1832. Favorable au Second Empire, violemment anticlérical, puis, en 1871, il rallie la Troisième République et soutient la politique de Thiers. Violemment anticlérical. Dans le journal Le Siècle, il publie plusieurs articles hostiles aux hauts grades maçonniques, position courante dans la gauche républicaine.

 

Aconin : Juriste. Membre de l’Internationale. Participa à la défense de Paris. Membre de la Commission municipale du V° arrondissement. En mai 1871, il s’enfuit en Belgique.

 

Edmond Adam (1816-1877) : Haut fonctionnaire. Conseiller d’Etat, il démissionne et s’oppose à l’Empire. Après la proclamation de la République, il est nommé à la tête de la préfecture de police de Paris, le 11 octobre 1870. Il doit faire face au soulèvement de Flourens, le 31 octobre, mais préfère démissionner le 1° novembre.

 

Juliette Adam, née Lambert (1836-1936) : Ecrivaine, polémiste et salonnière féministe républicaine. Epouse d’Edmond Adam. A publié en 1858, Idées anti proudhoniennes sur l’amour, la femme et le mariage, et en 1873, Le Siège de Paris : Journal d’une Parisienne. En 1907, publication de Mes angoisses et nos luttes (1871-1873). Amie de George Sand.

 

Madame Agar, Marie Agar née Marie Florence Léonide Charvin (1832-1891) : Tragédienne, son engagement lui coûtera sa carrière. Elle accepta pendant la Commune de participer à des représentations organisées au profit des victimes de la guerre civile. Après l’insurrection, elle dut quitter la Comédie Française, où elle ne fut réadmise qu’en 1878 ; elle n’obtint jamais le sociétariat.

 

André Alavoine (Paris, le 15 février 1843-1909) : Adepte de Blanqui. Typographe. Membre du Comité central de la Garde nationale, il en a élaboré les statuts. Il est nommé directeur adjoint de l’Imprimerie. Dans l’ouvrage de G. Longeard, L’imprimerie nationale pendant la Commune de 1871, il est indiqué qu’Alavoine a joué un rôle « pour maintenir l’ordre dans l’établissement ». Il est également précisé qu’il a eu un éloge funèbre en 1909, dans le Trait d’union des travailleurs. Condamné à être déporté en Nouvelle-Calédonie, Alavoine trouve refuge à Genève, où il adhère à l’Internationale anarchiste. En 1880, il a participé à une brochure collective : Les proscrits français et leurs condamnations.

 

Charles Alerini (1842- ?): Professeur. Correspondant de la section de Barcelonnette de l’Internationale (AIT) fondée en 1870, exclu de l’AIT le 30 mai 1873 pour bakouninisme. Militant de la Fédération Jurassienne. Le 8 août 1870, il participa à l’occupation de l’Hôtel de Ville de Marseille et, notamment avec Combe et Matheron, à l’organisation de la Commune révolutionnaire ayant à sa tête Gaston Crémieux. Sans doute décédé en Indochine après 1903.

 

Michel Allard : Jésuite fusillé le 24 mai 1871, avec l’archevêque de Paris Georges Darboy, par ordre de la Commune de Paris

 

Jean Allemane (1843-1935) : Franc-maçon. Initié à la loge Les Rénovateurs de Clichy, loge du Grand Orient de France. Typographe. . Caporal de la Garde nationale en 1870. Publie en 1906 « Mémoires d’un communard ». Franc-maçon actif, il fut initié à la loge Les Rénovateurs, loge du Grand Orient de France, dont fut membre également Jean Baptiste Clément. Membre du Comité central de la Garde nationale et du Conseil de la Commune. Condamné en 1872 aux travaux forcés à perpétuité, il est déporté en Nouvelle-Calédonie. En 1878, il refuse – ce que ne feront pas tous les communards emprisonnés avec lui – de participer à la répression armée contre les insurgés canaques. En 1890, il fonda le Parti socialiste ouvrier révolutionnaire. Il fit partie de la majorité communiste au congrès de Tours, sans pour autant devenir membre du nouveau PCF.

 

Jules Allix (1818-1897) : Professeur libre. Participe à la révolution de 1848. Condamné à 9 ans d’exil en 1853. Fervent républicain, socialiste militant, féministe convaincu, et excentrique dont les lubies le conduisirent plusieurs fois à l’asile. Membre du Conseil de la Commune. Sous la Commune, il est « majoritaire ». Condamné à la déportation, mais reconnu fou, il fut envoyé à Charenton, où il sera interné jusqu’en 1876.

 

Charles Amouroux (1843-1885) : Ouvrier chapelier. Blanquiste. Membre de la Garde Nationale, élu à son Comité central. Membre de l’Association internationale des travailleurs. Elu au Conseil de la Commune. Il en devient le secrétaire, à partir du 11 avril, puis membre de la commission des affaires extérieures. Partisan de la « majorité ». Condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie, il participe activement à la répression de la révolte des Kanaks en 1878. Après l’amnistie de 1880, fait du journalisme, est élu en 1882, vice-président du conseil municipal de Paris, et en 1885, député socialiste.

 

Edouard Andignoux (1844-1885) : Elu le 15 mars 1871 au Comité central de la garde nationale.

 

Agathe André, femme Joliveau : Appartenait à une famille d’insurgés. Son mari a été fait prisonnier par les Versaillais sur le plateau de Châtillon, son père  a été fusillé à la barricade de la Butte-aux-Cailles.

 

Françoise André, femme Humbert : Cardeuse de matelas. Communarde.

 

Louis Joseph Nicolas André (1838-1913) : Général. Ministre de la Guerre (1900-1904). Il œuvra pour la reconnaissance de Dreyfus. Il fut contraint à la démission à la suite de l’affaire des fiches, système de renseignements politiques destiné à favoriser la promotion des officiers républicains dans l’armée française au début du XX° siècle. Louis André n’a jamais appartenu à la franc-maçonnerie, contrairement à une opinion fort répandue. Il était positiviste et libre penseur, disciple d’Emile Littré ? ami de Sadi Carnot, qui était camarade de promotion.

 

Madame André : Blanchisseuse. Secrétaire du club des Prolétaires, à Saint-Ambroise.

 

Eugène André : Savant. Membre de la commission pour l’organisation de l’enseignement instituée en avril 1871 auprès de la délégation à l’enseignement. Périt en combattant pour la Commune.

 

Jules Louis Andrieu (1838-1884) : Employé de préfecture. Elu au Conseil de la Commune, il siège à la commission exécutive et à la commission des Services publics. Délégué aux Travaux publics, c’est en cette qualité qu’il fit saisir le mobilier de Thiers. Membre de la Minorité, il vote contre la création du Comité de Salut public. A écrit : Notes pour servir à l’histoire de la Commune de Paris en 1871. Condamné à la déportation par contumace, il réussit à gagner l’Angleterre.

 

Louis Andrieux (1840-1931) : Franc-maçon. Avocat. Incarcéré à Lyon, il est libéré par les émeutiers et devient procureur. Membre du Comité de salut public de la Commune de Lyon. Du côté du pouvoir, il participe, comme procureur, à la répression de l’insurrection d’avril 1871 qui secoue Lyon à la suite de la Commune de Paris. Républicain opportuniste, il se rapproche un temps du boulangisme. C’est le père naturel de Louis Aragon (1897-1982).

Dans Souvenirs d’un préfet de police, tome 1 pages 132-133, Rouff, 1885, il écrit : « J’étais entré au « Parfait silence » pour voir ; j’y restais pour parler. Il n’y avait alors en France aucune liberté de réunion ni de parole. A Paris du moins, les jeunes gens qui se destinaient au barreau ou à la vie politique pouvaient s’exercer à la conférence Molé, où Gambetta faisait son apprentissage de tribun. Mais en province, les loges maçonniques offraient seules aux débutants une tribune libre.

La loge était pour moi une « parlote » où mes essais oratoires étaient écoutés par un public bienveillant, toujours prêt à couvrir mes dernières paroles par « une triple batterie ». ».

 

Léon Angevin : Secrétaire du « Club de la Révolution sociale ».

 

Eugène Appert (1814-1867) : Peintre.

 

François Victor Emmanuel Arago (1812-1896) : Franc-maçon. Membre du gouvernement de la Défense nationale, Ministre de la Justice. Tout comme son oncle, Etienne, lui aussi franc-maçon, ses obsèques sont civiles. Il devient, en 1878, Grand Orateur du Suprême Conseil de France.

 

Etienne Vincent Arago (1802-1892) : Dramaturge, il devint maire de Paris en 1870. Il s’initia à la Charbonnerie.

 

Frédéric Arnaud (1819-1878) : Avocat. Maire du 7° arrondissement de Paris en 1870 (1870-1878). Député de l’Ariège (1848-1852). Député de la Seine (1871-1876). Sénateur de l’Ariège (1876-1878).

 

Armand Antoine Jules Arnault ou Arnaud (1831-1885) : Employé des chemins de fer. Adhère à l’Association internationale des travailleurs. En 1869, il devient journaliste à La Marseillaise d’Henri Rochefort. Blanquiste. Le 7 janvier 1871, il signe l’Affiche Rouge, qui dénonce la politique capitularde du Gouvernement de la Défense nationale et appelle à la création d’une Commune à Paris. Membre de la Garde Nationale, élu à son comité central. Il est élu le 26 mars au Conseil de la Commune. Il siège à la commission des Relations extérieures. Le 1° mars, il est élu en tête du Comité de Salut public. Condamné à mort par contumace, réfugié à Londres, il rentre en France en 1880.

 

Georges Arnold (1837-1912) : Architecte. Membre du Comité central de la Garde nationale. Il figure parmi les rédacteurs de l’Affiche rouge. Elu au Conseil de la Commune le 16 avril 1871. Arrêté à la fin de l’insurrection, il fut condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée et envoyé à Nouméa. Après l’amnistie, il retrouva sa situation d’architecte de la Ville de Paris.

 

Arthur Arnould (1833-1895) : Etudiant en médecine, puis fonctionnaire à l’Hôtel de Ville. Ecrivain et journaliste. Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune. Il est d’abord membre de la commission des Relations extérieures, puis de celle du travail et de l’Echange (6 avril), puis des Subsistances (21 avril) et enfin de l’Enseignement (4 mai). Le 1° mai, il est chargé du Journal Officiel de la Commune. De tendance proudhonienne et anarchisante, il appartient à la minorité du Conseil et vote contre la création du Comité de salut public. Il a écrit L’Etat et la révolution (1877), une Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris (1878) at. quelques romans sous le pseudonyme d’Arthur Matthey. Dans Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris, il a écrit : « La centralisation dévore et tue la France…Une tête qui pense sur un cadavre. ». Condamné à mort par contumace.

 

Jean Baptiste Joseph Charles Arnould (1847-1904) : Négociant en vins. Fondateur à Reims d’une section de la Libre-pensée, anticlérical virulent. Membre du Conseil de la Commune.

 

Charles Albert Arnoux (Charles Constant Albert Nicolas d’Arnoux de Limoges Saint-Saens), dit Bertall (1820-1882) : Illustrateur, Caricaturiste et graveur. Pionnier de la photographie.

 

Louise Arzelier, femme Jumelle : Appelée « la générale de la Commune ».

 

Louis Asseline (1829-1878) : Franc-maçon. Avocat. Maire du 14° arrondissement de Paris en 1870. A la fin mai 1871, il adhère à la Ligue des droits de Paris, qui entend se poser en organe de conciliation. En 1872, il collabore à La République française de Gambetta. Il est initié à la loge Les Amis de la Tolérance le 9 mai 1877 et devient compagnon et maître le 14 novembre de la même année. Les trois points sont gravés sur sa sépulture au cimetière de Montparnasse.

 

Adolphe Alphonse Assi (1841-1886) : Franc-maçon. Ouvrier mécanicien. S’engage dans l’armée de Garibaldi. En 1868 et 1870, il organise d’importantes grèves au Creusot. Il est jugé au troisième procès de l’Association internationale des travailleurs. Fait partie du Comité central de la Garde Nationale. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune. « Garibaldien », c’est lui qui lance le 18 mars 1871 à l’Hôtel de Ville de Paris, à la foule ; « Au nom du peuple, la Commune de Paris est proclamée ! ». Déporté en Nouvelle-Calédonie.

 

Auboin : Un des deux commanditaires, avec Rodolphe Simon, du journal Le Père Duchêne.

 

Hector Emile Aubry (1829-1900) : Ouvrier lithographe. Membre actif de l’AIT. Organise les sections rouennaises de l’Internationale. La Commune le nomme le 18 avril chef de bureau de la caisse à la recette principale des postes. Après la chute de la Commune, passe en Belgique. Ensuite boulangiste.

 

Olympe Audouard, née de Jouval (1832-1890) : Féministe. Elle a exigé à côté de réformes générales dans la législation civile du divorce et de la question de l’assimilation des femmes, l’égalité complète pour les femmes, y compris le droit de voter et de se présenter aux élections. A dirigé le journal mondain humoristique le Papillon, puis La Revue Cosmopolite.

 

Audoynard : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Marie Audrain, femme Vincent (née en 1821) : Femme de ménage. Agent de recrutement. Elle cherchait à enrôler les hommes du quartier et parlait d’armer les femmes « pour aller venger leurs maris et leurs frères qu’on assassinait ». Elle se lia avec le colonel fédéré Laporte, qui commandait la 6° section. Condamnée aux travaux forcés à perpétuité, puis à dix ans de réclusion. A Auberive, Marie Audrain garde ses convictions et ne témoigne aucun « repentir ».

 

Victor Augagneur (1855-1931) : Bourgeois catholique. Médecin. Maire de Lyon en 1900. Franc-maçon, vénérable de la loge « Les Amis de la Vérité » à Lyon. Gouverneur général civil de Madagascar de 1905 à 1910.

 

Louis Jean Baptiste d’Aurelle de Paladines (1804-1877) : Général de division. Le 6 mars, dans les jours qui précédèrent le déclenchement de la Commune de Paris, le gouvernement de Thiers le nomma commandant en chef de la Garde Nationale de Paris. Cette nomination est considérée comme une provocation par les communards. Le 18 mars, début du soulèvement communaliste, il se réfugia à Versailles.

 

Jules Avoine, dit Avoine fils (1832- ?) : Ouvrier peintre. Membre du Comité central de la Garde nationale. Membre de la Commission municipale du XIV°. Condamné par contumace à la déportation dans une enceint fortifiée, gracié en 1879. Son frère, Maxime Victor Avoine (1825- ), membre de la Commission municipale du XIV° est condamné par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée, et il est gracié comme son frère cadet en 1879.

 

Augustin Avrial (1840-1904) : Ouvrier mécanicien. Il adhère à l’Association internationale des travailleurs, et sera condamné à la prison au troisième procès de l’internationale. Elu commandant du 66° bataillon de la Garde Nationale. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune, membre de la commission du Travail et de l’Echange le 29 mars, de la commission exécutive le 10 avril, puis de la Guerre le 21 avril. Membre de la Minorité, il vote contre la création du Comité de Salut public. Après la chute de la Commune, il s’enfuit en Angleterre, condamné à mort par contumace.

 

B

 

Léonide Babaud-Larivière (1819-1873) : Franc-maçon. Elu Grand-maître du Grand Orient de France en 1870. Au 4 septembre 1870, le gouvernement de la Défense nationale le nomma préfet de la Charente. Il est par la suite nommé préfet des Pyrénées Orientales (1872-1873).

 

Jules Nicolas André Babick (1820-1902) : Parfumeur et chimiste. Il adhère à l’Association internationale des travailleurs au début de 1871. Il est signataire de l’Affiche Rouge du 7 janvier 1871, qui réclame la création d’une Commune. Membre du Comité central de la Garde nationale. Il est élu au Conseil de la Commune, membre de la commission de la Justice, puis de celle des Services publics. C’était un personnage à grande barbe, qui portait en sautoir le collier d’un ordre maçonnique. Condamné à mort par contumace, réfugié en Suisse.

 

Badois : Membre du Comité central de la Garde nationale.

 

Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine (1814-1876) : Franc-maçon. Initié en Italie, en 1845, c’est à Turin qu’il fut élevé au degré de Rose-Croix. A Caprera, Garibaldi l’élève au 30° degré. En 1865, à Naples, il est en relation avec S. Friscia, C. Gambuzzi et S. Morelli, les fondateurs d’une loge atypique qui réunissait républicains et socialiste. En 1866, il nie dans une lettre à Herzen le fait d’être maçon. Anarchiste. Il écrit en mai 1871 : « Je suis un partisan de la Commune de Paris, qui pour avoir été massacrée, étouffée, dans le sang par les bourreaux de la réaction monarchique et cléricale, n’en est devenue que plus vivace, plus puissante dans l’imagination et dans le cœur du prolétariat de l’Europe. ».

Bakounine était obnubilé par le projet d’une organisation ouvrière qui aurait joué pour la révolution sociale le rôle que la franc-maçonnerie avait joué pour la révolution bourgeoise. C’est dans cet esprit qu’il fonda en 1864 une société secrète appelée « La Fraternité Internationale » ou « Alliance des Révolutionnaires Socialistes », dissoute en janvier 1869. .

 

Baldue : Franc-maçon. Ancien vénérable de la loge La Ligne Droite. Signataire de l’appel du 5 mai 1871.

 

Achille Ballière (1840-1905) : Franc-maçon. Architecte. Il participe à la guerre de 1870. Il rallie tardivement la Commune et soutient la tentative de médiation franc-maçonne en suivant la manifestation du 29 avril 1871. Déporté en Nouvelle-Calédonie, il s’évade le 20 mars 1874, avec François Jourde, Charles Bastien, Henri Rochefort, Olivier Pain et Paschal Grousset. En 1889, il est candidat boulangiste aux élections législatives.  A écrit en 1889 : La déportation de 1871. Souvenirs d’un évadé de Nouméa.

 

Désiré Bancel (1822-1871) : Avocat. Député de Paris en 1869.

 

Claude Désiré Barodet (1823-1906) :Franc-maçon à Lyon. Instituteur. Commune de Lyon. Le 4 septembre 1870, il fait partie du Comité de salut public lyonnais, il est élu conseiller municipal de Lyon, puis nommé adjoint au maire par Hénon. A ce poste, il participe à la répression de l’émeute menée par Bakounine en décembre 1870, puis des mouvements communalistes qui naissent en soutien à la Commune de Paris.

 

Madame Barois : « Pétroleuse ». Membre assesseur du Comité de Vigilance des citoyennes républicaines du 18° arrondissement.

 

M. Barois : A fait une motion ayant pour but de demander l’échange de Blanqui contre l’archevêque de Paris et l’exécution de ce dernier si la proposition n’était pas acceptée.

 

Baroud : Membre du Comité central de la Garde nationale.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 00:26

Le dragon, symbole de l’Empereur, désigne l’homme, l’agent actif, la Terre, l’équerre, la colonne J.°., alors que le phénix, symbole de l’Impératrice, désigne la femme, le sujet passif, le Ciel, le compas, la colonne B.°..

 

1) Le mariage du Dragon et du phénix :

D’où vient la Commune de Paris et où va-t-elle ?

Il faut imaginer un dragon, sous le sol, qui parcourt l’Histoire depuis toujours. Parfois, lorsque les conditions sont favorables, ce dragon s’ébroue, et cela constitue des « tremblements de terre », c’est-à-dire des crises sociales et des révolutions. Telle une taupe, ce dragon creuse inlassablement le sol, faisant surface par intermittence. Ce dragon, c’est le peuple, les « bras nus » de 1792, les sans-grades et les prolétaires de 1848 et de 1870-1871, les chômeurs, les sans-abris, les mal-logés et les exploités d’aujourd’hui.

Ce dragon a fait surface en 1792-1794, puis à nouveau en 1831, en 1848, en 1870-1871, en 1939-1945, en 19689,…

Ainsi, ce dragon fait son apparition sur la scène de l’Histoire lorsque les conditions objectives s’y prêtent. La fonction des classes sociales possédantes est de contenir ce dragon, de le dompter : d’où les répressions sanglantes de 1792-1815, contre les sans-culottes, les hébertistes, Babeuf, les jacobins,…, puis les fusillades contre les barricades en 1848 , le massacre de Communards en 1871.

Chaque fois que commence un mouvement révolutionnaire, souvent initié par la bourgeoisie, comme en 1848, les classes populaires veulent aller plus loin, et obtenir la démocratie directe, des droits sociaux et économiques, substituer à la République bourgeoise une République Sociale. Par réaction dans ces moments-là, face au mouvement d’approfondissement des masses populaires, les classes possédantes refont leur union, afin de contenir les non possédants : c(est le cas des Montagnards et des Girondins, ainsi que les aristocrates les moins conservateurs et les bonapartistes, en 1892-1815 ; c’est le cas également des divers monarchistes (légitimistes, orléanistes et bonapartistes) et des Républicains opportuniste (Thiers, Gambetta,…) en 1871, contre les Communards, les « rouges » et les « partageux ».

Et quelle fonction joue le Phénix, c’est-à-dire la franc-maçonnerie, dans ces périodes tourmentées ?

Les francs-maçons ont une image de personnes modérées, plutôt conciliateurs (plutôt progressive, à défaut d’être progressiste) et traditionnelles (plutôt tournées vers le passé, et donc conservatrices), qui sont « amis des riches et des pauvres ».

Or l’étude de l’Histoire montre que les francs-maçons se scindent en deux camps : ainsi, en 1789, il y a des maçons du côté des émigrés et des royalistes, du côté des monarchistes favorable à une monarchie constitutionnelle, des républicains modérés et du côté des républicains les plus radicaux et « enragés ».

Il en est de même en 1870-1871. On trouve des maçons du côté des généraux et militaires bonapartistes, massacreurs du peuple, qui se sont mis sans vergogne au service de l’Assemblée réactionnaire des Versaillais. Il y a également de nombreux maçons du côté des républicains modérés et bourgeois, défendeurs d’un certain ordre moral, à la fois anti monarchistes, anticléricaux, mais tout autant anti communards, tels Favre, Ferry, Gambetta. Ces derniers seront les créateurs des institutions de la III° République, sur la base de l’écrasement des idéaux de la Commune de Paris. Par exemple, sur les onze ministres du Gouvernement de la Défense nationale, gouvernement contre lequel s’élève la Commune de 1871, on ne compte pas moins de 8 ministres francs-maçons, et dix ministres francs-maçons, si l’on ajoute les deux Jules, Jules Ferry et Jules Favre, initiés ultérieurement. Enfin d’autres francs-maçons s’engagent résolument dans le mouvement de la Commune, tel Jules Vallès. Ainsi, le Conseil central de la Commune compte, dès son origine, une vingtaine de francs-maçons, soit environ le quart de l’effectif. Sans compter que certains communards deviendront francs-maçons, après le mouvement de la Commune, telle Louise Michel.

Et qu’en est-il de la franc-maçonnerie, en tant qu’organisation : quelles ont été les réactions des structures, telles les obédiences et les loges, lors du mouvement de la Commune de Paris, par exemple ?

Les loges parisiennes ont d’abord tenté un effort de conciliation, et face à l’obstination de Thiers (et de son gouvernement, comprenant notamment Jules Favre), d’en finir avec la Commune par un bain de sang, ces loges se sont placées du côté de la Commune, avec les Compagnons du Devoir. On peut donc dire qu’il y a une procédure, une démarche des membres des loges de Paris, menées par Thirifocq, d’adhésion aux idéaux de la Commune, puis d’engagement dans l’action violente aux côtés des Communards.

Il en est de même de certaines loges de province, comme à Marseille (Crémieux) et à Rouen.

Par contre, concernant les obédiences, celles-ci font allégeance à Thiers et s’oppose frontalement à la Commune. La Commune ne sera récupérée par ces obédiences, comme moment de mémoire, qu’à compter de l’amnistie accordée aux Communards à compter de 1880.

Ceci repose en partie sur la nature du recrutement des loges. Ainsi, à compter de 1850, la franc-maçonnerie recrute un public de petits-bourgeois, ouvriers, artisans, boutiquiers, instituteurs, …etc., qui n’auraient jamais été recrutés dans les loges du début du XIX° siècle, ou en tout cas dans les mêmes loges où se côtoyaient les aristocrates et la haute bourgeoisie.

Mais il est certain que les valeurs défendues par les Communards en 1871 (Liberté, égalité, fraternité, laïcité, enseignement obligatoire et gratuit pour tous, culture pour tous, travail pour tous, démocratie directe, émancipation des femmes, etc.) étaient bien les mêmes valeurs que ceux de la franc-maçonnerie. La guerre engagée par Thiers pour éradiquer la Commune n’a pas permis aux Communards de mettre en œuvre leur programme.

 

A ce jour, les Communards étant décédés, il est possible d’apprécier, dans leur ensemble, la vie de chacun de ceux-ci, au regard de leur poids par rapport à l’Histoire. Quelle est l’évolution des francs-maçons après la période intense de la Commune, et en particulier des francs-maçons qui se sont fortement impliqués dans le cadre des idéaux communaux ?

A la fin du XIX° siècle, il y a différents marqueurs politiques (boulangisme, affaire Dreyfus) et sociétaux (luttes pour l’enseignement obligatoire et gratuit, la laïcité et la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le droit des femmes,…) qui permettent de mesurer l’engagement de chacun. Dans ce cadre, certains francs-maçons restent fidèles aux idéaux communaux jusqu’au terme de leur vie (Louise Michel,…), et d’autres francs-maçons trahissent ces idéaux, par opportunisme, adhésion au boulangisme (qui est une forme primaire de fascisme), par nationalisme, et même par antisémitisme (les antidreyfusards), comme ce sera le cas de Malon ou Rochefort.

 

Quelle doit être la relation entre le franc-maçon et la cité, entre le franc-maçon et le citoyen, à la fois en tant qu’individu et en tant que membre d’une organisation, que cela soit une Loge ou une Obédience ?

La réponse se trouve dans la recommandation suivante : « Ils (les francs-maçons) répandront au-dehors (du Temple) les vérités acquises. ».

En conséquence, si la cité ne doit pas entrer dans le Temple, mais rester sur le parvis (car elle fait partie des « métaux »), car la Loge doit rester sereine, a dogmatique et ouverte, par contre, à titre individuel et même collectif, le maçon doit s’engager dans la cité et prendre parti. Ainsi, au XVIII° siècle, les maçons progressifs ont pris parti pour les Lumières, les libertés (dont la liberté de conscience,…) l’éducation et toutes les valeurs mises en avant par la Révolution française. Au XIX° siècle, les maçons progressifs ont pris parti pour l’école obligatoire et gratuite, la laïcité, les libertés (dont la liberté d’association…), les droits sociaux, l’émancipation des femmes,…Au XX° siècle, les maçons progressifs ont pris parti pour la résistance au fascisme, l’antisémitisme, le racisme et pour l’égalité.

Il serait également logique que la Loge en tant que Loge et l’Obédience en tant qu’Obédience prenne également parti pour les mêmes valeurs.

Cependant, un obstacle à cela est l’origine sociologique des maçons : au début du XVIII° siècle, la plupart des maçons étaient d’origine aristocratique, noble et de la haute bourgeoisie (noblesse de robe). Ces nobles faisaient preuve d’un certain élitisme, et les Loges composées de ces possédants avaient tendance à une certaine discrimination à l’égard des Loges comportant des membres d’origine plus plébéiennes, bourgeoises et petites-bourgeoises. Ceci explique en partie, la création des hauts-grades : ceux-ci, étaient un moyen pour les nobles, de tenir à l’écard les « nouveaux » maçons roturiers. D’ailleurs, à la fin du XIX° siècle, dans un souci d’égalité entre tous les frères, les maçons républicains se sont opposés à l’existence des hauts grades. Si au XIX° siècle, il y a une composition  ^plus démocratique des Loges, les ouvriers, les paysans pauvres et en particulier les femmes prolétaires demeurent exclus. Un des objectifs de Bakounine était de créer une maçonnerie populaire, composée de révolutionnaire, qui soit capable de jouer dans les conditions nouvelles du XIX° siècle, le rôle qu’a joué la franc-maçonnerie dans le développement des idées révolutionnaire au XVIII° siècle. Ceci explique au XVIII° siècle et au début du XIX° siècle l’émergence d’une maçonnerie chrétienne et réactionnaire, représentée notamment par de Maistre. Par contre, à la fin du XIX° siècle et au début du XX° siècle, un point commun de la maçonnerie bourgeoise (républicains opportunistes), et de la maçonnerie plus plébéienne et petite-bourgeoise, est l’aspect anticlérical et laïc.

Cependant, en 1870-1871, l’Obédience du Grand Orient de France a pris résolument parti contre les idéaux de la Commune de Paris et pour le gouvernement répressif de Thiers. De même, en 1940, une parti des maçons à la tête de cette Obédience (Grousset) a envisagé un moment de négocier et de s’accommoder du régime raciste de Vichy.

Et demain ? Le maçon, à titre individuel et collectif (Loge, Obédience), se doit d’être progressif. Il doit donc prendre parti, à titre individuel, mais aussi en tant que regroupé dans une Loge et dans une Obédience, pour le mouvement révolutionnaire à venir, dans la mesure où celui-ci étendra les libertés et instaurera plus d’égalité économique et sociale.

Cependant l’idée d’un « complot » maçonnique est une absurdité : la maçonnerie est un élément parmi d’autres, dans le cadre d’un mouvement social historique nécessaire. Le maçon est un citoyen, au milieu des autres citoyens, qui développe des principes propres, qui sont ceux de « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Bien évidemment certains maçons restent en arrière du mouvement et jouent un rôle rétrograde : aristocrates émigrés de la Révolution française, officiers bonapartistes massacreurs des communards, collaborateurs du régime de Vichy, etc.

Il y a aussi une imperfection de la maçonnerie. Ainsi, certains communards sont devenus, par la suite, antisémites, boulangistes, nationaliste ou antidreyfusards à la fin du XIX° siècle. Ceci manifeste deux choses : d’une part, la maçonnerie est une organisation humaine, donc qui présente des imperfections, et d’autre part, il ne peut être reproché à la maçonnerie en général le mauvais maniement de l’outil maçonnique par certains individus, qui sont de mauvais maçons. Si l’outil maçonnique est bon, à défaut d’être parfait, peut-on reprocher à cet outil le fait qu’un artisan le manœuvre mal, ou de façon détournée ? (Malversations, détournements de toutes sortes de la véritable fraternité,…). Le reproche doit s’adresser au mauvais artisan, qui est soit inexpérimenté, soit malhabile, soit tout simplement un mauvais compagnon. L’outil ne peut être tenu responsable d’un travail irrespectueux des règles d’utilisation de cet outil.

 

2) : VI° République bourgeoise ou II° République sociale ?

Les frères et sœurs qui invoquent la république en fin de tenue devraient préciser de quelle république ils parlent. En effet :

La première république a régressé de façon réactionnaire après le 9 Thermidor, voyant l’instauration du Directoire, de la dictature napoléonienne, puis la Restauration.

La révolution de 1830 avait amené l’abaissement du cens législatif (à 200 francs) et la suppression de l’hérédité de la pairie. Elle avait aussi suscité deux lois fondamentales en 1831 :

  • L’une réanimait la Garde nationale ;
  • L’autre instituait l’élection pour la désignation des conseils municipaux.

La seconde république de 1848 a fait tirer sur le peuple, conduisant à la victoire du plébiscite en faveur de Napoléon III ; journées de février 1848, qui mirent fin à la monarchie, mais aussi journées d’insurrection ouvrière de juin 1848, réprimées dans le sang. L’Assemblée constituante, composée majoritairement d’éléments modérés, qui n’hésiteront pas deux mois plus tard à recourir à la violence la plus extrême pour noyer dans le sang les revendications légitimes des insurgés de Juin.

Les acteurs de la Révolution de février 1848 se sont divisés en deux camps. Le premier, celui de la bourgeoisie, est satisfait de la mise en place de la République telle qu’elle est. Le second, celui des ouvriers, veut une République sociale, dont les mots d’ordre sont repris en juin. Une grande partie du peuple parisien se détournera de cette République qui fait tirer sur le peuple.

La naissance de la troisième république est née sur l’extermination de la Commune de Paris en 1871 (30 000 morts).

Selon le mot de Jules Ferry, la première République nous a donné la terre, la seconde le suffrage et la troisième le savoir.

Les quatrième et cinquième républiques ont vu le développement des guerres coloniales (Indochine, Algérie,…) et la trahison du parti communiste français.

IV° république : Ceux qui sont morts pour libérer la patrie, notamment les communistes et Eugénie Ferrari, dans le Pas-de-Calais, avaient le souhait d’une France nouvelle, qui a été trahie, en particulier par de Gaulle.

V° République : La V° République est issue du coup d’Etat de Charles de Gaulle en 1958, avec en arrière-plan le coup d’Etat militaire en Algérie, et l’arrivée « providentielle » du général de Gaulle.

Maurice Thorez, Fils du Peuple pages 318 et 319 :

« Un coup sérieux a été porté à la classe ouvrière et à la démocratie. En effet, le gouvernement de Gaulle n’est pas un gouvernement comme les autres. Le voile de légalité dont il s’est couvert, le respect apparent des formalités de l’investiture au Parlement, certaines manœuvres du chef du gouvernement pour composer avec ce qu’il appelle le « système » et les hommes du « système », rien de tout cela ne peut masquer le fait essentiel : de Gaulle a été porté au pouvoir non par la volonté libre de l’assemblée nationale, mais par les coups de force d’Alger et d’Ajaccio. Le gouvernement de Gaulle est un gouvernement foncièrement illégitime, issu de la violence et de la menace réactionnaires. »

 

Il s’agit donc là de républiques bourgeoises. Les seules républiques ayant tenté d’instaurer des valeurs de fraternité et d’égalité sont les tentatives de 1792 à 1794 et de la Commune de Paris en 1871 !

 

Aussi les thuriféraires de la VI° République, justifiée par le « coup d’Etat financier »,  doivent-ils préciser de quelle nature est la nouvelle République qu’ils souhaitent instaure : soit une République en continuation avec les cinq républiques précédentes, donc une république bourgeoise, qui ne modifie rein, notamment en matière de répartition des richesses, soit une république en rupture avec les républiques précédentes, une république socialiste, qui implique la socialisation des moyens de production, et qui ne saurait donc être qu’une dictature du prolétariat, prolétariat allié avec les autres classes sociales exploitées, à l’image de la préfiguration que fut la Commune de Paris. Dans ce cas, afin de mettre l’accent sur la rupture par rapport aux cinq républiques bourgeoises antérieures, ne faudrait-il pas parler de Première République, socialiste, ou à la rigueur de Deuxième République, si l’on considère la Commune de Paris comme une préfiguration, même embryonnaire.

 

Ainsi, entre la république bourgeoise et la république sociale, il y a un abîme. La république proclamée le 4 septembre 1870 est une république bourgeoise, et elle voulait le rester.

 

Ceux qui prônent une VI° république (Montebourg, Mélenchon, etc.) se placent donc résolument dans la continuité des cinq républiques bourgeoises : ils veulent seulement réformer un système arrivé en bout de course, et non pas le détruire pour le remplacer par un système nouveau, socialiste. La rupture, c’est prôner une 1° république sociale, ou alors une II° république, dans la continuation des principes fondateurs de la Commune de Paris. En 1870, il y avait d’un côté » la bourgeoisie, avec une bourgeoisie de droite (Thiers,…), prête au compromis avec l’aristocratie, contre les classes laborieuses, et une bourgeoisie de gauche (Gambetta, Clemenceau,…), favorable à une république plus « sociale », et de l’autre côté, le peuple, mené par le prolétariat. C’est ainsi que les thuriféraires de la VI° république sont plus proches des Gambetta et Clemenceau, que des CommunardEs.

 

Dans les loges, il s’agit, non pas de proclamer les principes de « Liberté, égalité, fraternité, laïcité » seulement en théorie, mais aussi de faire en sorte que ces principes puissent progresser en pratique. C’est ce qu’ont fait les francs-maçons et certaines loges, en adhérant sur le terrain et dans l’action, aux idéaux de la Commune. C’est ce qu’a refusé de faire, l’obédience du Grand-Orient de France, en prenant fait et cause pour le gouvernement de Thiers, et ce, au moins jusqu’en 1880, date de l’amnistie.

Et demain, si le dragon entre à nouveau en scène, pour donner un coup d’accélérateur à l’Histoire, le Phénix acceptera-t-il de se marier avec le Dragon, ou sera-t-il aux côtés des forces sociales rétrogrades ?

Sans doute, la Tradition a son importance, mais il faut aussi prendre partie pour les forces de l’avenir. Et incontestablement, même si sur le moment, ce fut un échec, les forces de la Commune appartenaient à l’avenir. Ce qui naît et se développe est plus fort et plus puissant que ce qui est vieux et dépérit. Le sens de l’Histoire, c’est la Commune, et non Versailles. A preuve, quelques années plus tard, sans doute grâce au coup de bélier donné par la Commune, les principaux idéaux, que les Communards n’avaient pas pu mettre en œuvre, en raison des forces réactionnaires de Versailles, ont été mis en pratique par les Républicains opportunistes de la III° République : l’école gratuite et obligatoire, dans le primaire, la laïcité et la séparation de l’Eglise et de l’Etat, etc.

Le Dragon est réapparu en 1917, en Russie, pour une cinquantaine d’années, puis en Chine, pour une trentaine d’années. Il est réapparu en France en 1936, 1945, 1968, 1981, 1997, 2005. Sans être devin, le moment approche de sa réapparition : alors chaque franc-maçon devra choisir son camp, soit l’ordre moral des possédants, soit l’ordre social des non-possédants. D’ores et déjà, le choix doit se faire entre une VI° République bourgeoise ou une II° République sociale, à l’image de la Première République que fut la Commune de Paris !

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